Palestine occupée

Le Hamas se hâte


Inquiet des intrigues américaines et israéliennes incessantes pour faire capoter l'Accord de La Mecque, le Hamas accélère le processus de formation du gouvernement d'unité nationale au sein duquel le Mouvement Islamique et le Fatah seront les principaux partenaires de la coalition.

Par Khaled Amayreh


Khaled Amayreh
Dimanche 25 Février 2007

 Le Hamas se hâte
Au cours des pourparlers parrainés par l'Arabie Saoudite, le Hamas et le Fatah se sont mis d'accord sur la date du 8 février pour former le gouvernement d'unité nationale, comme partie de dispositions plus larges qui ont mis fin au bain de sang entre les deux groupes et qui ont mis les Palestiniens au bord de la guerre civile.

Des sources palestiniennes ont déclaré à Al-Ahram Weekly que le Premier Ministre désigné Ismael Haniya avait demandé à une "équipe de négociation" de travailler "jour et nuit" pour parvenir à la formation du gouvernement.

Comme le reste de la classe politique palestinienne, le Hamas a de plus en plus la crainte que l'administration Bush ne le laisse pas terminer le processus sans tenter de fomenter plus de problèmes, de là sa détermination à former le gouvernement aussi rapidement que possible, avant que les efforts américains corrosifs n'aillent trop loin.

Les dirigeants du Hamas, que ce soit en Palestine occupée ou dans la Diaspora, se sont voués à "sauver et protéger le gouvernement d'unité nationale des pressions étrangères".

Mahmoud Abu Marzuq, dirigeant du Hamas basé à Damas, qui décrit le gouvernement national comme "une réalisation importante basée sur le partenariat", a mis en garde contre "les efforts américains incessants" pour "semer la sédition et la discorde" non seulement en Palestine mais à travers tout le Moyen Orient.

Haniya a publiquement loué Abbas pour sa résistance aux pressions pour qu'il se dissocie du pacte de La Mecque de la part de la Secrétaire d'Etat US Condoleezza Rice et le Premier Ministre israélien Ehud Olmert, lors de leur rencontre à Jérusalem le lundi 19 février dernier.

"Nous nous tenons aux côtés du Président et rejetons les efforts américains et sionistes qui cherchent à semer la confusion et la perplexité dans l'arène palestinienne", a dit Haniya.

A la suite de la réunion de Jérusalem, Abbas a téléphoné à Haniya pour l'informer de ce qui avait été dit. L'initiative a été bien reçue par le Hamas, ce qui a réussi à montrer une unité nationale face aux tentatives israélo-américaines pour saboter l'Accord de La Mecque.

Abbas, malgré sa frustration devant "l'incompréhension" de Washington au sujet de l'Accord de La Mecque, n'a montré aucun signe qu'il se pliait à la pression américaine. Parlant à Amman suite aux discussions avec le roi Abdullah II mercredi dernier, il a déclaré qu'il était "tout à fait convaincu de la validité et de la pertinence de l'Accord de La Mecque", ajoutant que "la compréhension israélienne de l'Agrément est complètement fausse."

Il a révélé qu'il a dit à Olmert que l'Accord ne représentait aucun obstacle à la reprise des pourparlers de paix, même selon la Feuille de Route soutenue par les Américains, précisant : "J'ai dit aux Israéliens que le seul but de l'Accord de La Mecque était de protéger l'unité nationale du peuple palestinien."

Abbas a décrit la rencontre tripartite avec Rice et Olmert comme "difficile et tendue, mais ce n'est pas un échec puisque d'autres rencontres suivront."

Le Roi Abdullah a offert son soutien à Abbas, disant que la Jordanie respectait la volonté du peuple palestinien, qui avait produit l'Accord de La Mecque. La période à venir, a-t-il poursuivi, verra "une intensification des efforts politiques" destinés à gagner le soutien international pour la levée du siège sur le peuple palestinien et renforcer la position palestinienne pour les négociations de poursuite de la Feuille de Route, l'initiative arabe pour la paix et la vision du Président Bush de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant en paix.

Abbas doit rencontrer plusieurs dirigeants européens, dont le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, pour les convaincre de traiter avec le gouvernement d'unité nationale et lever le siège sur son peuple.

Sa visite en Jordanie a coïncidé avec la rencontre du Quartet à Berlin, organisée pour discuter des résultats de la visite de Rice dans la région, ainsi que des façons de revitaliser le processus de paix.

Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations Unies, Javier Solana, coordinateur de la politique étrangère pour l'Union Européenne, Condoleeza Rice, Sergey Lavrov, Ministre russe des Affaires Etrangères et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeir sont tous attendus à cette réunion.

Pendant ce temps, les équipes de négociation du Hamas ont intensifié leurs contacts avec des factions plus réduites, en particulier celles qui sont représentées au Conseil Législatif, ainsi que quelques personnalités indépendantes, pour une inclusion possible dans le gouvernement.

Le Jihad Islamique et le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) ont d'ores et déjà refusé de participer au gouvernement, pour des raisons politiques et idéologiques. Le porte-parole du FPLP, Jamal Muzher, a déclaré que son organisation, qui contrôle deux sièges sur les 132 au Conseil, ne participera pas au gouvernement parce qu'il rejette "les accords politiques et économiques" entre Israël et l'OLP.

Les sources palestiniennes à Gaza espèrent que le gouvernement sera formé le 1er Mars.

Dans une déclaration séparée, Haniya a révélé que "des contacts intensifs" étaient en cours entre l'Autorité Palestinienne et Israël pour finaliser un échange de prisonniers.

Il a dit que la résolution de ce problème servirait les intérêts nationaux palestiniens et mènerait à la libération des prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, sans donner plus de détails.

[Source Al-Ahram]url: http://weekly.ahram.org.eg/2007/833/fr1.htm
Traduction : MR pour ISM


Dimanche 25 Février 2007

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