Politique Nationale/Internationale

Le bilan sur l’économie algérienne du gouverneur de la banque d’Algérie, Mohamed LAKSACI relève t-il d’une analyse objective ?



ASSOCIATIONADEM@YAHOO.FR
Mardi 28 Juillet 2009

Le bilan sur l’économie algérienne  du gouverneur de la  banque d’Algérie, Mohamed LAKSACI  relève t-il d’une analyse objective ?
Le bilan sur l’économie algérienne  du gouverneur de la  banque d’Algérie, Mohamed LAKSACI  relève t-il d’une analyse objective ?

Abderrahmane MEBTOUL Expert International( Docteur d’Etat -1974)
Professeur d’université en mangement stratégique (  en sciences Economiques)
 

Le gouverneur de la banque d’Algérie vient de faire fin juillet 2009  un bilan reluisant de la situation  financière de l’Algérie  mais oubliant que cela est du essentiellement  aux  cours élevés   des hydrocarbures les années passées et non à la création de valeur  par le travail et l’intelligence, l’économie algérienne  de juillet 1962 à  juillet  2009 comme je l’ai démontré récemment  étant essentiellement une économie rentière.
 
Or je rappelle  que le  nombre de chômeurs augmente d’une manière exponentielle  face à la  crise mondiale et aucun  pays n’est  épargné. Pour la zone euro, le  nombre de chômeurs s’élève à 8,9% de la population active, contre 8,7% en février selon une estimation révisée  de  Eurostat en date du 30 avril 2009,  s'attendant à ce qu'il s'aggrave encore pour atteindre 10%, d'ici la fin de 2009 et 11%  pour 2010 ,avec un pic inégalée en Espagne le pays le plus touché (plus de 20% de la population active )  ces taux  étant proches également pour les  USA. Cela  est encore plus dramatique pour les  pays émergents comme la  Chine , l’Inde ou le  Brésil qui tirait par le passé l’économie mondiale. .Aussi,  comme durant la période 1929/1936 mais ave plus d’intensité du fait de l’interdépendance accrue des économies, l’on assise au début des mouvements sociaux  de plus en plus persistants qui sont  des révélateurs  de la lente aggravation des malaises des sociétés  et de l’inquiétude croissant  vis-à-vis de l’avenir face à l’ampleur de la crise mondiale. La Banque mondiale est très inquiète des conséquences de la crise pour les pays en développement : si celle-ci n'épargne pratiquement aucun pays, elle fragilise de manière inquiétante les plus pauvres.  Qu’en est-il pour l’Algérie ?
 
Selon l’officiel, depuis 1999 la création d’emplois a été de  3,5 millions d’emplois durant la période 1999-2008, dont 54.8% dans le secteur de l’agriculture, le commerce, les services et le BTPH, le reste dans le secteur de l’administration, de l’industrie de l’artisanat et dans d’autres secteurs,. Durant la période 2005-2008, 1,970 millions d’emplois ont été déjà créés, ce qui représente 89.5% de l’objectif de création d’emplois. Par ailleurs, et s’agissant des perspectives 2009-2013, l’objectif est la création de 3 millions d’emplois  dans le secteur économique, le bâtiment, les travaux publics, l’industrie, l’agriculture et les services, et les micro entreprise et ce grâce aux dispositifs Ansej et Cnac,et  d’aide à l’insertion professionnelle  à savoir le contrat d’insertion des diplômés (CID), le contrat d’insertion professionnel (CIP), et enfin le contrat de formation- insertion (CFI) ; ce dernier prévoit des avantages qui seront accordés suite au recrutement. Il est à noter que le contrat d’insertion des diplômés prévoit des subventions de salaire pendant 3 ans, deux ans pour le CIP et 1 an pour CFI. Pour sa part, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale,  le taux du chômage est en baisse  de l’ordre de 11.3%, l’Algérie étant  en mesure de créer 400 000  emplis par an. Dans la même lignée, le  rapport récent du CNES  fait état d’un rythme de création d’emplois de l’ordre de 6,6% en moyenne par an, correspondant à la création de plus de 1,8 millions d’emplois nouveaux ayant permis de réduire le stock de chômeurs de près de 900.000 personnes et de réduire le chômage, qui était de 15,3% en 2005, à 12,4% en 2006.
 
