Palestine occupée

Le Plan de Paix américain accorde beaucoup trop de choses à Israël


C’est peut-être le tout début de l’élaboration des détails du nouveau plan de paix parrainé par les Etats-Unis pour négocier une reprise des pourparlers de paix au Moyen-Orient, mais ce qui est évident, ce sont les principes de fonctionnement. A leur cœur, il y a ce que le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a toujours voulu : un lien entre le programme nucléaire iranien et un gel très partiel de la construction des colonies, en échange de l'ouverture d'une notion encore plus partielle de processus de paix dont l'accent serait mis sur la Cisjordanie.

Par Peter Beaumont


Vendredi 28 Août 2009

Le Plan de Paix américain accorde beaucoup trop de choses à Israël
Un pas en avant? Difficilement. Car tandis que l'on ne peut nier qu'Israël a peur de l'Iran, ses craintes exagérées de la «menace existentielle» que pose la République islamique sert un objectif diplomatique utile.

C’est faire dépendre les pourparlers de paix israélo-palestiniens aux progrès sur un sujet non lié et tout aussi difficile. À cet égard, ce n'est rien de moins qu’un déplacement du problème qui éloigne la perspective d'un règlement final au lieu de la rapprocher.

En tout cas, le lien explicite est une manœuvre dangereuse. La logique de réfléchir à de graves sanctions contre l’industrie du pétrole et du gaz iranien, dont dépend l'économie de Téhéran, est en elle-même dangereusement proche d'un acte de guerre.

Un acte de guerre qui aurait pour cadre non seulement les circonstances de l'intransigeance de l'Iran sur ses ambitions nucléaires (qui rendent nerveux de nombreux pays arabes voisins), mais les exigences d'Israël, une circonstance totalement différente. Sur le plan purement pratique, concernant l'Iran, inclure les désirs d'Israël dans une nouvelle série de sanctions ne semble avoir guère de chances de persuader les dirigeants iraniens à se comporter d'une façon différente.

La vérité est que l'Iran est pour Israël - comme pour le reste de la région et de la communauté internationale - un enjeu géopolitique et non une «menace existentielle». Ce que craignent les politiciens et généraux israéliens autant que la menace exagérée d'anéantissement, c’est est une redistribution de l'équilibre militaire qui pourrait compromettre l’unique puissance nucléaire d'Israël dans la région, ce qui affaiblirait sa capacité de dissuasion militaire, qui a été depuis si longtemps une protection de sa politique étrangère.

Et ce n'est pas seulement au regard du lien avec l'Iran que les nouveaux principes semblent profondément discutables.

Netanyahou, malgré les affirmations de certains, doit encore prouver qu’il peut être un partenaire pour la paix - la demande si souvent faite aux Palestiniens par Israël. Son ambivalence marquée concernant une solution à deux Etats est aggravée par le fait qu'il a montré (comme d'autres dirigeants israéliens avant lui) qu’il avait peu de considération pour l’opinion internationale ou les obligations qu'Israël a proposées sur la construction des colonies, qui était censée être gelée avec la feuille de route du président George W. Bush, et qui s’est poursuivie à une allure débridée.

Au lieu de cela, la seule concession qui a pu être tirée de Netanyahu semble avoir été la promesse d'un gel partiel et temporaire. Son refus d'accepter ses obligations vis-à-vis d’un arrêt total de la construction est instructif: notamment parce que M. Netanyahu estime que le président Bush a donné à Israël le feu vert pour annexer une partie des blocs de colonies dans le cadre d'un futur accord d’échange de terres.

Tout ce qu'offre Israël pour l'instant, c’est seulement un relâchement de l'étranglement imposé à la Cisjordanie par des points de contrôle israéliens qui l'ont fragmenté en tellement de bantoustans, dont la suppression progressive a stimulé – de façon non surprenante - la croissance économique palestinienne. Loin d'aller de l'avant, ce que l’on voir, c’est un petit pas vers une renormalisation de la vie des Palestiniens, et non une amélioration.

Et ce qui est frappant, c'est ce qui est à peine mentionné - la question de Gaza dirigée par le Hamas toujours sous un siège économique écrasant des Israéliens - sauf pour leur faire une promesse quelque peu lointaine que si la population de Gaza se débarrasse du mouvement islamiste (qui ne l'oublions pas a gagné les élections palestiniennes de 2006), alors elle pourrait obtenir un peu de ce que la Cisjordanie obtient actuellement.

