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Le criminel de guerre dans le salon


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Paul Craig Roberts
Vendredi 31 Août 2007

Le criminel de guerre dans le salon


Par Paul Craig Roberts, le 30 août 2007


​​​​Les médias sont silencieux, le Congrès est absent, et des étasuniens sont distraits pendant que George W. Bush prépare ouvertement l'agression contre l'Iran.


Des porte-avions des forces de frappe de la Navy sont déployés au large de l'Iran.


Les avions et des systèmes de missiles de l'US Air Force sont déployés dans les bases des pays bordant ou proches de l'Iran.


Des bombardiers furtifs B-2 ont été réaménagés pour embarquer des bombes « brise bunker » de 30.000 livres [13,6 tonnes, voir la note de fin ici, NDT].


Le gouvernement finance des groupes terroristes et séparatistes en Iran.


Des équipes de forces spéciales mènent des opérations terroristes à l'intérieur de l'Iran.


La doctrine de guerre des USA a été modifiée pour permettre l'attaque nucléaire en première frappe sur l'Iran et les autres pays non nucléarisés.


​​​​Les menaces de guerre contre l'Iran de la part de Bush ont été intensifiées durant cette année. Les étasuniens sont nourris de mensonges répétés servant à justifier l'agression non dissimulée contre l'Irak.



​​​​Bush est trop hypocrite pour voir l'humour noir dans ses dénonciations d'un Iran menaçant « la sécurité des nations partout » et de la résistance irakienne pour « une vue qui rejette la tolérance, écrase toute dissidence, et, dans sa poursuite du pouvoir politique, justifie le massacre d'hommes, de femmes, et d'enfants innocents. » (Le président Bush prend la parole à la 89ème Convention Nationale Annuelle de la Légion Américaine, 28 août 2007). Ce sont précisément les mots que la majeure partie du monde applique à Bush et à son administration de Chemises brunes. Les sondages mondiaux de la Pew Foundation prouvent que malgré toute la propagande des USA et d'Israël contre l'Iran, ces deux pays ne sont pas moins considérés comme une menace à la stabilité du monde que l'Iran diabolisé.


​​​​Bush a mis au rebut l'habeas corpus et les Conventions de Genève, a justifié la torture et les procès secrets, condamné les critiques comme anti-étasuniennes, et est responsable, selon Information Clearing House, de la mort de plus d'un million de civils irakiens, ce qui met Bush haut sur la liste des meurtriers de masse de tous les temps. La grande majorité des « tableaux de chasse » des militaires US en Irak et en Afghanistan sont des civils.


​​​​Maintenant Bush veut assassiner davantage. Nous devons tuer les iraniens « là-bas, » dit Bush, « avant qu'ils viennent ici. » Les iraniens ou les Musulmans qui n'ont pas d'armée de l'air, pas de marine, pas de technologie militaire moderne, n'ont aucune possibilité pour « venir ici, » et il n'y pas d'indication qu'ils projettent de le faire. Les Musulmans sont divisés et ils le sont depuis des siècles. C'est ce qui les rend vulnérables à l'action coloniale. Si les musulmans étaient unis, les USA auraient déjà perdu leur armée en Irak. En fait, il n'aurait pas pu mettre une armée en Irak.


​​​​Pendant ce temps-là, les médias se focalisent sur si le sénateur républicain Larry Craig est homosexuel ou s'il a froissé les homosexuels en démentant être l'un d'eux. Le public a une soudaine poussée d'attention sur pourquoi une reine de beauté de Caroline-du-Sud ne peut répondre à la simple question du pourquoi sa génération est incapable de trouver les États-Unis sur la carte.


​​​​Le criminel de guerre est dans le salon, et aucune mise en garde officielle n'est faite sur ce fait.


​​​​Manquant de troupes pour envahir l'Iran, l'administration Bush a décidé de bombarder l'Iran pour le « renvoyer à l'âge de pierre. » Les violentes attaques aériennes et de missile sont conçues non seulement pour détruire les projets d'énergie nucléaire de l'Iran, mais aussi pour détruire l'infrastructure publique, l'économie, et la capacité de fonctionner du gouvernement.


​​​​Encouragé par l'indifférence des médias et des églises chrétiennes pour les pertes massives infligées aux civils irakiens, l'administration Bush ne sera pas détournée de sa perspective d'attaques aériennes infligeant des pertes massives aux civils iraniens. L'été passé l'administration Bush a démontré au monde entier son dédain total pour la vie des Musulmans quand Bush a soutenu le long mois d'attaques aériennes d'Israël contre l'infrastructure et les habitations civiles libanaises. Le président Bush a bloqué la tentative du reste du monde pour faire cesser le massacre gratuit des civils libanais et la destruction de l'infrastructure. Manifestement, la transformation du Moyen-Orient musulman en terrain vague est la politique de Bush. Pour Bush, les victimes civiles ne sont pas un problème. La déification et le culte de l'hégémonie.