I-LA PROBLEMATIQUE DE  L’ EMPLOI


 S’il faille éviter la sinistrose gratuite et les dénigrements, il faut également  éviter l’autosatisfaction source de névrose collective, les autorités du pays ayant besoin d’un rapport objectif afin de corriger les erreurs. Aussi,  il faut éviter de se référer aux masses globales  de peu de significations pour toute  politique concrète mais réaliser une analyse à la fois structurelle, sectorielle et qualitative  liant le processus de l’accumulation à la dynamique de l’emploi, de la répartition du revenu par couches sociales. L’indice du développement humain  IDH  plus fiable que le produit intérieur brut PIB , étant  la  synthèse  de trois  aspect   (A)   la santé] /longévité, le  savoir ou niveau d'éducation (B) mesuré par le taux d'alphabétisation et enfin  aspect ( C)  est  le niveau de vie (logarithme du produit intérieur brut par habitant en parité de pouvoir d'achat), donnant ainsi  IDH = A + D + E/divisé par trois ( 3) devant à  l’avenir  il devrait inclure   le taux de participation de la femme, signe du développement,  à la gestion de Cité et des indicateurs environnementaux et démocratiques dont la liberté de la presse et les indices de corruption permet-il de répondre à cette question ?

1. Nous savons que le  taux de croissance du PIB représentant environ 1/3 dans le calcul de  l’indice, a été d’environ de moins de 3% entre 2006/82008 en Algérie et que les 80%  hors hydrocarbures sont  eux mêmes tirés  indirectement par l’effet des dépenses publiques via les hydrocarbures, les entreprises autonomes créatrice de valeur  étant très faibles. D’où l’importance en dynamique de tenir compte des effets de la crise mondiale  structurelle, donc durable  qui se répercute  sur le cours des hydrocarbures  donc sur les recettes futures de l’Algérie    ce qui aura un impact sur le calcul futur de l’indice .Ce qui implique  d’analyser  le pourquoi structurel du 2% du total  des exportations hors hydrocarbures entre 2005/2008 et de la non corrélation  entre l’importance des dépenses monétaires plus de 150 milliards de dollars entre 2004/2008 et son impact relativement faible  sur la sphère économique  et sociale devant  intégrer  les  normes de coûts/qualités par rapport aux normes internationales pour déterminer les surcoûts et  donc la mauvaise gestion.  Les derniers rapports du PNUD montrent  que l’Algérie  est classée à la 102ème position sur un total de 177 pays, améliorant timidement sa position par rapport à 2005/2006 (103ème) au niveau de l’indice du développement humain  et  avec  le PIB hors hydrocarbures  la position reculerait d’environ de 20 points la ramenant à la 153ème position sur 177 soit parmi les pays les plus pauvres de la planète .Un calcul objectif de l’indice implique  d’ analyser    le  ratio global masse salariale sur le PIB total qui passe de 22,10% en 1991 à 20% en 2001 et à moins  de  19% entre en 2006/2008 ce qui permet  de montrer que  la salarisation est en nette baisse ( qui est d’ailleurs une  des explications  de la crise mondiale actuelle) accusant une régression au profit des emplois rentes alors que pour 2006/2007  le ratio masse salariale sur le PIB est supérieur à 30% au Maroc et 37% en Tunisie, et varie entre 40/60% selon les pays développés car  le salaire est un prix  mais  que le travail est la seule source de la richesse .  
 