C'est précisément pour cela que l'ambassadeur d'Israël à Londres, Ron Prosor – en écrivant sans une pointe d'ironie dans le Telegraph - a jugé opportun de féliciter son pays. A quel point Israël aide l'Autorité Palestinienne pour améliorer l'infrastructure palestinienne que son pays a tant fait pour la démanteler, mais il a oublié de le mentionner.

Peut-être que nous ne devrions pas être surpris par tout cela. Netanyahou a été là avant, à gérer la position d'Israël avec un obstructionnisme obstiné - y compris ses «trois non» - de sorte que, lorsqu’il a proposé la moindre concession, elle a été considérée par la communauté internationale comme un bond en avant. Aujourd’hui, Netanyahou semble précisément reproduire la stratégie de sa précédente période en tant que Premier ministre de 1996 à 1999, en faisant semblant de discuter et en ne concédant presque rien.

Et ce qui semble pousser la logique des négociations en cours est la peur. Pas la peur de Téhéran – comme l’annonce Israël - mais plutôt la peur qu’à Washington, Londres et ailleurs, Israël puisse empêcher l'imposition d'un nouveau régime de sanctions économiques, en lançant une attaque unilatérale contre l'Iran. Alors, la réalité, - et ce n’est pas surprenant – c’est qu’une fois encore, il semble qu'Israël dicte ce qui est dans l’intérêt d’Israël et de la région, et la politique étrangère américaine s’aligne.

Si tout cela est décevant, c'est parce que tout cela semble si loin de la rhétorique du discours de Barack Obama au Caire en Juin où il a promis un nouveau départ aux relations de l'Amérique avec le monde musulman.

Ensuite, Obama a insisté sur le fait qu'il pensait que la situation "des Palestiniens est intolérable», en ajoutant : "Les obligations convenues entre les parties dans le cadre de la Feuille de Route sont claires. Pour obtenir la paix, il est temps pour eux - et pour nous tous – de se montrer à la hauteur de nos responsabilités." Ce sont des mots qui semblent avoir été oubliés dans le souci d'obtenir un accord. N'importe quel accord. À tout prix.

Si ce sont les principes de la tentative actuelle du nouveau dialogue pour la paix, alors les germes de son échec ont déjà été semés. Car, comme Jonathan Freedland l’a écrit ici, "si les efforts successifs pour la paix ont échoué" c’est parce qu'ils "ont esquivé le principal, les questions existentielles de 1948".

Il suggère que ce dont nous avons besoin c’est bien plus qu'une formule mécanique d’échanges de terres et des mesures de compensations qui soient justes. Mais ce dont il est besoin, c’est de quelque chose de plus fondamental.

Une approche vraiment honnête et équitable - comme suggéré par M. Obama au Caire - exige l'abandon de l'approche inégale qui a permis pendant trop longtemps à Israël d’être le seul à définir et à redéfinir les conditions des progrès à chaque étape.

Malheureusement, les indications montrent que cela a très peu de chances de se produire. Et si cela est vrai, Obama aura échoué dans la "responsabilité" qu'il s’est fixée à lui-même.

Source : http://www.guardian.co.uk/  
  Traduction : MG pour ISM


Le Plan de Paix américain accorde beaucoup trop de choses à Israël

C’est quoi le Plan de Paix d’Obama ?


Un projet de plan de paix d’Obama, qui devrait être publié lors de la réunion de l'Assemblée des Nations unies à New York, ou au sommet du G-20 à Pittsburgh a émergé.
L'État de Palestine est reconnu par plus de 100 nations et les États-Unis ont l'intention d'attendre jusqu'en 2011 pour le reconnaître si le processus de paix aboutit.


Les 11.000 prisonniers palestiniens en Israël seront libérés sur une période de trois ans, soit bien plus que Guantanamo Bay.

La question que nous voulons poser est : Est-ce Marwan Barghoutti sera libéré à temps pour prendre part à ces négociations ? La réponse à cette question est non.

Netanyahu enverra son envoyé spécial, Yitzhak Molcho, et son chef d’Etat-Major du Ministère de la Défense, Mike Herzog, à Washington la semaine prochaine pour discuter à nouveau de la demande des Etats-Unis concernant le gel de la colonisation par Israël. Mais, l'envoyé israélien s'y rendra-t-il pour poser la question "comment" ou "pourquoi" ?

Le site internet de l’IMEMC a dévoilé le soi-disant projet du plan de paix d'Obama qui leur a été donné par le député palestinien, Hasan Khreisha.