​​​​L'administration Bush a fait ses plans de guerre pour attaquer l'Irak et a positionné ses forces sans approbation préalable du Congrès. « L'exécutif unitaire » ne croit évidemment pas qu'une attaque contre l'Iran exige l'approbation du Congrès. Par son absence et sa quiétude, le Congrès semble convenir n'avoir aucun rôle dans la décision.


​​​​Dans l'événement improbable où le congrès ferait quelque histoire sur la décision de Bush d'attaquer l'Iran, le ministère des affaires étrangères a conçu une couverture juridique : simplement déclarer « organisation terroriste » les militaires iraniens et aller en guerre sous couvert de la résolution présente.


​​​​Le « problème de l'Iran » a été créée par l'administration Bush, pas par l'Iran. L'Iran, comme beaucoup d'autres pays, a un programme d'énergie nucléaire auquel il a droit en tant que signataire au Traité de Non Prolifération Nucléaire (TNP). Les inspecteurs de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique (AIEA) n'ont trouvé aucun indice sur un programme d'armes nucléaires en Iran.


​​​​L'administration Bush a méprisé ce fait, qui devrait être déterminant, exactement comme elle a écarté le fait que les inspecteurs des armements rapportaient, avant l'invasion de l'Irak par Bush, qu'il n'y avait pas d'arme de destruction de masse là-bas.


​​​​L'administration Bush s'est débrouillée pour perturber le travail de ces empoisonnants inspecteurs d'armes de l'AIEA en Iran. L'Iran menait à bien son travail avec l'AIEA et était parvenu à ce qu'un haut fonctionnaire de l'AIEA avait récemment décrit comme événement d'accord important. L'administration Bush s'est immédiatement mise au travail pour discréditer l'accord et a lâché sa nouvelle marionnette, le président français Nicolas Sarkozy, qui a menacé de « bombarder l'Iran. » (L'Iran risque une attaque sur son entreprise atomique, déclare le président français par Elaine Sciolino, International Herald-Tribune, le 27 août 2007)


​​​​La position de l'administration Bush est légalement insoutenable et n'est réellement rien d'autre qu'une excuse forcée pour entamer une autre guerre. Bush exige que l'Iran, seul parmi tous les signataires du TNP, soit privé de son droit sous le pacte de développer l'énergie nucléaire, parce que l'Iran, parmi tous les autres signataires, sera le seul pays capable de tromper les inspecteurs de l'AIEA et de développer des armes nucléaires. Par conséquent, l'Iran doit être privé de ses droits aux clauses de l'accord.


​​​​La position de Bush sur le TNP est aussi insoutenable légalement que sa position sur toute autre question -- Conventions de Genève, loi de surveillance du renseignement étranger, habeas corpus, séparation constitutionnelle des pouvoirs, et déclarations présidentielles par écrit qu'il joint cavalièrement aux nouvelles lois afin d'avoir la priorité sur le pouvoir législatif du Congrès. La position de Bush est que la signification des lois et des traités change selon ses besoins du moment.


​​​​Bush a lui-même déclaré être le « décideur. » Le « décideur » décide si les étasuniens ont des droits sous la Constitution et si l'Iran a des droits sous le TNP. Comme le « décideur » a décidé que l'Iran n'avait aucun droit de ce genre, le « décideur » décide s'il attaque l'Iran.


​​​​Personne d'autre n'a la parole à ce sujet. Les représentants du peuple sont juste autant de menues paillettes dans le vent.


​​​​Quelle que soit la forme du gouvernement, Bush manœuvre en-dessous, c'est très éloigné d'un gouvernement démocratique constitutionnel responsable. Bush a fait passer les USA dans le césarisme, et même s'il quitte sa fonction en janvier 2009, les pouvoirs qu'il a accumulé dans l'exécutif resteront.


​​​​À moins que Bush et Cheney soient mis en accusation et condamnés, il n'y a aucune perspective du Congrès et du pouvoir fédéral judiciaire qui ne seront plus jamais des branches égales du gouvernement.


​​​​


​​​​Paul Craig Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor dans l'administration Reagan. Il est l'auteur de Supply-Side Revolution : An Insider's Account of Policymaking in Washington ; Alienation and the Soviet Economy et Meltdown: Inside the Soviet Economy, et est coauteur avec Lawrence M. Stratton de The Tyranny of Good Intentions : How Prosecutors and Bureaucrats Are Trampling the Constitution in the Name of Justice. Clic ici pour l'entrevue [en anglais] de Peter Brimelow de Forbes Magazine avec Roberts au sujet de la récente épidémie d'inconduite des procureurs.



Original : http://www.vdare.com/roberts/070830_war.htm
Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info




Mardi 4 Septembre 2007

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