2- Ce qui nous renvoie  à l’indicateur du calcul du taux de chômage  devant  tenir compte  de  la dynamique féminine  (entre 400.000/450.000 de demandes par an qui s ‘ajoute au stock de chômage actuel ),  où selon l’officiel,  il serait passé de 29% en 2000 à 23,7% en 2003, de 17,7% en 2004 ,  de 15,3% en 2005 et à moins de 12% en 2008 contredit par des organismes internationaux  . C’est dans ce cadre qu’il est utile d’analyser le rapport sur le  chômage en Algérie mené par Kangni Kpodar, responsable du département Afrique au sein de l'administration du FMI  publié fin 2007 qui  a tenté de diagnostiquer le « cas algérien ». Pour ce rapport,  le chômage en Algérie était de 7 points de pourcentage plus haut que la moyenne de MENA. M. Kpodar émet des doutes sur l'efficience des différents mécanismes de création d'emploi (Ansej, contrat préemploi, les emplois salariés d'initiative locale…) mis en place par le gouvernement algérien. « Preuve que les programmes d'emploi public aidé pour abaisser le chômage ne sont pas clairs. Plus d'information est nécessaire », selon cet économiste  qui précise que ces programmes ont créé certes  des  millions d’emplois  d'emplois  mais la majorité étaient des postes provisoires et souvent non rentables. Le FMI estime que l'informel alimente de façon soutenue le marché du travail algérien. Sans le travail irrégulier, souligne le rapport, le taux de chômage serait supérieur à 20% et sans la dépense publique fonction du prix du pétrole, qui demeure le moteur  principal de la création d ‘emplois, ce taux serait largement supérieur. Toujours selon cette étude  les universitaires sont  les plus touchés par le chômage (24% de femmes et 12,5% d'hommes) suivis par les chômeurs ayant un niveau secondaire (20,5% de femmes et 16% d'hommes) et ceux ayant un niveau primaire (11,5% de femmes et 5,5% d'hommes). Or, le budget de l’État risque d’être sous pression en raison des effets de la crise financière mondiale et de la montée des besoins sociaux urgents d’autant plus que  le ministre de l’Intérieur a indiqué courant janvier 2009  que 400 000 diplômés sortent de l’Université algérienne. Or dans cinq ans  l’université accueillera 2 millions d’étudiants contre  1,2 million d’étudiants aujourd’hui et le risque est que les universités deviennent des usines à fabriquer des chômeurs.. Donc toute étude sur l’emploi  doit élucider ce point fondamental :  est ce les emplois  rentes fictifs, ou est ce qu’ils  contribuant à la  création de valeur  d’une part , d’autre part, est ce que les emplois précaires dominants ( 3 à 6 mois pour un jeune  parfois universitaire à 6000 dinars par mois  ) sont ils  un signe d’amélioration de la situation sociale ? D’où l’importance d’une analyse objective de l’essence  de l’historique de l’évolution du comportement des  centaines de milliers de   ces  jeunes qui  au départ tiennent  les murs puis  de l’extension des  harragas qui bravent la mort qu’il faille   éviter de banaliser et de culpabiliser  car traduisant  un profond malaise social?
 
3—. Ce qui renvoie à l’urgence de l’analyse de l’un des pilier du développement du XXIème siècle, l’éducation inclus dans le calcul de l’indice  par la revalorisation du savoir et l’urgence de la réforme de l’école, mère de toute les réformes  en insistant sur la qualité  et non en se limitant  aux dépenses monétaires. Les enquêtes sur le terrain montrent clairement l’effritement du niveau scolaire, ayant plus de chance d’être chômeurs au fur et à mesure que l‘on gravite dans la hiérarchie scolaire,  des sureffectifs dans les classes et amphithéâtres, des déperditions croissantes  du primaire, secondaire au supérieur constituant un coût élevé pour la collectivité nationale, une gestion défectueuse des établissements scolaires  avec des bâtiments délabrés et un environnement sans âme. Dans ce cadre, comment ne pas rappeler l’enquête de l’Unesco pour 2006 que le nombre de chercheurs par habitant est de 236 en Algérie, 540 en Tunisie et 2.000 aux USA, la norme internationale selon l’Unesco étant de 600, car  les laboratoires actuellement servent beaucoup plus comme supplément de salaires.
 
