Géopolitique et stratégie

Le conflit osséto-géorgien a brisé le mythe d'un monde unipolaire (Lavrov)



Mardi 3 Février 2009

Le conflit osséto-géorgien a brisé le mythe d'un monde unipolaire (Lavrov)
Le conflit armé qui s'est produit en août dernier en Ossétie du Sud a fait éclater le mythe d'un monde unipolaire, a estimé le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov dans une interview publiée dimanche par l'hebdomadaire abkhaze Apsny.

"L'un des principaux enseignements que nous tirons des événements d'août dernier est que le mythe d'un monde unipolaire appartient irrémédiablement au passé, et les tentatives de le réanimer sont sans avenir", a-t-il déclaré dans cette interview dont le texte intégral a été rendu public sur le site Internet du ministère russe des Affaires étrangères.

"Avec l'émergence de nouveaux pôles de croissance économique et d'influence politique, on voit se former un système multipolaire fondé sur la suprématie du droit et la coopération multilatérale. C'est une réalité que la grande majorité des Etats commencent à comprendre en adoptant une politique pragmatique et tous azimuts", a souligné M. Lavrov.

Le 8 août dernier, l'armée géorgienne a lancé une offensive militaire contre l'Ossétie du Sud, détruisant Tskhinvali, la capitale, et tuant des centaines de civils et des soldats de la paix russes déployés dans cette république autoproclamée. La Russie a opposé une riposte militaire de grande envergure destinée à contraindre la Géorgie à la paix avant de reconnaître le 26 août l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

"La riposte russe face à l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud a été forcée et absolument adéquate. L'agression géorgienne a entraîné de nombreuses victimes, y compris parmi les citoyens et les soldats de la paix russes. Nous n'avons pas eu d'autres objectifs que ceux dictés par la nécessité de prévenir une nouvelle agression et d'empêcher la réalisation de projets similaires à l'encontre de l'Abkhazie", a-t-il insisté.

Selon M. Lavrov, le conflit osséto-géorgien a été un sérieux "test de solidité" pour les relations avec les Etats-Unis et l'Union européenne.

"Nous sommes convaincus que les événements d'août dernier rendent on ne peut plus actuelle l'initiative avancée par le président de la Fédération de Russie consistant à créer un système de sécurité collective transatlantique", a-t-il résumé.

"Nous avons l'intention de poursuivre la politique étrangère active et constructive fondée sur le pragmatisme, l'ouverture et la promotion ferme mais sans confrontation des intérêts nationaux", a souligné le ministre russe.

L'avenir du président Saakachvili sera fixé à Washington (Kommersant)

Le conflit osséto-géorgien a brisé le mythe d'un monde unipolaire (Lavrov)
La démission d'un premier ministre géorgien en poste depuis trois mois seulement, le dernier d'une longue série, a provoqué de nouvelles discussions sur les perspectives politiques du régime au pouvoir à Tbilissi, lit-on lundi dans le quotidien Kommersant.

Les opposants du président Mikhaïl Saakachvili à Tbilissi et au Kremlin considèrent la valse des premiers ministres comme le signe avant-coureur certain de la chute prochaine du régime. Des telles conclusions sont cependant tout à fait prématurées.

Au sein du modèle actuel de pouvoir en Géorgie, le premier ministre ne constitue pas une figure politique de premier plan. On a été témoins à plusieurs reprises de l'incapacité des hommes politiques géorgiens de différent calibre (Zourab Nogaïdeli, Nino Bourdjanadze, Georgui Khaïndrava, Irakli Okrouachvili) de créer des formations d'opposition plus ou moins influentes. Les divergences avec le président sur les question-clés sont loin d'être stratégiques. Outre les propos offensants à l'adresse de "Misha", ils ne possèdent ni programmes alternatifs attractifs, ni idées nouvelles.

Il est également important de constater que la société géorgienne n'est actuellement pas prête à reconnaître sa défaite en Abkhazie et en Ossétie du Sud. A cet égard, le nom et la biographie du premier ministre constituent un facteur insignifiant.

En outre, l'avenir politique de M. Saakachvili est décidé dans une assez large mesure loin de Tbilissi. Washington révise actuellement l'héritage laissé par les néoconservateurs à Barack Obama. On pèse le pour et le contre d'une nouvelle confrontation avec la Russie par l'entremise de M. Saakachvili et du soutien aveugle accordé à sa "jeune démocratie".

Il ne faut pourtant pas attendre un revirement complet de la politique américaine, car il n'existe tout simplement pas de tradition de ce type aux Etats-Unis. Des corrections, capables d'entraîner des changements considérables en Géorgie sont cependant tout à fait probables. Elles représenteront un matériel d'analyse beaucoup plus solide que les pronostics concernant d'éventuelles perturbations à Tbilissi.

Par Sergueï Markedonov, chef du service des problèmes des relations interethniques de l'Institut d'analyse politique et militaire

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

http://fr.rian.ru http://fr.rian.ru



Mardi 3 Février 2009


Nouveau commentaire :

Géopolitique et stratégie | Diplomatie et relation internationale

Publicité

Brèves



Commentaires