RELIGIONS ET CROYANCES

Le Crime de la mémoire sélective


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Petite fille du Roi Abdullah, Reem Al Faisal est photographe, originaire de Jeddah, Arabie Saoudite. Elle vit à Jeddah et à Paris. Diplômée de Manarat High School, Jeddah, Arabie Saoudite, elle a étudié la Littérature Arabe à l'Université King Abdul Aziz, Jeddah, Arabie Saoudite qu'elle quitte pour commencer une carrière de photographe à Paris, France. Elle a étudié la Photographie à l'École Spéos, Paris, France

Par Reem Al Faisal


Reem Al Faisal
Lundi 19 Février 2007

Assumer la responsabilité de ses échecs tout comme celle de ses succès est le meilleur signe de maturité et de sagesse ; c'est également la seule manière d'évoluer et de grandir.
Cela signifie qu'une nation ne peut jamais se développer sans apprendre de ses erreurs du passé, comme le disait le philosophe George Santayana : "Ceux qui ne sont pas capables de se souvenir du passé sont condamnés à le répéter."

Cependant quand je regarde aujourd'hui les Arabes, je vois une nation qui est plongée dans le chaos et cernée par la misère sans aucun espoir de sortie de son état tragique actuel.

Ce sont des peuples consommés par la haine, l'auto-pitié et une léthargie désespérée. C'est une combinaison mortelle qui a seulement comme conséquence la cécité et l'ignorance totale de leur histoire menant à de fausses hypothèses qui les laissent incapables de sortir des profondeurs dans lesquelles ils ont sombré.

Nous avons commencé à blâmer notre situation difficile par l'arrivée du colonialisme ce qui n'était pas entièrement vrai. Si la nation arabe était envahie et violée par différentes puissances étrangères, la raison en était la cupidité étrangère et une faiblesse innée de la société Arabe qui a permis à des nations comme le Royaume-Uni, l'Italie, la France, et enfin les Etats-Unis de les exploiter.

Le colonialisme a été pour les Arabes ce qu'un virus est à un corps affaibli. Nous étions fossilisés bien avant que le colonialisme arrive sur nos rivages.

Notre société avait cessé d'évoluer ou de se développer socialement, culturellement et économiquement mais de toute façon, nous avons trouvé quelqu'un d'autre à blâmer pour tout et c'était aussi les "Turcs". Nous avons blâmé l'empire Ottoman pour tous les malheurs qui nous ont accablés.

Ceci ne signifie pas qu'aucun des colonialistes n'est à blâmer pour nos souffrances. Seulement, nous devrions admettre notre propre rôle dans tout cela.

Puis comme si tout ce qui nous est arrivé par le passé n'était pas suffisant, Israel est entré en scène en volant nos terres, en tuant et en expulsant la population et quand nous nous avons échoué à récupérer nos terres ou à obtenir même la moindre once de justice de la part du monde, nous sommes tombés dans le découragement et la léthargie, en blâmant une conspiration sioniste pour tous les malheurs de notre société : que ce soit l'appauvrissement de notre société, l'analphabétisme croissant, les régimes oppressifs, la corruption endémique, le gaspillage des ressources naturelles, l'oppression des femmes et le désert total que nous avons créé de l'Océan Atlantique au Golfe.

Nous avons affirmé que sans Israel nous ne serions pas affligés de régimes corrompus et oppressifs qui répandent l'ignorance et la peur dans chaque partie du monde Arabe.

Nous affirmons que c'est le Sioniste qui complote dans l'ombre pour nous duper afin que nous nous battions entre nous dans de ridicules guerres de frontières ou des guerres civiles tragiques.

C'est "lui", l'ennemi qui a gaspillé nos richesses et a forcé nos meilleurs et nos plus brillants éléments à immigrer vers des terres étrangères à la recherche d'une vie décente et d'une meilleure éducation.
C'est lui qui a fabriqué la tragicomédie que le monde Arabe représente aux yeux du monde.
En conclusion, "il" est à blâmer pour la dernière folie, qu'est la guerre en Irak.