4.-En ce qui concerne le système de santé, inclus également  dans le calcul de l’indice,  il y a lieu de dépasser l’analyse globale quantitative, loin des réalités,  en  ignorant  des aspects qualitatifs fondamentaux.   Bien qu’existe des compétences avérées,(mais est ce que le professeur de médecine a-t-il un réel pouvoir ?)  la gestion du système de santé  est défectueuse, bon  nombre  algériens prenant en charge souvent médicaments,couvertures,  et nourriture ). Paradoxalement certains à faibles revenus,  se dirigent  vers des cliniques privées n’ayant pas  de relations de clientèles, la médecine  gratuite favorisant  certains responsables et donc n’ayant  de gratuit que le nom.. Pour, preuve, bien que louant la médecine algérienne, bon nombre de responsables se font soigner à l’étranger.    
 
Car face à  l’effritement  d’une manière générale du  système d’information, qui induit forcément une politique socio-économique incohérente,  il ne s’agit  pas de produire une information biaisée, en se donnant des points d’autosatisfaction,d’où l’urgence d’une institution  indépendante du gouvernement à l’instar de l’INSEE en France )  ce qui m’amène à analyser également la problématique du pouvoir d’achat lié à l’inflation..
 
II- LA PROBLEMATIQUE DE L’INFLATION ET DU POUVOIR   D’ACHAT EN ALGERIE  
 
1.- S’agissant d’un problème aussi complexe que celui  de l’inflation, il me semble utile de préciser que ces phénomènes doivent tenir compte de la structure et des particularités de l’économie à laquelle ils sont appliqués, les aspects de structures de l’économie internationale, de l’économie interne résultant de l’option de la stratégie de développement économique, aux schémas de consommation générés en son sein pour des raisons historiques, d’influences socioculturelles et aux composantes des différentes forces sociales pour s’approprier une fraction du revenu national. L’inflation depuis fin 2007 est de retour en Algérie, risquant de remettre en cause les équilibres macro-économiques qui ont nécessité d’importants sacrifices de la population algérienne  depuis 1994 date du rééchelonnement, , car ayant accusé un retard dans les réformes micro-économiques et institutionnelles, et ce, bien que le niveau des réserves de change  de 140 milliards de dollars US ,  le stock de la dette tant intérieure qu’extérieure, ce dernier est en nette baisse, selon la Banque centrale d’Algérie, de 4,9 milliards de dollars, non pour des raisons de gouvernance interne, mais grâce à l’envolée du cours du pétrole. L’Algérie risque de revenir à la case départ si l’on a cette vision du passé que le développement s’assimile aux dépenses monétaires et aux réalisations physiques sans se préoccuper des impacts et des coûts. Et surtout, si l’on continue dans cette voie hasardeuse de l’assainissement répété des entreprises publiques, plus de 40 milliards de dollars US entre 1991/2008 et l’inefficacité des dépenses publiques conséquence d’un manque de cohérence et de visibilité dans la politique économique et sociale,  avec la corruption socialisée qui engendre une démobilisation générale se répercutant sur la productivité globale. Pour preuve, une enquête réalisée au niveau d’une thèse de magister durant l’année 2007, montre qu’à la question : allez-vous travailler ou au travail ? la réponse pour plus de 80 % des personnes sondées était la suivante ; je vais au travail. -Pour le gouvernement, le taux d’inflation a été de 1,6 % en 2005, 3% en 2006, à 3,5 % en 2007 et 4,5% en 2008 (selon l’officiel pour cette dernière période des raisons essentiellement externes dues à l’envolée des prix comme le blé, la farine sur le marché international), ayant prévu des subventions pour la farine, la semoule et le lait et une somme colossale des transferts sociaux représentant plus de 10 % du PIB pour assurer la paix sociale et une inflation selon l’ONS de plus de 6,1% au premier semestre 2009. Or, selon un document important relatif à une étude sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, du centre de recherche américain, Casey Research en date du 6 mars 2008, le taux d’inflation en Algérie serait  12 % en 2007 et  supérieur pour  l’année 2008 selon cette étude, contre une moyenne de 7/8% au niveau de la région Mena. Car le besoin est historiquement daté et doit tenir compte de la structuration sociale, les ménages algériens ne mangeant pas des chiffres erronés mais étant confrontés à la dure réalité quotidienne.
 
