Palestine occupée

Le Hamas arrête 160 membres du Fatah dans la bande de Gaza



Dimanche 27 Juillet 2008

Le Hamas arrête 160 membres du Fatah dans la bande de Gaza
Les forces de sécurité du Hamas ont arrêté samedi 160 membres du Fatah dans la bande de Gaza au lendemain de l’explosion d’une bombe qui a tué cinq membres du mouvement de résistance islamique et une fillette, ont annoncé des responsables des deux groupes.

L’explosion s’est produite vendredi à Gaza près d’une voiture utilisée par les Brigades Ezzedine la Kassam, l’aile militaire du Hamas. Il s’agissait de la troisième attaque de ce type depuis minuit, ce qui a fait de vendredi l’une des journées marquées par les pires violences intérieures depuis que le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza, il y a un an, en chassant les forces du Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas.

Abbas, dont l’autorité se limite depuis à la Cisjordanie occupée, a relancé dernièrement les efforts de paix avec Israël. Il a tenté récemment de se réconcilier avec le Hamas, en vain, le mouvement islamiste n’acceptant pas de renoncer au contrôle de la bande de Gaza, condition préalable posée par le président de l’Autorité palestinienne. Les Brigades Ezzedine al Kassam ont publié vendredi un communiqué accusant le "parti fugitif" - terme utilisé pour désigner le Fatah - d’être l’auteur de l’explosion mortelle, survenue à un carrefour à la périphérie de Gaza.

A Ramallah, en Cisjordanie, les responsables du Fatah ont rejeté toute implication. Mais un groupe disant s’appeler "Brigades al Aouda" et être aligné sur le Fatah a revendiqué l’attaque. L’authenticité de cette revendication n’a pu être vérifiée. "Le temps viendra pour tous ceux qui ont partagé l’exécution et la liquidation des nôtres", dit le communiqué d’al Aouda. "Notre vengeance atteindra tous les membres des milices noires de la force d’exécution et les dirigeants de Kassam (le Hamas".

En Cisjordanie, des responsables du Fatah ont imputé les violences à des querelles au sein du Hamas. "Le mouvement Fatah n’est en rien lié à ces querelles intestines au sein du Hamas", dit un communiqué du Fatah.

Une déclaration du cabinet d’Abbas affirme que les accusations portées contre le Fatah "ont pour but de dissimuler le fait qu’il y a des querelles au sein du Hamas". Les forces de sécurité du Hamas ont fait irruption dans une quarantaine de bureaux de responsables du Fatah dans toute la bande de Gaza, confisquant documents et ordinateurs. Le Fatah et un mouvement palestinien de défense des droits de l’homme ont estimé le nombre de personnes arrêtées à 160.

Parmi les personnes interpellées figurait un Palestinien qui a travaillé comme cameraman pour une station de télévision allemande. Mais selon une source proche des services de sécurité palestiniens, cet homme Saouah Abou Saïf, a été arrêté en tant que militant présumé du Fatah et non en tant que journaliste.

Des milliers de personnes ont assisté aux funérailles des six victimes de l’attaque de vendredi. Certaines d’entre elles scandaient "vengeance, vengeance !" tandis que des coups de feu étaient tirés en l’air.

Khalil al Hayya, chef des Brigades, dont le neveu a été tué dans l’explosion et dont le fils aîné a été blessé, a promis de punir les responsables. "Ceux qui ont fait cela doivent être pendus sur la place publique", a-t-il dit avant l’enterrement. Il accusé les dirigeants du Fatah d’être responsables de l’attaque, ajoutant que le communiqué des Brigades al Aouda en est la preuve.

Le Hamas, a-t-il dit, avait été averti de ce que des membres du Fatah projetaient des assassinats contre le groupe islamiste. Dix-neuf autres Palestiniens ont été blessés, ont rapporté les services médicaux. Beaucoup d’entre eux étaient des passants qui se rendaient à la plage.

Les affrontements entre Israéliens et Palestiniens ont cédé la place à des violences entre factions dans la bande de Gaza depuis l’entrée en vigueur, le mois dernier, d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas conclu grâce à une médiation égyptienne.

Explosions à Gaza : deux autres membres du Hamas tués

Les forces de sécurité du Hamas ont arrêté des dizaines de membres du Fatah rival, lancé des grenades dans la maison d’un chef du Fatah et mis en place des points de contrôle samedi dans la Bande de Gaza, après une mystérieuse explosion près de la plage qui a coûté la vie à cinq hommes du Hamas et une fillette de 6 ans.

S’il était avéré que l’explosion de vendredi soir visait des militants islamistes, ce serait l’attaque la plus meurtrière de ce genre depuis que le Mouvement de la résistance islamique a pris le contrôle de l’étroit territoire côtier en juin 2007, ne laissant au Fatah que la Cisjordanie.

L’explosion s’est produite sous une voiture garée près de la plage de Gaza très fréquentée le vendredi soir, selon des responsables du Hamas. Et justement un groupe de militants du Hamas pique-niquait sur la plage, selon leur parti, qui a publié des photos sur son site Web. Trois hommes du Hamas et la fillette ont été tués sur le coup, tandis que deux autres activistes ont succombé à leurs blessures. Quinze autres personnes ont été blessées, selon un communiqué du ministère palestinien de la Santé.

Parmi les militants tués figure un haut commandant du Hamas et Iyad al-Hayeh, neveu du député du Hamas Khalil al-Hayeh, ont précisé les autorités. Le fils du même député, Osama al-Hayeh, aurait été blessé. La tension était palpable dans les rues de Gaza samedi matin.

Des policiers du Hamas filtraient les voitures, fouillant celles qui leur paraissaient suspectes. Plusieurs dizaines de sympathisants du Fatah ont été arrêtés, a déclaré un haut responsable du Fatah dans la Bande de Gaza, Ibrahim Abou Naja. Ce dernier a condamné l’explosion et appelé à une enquête indépendante. Le bureau de la présidence de l’Autorité palestinienne a estimé dans un communiqué qu’il s’agissait d’un règlement de comptes interne au Hamas.

Le gouvernement du Hamas devait se réunir d’urgence samedi. Un haut responsable du Mouvement de la résistance islamique dans la Bande de Gaza, Sami Abou Zuhri, a déclaré que son organisation tenait le Fatah sur place et à Ramallah, en Cisjordanie, pour "responsables de ce crime".

L’explosion était la troisième dans la seule journée de vendredi. La première a tué un homme en train de piéger un café avec une bombe et blessé trois personnes, et la seconde s’est produite devant le logement d’un député du Hamas, Marwan Abou Ras ; un activiste du Fatah a été arrêté.

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Dimanche 27 Juillet 2008

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