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Le choix de Bush au Pentagone entériné à l’unanimité par la Commission sénatoriale des forces armées


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Il n’y a pas d’ambiguïté dans le vote unanime, 21 à 0, de la Commission des forces armées qui recommande que le Sénat en plénière confirme le candidat du président américain pour succéder à Donald Rumsfeld en tant que secrétaire de la Défense.


Barry Grey
Jeudi 7 Décembre 2006

Le choix de Bush au Pentagone entériné à l’unanimité par la Commission sénatoriale des forces armées

Par Barry Grey

Il ne pourrait y avoir de démonstration plus éloquente de l’appui bipartisan à la continuation de la guerre illégale américaine en Irak — un fait qui a été souligné à grands traits par le vote de confirmation du Sénat en plénière dès le lendemain, mercredi, de 95 contre 2 en faveur de l’ancien directeur de la CIA Roberts Gates comme nouveau secrétaire de la Défense.

Cinq semaines après une élection où, comme même les médias de l’establishment le reconnaissent, le peuple américain a répudié la guerre et a voté pour donner le contrôle du Congrès aux démocrates avec un mandat populaire pour mettre fin à la guerre, les sénateurs des deux partis se sont ralliés pour un festival de l’amour envers le choix de Bush pour mener la guerre jusqu’à une conclusion « victorieuse ».

Ce développement confirme l’analyse qu’a constamment fait le World Socialist Web Site et démolit les tentatives de différents supporteurs de « gauche » du Parti démocrate de décrire cet instrument politique de l’élite dirigeante américaine comme un véhicule pour s’opposer à la guerre en Irak et aux politiques du militarisme et de la réaction sociale dont le massacre irakien n’est qu’une partie.

Plus fondamentalement, le vote de la Commission des forces armées démontre qu’il n’y a rien qui pourrait légitimement s’appeler un parti d’opposition au sein de l’establishment politique américain.

Un véritable parti d’opposition, suite à la répudiation populaire de l’administration Bush lors des élections au Congrès du 7 novembre, aurait fait une question de principe de s’opposer au choix du président pour le superviseur de la guerre.

Que ce soit précisément le contraire qui se soit produit — et de la façon la plus éhontée — démontre la vérité politique que la compréhension est le point de départ pour une lutte sérieuse et effective contre la guerre en Irak et les prochaines guerres qui sont déjà préparées contre les autres pays considérés comme des obstacles aux buts mondiaux de l’aristocratie financière américaine. La vérité, c’est que les deux partis, les démocrates tout autant que les républicains, représentent les intérêts d’une petite élite riche jusqu’à l’obscénité. Ils sont incapables de répondre, ou même faire semblant de répondre, aux désirs, points de vue ou besoins de la vaste majorité de la population.

Il n’existe tout simplement pas d’autre explication pouvant expliquer le vote unanime par le comité sénatorial pour confirmer la nomination d’un homme qui, en tant que directeur adjoint de la CIA, a été personnellement impliqué dans les activités illégales de l’administration Reagan qui sont maintenant connues sous le nom de scandale Irangate. De plus, les sénateurs ont voté sans dissension pour Gates après qu’il eut affirmé au comité qu’il s’opposait à tout échéancier qui viserait à réduire le nombre de soldats en Irak, que « toutes les options » étaient sur la table, y compris une augmentation des forces américaines et que sa perspective était d’assurer la « victoire » en Irak. Seulement à la suite de celle-ci, « quelque part dans le futur », sera-t-il possible de « commencer à réduire nos forces », et il a rajouté que les États-Unis devraient « maintenir une certaine présence en Irak pour très longtemps ».

Pas un seul démocrate du comité n’a contesté sa perspective. Durant la période de questions qui a suivi les remarques d’introduction de Gates, les seules critiques qui ont été soulevées sont venues des sénateurs qui exigent une augmentation considérable du nombre de soldats tels que les républicains John McCain et Lindsey Graham ainsi que le démocrate Joseph Lieberman.

Parmi les sénateurs qui ont couvert Gates d’éloges pour sa supposée « sincérité » et « indépendance » se trouvaient le doyen des démocrates libéraux, Edward Kennedy, et deux prochains candidats pour l’investiture présidentielle démocrate de 2008, Evan Bayh de l’Indiana et la putative favorite, Hillary Clinton de New York.

Carl Levin, le démocrate le plus haut placé du comité, qui deviendra président lorsque le nouveau Congrès démocrate va se réunir en janvier, a reconnu qu’il avait voté contre la nomination de Gates au poste de directeur de la CIA en 1991. Il avait agi ainsi, car, tout comme le procureur indépendant de l’Irangate Lawrence Walsh, il croyait que Gates avait trompé le Sénat lorsqu’il avait soutenu ne pas être au courant de la vente secrète par la CIA de missiles à l’Iran et du détournement illégal des revenus pour financer la guerre des contras contre le régime sandiniste — une campagne terroriste qui avait tué des dizaines de milliers de civils nicaraguayens.

Ce qui n’a pas empêché Levin de vanter Gates durant l’audience, en disant, « Votre reconnaissance du fait que nous ne gagnons pas en Irak, franchement, est une nécessaire bouffée de réalité rafraîchissante et nécessaire si nous voulons examiner les pistes pour un changement de cap en Irak et pour maximiser nos chances de succès. Je vous en remercie ainsi que les autres réponses candides que vous avez données ici. »

Cette audience grotesquement superficielle, d’une durée d’à peine cinq heures, et le vote immédiat et unanime de confirmation qui a suivi la session publique, a été soigneusement planifiée pour montrer l’unité bipartisane. Les procédures sénatoriales et le rapport du Groupe d’étude sur l’Irak bipartisan, qui a été publié mercredi, sont des éléments d’un effort concerté pour modeler un nouveau consensus politique visant à sauver la désastreuse intervention américaine en Irak.

Il planait au dessus de l’audience le point de vue, énoncée de manière répétée tant par Gates que ceux qui l’interrogeaient, que la situation pour les Etats-Unis en Irak est sinistre, et qu’une défaite complète de l’impérialisme Américain en Irak serait une catastrophe aux proportions historiques. Ce qui, tous s’entendent, doit être évité à tout prix.

Ce consensus ferme souligne le fait que, quelque soit les différences tactiques entre les deux partis et en leur sein, les démocrates et les républicains, ainsi que l’administration Bush et l’establishment politique et médiatique dans son ensemble, appuient l’objectif sous-jacent d’établir l’hégémonie américaine au Moyen-Orient et dans l’Asie centrale et la prise de contrôle des vastes ressources pétrolière de la région – les véritables objectifs de l’invasion et de l’occupation de l’Irak, et du massacre qui continue en Afghanistan.

Ce que cela signifie pour le peuple irakien est clair : encore plus de violence, de mort et de répression. Ce que cela signifie pour le peuple américain est tout aussi clair : plus de familles de soldats dévastées par la perte ou la mutilation d’un proche, des centaines de milliards gaspillés dans une guerre menée à l’étranger et méprisée par la population, accompagnée d’une intensification de l’assaut contre les conditions de vie et les droits démocratiques des travailleurs au pays.

L’unité bipartisane illustrée à l’audience de Gates est une conspiration non seulement contre le peuple irakien, mais également contre la classe ouvrière américaine.

http://www.wsws.org http://www.wsws.org



Jeudi 7 Décembre 2006

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