Ce processus inflationniste est amplifié par l’emprise de la sphère informelle, produit de la bureaucratie centrale et locale qui entretient des relations diffuses de corruption avec cette sphère, (expliquant que les rapports internationaux des trois dernières années 2005/2008 classent l’Algérie à un niveau de corruption élevé), qu’il s’agisse d’intégrer intelligemment, loin des mesures bureaucratiques peu efficaces, contrôlant 40 % de la masse monétaire en circulation avec une intermédiation financière informelle. Tout se traite en cash, alors que la base de l’économie moderne se fonde sur le crédit, et qu’au-delà de 100 dollars, la carte de crédit est souvent exigée. Cette sphère contrôle quatre segments-clefs : celui des fruits et légumes, de la viande, celui du poisson pour les marchandises locales et pour l’importation, le textile – chaussures (posant le problème du contrôle de la douane). Cette domination de la sphère informelle contraste avec le niveau de la salarisation entre 2000/2008 en nette baisse, accusant une régression au profit des emplois rentes passant, selon mes calculs, moyenne 2006/2008 de 22,10% en 1991 à 20% en 2001 et à moins de  19%, ce ratio étant supérieur à 30% au Maroc et 37% en Tunisie, et varie entre 40/60% selon les pays développés, oubliant ainsi que le salaire est un prix et que le travail est la seule source de richesse permanente. Le constat en Algérie est l’absence d’une véritable concurrence, avec une tendance à la substitution d’un monopole d’Etat  un monopole privé plus néfaste , faisant que les circuits entre le producteur et le consommateur (les grossistes informels) ont tendance à se rallonger, la marge commerciale pouvant représenter 2 à 3 fois le prix de production (surtout dans le domaine agricole), ce qui ne peut que décourager le producteur immédiat et l’orienter vers des activités spéculatives et fait que la politique d’encadrement des prix peut s’avérer d’une efficacité limitée, en fonction des moyens mis en œuvre, dans la mesure où le contrôle des prix repose sur le détaillant qui ne fait que répercuter ces surcroîts de distribution. On ne peut invoquer, pour expliquer l’inflation, uniquement les effets des  augmentations au niveau de la Fonction publique en 2008 , (le montant étant estimé à environ 170 milliards de dinars annuellement, soit environ 1,8 milliard d’euros, somme dérisoire ) , la baisse du cours du pétrole ,  pour preuve, le cours du pétrole a atteint   un cours entre 110 /140 dollars , les salaires ayant stagné à une période et  l’inflation  relativement maîtrisée, ou l’extérieur car avec la crise mondiale  nous constatons  une déflation  (baisse de l’activité, chômage, baisse des prix ) alors qu’ en Algérie nous assistons à une stagflation ( récession , chômage et hausse des prix ) . Dans les pays émergents, certes le taux d’inflation est relativement élevé  comme en Chine, Inde, Brésil  ou la Russie , mais le taux de croissance est supérieur à la moyenne mondiale. Se pose la  question face à la déflation (baisse des prix au niveau mondial,) pourquoi le consommateur algérien n’en bénéfice pas ? La raison essentielle de la non répercussion de cette baisse des prix  au niveau mondial est que la banque centrale d’Algérie a dévalué simultanément ( et c’est un paradoxe puisque la cotation de ces monnaies n’évolue pas dans le même sens)   le dinar par rapport à la fois au dollar et à l’euro , mais comme le montre les dernières statistiques  douanières d’avril 2009 n’ayant pas eu d’impact évident sur la valeur des importations. La raison du processus inflationniste, liée profondément à la logique de  l’accumulation,  en Algérie est structurelle. Car depuis 1986, l’Algérie est dans une interminable transition n’étant ni une économie étatisée, ni une véritable économie de marché concurrentielle, expliquant le peu d’efficacité tant de la régulation politique, sociale et économique. Si le processus inflationniste continue à ce rythme entre 2009/2010, cela aura des incidences sur le taux d’intérêt des banques qui devraient le relever au moins de deux à trois points par rapport aux taux d’inflation réel, si elles veulent éviter la faillite. Où, alors l’Etat devra recourir à nouveau à leur assainissement qui a coûté entre 2002/2008  au Trésor plus de 5 milliards de dollars US. Cela freinerait à terme le taux d’investissement utile, la plupart des opérateurs économiques préférant se réfugier soit dans les activités et spéculatives à court terme  actuellement dominantes.
 
