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Le MLAN propose le concept de patriotisme panafricain


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Lundi 28 Janvier 2008

A l’heure où l’Europe s’agrandit, les Etats-Unis retrouvent leur premier amour pour leur pays, où se nourrit la volonté de créer une union de la méditerranée, les pays asiatiques s’imposent dans le concert des nations, l’Afrique est encore au stade des timides vœux d’union. Soixante huit ans après la mort de Marcus Garvey, quarante cinq ans après le sommet instituant l'Organisation de l'Unité Africaine, symbole et l'expression de l'idéal panafricain et dix neuf ans après la chute du mur de Berlin , l’Afrique reste encore divisée. D'un mouvement d'auto-affirmation dans ses premiers jours, le panafricanisme s'est progressivement converti en une force organisée avec des buts culturels et politiques. Ce rêve noble et vital pour les pays africains tarde à se réaliser. Les causes de cet échec ont été débattues dans nombres de colloque et conférences. Si ce n’est les manipulations de certains pays occidentaux, ce serait les responsables des pays africains, qui accrochés à une souveraineté de façade retarde l’unité africaine. Pour notre part, au-delà ces raisons sans doute valables, le goulot d’étranglement est le manque d’amour de l’Africain pour son continent. C’est pourquoi, nous soumettons à l’intelligence, la conscience et à l’approbation des frères africains, le concept de patriotisme panafricain.

