Palestine occupée

Le choix « paix ou apartheid » n’est (hélas) pas la seule option, pour Israël


Le débat en train de prendre de l’ampleur autour de l’avenir d’Israël offre deux scénarios. Mais il en existe un troisième qui, apparemment, ne saurait être débattu publiquement. C’est donc précisément ce que nous allons faire...


Alan Hart
Mardi 9 Mars 2010

Alan Hart
Alan Hart

Parmi les plus récents contributeurs à ce que j’appellerai le débat à deux scénarios, nous ne trouvons rien de moins qu’un Ehud Barak, ministre israélien de la Défense. Lors d’un discours prononcé dans le cadre de la conférence sur la sécurité nationale d’Herzliya, puis, à nouveau, aux Etats-Unis, il a mis en garde contre le fait que s’il ne parvenait pas à une paix avec les Palestiniens, Israël deviendrait un pays d’apartheid.

Quand l’ex-président américain Carter a utilisé ce mot commençant par un « A », initialement dans le titre de son livre : La Palestine : la paix, et pas l’Apartheid, il fut traîné dans la boue par l’Anti-Defamation League (ADLp, un des chiens d’attaque institutionnalisés les plus vicieux en Amérique. Celle-ci déclara : « Le recours à ce terme incendiaire d’apartheid pour parler d’Israël et de sa politique est inacceptable et honteux. L’apartheid, ce système raciste abhorré en Afrique du Sud n’a rien à voir avec la politique israélienne. Non seulement la politique israélienne n’est pas raciste, mais la situation dans les territoires (occupés) ne résulte en rien d’une quelconque intention israélienne d’opprimer ou de réprimer les Palestiniens : cette situation est le résultat du rejet d’Israël par les Palestiniens et du recours à la terreur et à la violence à l’encontre de l’Etat juif ».

A la lumière d’une telle attaque (peu importe le fait qu’elle était mêlée à un délire de propagande sioniste), il doit être dit que Barak avait fait montre d’un certain degré de courage politique en s’alignant apparemment sur la position de Carter sur cette question.

A la conférence d’Herzliya, il y eu de nombreuses communications faisant état de préoccupation au sujet des critiques croissantes, dans le monde entier, à l’encontre d’Israël. Barak a lui-même fait allusion au risque qu’Israël perde sa légitimité dans le cas où un accord de paix avec les Palestiniens ne se dégageait pas. Il a en effet déclaré : « Le pendule de la légitimité est appelé à dériver de plus en plus vers l’autre pôle ».

Son avertissement, le voici : « Aussi longtemps qu’il n’y aura, à l’Ouest du Jourdain, que l’unique entité politique appelée Israël, celle-ci sera appelée à être soit non-juive, soit non-démocratique... Si ce bloc constitué de millions de Palestiniens ne peuvent voter, nous aurons un Etat d’apartheid ».

Ce que Barak voulait dire, avec une concision dont il a le secret, est évident pour les détracteurs d’Israël (dont votre serviteur) depuis des années. S’il continue à occuper la Cisjordanie, Israël disposera du choix de donner (ou non) le droit de vote à tous les Arabes placés sous son contrôle.

Donner à tous le droit de vote n’est pas une option, parce qu’avec le temps, les Palestiniens arabes seront plus nombreux que les juifs d’Israël et leur vote pourrait signifier la fin de l’existence de l’Etat sioniste.

Mais donner à tous les Arabes le droit de vote n’est pas non plus une option. Pourquoi ? Pour bien d’autres raisons que la simple affirmation qu’Israël deviendrait un Etat d’apartheid. A un certain moment, un tel Etat serait inacceptable pour le reste du monde, tant pour ses gouvernements que pour leurs peuples, dont, probablement, la plupart des juifs vivant dans le monde entier. Et viendrait le temps où un Israël d’apartheid serait formellement déclaré paria par la communauté internationale et soumis à des sanctions comme l’Afrique du sud avait fini par l’être.

Un Israël d’apartheid aurait alors le choix entre mettre un terme à son occupation et se retirer à l’intérieur de ses frontières d’avant juin 1967, préférablement avec une clause prévoyant la transformation de Jérusalem en ville ouverte, indivisible et capitale de deux Etats, l’un étant Israël et l’autre la Palestine, ou dire au monde entier d’aller se faire foutre. (Au passage, il convient de noter que la véritable division, dans l’Etat sioniste, au niveau des dirigeants, a toujours opposé ceux (représentés par Moshe Sharett) qui pensaient que ce que pensaient les Gentils avait une importance à ceux, très nombreux et représentés par Ben-Gourion, qui pensaient que ce que pensaient les Gentils n’avait strictement aucune importance).

Un examen rationnel des options entre « paix ou apartheid » aboutirait à la conclusion que dans le meilleur intérêt de toutes les parties concernées, Israël devrait faire la paix sur la base de son retrait de tous les territoires qu’il a conquis lors de sa guerre de 1967, en échange d’une paix totale et définitive non seulement avec les Palestiniens, mais avec l’ensemble du monde arabe et, plus largement, avec l’ensemble du monde musulman. Une telle paix, de fait, est possible (toutefois la question de savoir pour combien de temps est une bonne question). En effet, en dépit des assertions du contraire par le sionisme, la vérité, c’est que le Hamas pourrait vivre avec un Israël à l’intérieur de ses frontières pré-1967 et que, plus important encore, le Hezbollah et l’Iran pourraient accepter tout ce que les Palestiniens auraient accepté, et non seulement ils pourraient l’accepter, mais ils l’accepteraient effectivement.

