Actualité nationale

Le cas Chirac ou les limites de la Justice



Gilles Devers
Mardi 5 Octobre 2010

Le cas Chirac ou les limites de la Justice

Peut-on juger Chirac ? Un ancien président de la République en correctionnelle qui prenne 18 mois de prison avec sursis et une bonne peine d’amende, est-ce possible ? Nos reporters ont assisté au procès de Chirac Jacques, et témoignent. 

-       Prévenu, levez-vous ! Veuillez décliner votre identité.

-       Chirac Jacques, corrézien, retraité du service public, et membre du Conseil constitutionnel, sous la présidence de mon pote Debré Jean-Louis que j’ai moi-même nommé.

-       Je vais lire les motifs de renvoi devant le tribunal correctionnel.

-       Ce n’est pas vraiment la peine, si j’ose dire, car les faits sont connus de tous. Je dois d’ailleurs souligner l’excellent travail de mon excellent service public de la justice, qui a mis en lumière toutes nos magouilles de l’époque. J’aime le travail bien fait, et là, je dois dire que je ne suis pas déçu.

-       Mais vous plaidez coupable ?

-       Coupable jusqu’au trognon, ma chérie, euh, madame la présidente. On s'est gavé. D’ailleurs vous savez bien que mon brave Juppé Alain, qui était mon premier collaborateur, mon confident et qui reste mon ami car il n’a jamais cafté, en avait pris plein les dents en 2004 devant la cour d'appel de Versailles. Vos excellents collègues avaient constaté « l'existence d'un système généralisé permettant à des responsables d'un parti politique de faire prendre en charge la rémunération de leurs plus proches collaborateurs par la collectivité locale dont ils sont les élus et détiennent tous les postes de responsabilité ». Et bien sûr, le brave Juppé n’avait pas fait tout ça pour conquérir la mairie de Bordeaux alors que Chaban-Delmas Jacques lui avait donné les clés. Non, Juppé Alain roulait pour moi, comme toute la machine RPR. Personne ne peut sérieusement imaginer que j’avais créé le RPR pour le débat d’idées. La preuve a d’ailleurs été apportée que le RPR n’a jamais eu une seule idée. Non, c’était seulement une pompe à fric pour assurer ma carrière.11020042.jpg

-       Ce que vous dites est catastrophique, car si vous vous déclarez coupable, je vais être obligée de vous condamner !

-       Que néni, ma chérie, euh madame la présidente. Parce que j’ai été président.  

-       Mais maintenant c’est fini, vous êtes redevenu un simple citoyen…

-       Ah, ah, ah, ma chérie, euh madame la présidente, vous lisez trop les éditoriaux du Monde, et vous êtes entrain de vous faire piéger. Un président reste toujours un président, en France, car le président est un roi élu. L’Espagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas, le Portugal, tous ces grands pays européens dissocient celui qui représente le pays et celui qui exerce le pouvoir. En France, grâce à l’allumé de Gaulle Charles, on a réuni les deux fonctions en une seule. Donc, pour devenir président, tu fais tout ce que tu veux pourvu de ne pas te faire chopper avant d’être élu. Et une fois que tu es élu, tu deviens la France, et là, tu entres dans le sanctuaire de la gloriole gaulliste et de la gloire républicaine. Me condamner, c’est condamner la France.

-       C’est sûr qu’on n’a pas besoin de ça...

-       A qui le dites vous ma chérie, euh madame la présidente. La France de papier se fait condamner à Bruxelles pour sa politique ségrégationniste anti-roms, et la France d’âme et de cœur, que je suis, se fait condamner à Paris.... Nous aurions bonne mine.

-       Sacré Dieu, c’est un truc à se faire racheter par les Chinois ! img-4.jpg

-       Et ils seraient capables de vous délocaliser dans les steppes de la Chine centrale à gérer les baux ruraux !

-       Vous avez, raison, il faut sauver la France…

-       … et donc m’innocenter de toutes mes fautes connues de tous qui m’ont permis d’être la France

-       Prévenu, levez vous, je vais lire le jugement.

Le tribunal du blog

« Attendu que Chirac Jacques a détourné un max d’argent public pour se faire élire président

« Attendu que Chirac Jacques est devenu président sans se faire prendre la main dans le sac

« Attendu que le président de la République, grand chef à plumes devant l’éternel, est l’incarnation de la France, et qu’un coq ne regarde jamais là où il pose ses ergots avant de pousser ses fiers cocoricos

« Attendu que condamner le président, c’est condamner la France, et c'est donc se condamner tous, de telle sorte que le tribunal ne peut pas condamner Chirac Jacques car il se condamnerait lui-même, ouvrant une spirale autodestructrice qui en quelques instants nous laisserait tous en string modèle hawaien

Par ces motifs

« Relaxe le président des fautes commises et connues de tous ».

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Procès Chirac : Le réquisitoire du Procureur Courroye

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Mardi 5 Octobre 2010


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