Selon Khreisha, le projet comprend dix principaux points détaillés comme suit :

1. Une présence internationale dans la Vallée du Jourdain, le secteur des Plaines Palestiniennes et dans d’autres secteurs de la Cisjordanie.

2. L'annexion de certaines parties de Jérusalem-Est qui resteront sous contrôle israélien, tandis que le lieu saint musulman serait sous contrôle arabe.

3. Toutes les factions palestiniennes seraient dissoutes et transformées en partis politiques.

4. Les grands blocs de colonies en Cisjordanie resteraient sous contrôle israélien, tandis que des négociations seraient menées dans les trois mois sur un projet d’accord pour discuter de l'avenir des plus petites colonies.

5. Plusieurs zones de la Cisjordanie seraient désarmées et Israël y maintiendrait un contrôle aérien.

6. Intensification de la coordination entre les services de sécurité palestiniens et israéliens.

7. L'Autorité Palestinienne ne serait pas autorisée à avoir des alliances militaires avec les pays de la région.

8. Les Etats-Unis garantiraient la création d'un État palestinien au cours de l'été 2011.

9. Un accord serait trouvé sur le nombre de réfugiés autorisés à revenir, et à s’installer dans la région des Plaines et dans d’autres zones de la Cisjordanie, en particulier dans les villes de Ramallah et de Naplouse. Un fonds spécial pour soutenir les réfugiés serait également créé.

10. Israël commencera à libérer les prisonniers politiques palestiniens immédiatement après la signature de l'accord de paix. La libération des détenus se fera dans les trois ans.

Israël est censé accepter ces termes en partant du principe que l'administration Obama adopte une position plus ferme en vue de mettre fin aux ambitions nucléaires de l'Iran.

Ce même programme nucléaire que le chef du renseignement américain a confirmé dans les conclusions d’un rapport de 2007, qu’il n'existait pas.

Un National Intelligence Estimate (NIE), publié en Novembre 2007 par 16 agences de renseignement américaines, a précisé que l'Iran n’avait pas de programme d'armes nucléaires.

L'Iran a cessé d'augmenter le nombre de centrifugeuses d'enrichissement dans son usine de Natanz, il y a environ trois mois.

Nul ne peut être sûr que c'est le projet définitif du plan de paix d’Obama, mais cela semble crédible. Le plan n’aborde pas les questions des frontières, de l'eau, du commerce et du mur d'annexion. Ce pourrait être le plan qui était attendu à la mi-août, mais dans cinq ou six semaines, il y aura fatalement des changements. Jusqu'à présent, il n'y a pas eu de réactions de la part des parties israéliennes ou palestiniennes.

CNI estime qu’outre ses nombreux défauts, le plan de paix aurait dû commencer par la fin du siège israélo-américain de Gaza. Cela aurait indiqué que les États-Unis et Israël étaient réellement sérieux au sujet de la paix en Terre Sainte.

Eugene Bird,
CNI/CNIF President
Par CNI/CNIF > inform@cnionline.org

Traduction : MG pour ISM



Vendredi 28 Août 2009


Commentaires

1.Posté par Alif le 28/08/2009 17:10 | Alerter
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dites plutôt : plan de guerre ou de soumission mais surtout ne dites jamais plan de paix,depuis quand la politique et la strategie des colons,des criminels,des puissants qui detiennent l'arme nucleaire etait la paix .
tous ces ballets diplomatiques auquels on assiste depuis des decenies ne sont que des manouvres machiavéliques pour maintenir en l'etat une situation de domination occidentalo-sioniste en attendant d'arracher de nouvelles terres et concessions aux dominés .


2.Posté par dik le 28/08/2009 19:36 | Alerter
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Effectivement, jamais les sinistres sionistes armés par les occidentaux n'ont eu la moindre intention de paix. Tous leurs plans basés sur leur force militaire sont de nature à pérenniser les vols de territoires et l'épuration ethnique. Plus les arabes et, surtout, les palestiniens acquiescent dans l'espoir de jours meilleurs, plus l'étau se resserre davantage autour d'eux.

Ce sont ceux qui méprisent leurs propres enfants qui refusent le sacrifice de leur vie pour eux. Ce sont ceux-là mêmes qui déroulent le tapis rouge à leur envahisseur qui, pour leur plaire, qualifie ces lâches de modérés.

Aucune perspective de paix n'est envisageable sans l'aval du Hamas, parti majoritaire aux dernières élections.

Quant à l'Iran, Dieu le préserve et nous autres avec des desseins sataniques que mijotent sans relâche les sionistes et leurs apprentis-sorciers!

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