Le problème, c’est que le sionisme est si outrancièrement arrogant, si insupportablement confit dans son prétendu bon droit, tellement congénitalement incapable de tout débat rationnel. Ses dirigeants et ses partisans sont aujourd’hui les victimes de leur propre propagande à un point qui les rend insensibles à tout raisonnement rationnel.

Plus effrayant que tout : le fait que les dirigeants du sionisme vivant en Israël savent bien qu’il existe une troisième option. J’appelle cette option : l’Epuration Ethnique Finale des Palestiniens.

Dans la troisième édition de mon ouvrage « Zionism : The Real Enemy of the Jews » [Le sionisme : Le véritable ennemi des juifs], à paraître bientôt, j’imagine que ce processus pourrait commencer par le « transfert » des Arabes israéliens, et puis qu’une fois cela accompli, un prétexte serait créé afin de chasser les Palestiniens de la Cisjordanie occupée vers la Jordanie ou n’importe où. Quel serait alors le sort de ceux qui vivent dans la bande de Gaza ? Ceux qui ne s’enfuiraient pas seraient condamnés à pourrir sur place.

Le scénario que j’ai évoqué dans le paragraphe précédent est presque trop terrible pour que l’on puisse y réfléchir, mais il risque de se produire si le président Obama ou son successeur devait ne pas avoir le courage ou la capacité (ou les deux) d’exiger d’Israël qu’il soit sérieux en matière de paix, en des termes acceptables pour la quasi-totalité des Palestiniens et pour la plupart des autres Arabes et musulmans, dans le monde entier.



* Alan Hart, écrivain, est un ancien correspondant en chef pour le Moyen-Orient de la chaîne Independent Television News [1] et actuel présentateur de l’émission Panorama de la BBC, spécialisé dans le Moyen-Orient. Il a écrit plusieurs livres, dont Zionism : The Real Enemy of the Jews.

Voici l’adresse de son site : http://www.alanhart.net/



Information Clearing House - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.informationclearinghouse...
Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

http://www.info-palestine.ne http://www.info-palestine.ne



Mardi 9 Mars 2010


Commentaires

1.Posté par Moukawama le 10/03/2010 10:55 | Alerter
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Bonjour,

Le cancer sioniste n'est pas et ne sera jamais prêt à accepter de changer. Il est outrageusement imbu de lui même. Le voir parlementer et conclure un accord avec des populations qu'il ne considère pas comme faisant partie de l'humanité - mais plutôt du monde animal - est inimaginable. Au même moment où cet article est rédigé, les criminels sionistes préparent la guerre d'aprés. L'existence de l'entité pour son armée (l'Israél n'est en fait qu'un vaste camp militaire) n'est possible que dans une position forte face aux voisins et comme ce n'est plus le cas depuis au moins mai 2000, cette même existence est remise en question. Il faut absolument inverser la logique des défaites qui commencent à s'accumuler pour que le peuple criminel contributeur continue à croire qu'il a encore tout un tas de raisons à rester sur une terre sur laquelle il s'invente un passé et une mémoire. Comme les colons français en Algérie, les sionistes doivent accepter de rendre la terre à ses véritables habitants et essayer de vivre à leurs côtés (ce qu'ils ne peuvent pas faire) ou s'en retourner vers l'endroit d'où sont venus leurs ancêtres. Malheureusement dénué d'un vrai recul sur eux mêmes, ils se voient déjà attaquer l'Iran et gagner. Le fait qu'Hassan Nasrallah se soit rendu à Damas ces derniers jours - alors que pour des raisons de sécurité il ne quitte jamais le Liban - peut nous indiquer que les sionistes sont sur le point de faire l'erreur de trop. Personnellement, l'erreur que j'attends. L'Israél disparaîtra.

2.Posté par mohammed le 10/03/2010 13:40 | Alerter
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Je trouve que l'article de M .Hart est un peu trop théorique ...Il passe en revue des options théoriquement possibles sans tenir compte de certaines nouvelles réalités . Son raisonnement est figé dans l'ancien système ! Israel n'est quand même plus seule à décider , elle n'est plus le seul joueur sur le terrain! Même avec le soutien des états unis, qui ne sont aussi plus seuls à une échelle plus vaste ...Il passe ainsi sous silence la Résistance :une variable déterminante du Système actuel. Aucune solution sans elle.
Avec elle , je vois un troisième scénario très réaliste et assez probable: Israel va se vider et elle sera réduite à une série de bases militaires ,sans population civile ...Les masques vont tomber , quoi!

3.Posté par Gallactus le 26/03/2010 22:36 | Alerter
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Tous les MUSULMANS doivent contribuer à aider la PALESTINE… et à faire en sorte que tous ces maudits S…... retourne d'ou il vienne…

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