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Le Tchad à l'épreuve de la françafrique



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Jeudi 7 Février 2008

L’Afrique demeure encore aujourd’hui le théâtre des affrontements dont le seul dessein est le partage du pouvoir. Après avoir partagé l’Afrique en 1885, c’est autour des strapontins africains avec la nébuleuse occidentale tapis dans l’ombre qui se partagent les richesses de la terre de nos ancêtres. En effet, avant 1880, Les Européens disposaient pour l'essentiel d'implantations côtières. La France se réservait une partie du Maghreb, et en Afrique occidentale, le Sénégal. L'Angleterre possédait la colonie du Cap, la Côte de l'or, des compagnies commerciales anglaises travaillaient en Afrique occidentale et orientale. Toutefois, de 1870 à 1880, l'exploration de l'Afrique progresse : on découvre des richesses intéressantes, or et diamants d'Afrique du Sud, cuivre de Rhodésie. C’est la conférence de Berlin (novembre 1884-février 1885), à laquelle participent les principaux Etats européens, qui rédige un "acte final". Celui-ci, après avoir défini le bassin du Congo, établit l'obligation de respecter le libre-échange pour toute puissance colonisatrice, même en cas de guerre; il définit les conditions à remplir pour l'occupation effective des côtes et elles seules : implantation du "pavillon", autorité suffisante et notification diplomatique. La situation Tchadienne est une illustration parfaite de cette complicité parfaite entre les occidentaux et une certaine élite africaine dont l’objectif est de piller le sous-sol africain. L’attaque « éclaire » de la rébellion tchadienne et ses corollaires méritent l’attention des africains sur le mode opératoire des ennemis de l’Afrique.

Lorsque la France imposa Deby

Considéré comme protectorat français à partir de 1900, le Tchad fut érigé en colonie en 1920 dans le cadre de l'AEF (Afrique équatoriale française). Sous l'impulsion du gouverneur Félix Eboué, il fut la première colonie française à se rallier à la France libre en 1940.Devenu république autonome en 1958, le Tchad accéda à l'indépendance le 11 août 1960 sous la présidence de François Tombalbaye. Ce dernier sera assassiné en 1975. Le général Félix Malloum, son successeur, dut céder la place à Goukouni Oueddei à la suite de la première bataille de Ndjamena en 1979. En 1980, la seconde bataille de Ndjamena permit à Goukouni Oueddei d'évincer son rival, Hissène Habré, avec l'aide décisive des troupes libyennes. En 1982, Goukouni Oueddei fut renversé à son tour par Hissène Habré. En 1990, Hissène Habré fut chassé du pouvoir par Idriss Déby Itno, avec le soutien de la France et de la Libye. La France a participé à ce coup d’état, officiellement en raison de son refus de mettre en place un multipartisme préconisé par François Mitterrand au sommet de la Baule. Officieusement parce qu'il a voulu renégocier les accords dits de coopération signés avec la France depuis la fausse indépendance et fermer toutes les bases de l'armée coloniale française sur le sol national. Le régime d'Idriss Déby a été installé donc par la France, son armée et ses services secrets, sur fond d'enjeu pétrolier avec le soutien du régime soudanais. Pour se donner bonne conscience et paraître comme un démocrate, Deby organise des élections avec l’aide de la France en 1996. 3 juillet 1996 : Idriss Déby l'emporte au second tour face à Kamougué Wadal Abdelkader. Il a été élu le 3 juillet 1996 avec 69,09% des voix, devançant Abdelkader Wadal Kamougue (30,91%). Il sera investi le 8 août 1996. Selon les organisations Survie et Agir ici, la France aurait largement aidé au truquage des élections de 1996, afin d'éviter un renversement légal du régime. Le catéchisme est récité fidèlement en 2001. Pour s’éterniser au pouvoir, Idriss Deby organise un référendum le 6 juin 2005 pour modifier la Constitution de 1996 sur plusieurs aspects, lui permettant de se représenter aux prochaines élections. Le 3 mai 2006, il est réélu avec plus de 77% des voix.

Deby le dictateur face à ses rebelles

Le moins qu’on puisse dire sur Deby c’est qu’il n’est pas démocrate. Trois années ont suffi pour qu’il retourne l’arme contre ses propres citoyens. Fin 1993, Amnesty International dressait le bilan amer des trois premières années du régime Déby :
" La terreur règne toujours. On continue de repêcher des cadavres dans les eaux du Chari, le fleuve qui arrose N'Djaména. Plus de 800 personnes ont été exécutées de façon extrajudiciaire. [...] Quels que soient ses mots d'ordre, le gouvernement d’Idriss Déby utilise aujourd'hui les méthodes de répression dont il disait vouloir débarrasser son pays à l'époque où il luttait contre le régime de Hissène Habré. Les assassins, les tortionnaires, les ravisseurs qui sévissent au Tchad appartiennent aux forces de sécurité de Idriss Déby ".
Outre les assassinats et tortures, le régime Deby monopolise les richesses du pays au point de laisser le pays dans une extrême pauvreté. Il se forme dès lors une opposition armée : le FUC (Front Uni pour le Changement). Elle regroupe l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) du général Mahamat Nouri, le Rassemblement des forces pour le changement (RFC) de Timane Erdimi et l’UFDD-Fondamentale (UFDD-F) d’Abdelwahid Aboud Makaye. Le 2 février 2008, les rebelles, apparemment soutenus par le Soudan, ont pris la capitale du pays N'Djamena. Le 4 février, l'ONU autorise l'ancienne puissance coloniale à intervenir militairement pour mettre fin à la rébellion.

