Proche et Moyen-Orient

Le Liban doté d’un gouvernement d’union nationale



Samedi 12 Juillet 2008

Le Liban s’est enfin doté d’un cabinet d’unité nationale, sept semaines après l’accord politique conclu sous l’égide du Qatar entre majorité pro-occidentale et opposition pro-syrienne, qui a déjà permis l’élection à la présidence du chef de l’armée Michel Souleïmane.

Après avoir reçu le Premier ministre sortant Fouad Siniora, qu’il avait chargé de former ce gouvernement, l’ancien chef de l’armée a pris un décret présidentiel annonçant la composition de la nouvelle équipe, où l’opposition obtient le droit de veto qu’elle réclamait depuis son départ du gouvernement en novembre 2006.

Au nom de l’Union européenne, Bernard Kouchner a salué vendredi une "étape importante" dans l’application de l’accord de Doha dont la poursuite est "essentielle".

Le ministre français des Affaires étrangères parle là notamment de la relance du dialogue national et de la préparation des élections législatives. "L’Union européenne poursuivra son soutien à tous les niveaux en faveur d’un Liban indépendant", a assuré le chef de la diplomatie française dans un communiqué diffusé par le Quai d’Orsay.

La formation de ce cabinet, qui aura notamment pour tâche d’organiser des élections législatives en 2009 aux termes de l’accord conclu le 21 mai à Doha, est censée mettre un terme à 20 mois d’une crise qui menaçait de faire basculer le pays dans un conflit interne sans précédent depuis la guerre civile de 1975-90.

"Ce gouvernement a deux principales tâches : recouvrer la confiance dans le système politique libanais (...) et assurer le déroulement d’élections législatives transparentes", a déclaré le Premier ministre en sortant du palais présidentiel de Baabda, dont Michel Souleïmane avait pris possession le 25 mai.

Le président, un chrétien maronite, a également reçu le président de la Chambre des députés, le chiite Nabih Berri, chef du mouvement d’opposition Amal, qui avait retardé à 19 reprises l’élection convenue du consensuel Souleïmane faute d’un accord politique sur les revendications de l’opposition.

Le cabinet d’unité comprend 16 ministres de la majorité, trois nommés par le président et 11 issus de l’opposition, une répartition qui assure à celle-ci le droit de blocage qu’elle revendiquait puisque les décisions clés du cabinet devront être prises à une majorité des deux tiers.

Mohamed Chatah, proche collaborateur de Siniora, prend le ministère des Finances, Mohamed Fneich, membre du Hezbollah, se voit confier le portefeuille du Travail, la diplomatie sera conduite Faouzi Salloukh, du mouvement Amal de Berri, et l’Intérieur revient à Ziad Baroud, choisi par Souleïmane.

"En ce qui me concerne, tous les obstacles ont été levés", avait déclaré à la presse Saad Hariri, chef de la majorité parlementaire et fils de l’ancien Premier ministre assassiné Rafic Hariri, au terme de ces sept semaines d’âpres marchandages sur l’attribution des portefeuilles.

Les Etats-Unis ont salué la formation d’un gouvernement tout en affirmant qu’ils ne traiteraient pas avec des ministres appartenant au Hezbollah.

"Ce gouvernement comporte des membres du Hezbollah, tout comme le précédent. Nous ne traiterons pas avec ces membres du gouvernement. Mais nous nous réjouissons de travailler avec le Premier ministre ainsi qu’avec son nouveau ministre des Affaires étrangères", a déclaré Sean McCormack, porte-parole du département d’Etat.

Javier Solana, porte-parole de la diplomatie européenne, a lui aussi salué la formation du nouveau gouvernement. "Des décisions importantes doivent être prises dans les prochaines semaines et il y a beaucoup de travail à faire", a-t-il dit en réitérant le soutien de l’UE à Siniora.

La première tâche du gouvernement d’unité nationale sera d’apaiser les tensions politico-religieuses qui ont fait plusieurs morts depuis l’accord de Doha avant de préparer les élections législatives de l’an prochain.

Dans la foulée de la formation du gouvernement, Souleïmane devrait convoquer les chefs des diverses factions autour d’une table ronde pour discuter des questions qui continuent à diviser le pays, dont celle de l’armement du Hezbollah.

Selon les détracteurs du mouvement politico-militaire chiite, le Hezbollah n’a plus de raison de conserver ses armes depuis le retrait israélien du Liban, en 2000.

Le Hezbollah, qui a résisté avec succès à la guerre que lui a livrée l’Etat juif il y a deux ans, affirme qu’il doit conserver son puissant arsenal pour faire face aux "menaces israéliennes".

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Samedi 12 Juillet 2008

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