Approche définitionnelle du concept de patriotisme panafricain

Le patriotisme est l’amour de la patrie, le désir et la volonté de se dévouer à sa patrie . D’aucuns diront que c’est l’amour des siens tandis que le nationalisme serait la haine des autres. Quant au panafricanisme, ce concept est relatif à l’unité des peuples africains. Cette doctrine politique et même philosophique consiste à développer l’unité et la solidarité africaine. Enfin, Le panafricanisme se définit comme le mouvement politique et culturel qui considère l'Afrique, les Africains et les descendants d'Africains hors d'Afrique comme un seul ensemble visant à régénérer et unifier l'Afrique ainsi qu'à encourager un sentiment de solidarité entre les populations du monde africain. Le panafricanisme glorifie le passé de l'Afrique et inculque la fierté par les valeurs africaines. L’identité politique du « peuple africain » ne se pose pas dans les termes formels des conditions juridico-administratives d’une citoyenneté supranationale. Elle se pose aussi, à présent, et de façon plus substantielle, dans les termes d’un patriotisme qui ne se confond pas avec les attachements traditionnels à la région, à la nation, au territoire, à la langue ou même à une histoire commune. La cohésion de la Communauté africaine a, en effet, besoin d’un patriotisme, mais à condition que celui-ci soit désormais au-delà du nationalisme. Il est possible de distinguer au moins cinq types de patriotisme : le patriotisme géographique, historique, juridique, économique et constitutionnel.
Le patriotisme géographique peut être regardé comme la forme à la fois la plus ancienne et la plus naturelle d’un attachement communautaire qui dépasse le cadre de la famille, du clan, ou de la tribu. Il n’est pas non plus identique au sentiment qui se manifeste dans la défense d’un territoire perçu comme vital par un groupe d’individus solidaires. Il pourrait s’appliquer dans les grandes parties de l’Afrique où l’on notera un patriotisme en Afrique de l’Ouest, en Afrique Centrale, en Afrique de l’Est, en Afrique Australe et dans la corne de l’Afrique.
Le patriotisme historique dont le fer de lance est Ernest Renan . D’abord, l’auteur commence par récuser tout fondement physicaliste de la nationalité : non seulement le sang, la race, mais également le territoire. À cela s’adjoint le refus du fondement matériel d’une communauté des intérêts. C’est plutôt l’élément de l’histoire et de la mémoire communes, mais aussi de la volonté et du projet communs, qu’il entend affirmer : « Dans le passé, un héritage de gloire et de regrets à partager, dans l’avenir un même programme à réaliser ; avoir souffert, joui, espéré ensemble, voilà qui vaut mieux que des douanes communes et des frontières conformes aux idées stratégiques ; voilà ce que l’on comprend malgré les diversités de race et de langue » le patriotisme historique rompt clairement avec le patriotisme géographique, notamment par l’insistance avec laquelle sont valorisées les deux dimensions du temps : passé et avenir. La nationalité, en effet, se fonde, d’une part, sur « la possession en commun d’un riche legs de souvenirs » (référence au passé historique), d’autre part, sur « le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis » donc l’histoire et volonté. Ou mieux : héritage et projet communs sont, en effet, les deux éléments communautaires qui, avec la signification spirituelle accentuée, voire mystique, définissent le patriotisme historique. L’histoire de l’Afrique noire, l’esclavage et la colonisation peuvent être des points sécants susceptibles d’unir les peuples africains.
Le patriotisme juridique : c’est Claude Nicolet qui en a introduit l’expression et analysé le concept dans son livre sur « l’idée républicaine en France », en distinguant un « patriotisme géographique » d’un « patriotisme juridique ». Pris, tout d’abord, dans le sens le plus étroit, le patriotisme juridique se démarque non seulement du patriotisme géographique, mais aussi et surtout du patriotisme historique, en ce qu’il présente la nation comme un pur artéfact. La nation n’existe ici, en effet, que par la personnalité juridique que lui confère sa Constitution politique. Celle-ci est formée de principes universels abstraits. À ce niveau, le patriotisme juridique signifie l’attachement porté aux règles formelles de l’État de droit. Cette conception a largement inspiré les mouvements nationaux de la première moitié des XIXe siècles en s’appuyant sur le modèle français, donc sur le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et celui garantissant les libertés démocratiques.
Le patriotisme économique désigne un comportement spécifique du consommateur, des entreprises et des pouvoirs publics consistant à favoriser le bien ou le service produit au sein de leur Nation ou de leur groupe de Nations. Une démarche souvent citée également en ce sens est celle d'intelligence économique au service du pays.
Le patriotisme constitutionnel. Cette expression a été introduite par Dolf Sternberger et par Jürgen Habermas dans le contexte du Historikerstreit, c’est-à-dire de la controverse qui éclata entre des intellectuels Ouest-allemands, en été 1986, au sujet du passé national-socialiste. Habermas défend un patriotisme constitutionnel fondé sur l’adhésion aux principes universalistes sous-tendant l’État de droit, par opposition au sentiment particulariste d’appartenance à la nation comme entité historique concrète. De fait la notion de patriotisme constitutionnel permet de saisir certains aspects spécifiques des processus de construction de la citoyenneté en Afrique. Pour Habermas une tension fondamentale caractérise l’État contemporain, celle qui oppose les principes universalistes de la citoyenneté démocratique aux traditions particulières inhérentes aux diverses sociétés nationales. Il faut pour cela une identité postnationale susceptible de favoriser l’affirmation d’un patriotisme constitutionnel. Bien avant de croire que l’adhésion aux principes fondamentaux garantis par la Loi fondamentale peut devenir progressivement la pierre d’angle de la référence identitaire africaine, il faut au préalable un patriotisme panafricain, c’est-à-dire le désir chevillé au corps d’aimer son frère africain quelque soit son pays, au point d’accepter que son destin ne se fera point sans lui.
Le concept de patriotisme panafricain

Dans le cas de l’Afrique, l’unité soulève les problèmes de décalage entre la communauté morale et la communauté politique. La première se réfère à la communauté des croyances, des attitudes, des schèmes de passé, des valeurs partagées entre individus d’un même milieu social-historique ou culturel. La deuxième désigne le cadre d’applicabilité des mesures de politique publique opposables à une collectivité de ressortissants. Il est évident que si le recoupement n’est pas optimal entre l’ensemble des valeurs partagées et l’applicabilité des mesures de politiques publiques alors les citoyens seront réticents à l’adoption de cette communauté politique. S’il est vrai que pour la formation d’une communauté politique, il faudra faire un lien entre le patriotisme constitutionnel et l’identité postnationale mais il n’en demeure pas moins que la notion de patriotisme panafricain sera au cœur des prochains débats sur l’unité africaine. Le patriotisme panafricain peut s’enraciner et avoir l’adhésion des peuples africains et Etats membres dans les valeurs qui sont les nôtres : l’hospitalité, le partage, l’égalité, l’ouverture, la tradition. De façon transversale, du Sud au Nord de l’Afrique, de l’Est à l’Ouest, les coutumes et traditions bien qu’hétérogènes ont des caractéristiques communes. Horizontalement, les peuples africains ont la même culture, pratique et espérance et verticalement une même histoire. Aujourd’hui plus qu’hier, le message de Nnamdi Azikiwe est d’actualité quand il écrivait dans son journal West African Pilot, , en 1938: «Aussi longtemps que nous pensons en termes de Nigeria, Gold Coast, Sierra Leone, Gambie et non comme une Afrique occidentale unie, nous devons être contents de la dictature coloniale».

