Diplomatie et relation internationale

Le Président du MLAN écrit au Président français


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Mardi 29 Mai 2007

Mouvement de Libération de l’Afrique Noire
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Lyon, le 29 Mai 2007

Objet : Lettre à Monsieur le Président de la République Française


Monsieur le Président,

Il nous semble normal, au moment où vous entamez votre présidence, de revenir sur ce qui constitue aujourd’hui une pomme de discorde entre l’Afrique et la France : la françafrique.
En effet, après les indépendances, la relation entre la France officielle et les Etats africains s’est transformée en une sorte de relation incestueuse et infectieuse. La véritable amitié entre la France et les pays africains est constituée d’une organisation formée par une coalition hétéroclite composée de présidents africains et de multinationales dont le but final est de maintenir au pouvoir des dirigeants corrompus afin d’orchestrer le pillage systématique des fabuleuses richesses de l’Afrique. Ce système d’origine réactionnaire, droitière, conservatrice, arrière-gardiste, qui est en vérité un instrument de la stratégie néocoloniale française, a été condamné sans réserve, par vous-même, lors de la campagne électorale. Lorsque la France s'est résignée à reconnaître l'indépendance à ses anciennes colonies, un système néo-colonial s'est mis en place pour maintenir ces pays en situation de dépendance, la Françafrique. Vous disiez monsieur le président, entre autre qu’il ne fallait pas mélanger amitié personnelle et amitié officielle, mieux, vous souhaitiez que la politique de la France en Afrique soit responsable et transparente. Lors de la présentation de votre programme en matière de politique étrangère, vous déclariez, monsieur le président que " L'Afrique n'est pas notre pré-carré " et " Il nous faut les (Africains) débarrasser des réseaux d'un autre temps, des émissaires officieux qui n'ont d'autres mandats que celui qu'ils s'inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés, notamment avec nos partenaires africains et arabes ».
La jeunesse africaine, consciente que ces réseaux d’une autre époque, entretiennent la corruption, le népotisme et la mauvaise gouvernance, gardait un espoir dans votre élection à la présidence française. Vous incarniez à nos yeux, un homme nouveau avec des idées neuves, tournant ainsi le dos à cette bourgeoisie compradore africaine, celle là même qui confisque le bien-être des populations au point de croire, que l’occident est la panacée à leur souffrance. Mais voilà que, juste après votre élection, vous receviez, monsieur le président, l’un des dictateurs de tous les temps, monsieur Oumar Bongo.
Votre coup de fil à ce tyran le soir de la proclamation des résultats du
deuxième tour de l'élection présidentielle et l’excès d’enthousiasme manifesté par ce dernier quelques jours plus tard sur les antennes de RFI (évoquant un appel de
« remerciement ») ont fini par entamer l’espoir que nous placions en vous.
S’il est vrai que "la France n'a pas économiquement besoin de l'Afrique", votre amitié avec ceux qui provoquent l’immigration en France, commence par modifier notre pression sanguine.
La Nouvelle Jeunesse Africaine (NJA) souhaiterait que rompiez avec ces dictateurs car "Il nous faut construire une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé et de ses obsolescences", pour "une relation plus transparente" entre la France et ses anciennes colonies pour "tourner la page des complaisances, des officines, des secrets et des ambiguïtés ».
En rapport avec votre concept « d’mmigartion choisie », qui marque votre volonté de recevoir les meilleurs chez vous, nous pensons que la France, n’a pas besoin d’avoir comme amis , des dictateurs comme Omar Bongo ou Denis Sassou Nguesso.
Le MLAN lance un vibrant appel à la France afin qu’elle change sa politique envers l’Afrique. Parce que ces réseaux étouffants et incompatibles avec la notion de coopération, créent une sorte de francophobie grandissante dans les pays africains, le MLAN appelle à l’établissement d’un nouveau partenariat en lieu et place du clientélisme néocolonial. C’est certainement sur ces nouvelles bases que la France pourra jeter les jalons d’une amitié vraie avec l’Afrique. Nous voulons que la France aie désormais des relations plus classiques avec les pays africains au même titre qu’avec les autres nations. En désespoir de cause, monsieur le président, la colère de la jeunesse africaine qui gronde pourrait avoir des conséquences insoupçonnées et sous-estimées. Le combat contre le terrorisme passe par l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables. Depuis les indépendances, l’élite africaine de connivence avec les milieux d’affaires français ont détourné les ressources financières destinées au développement. La paix et la stabilité mondiale seront un luxe tant que l’enfant qui naît en Afrique n’aura pas les mêmes chances que celui qui naît en Europe ou aux U.S.A. votre politique d’immigration n’aura qu’une courte longévité tant que l’africain médian n’aura pas les mêmes chances que les enfants de vos amis présidents dictateurs.
Monsieur le président, nous ne pouvons plus accepter que les populations africaines végètent alors que les gouvernants (dictateurs), fort de leurs soutiens hexagonaux, pillent et dilapident les deniers publics. Est-ce normal, qu’un continent aussi riche potentiellement ne puisse pas donner le minimum à ses enfants ? À bien y réfléchir, vous en conviendrez avec nous, monsieur le président, que les maux de l’Afrique trouvent leur origine dans ces relations mafieuses et paternalistes qui entretiennent la corruption, la mauvaise gouvernance et l’impunité. Pour finir, nous voulons que ce mécanisme de domination économique, diplomatique et militaire exercé par la France depuis les années 60 par l’intermédiaire des réseaux occultes (mercenaires, intermédiaires financiers) ou institutionnels (services secrets, cellule africaine de l’Elysée, régimes dictatoriaux « amis », forces spéciales, disparaissent des relations entre la France et les pays africains. « La Françafrique tue l’espoir de la jeunesse africaine ». Lors d’un discours devenu célèbre, le président burkinabé Thomas Sankara a tenu ces propos le 27 juillet 1987 devant ses pairs à la tribune de l’OUA (aujourd’hui UA ou Union africaine) : « Il y a crise aujourd’hui parce que les masses refusent que les richesses soient concentrées entre les mains de quelques individus. Il y a crise parce que quelques individus déposent dans des banques à l’étranger des sommes colossales qui suffiraient à développer l’Afrique....Il y a donc lutte et l’exacerbation de cette lutte amène les pouvoirs financiers à s’inquiéter. On nous demande aujourd’hui d’être complice de la recherche d’un équilibre. Equilibre en faveur des tenants du pouvoir financier. Equilibre au détriment des masses populaires. Non ! Nous ne pouvons pas être complice …”. Ne soyez pas complice, monsieur le président de ce complot contre les populations africaines car les temps ont changé, les individus aussi.
Tout en gardant l’espoir que vous prendriez en compte l’inquiétude et la préoccupation qui sont les nôtres, nous vous prions d’agréer, Monsieur le président, l’expression de notre considération distinguée.