2.-Cela explique  la faiblesse  du pouvoir d’achat, le Smig étant à 120 euros contre une moyenne de 150/200 au Maroc et en Tunisie. Lié à l’aspect précédent , doit être pris en compte l’analyse  des couches moyennes productives   pilier de tout développement en voie de disparition  , des enquêtes sur le terrain montrant  en comparaison au Maroc et à la Tunisie  (il existe des disparités par strates du fait que la politique salariale dans ces deux pays favorise les couches moyennes productives et non les rentières comme en Algérie), que le niveau de vie des fonctionnaires algériens en termes de parité du pouvoir d’achat (tenant compte qu’en moyenne 80/90 dinars = 1 euro,  avec la  dévaluation récente ) est plus élevé au Maroc et beaucoup plus en Tunisie. Et  que la mensualité d’une manière générale d’un enseignant du primaire au supérieur supposé former les cadres de demain,  en fin de carrière, est environ d’un tiers  de celles de ses collègues marocain et tunisien, avec les nouvelles augmentations  de 2008( moins du un tiers par rapport au salaire d’un simple député ou sénateur pour un professeur d’université )  et 80% de ce montant en retraite,( donnant un écart  de un  quart du  fait que retraite des hauts cadres est de 100%)  sans compter les conditions de travail bien plus meilleures et surtout la considération (statut de l’élite au niveau de la société en Algérie dévalorisé).  Et, phénomène nouveau, il s ‘agit de  prendre en compte  les crédits à la consommation, où  on assiste à l’endettement constant des ménages pour certains biens durables ( pr êts voiture, logement par exemple), un pr êt de 100 millions de centimes algériens en 2009 traduit un remboursement, tenant compte des intérêts composés, de 150 en 2012 dont l’effet à terme est une détérioration du pouvoir d’achat  ce qui implique d’analyser les liens dialectiques  entre  la  concentration du  revenu source d’injustice sociale    au profit de couches spéculatives  au détriment à la fois  des producteurs de richesses  et de la majorité des ménages algériens  et le processus d’accumulation du capital. Paradoxalement, la crise du logement (même marmite, même charges) et des distribution de revenus  sans création de valeur au nom de la solidarité (bien que  la  destination des transferts sociaux ne concerne pas toujours les plus défavorisées) permettent  à une famille de disposer de plusieurs revenus reportant dans le temps provisoirement les tensions sociales dans la mesure où toute Nation ne distribue que ce qui a  été préalablement produit.
 
 III- AVEC UN TAUX DE CROISSANCE  DE 2/3% PEUT ON CREER TROIS  MILLIONS D EMPLOIS  ENTRE 2009/2013 ?  
 
Le rapport en date du 22 avril 2009 du FMI , outre qu’il révise à la baisse la  croissance de l’économie mondiale qui ne devrait retrouver son niveau antérieur à la crise  que dans trois à quatre  années entre 0 et 1% en 2010, calculant le taux de croissance par rapport à l’année antérieure 2009 qui est  négative, donc pas avant  20013/2014 (c’est comme un corps gravement malade,la convalescence prend du temps), et  ce sous réserve que les thérapeutiques  s’avèrent efficaces, influant sur la demande d’hydrocarbures, dont les recettes en devises  sont de 98%,  est inquiétant pour l’Algérie pour trois raisons fondamentales :
 
1.- Première raison, la  croissance de la population active, c'est-à-dire  que le flux  annuel de demandes d’emplois et une réduction dut aux de chômage actuel  implique un taux de croissance selon l’avis unanime des organismes internationaux entre 7/8% sur plusieurs années  cumulées, taux d’ailleurs confirmé officiellement à maintes reprises par le gouvernement algérien, pour atténuer à terme les tensions sociales. En effet la population en âge de travailler augmente chaque année de près de 3,4%. La pression sur le marché du travail est le fait des jeunes qui représentent 50% de la population active. La production et les exportations hors hydrocarbures y compris les services marchands, liées à l’approfondissement de la réforme globale sont la condition sine qua non pour la création d’emplois durables existant d’ailleurs un sureffectif au niveau des administrations et de certaines sphères économiques étatiques en comparaison  avec des pays semblables.
 