La nécessité d’agir ensemble car le bonheur de chacun dépend de tous

Pour mieux dire, la fraternité désigne le lien social même, dans son essence, c’est à dire qu’elle le désigne tel qu’il doit être, un lien fraternel, et non tel qu’il est, dans les faits ; réalité sociale dont on sait assez qu’elle est ténébreuse, trouble et lourde de menaces. En somme, la fraternité dit l’essence du vivre ensemble. Sur la route des Etats-Unis d’Afrique, il me paraît utile que l’africain au sud su Sahara sache qu’il n’a pas le droit d’être heureux sans son frère de l’Afrique Centrale, de l’Afrique de l’Est, de l’Afrique Australe et celui qui habite dans la corne de l’Afrique. C’est pourquoi, la proposition du président Wade sur la création d’une chair de panafricanisme dans les universités africaines, lors de l’ouverture des premières Assises panafricaines populaires dans la capitale sénégalaise, mérite une attention particulière. Pour lui, « Les Africains doivent travailler à la réhabilitation d’autres Africains mal connus ; et pour cela il faut des bourses de thèse sur des centaines de sujets pour qu’ils connaissent enfin leur propre histoire au lieu de l’histoire à l’envers qu’on nous a apprise ». En effet, l’université est le lieu « privilégié » pour rassembler toutes les énergies africaines en vue d’une meilleure connaissance du panafricanisme. A mon avis, « Pour inverser le processus imposé par cinq siècles d’esclavage, 2 siècles de colonisation et maintenant la néo-colonisation, il faut dresser l’alliance panafricaniste afin que s’implique mieux la philosophie qui invite les Africains à tendre vers les Etats-Unis d’Afrique », il faut au préalable le patriotisme panafricain, dont la solidarité inter-états est une composante. Est-ce normal qu’on attende l’aide des occidentaux lors des catastrophes naturelles subies par un pays africain alors que les autres pays africains peuvent fournir ce secours avec un peu de volonté. L’Europe s’est mobilisé pour le Portugal en 2005 pour mettre fin au feu de brousse (3 hélicos bombardiers allemands et 1 canadair italien, 2 canadairs français). Mieux, l’incendie national qu’a connu le Grèce en Août 2007, que le journal Eleftherotipia a classé comme le quatrième le plus meurtrier au monde a pu être maitrisé avec l’aide des européens . Au lendemain du 11 septembre 2001, les Américains se sont spontanément unis dans un immense élan patriotique dont les manifestions les plus spectaculaires furent les gestes de solidarité envers les familles des victimes et une éclosion de bannières étoilées brandies au son de God Bless America. Le moment est venu d’affirmer notre amour pour l’Afrique et pour chacun des africains quelque soit son pays.
L’Unité de l’Afrique s’impose aujourd’hui comme le seul moyen de sortir le continent de la misère, une combinaison d’efforts entre tous les Africains est plus que jamais impérieuse. Face au vampirisme colonial, les pays africains sont forcés de reconnaître que quand l’un est en panne, l’autre est à la peine. Ce combat est le nôtre et celui de nos enfants, car comme Garvey le dit lui-même justement : « Il est possible, que nous ne vivions pas tous la réalité d’un empire africain si fort, si puissant qu’il imposerait le respect à l’humanité, mais nous pouvons cependant durant notre vie, travailler et œuvrer à faire de ce projet une réalité pour une autre génération ».
Quelque soit les interprétations du panafricanisme, de l’afrocentrisme qui s’appuie sur les travaux du chercheur sénégalais, Cheikh Anta Diop, notamment repris par Molefi Kete Asante, théoricien afrocentriste afro-américain, au plus radical du militant Kémi Séba, le concept du patriotisme panafricain est plus que jamais un préalable à l’unité africaine.

Que Dieu nous aide.

Vive l’Afrique unie et prospère !

Prao Yao Séraphin
Président du MLAN
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Dimanche 27 Janvier 2008

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