Prao Yao Séraphin
Président du MLAN
Dieu bénisse l’Afrique !






Mardi 29 Mai 2007


Commentaires

1.Posté par Fadel le 01/06/2007 13:48 | Alerter
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Preuve s'il en est besoin que Sarko est un faux type. Son discours de campagne n'était qu'un clin d'oeil aux racistes dont il est mais qui ne l'empêche pas de s'enrichir sur le dos des africains par le circuit des réseaux mafieux de la fançafrique.
La question aujourd'hui pour l'Afrique est de savoir comment s'organiser pour se sortir des crocs de ces caïmans.

2.Posté par ahissa le 10/06/2007 00:14 | Alerter
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je voudrais que le président du MLAN soit plus clair dans son message, je demanderai à ce raciste de sarkozy de se tenir à l'écart de la crise ivoirienne sinon ça ira très mal pour lui, il subira le même sort que son grand-père chirac, s'il pense avoir affaire à une afrique de la framde à papa il se trompe car nous jeunesse africaine avions les yeux grandements ouverts et sommes prêts à tout, nous n'avions pas peur de leur soit disant armée, une gang de voleurs sans scrupule, à peine au pouvoir , que son vérreux ministre des affaires étrangères semble vouloir s'initier dans les affaires de côte d'ivoire, on n'a pas besion de vous , bande de voleurs.

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