Conflits et guerres actuelles

Le No man's land de Bagram



Mercredi 12 Mai 2010

Le No man's land de Bagram
Afghanistan, Bagram et… une prison, une prison pas comme les autres. Situé sur une base militaire américaine, au nord-ouest de Kaboul, le centre de détention de Bagram ne figure sur aucune carte, le "Black site", pour les détenus, un trou noir qui happe un être vivant, sans laisser aucune trace, une prison qui, selon le mot d'un procureur militaire américain, ferait passer Guantanamo pour "un bel hôtel", et, enfin, Bagram, que les militants américains des Droits de l'Homme ont baptisé "le bagne d'Obama". Or, cela ne suffisant pas à l'horreur, le monde vient d'apprendre l'existence d'une prison distincte de la principale. C'est la BBC qui l'a rapporté sur son site, citant le Comité international de la Croix Rouge. Le CICR a, en fait, confirmé l'existence d'une prison distincte de la prison principale sur la base aérienne américaine de Bagram, en Afghanistan. Selon le média britannique, neuf prisonniers ont déclaré à des journalistes avoir été emprisonnés, dans un bâtiment séparé, où ils auraient été victimes d'abus. L'armée américaine conteste cette information, - rien d'étonnant! - affirmant que la prison principale de Parwan est le seul bâtiment destiné à la détention de prisonniers sur la base. Shir Aqâ, un ancien détenu de Bagram, a raconté que, lorsqu'il a été libéré de prison, les agents américains lui avaient fait comprendre que ce qui s'était passé, dans la prison, devait y rester enterré. Au cours des semaines passées, la BBC a récolté les témoignages de neuf prisonniers qui affirment avoir été emprisonnés dans cette prison de Bagram. Leurs récits, cohérents, décrivent leur isolement, dans des cellules froides et éclairées jour et nuit. Le mystère qui entoure ce centre de détention situé en zone de combats, s'est, au fil du temps, laissé percer, grâce aux procédures engagées par des militants des Droits de l'Homme qui ont levé un coin du voile sur le "goulag afghan". Ironie du sort, la mise au grand jour de cette prison secrète, par le CICR, se fait, juste au moment où Washington et Kaboul ont signé un accord, selon lequel, les Américains devraient confier la prison de Bagram au gouvernement Karzaï. Mais il est resté lettre morte, puisque aucune date n'a été fixée à cette passation de pouvoir hypothétique. En vérité, la politique afghane de la Maison Blanche n'a pas changé, malgré le changement de locataire, ce qui a changé, c'est le discours!!!

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Mercredi 12 Mai 2010


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