2. Deuxième raison,   le taux de croissance   de 2,1% en 2009 et 3% en 2010, selon le FMI pour l’Algérie est extrêmement faible comparé à la dépense publique.  Comparé aux dépenses sur la population, des pays similaires en voie  de développant dépensant le 1/3 de l’Algérie ont  des taux de croissance plus importants. Ces dépenses ont été rendues possible essentiellement  grâce aux recettes exceptionnelles des hydrocarbures entre 2007/2008 dont le cours moyen pour 2007 a été  de 75/77 dollars et 100/110 dollars  pour 2008. Qu’en sera-t-il si le  cours stagnent   à 60/65 dollars à prix constants au cours  *un euro 1,28 dollar  car avec le dérapage  du dollar à plus e 1,42  70 dollars  donne par rapport au 01 janvier 2009 moins de 59 dollars, 80% de nos importations se faisant hors zone dollars dont 60% pour la zone euro .  Sonatrach et Sonelgaz absorbant pour ses nouveaux investissements entre 2009/2013, à un cours de 50/60 dollars  50% de ses recettes des hydrocarbures laissant 50%  pour le reste de l’économie. Comme  cela rendrait non rentables  certains projets gaziers et pétrochimiques hautement capitalistiques alors que dans d’autres pays, elles  traversent une crise de demande  bien que déjà amorties.
 
3 Troisième raison. Il  existe des lois économiques universelles applicables à tous les pays : le taux d’emploi dépend  du taux de croissance et des structures des taux de productivité. On ne crée pas des emplois par des lois et  décrets : c’est l’entreprise qui crée l’emploi.  Il s’ensuit  qu’avec un taux de croissance   de 3%, l’Algérie évitera les licenciements massifs, comme cela se passe de par le monde (plus de 20 millions en Chine depuis la crise). Or,  Sonatrach ne créant pas d’emploi est déjà en sureffectifs, pour créer trois millions d’emplois, il faudra  un taux de croissance entre 2009/2013 de  6/7% minimum  par an. Avec les taux de croissance 2/3%, l’on pourrait créer  moins de 50% du  programme à moins que le gouvernement ait  des solutions innovatrices loin  des actions  de distribution de salaires fictifs au nom de la solidarité  ou des milliers de jeunes s’adonnent temporairement à désherber les  routes ou à faire et refaire des trottoirs. C’est dans ce cadre  que je juge utile d’analyser   le dernier  rapport de l’ANDI (agence nationale de l’investissement) qui  a annoncé pour 2008 un volume des investissements enregistrés en 2008 de 2 402 milliards de dinars , le montant global des IDE en partenariat, en Algérie, étant passé de 145,7 milliards de dinars  en 2007, à 897,6 milliards de dinars , le tout en 2008 avec 16 925 projets et la création de 196 754 postes d’emploi. C’est que le bilan de l’ANDI ne tient pas compte de l’impact de la crise mondiale qui verra inéluctablement , confirmé par l’ensemble des rapports internationaux, une contraction des investissements directs étrangers  et une  baisse de la demande tant locale qu’internationale, -Par ailleurs ces déclaration sont en contradiction avec le bilan dressé à la réunion du Conseil national de l’investissement (CNI), fin mai 2008 où il a été établi que sur 11 400 projets d’investissements nationaux et étrangers enregistrés en 2007 par l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI), pas moins de 8000 concernent un seul secteur plus de 70%: les transports de personnes et de marchandises. Et que sur les 11 400 projets agréées par l’ANDI - donc ouvrant droit à d’importantes mesures de soutien de l’Etat- sont concentrés au niveau d’une dizaine de wilaya du nord du pays. Plus inquiétant, sur tous les dossiers présentés, seuls 136 sont des investissements étrangers se concentrant surtout au niveau BTPH et les services avec une rentabilité à court terme, et donc étant attiré par les réserves de change étant sur d’être payé. Ainsi,  les résultats des organismes chargés de l’emploi (ANDI l’ANSEJ , le CNAC-) sont mitigés malgré les nombreux avantages accordés.
 
