Dimanche 21 Mars 2010
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PROCHE ORIENT
Le Hamas doit être admis dans l'équation politique, c'est le momentLes récents propos de Khaled Michaal n'ont trouvé qu'un faible écho dans les médias israéliens et internationaux. Pourtant, c'était la première fois qu'il déclare publiquement que son mouvement reconnaît les frontières de juin 1967 comme celles d'un Etat palestinien. Toute solution devra traiter les questions de la ville d'Al-Quds (Jérusalem) et des réfugiés. Et lorsqu'il avait été demandé si cette position serait tactique ou stratégique, il a répondu qu'elle est stratégique. En fait, il base sa position sur celle des captifs palestiniens enfermés dans les prisons israéliennes. Cette position est écrite collectivement, en 2006, par toutes les factions palestiniennes, le mouvement du Fatah compris.Vendredi 25 Avril 2008
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Par Ifram Hlivi
C'est depuis un an que Michaal répète cela à toute personne lui rendant visite dans son bureau de Damas. Toutefois, il ne donnait des détails sur ses positions concernant les affaires d'Al-Quds et des réfugiés, comme il l'a fait dans sa dernière interview. Dans ses rencontres d’ordre privé, il déclare que le Hamas ne cède jamais sur les questions « fondamentales ». Il confirme que c’est au peuple palestinien de dire le dernier mot et d'accepter telle ou une telle position, en fin de compte. Ainsi, Michaal répond positivement aux quelques demandes étrangères de pousser vers le public ses positions déclarées en privé. Ne pas lui répondre positivement viendrait alors à l’encontre d’"Israël". Le Hamas, dont Michaal est un de ceux qui parlent à son nom, ne voudrait pas participer aux négociations de paix engagées directement avec "Israël". Néanmoins, au cas où il aurait été reconnu comme un vrai partenaire dans l'équation politique générale palestinienne, Abou Mazen aurait la main libre dans la direction de ces négociations. Ainsi, "Israël" n'aurait pas l'obligation de s'asseoir face à face devant le Hamas. Pourquoi "Israël" et la communauté internationale ne veulent donc pas que le Hamas rejoigne cette équation ? En regardant de près les positions du Fatah et du Hamas, on devra reconnaître qu'il n'y a aucune différence entre les deux mouvements. Le Fatah s'attache aux frontières de 1967. Et le Hamas insiste sur la nécessité que les questions d'Al-Quds et des réfugiés soient posées sur la table de négociations. Les deux mouvements ne font aucune concession sur ces deux champs fondamentaux. Qui écoutera de près les discours d’Abou Mazen, effectués lors du sommet arabe de Damas, constatera qu'ils portent des critiques ardus envers "Israël". Il ne trouvera aussi aucun changement dans les positions palestiniennes essentielles. Michaal ne se montre pas prêt à reconnaître au préalable à "Israël" son droit d'exister, comme le veut la communauté internationale. De son côté, Abou Mazen ne reconnaît pas "Israël" comme étant un Etat juif. Y aurait-il une quelconque contradiction entre ces deux positions ? Le Hamas avait reçu des coups durs de la part d'"Israël", ces derniers mois. Il a donc soif d’un cessez-le-feu. Quiconque le cherche serait le parti le moins fort. C'est alors le moment le plus favorable pour une solution provisoire mais véridique. Pendant ce temps, le Hamas s'est montré fort. Il possède désormais une force destructive qui pourrait menacer le processus de paix entre "Israël" et l'Autorité. Le premier ministre de cette autorité, Salam Fayyad, a déclaré, dans une interview donnée aux médias israéliens, qu'il est favorable à ce que le Hamas rejoigne les mouvements politiques actuels, et que sinon, il y aurait de grand doute qu'ils aboutissent à quelque chose de réussie. Alors, si "Israël" n'étudie pas ces voix venant de la bande de Gaza et de Damas, en ce moment propice, nous nous verrons nous précipiter vers une abîme dangereuse. Pour celui qui cherche une preuve tangible à la fragilité de l'équilibre Hamas-Israël, qu'il tourne les yeux un peu vers l’arrière. Pas plus loin que la semaine dernière, Avi Dikhter, ancien ministre de la défense et directeur des services de sécurité intérieur Shabak, a échappé belle à un attentat. Désormais, le destin de cet équilibre est aux mains du hasard. Ces dernières semaines, à plusieurs reprises, Ayman Al-Dawahiri a appelé à frapper les Juifs, en"Israël" et partout dans le monde. Notons que les membres du Hamas sont considérés comme mécréants, vue qu'ils déclarent leur volonté d'arriver à des accords avec "Israël", même indirectement. La déclaration de Michaal vient tout à fait à l'encontre de la stratégie d'Al-Qaïda. C'est alors un appel à "Israël" pour qu'elle saisisse cette occasion historique de pousser la chose vers un coin positif. Serions-nous aveugles ? Serions-nous sourds d'oreilles ? Article écrit par Ifram Hlivi, ancien chef du Mossad israélien, résumé et traduit par le CPI Actualité nationale | EUROPE | FRANCE | MOYEN ORIENT | PROCHE ORIENT | RELIGIONS ET CROYANCES |
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