L’impérialisme occidental au Tchad

La prise de N'Djamena après la condamnation des membres de l’arche de Zoé et le soutien appuyé des Etats-Unis et de la France invitent à la réflexion. Comme autrefois, les occidentaux ont voulu déportés 103 enfants tchadiens et les priver de leur cordon ombilical dans un pays inconnu. Cette affaire qualifiée d'illégale et d'inacceptable par le chef d'Etat français Nicolas Sarkozy a ému le monde entier. Mais voilà qu’après la condamnation prononcée par les juges Tchadiens, de la peine de « 8 ans de travaux forcés», traduite par le tribunal correctionnel de Créteil, en droit français, le président Deby annonce le 6 février 2008, sa volonté de les grâcier si la France en fait la demande. On est en droit de s’interroger sur les commanditaires de cette attaque de N'Djamena, vu qu’elle permet à la France de voir ses détenus grâciés par un Deby affaibli. Comment admettre que les militaires fiançais positionnés dans le pays avec les appareils sophistiqués n’aient pas vu venir du soudan une colonne de plus deux cent voitures. Soit la France voulait laisser faire pour reprendre la main après sa dérouillée dans l’affaire « arche de zoé », soit elle a commandité cette attaque. Cette dernière option n’est pas à négliger puisque Deby s’est vu proposer vendredi, 2 février 2008, par Nicolas Sarkozy d’être exfiltré s’il le souhaitait, mais il a refusé. Avant de lancer une mise en garde aux rebelles qui ont attaqué le président Deby et son régime, en ces termes : « Si la France doit faire son devoir, elle le fera (...) (En cas d'agression), ...la France aurait les moyens de s'opposer à une action contraire aux règles du droit international », la France voulait comme, à son habitude « gommer » Deby, un ancien poulain qui ose tenir tête au colonisateur. D’ailleurs, Bernard Kouchner, Ministre français des affaires étrangères, en déclarant que la France ne défendrait pas le régime de Déby, a donné une "sorte de feu vert" à l'offensive de l'opposition armée tchadienne. Quant à Louis Michel, Commissaire européen, en affirmant qu'il était "prêt à rencontrer les rebelles "n'importe où" a ipso-facto reconnu, au nom de l'UE, la légitimité de l'existence politique et militaire de ceux-ci.
Cependant les intérêts américains ont fini par sauver Deby mais pour combien de temps ? En effet, depuis 2004, le pétrole qui représente plus de 80% des exportations nationales, est exploité par un consortium associant Exxon Mobil , Chevron, et Petronas. Face à un Soudan qui aimerait voir un gouvernement Tchadien qui lui est accommodant, afin de construire un oléoduc entre Doba et ceux qui mènent vers le Port-Soudan, pour livrer la Chine, et les intérêts américains, le choix d’un corrompu comme Deby s’impose . La France cherche à maintenir son influence sur le continent africain, face à d’autres intérêts, comme ceux des Etats-Unis ou de la Chine, et à garder un accès privilégié au pétrole et aux ressources minières du pays.
Pour ses intérêts, elle cherche le retour de la stabilité au Tchad. Dont dépendent, conséquemment, la paix et la sécurité collectives à l'échelle régionale. A commencer, au moins, par la République centrafricaine voisine, en quête de pacification durable du climat sociopolitique tributaire des faibles ressources financières de Bangui.

La leçon à retenir par les africains

Au Tchad, il y’a des enjeux pétroliers importants. C’est un pays qui est à la charnière du monde arabe et du monde africain. Paris et Washington ont haussé le ton dans la crise tchadienne, au lendemain de l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu, et soutenu le régime Deby. Alors que les Etats-Unis font part de leur "préoccupation", le président français a annoncé mardi 5 février, que Paris ne renoncerait pas à faire son devoir.
Pourquoi Paris n’a pas soutenu le régime de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire alors que des accords de défense les liaient ? En vérité, les occidentaux soutiennent toujours ceux qui affament leur peuple à leur profit. Il est temps que les africains se défendent par tous les moyens vis-à-vis des imposteurs occidentaux, qui profitent de quelques africains analphabètes pour semer la division afin de piller nos ressources naturelles. L’africain nouveau doit exiger que l’exploitation des ressources pétrolières, minières et autres profitent aux africains. Autant la France n’a pas vocation à accepter la misère (les termes de Sarkozy), elle ne doit pas piller les ressources des « misérables ». Après avoir injecté le venin de la division, créant de la sorte les guerres et conflits, les occidentaux organisent le rapatriement de leurs ressortissants. Le devoir nous appelle, africain et l’histoire nous regarde. L’Afrique peut compter sur ses ressources humaines pour diagnostiquer de quoi elle souffre. Et elle dispose suffisamment de ressources matérielles pour son développement. Barrons la route à ceux qui ont rendus esclaves nos grands parents, colonisés nos parents et qui veulent assombrir notre avenir et celui de nos enfants. Faisons donc ce qu’on n’a jamais fait pour avoir ce qu’on n’a jamais eu.

Que Dieu nous donne la force de résister !

Vive le Tchad apaisé !

Vive l’Afrique !
Prao Yao Séraphin
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Jeudi 7 Février 2008


Commentaires

1.Posté par rossel le 08/02/2008 13:47 | Alerter
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comme revele le journal la croix la france a pris part aux combats et officieusement ils y a eu des pertes dans l'armée francaise. la france n'a pas changé de politique en afrique une politique colloniale. comme toujours .

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