IV CONCLUSION :EVITER L’ILLUSION DUNE ANALYSE FINANCIERE
 il  y a donc risque de tensions sociales croissantes en cas d’amenuisement  des ressources financières, les dépenses 2008/2009 étant à hauteur  de 78 dollars le baril selon le FMI ,ne posant pas de problèmes pour  deux années 2009/2010  (mais  que sont 140 milliards de dollars de réserves de change ,une goutte dans l’océan des bulles financières mondiales dont les pertes en sous capitalisation sont estimées depuis la crise à plus de 52.000 milliards de dollars fin février 2009, et ce n’est que provisoire) du fait que les tensions budgétaires devaient se manifester, si le cours du pétrole est entre  55/60dollars courant 2012, et pour un cours entre 40/45 dollars fin 2010 début 2011. Avec  en plus le risque d’un   retour à l’inflation, principalement due à l’inefficacité de la dépense publique, vecteur de concentration des revenus au profit de couches spéculatives,   qui ne peut qu’entraîner une  détérioration plus poussée du pouvoir d’achat des Algériens et impliquant la hausse des taux d’intérêts des banques primaires, si elles veulent éviter la faillite, (ou à des recapitalisations  de l’Etat)  afin d’éviter  de décourager  l’investissement productif.  
 
Cependant  existent des possibilités  pour augmenter le taux de croissance en Algérie qui recèlent d’importantes potentialités malgré la crise, d’au moins  deux points, supposant une  nouvelle  gouvernance stratégique des institutions et des entreprises. Cela suppose une profonde  mutation systémique loin des intérêts de la rente, le   blocage essentiel  de l’investissement  local et étranger  source de création de valeur, comme je l’ai montré dans une interview (fin 2008) au quotidien économique français les Echos,  étant le terrorisme bureaucratique, l’instabilité juridique,  produit de la démarche administrative autoritaire, qui se nourrit du manque  de visibilité et de cohérence  dans la réforme globale. On ne crée pas d'emplois par décrets ou des actes administratifs. C'est l'entreprise et son fondement la valorisation du savoir (loin de la rente) tenant compte des nouvelles  mutations technologiques et d'un changement structurel des postes de travail ,  qui est la dynamique  de la croissance et donc de la création d'emplois à valeur ajoutée. La technique  connue des économistes  ( triangularisation du tableau d’échange interindustriel) . Comme je l’ai démontré récemment  dans El Watan, les hydrocarbures  irriguent l’ensemble  de l’économie   et le segment hors hydrocarbures  l’est à plus de 80% sur le total des 5/6% de taux de croissance  invoqué par les  officiels,  restant aux seules véritables entreprises une participation  réelle inférieure  à 10% du total du produit intérieur brut ( PIB). Evitons d’induire en erreur l’opinion publique .Aussi le bilan fait par le gouverneur de la Banque d’Algérie doit être  nuancé, une analyse financière  étant forcément limitée sans la replacer au sein de la  dynamique économique et sociale, elle même tributaire de facteurs politiques.  AM
 
NB- Abderrahmane Mebtoul a dirigé avec une équipe pluridisciplinaire  (économistes, sociologues, démographes) entre  janvier 2006 et mai 2007 une importante audit pour les  pouvoirs publics algériens qui a servi de base  pour le gouvernement à la revalorisation de la  fonction publique :   "Face aux mutations mondiales, propositions  d’une politique de l’emploi et  des salaires pour  l’Algérie entre 2008/2012 "(5 volumes 925 pages)
 



Mardi 28 Juillet 2009


Nouveau commentaire :

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires