Politique Nationale/Internationale

Le Venezuela, le PIB et les programmes sociaux

La manière capitaliste de mesurer le PIB est caduque


L’énorme effort qu’a développé la République Bolivarienne du Venezuela pour sortir de la pauvreté les 80% de la population qui en 1999 vivait sous ce néfaste indice, n’a pas empêché les mass médias occidentaux et l’opposition interne de se réjouir de la nouvelle que le Produit Intérieur Brut (PIB) a connu un solde négatif de 4,5% au troisième trimestre de l’année.

Traduit par Gérard Jugant. Édité par Fausto Giudice


Hedelberto LÓPEZ BLANCH
Mardi 15 Décembre 2009

Le Venezuela, le PIB et les programmes sociaux

Le ministre de l’Economie et des Finances, Ali Rodriguez Araque, a informé que ce chiffre négatif était dû en premier lieu à la réduction de la production pétrolière convenue par les pays de l’OPEP (4,2 millions de barils/jour) et à la baisse des prix du brut, qui est descendu à 35 dollars le baril, provoquées toutes deux par la crise capitaliste mondiale générée aux USA.

Au total, le PIB a baissé de 2,2% entre janvier et septembre 2009. Suite à la décision de l’OPEP, le Venezuela a réduit l’extraction à 364.000 barils par jour, ce qui l’a amené à réduire les dépenses pour éviter l'effondrement de l’économie.

Le PIB pétrolier a un grand poids dans l’économie nationale par l’apport de 94% des ressources en devises et représente un tiers de la chute de 4,5% du PIB dans le troisième trimestre.

Néanmoins, avec les ajustements fiscaux réalisés durant le gouvernement du président Hugo Chavez, l’Etat est parvenu à capter 78.000 millions de dollars qui aupravaient allaient grossir les capitaux des compagnies transnationales.

Avec ces entrées monétaires, Petroleos de Venezuela S.A (PDVSA) a aidé l’Etat à financer les politiques sociales à travers tout pays et a apporté 23.880 millions de dollars au Fonds pour le Développement Economique et Social et au Fonds de Développement National.

Ce qui signifie que la crise capitaliste mondiale a été atténuée dans ce pays sud-américain parce que l’exécutif a adopté des politiques économiques visant à maintenir l’emploi, à exécuter des programmes sociaux en faveur des secteurs les plus vulnérables et à assigner les devises à l’importation de biens et de services.

Et de fait dans ces dernières dix années, aucun autre gouvernement d’Amérique latine n’a tant fait pour le bien-être intégral de son peuple, sans compter Cuba qui réalise cette politique depuis 50 ans.

En dépit de la crise actuelle, Caracas n’a pas réduit le budget pour les projets sociaux qui se sont élevés cette année à 73,7 millions de bolívars forts, de l’ordre de 30.000 millions de dollars.

Pour 2010, le chiffre destiné à cette fin est de 72 millions de bolivars qui représentent 45,2% du budget national, dont le montant total est de 159.410 millions.

Les programmes sociaux mis en marche ont permis de réduire la pauvreté de 80% en 1999 à 30% au début de 2009.                                                                                 

Les soins médicaux sont devenus accessibles à toute la population (bien que le secteur n’ait pas été éliminé privé), le taux de mortalité infantile est descendu à 13 pour mille (nouveaux-nés).

De nombreux hôpitaux, des centre de soins primaires et des polycliniques on été construits dans tout le pays, ce qui n’est pas influence sur les estimations du Produit Intérieur Brut.

La scolarité s’est élevée de 37,5% en 1998 à 67,5% actuellement. En 1999 668.000 jeunes étudiaient dans les universités et aujourd’hui ce sont 2.260.000 étudiants qui sont immatriculés.

De même, au cours de ces dix dernières années, ont été construits des milliers de logements et ont été fournis les services d’électricité, d’eau potable et d’égout à des milliers de foyers au moindre coût pour ses habitants.

Les avantages sont nombreux pour le peuple bolivarien depuis 1999, et ils ont joué un rôle pour que le Venezuela obtienne le premier rang du Coefficient de Gini (1), à savoir le plus bas indice d’inégalité en Amérique latine, selon l’Enquête des Foyers par Echantillonnage (EHM) appliquée par l’Institut National de Statistiques (INE).

Ce sont là les raisons pour laquelle le président Hugo Chavez a déclaré récemment que la croissance économique doit se mesurer d’une manière plus conforme au socialisme et qu’on doit oublier les paramètres traditionnels.

“Nous ne pouvons pas permettre qu’on continue à calculer le PIB avec les vieilles méthodes du capitalisme”, a t-il dit.

Les contradictions reposent sur le fait que le PIB au type de parité au change du pouvoir d’achat (PPA) d’un pays est la somme de la valeur de tous les biens et services produits dans le pays estimés selon des valeurs prévalant aux USA.

Les spécialistes indiquent que la mesure est difficile à calculer, car une valeur en dollars doit être faite pour tous les biens et services du pays, indépendamment du fait qu’ils aient ou non un équivalent direct aux USA. Comme résultat, les estimations PPA pour certains pays se basent sur un panier étroit de biens et services.

De plus, de nombreux pays ne participent pas formellement au projet PPA de la Banque Mondiale qui calcule ces mesures, ce qui fait que le résultat des estimations du PIB manque de précision.

La proposition de Chavez a déjà été appliquée pour mesurer son PIB par Cuba, pays qui consacre de grandes sommes de son budget à satisfaire les besoins basiques fondamentaux de sa population.

D’autres personnalités se sont exprimées dans le même sens, comme l’Usaméricain, Prix Nobel d’Economie, Joseph Stiglitz, qui a déclaré que “chaque pays devrait concevoir son propre panier d’indicateurs qui inclurait des facteurs comme le chômage, la sécurité et l’inégalité dans le revenu”.

Le président français Nicolas Sarkozy a lui indiqué que son pays commencerait à mesurer la prospérité économique en incluant des facteurs comme les jours de vacances, les soins médicaux et les relations familiales.

En conclusion, comme l’a signalé le ministre Ali Rodriguez, le Venezuela avec son potentiel pétrolier et la diversification des productions nationales sortira rapidement de cette mauvaise passe économique, en même temps que le gouvernement continuera sa politique de dépenses fiscales engagée sur le développement social orienté vers les programmes de santé, d’éducation et de logement qui bénéficient de manière directe à la population aux faibles ressources.

La manière capitaliste de mesurer le PIB est caduque.

(1) Le coefficient de Gini est une mesure du degré d’inégalité de la distribution des revenus dans une société donnée, développée par le statisticien italien Corrado Gini. Le coefficient de Gini est un nombre variant de 0 à 1, où 0 signifie l’égalité parfaite (tout le monde a le même revenu) et 1 signifie l’inégalité totale (une personne a tout le revenu, les autres n’ont rien). (wikipedia)



Source : Rebelión- Venezuela, el PIB y los programas sociales

Article original publié le 4/12/2009

Sur l’auteur

Gérard Jugant et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
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Mardi 15 Décembre 2009


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