Je ne nie pas que les Sionistes sont nos ennemis et qu'ils ont commis des crimes terribles et qu'ils en commettent toujours contre les Arabes en général et les Palestiniens en particulier. Cependant, nous devons admettre notre propre responsabilité pour la situation tragique dans laquelle nous nous retrouvons aujourd'hui

Parmi le bruit terrible et le vacarme que nous faisons en blâmant notre ennemi pour toutes les catastrophes qui arrivent à notre nation, nous oublions l'élément le plus important de notre misère : "nous-mêmes".

Nous avons oublié ce que nous avons fait et ce que nous n'avons pas fait. Nous avons oublié nos défauts et nos erreurs, nos trahisons et nos déceptions ; nous avons oublié notre histoire et maintenant c'est l'histoire qui nous a rattrapés.

Ceux qui ont envahi l'Irak ont trouvé un pays faible et une région encore plus faible qui leur ont permis de faire ce qu'ils voulaient avec l'Irak et le reste de la nation Arabe

Maintenant, quand toutes les excuses du passé ne sont plus valables ou se sont avérées être décevantes, nous recherchons désespérément quelqu'un à blâmer sauf nous-mêmes pour le chaos dans lequel notre région a sombré.
Qui pourrait bien être ce nouvel ennemi terrible ?
Qui est à blâmer pour l'Irak et la sauvage guerre sectaire qui y fait rage ?
Qui est à blâmer pour la guerre au Liban et l'impasse politique dans laquelle il languit maintenant ?
Qui est à blâmer pour la famine et le génocide planifié des Palestiniens ?
Qui pourrait bien être à blâmer pour la misère des Arabes ?

La réponse catégorique naturellement n'est pas les Arabes ; ils sont toujours les victimes des machinations des autres et les coupables d'aujourd'hui ne sont personne d'autres qu'une minorité mauvaise guidée par les épouvantables "Iraniens". Je rirais si ce n'était pas aussi tragique.

Nous avons oublié ce que la majorité Arabe a fait pendant des siècles à la minorité par l'oppression et la persécution en les forçant à vivre en marge de la société et c'est pourquoi ils sont aujourd'hui l'une des parties les plus pauvres de la société arabe.

Avons-nous oublié comment nous avons observé le silence quand Saddam Hussein, le faux héros des Arabes, a massacré les Irakiens dans le sud à la fin de la première guerre du Golfe ?

Aujourd'hui nous avons sombré dans une guerre sectaire en Irak, qui menace de se répandre dans l'ensemble de la région. Le monstre que l'Irak est devenu est notre création.

Avons-nous oublié que Saddam était l'enfant préféré des masses Arabes dans les années 80 et comment il a commis le génocide contre les Kurdes alors que personne ne disait quoi que ce soit ?

Les Arabes n'ont pas songé aux conséquences de l'extermination d'une race entière sur des terres Arabes par des Arabes. Nous récoltons aujourd'hui en Irak le fruit de notre indifférence.

Je pourrais continuer puisque la liste de nos erreurs passées est longue mais je ne pense pas que j'aurais assez de place dans cet article.

Ainsi, je vais en venir à la dernière folie Arabe qui est de blâmer l'Iran pour tous nos malheurs d'aujourd'hui

Si quelqu'un devrait craindre une agression par d'autres dans cette partie du monde, ce devrait être les Iraniens. C'était l'Irak qui a attaqué l'Iran dans le passé récent et non pas l'inverse ou aurions-nous aussi oublié cela ?

L'Iran n'a attaqué personne au cours du siècle dernier et c'est l'Irak qui l'a attaqué, aidé par de nombreux Arabes, nous entraînant tous dans une longue guerre qui a seulement eu comme conséquence les décès et les blessures de millions de personnes des deux côtés

Avant de plonger dans une guerre globale contre encore un ennemi imaginaire et avant que nous détruisions le futur d'une autre génération Arabe, je vous prie de vous asseoir et de respirer profondément; puis ouvrez un livre de notre histoire récente et lisez-le et apprenez s'il vous plait, apprennez là où nous avons commis des erreurs et comment les reparer.

Alors sachez qui est votre véritable ennemi et commencez à préparer un plan efficace pour battre cet ennemi

Les Kurdes, les Shiites, les Iraniens, les Africains ou les Berbères n'ont jamais été nos ennemis et ne pourront jamais l'être puisqu'ils sont nous et nous sommes eux.

Source
Traduction : MG pour ISM


Lundi 19 Février 2007


Commentaires

1.Posté par Rajwiya le 19/02/2007 14:58 | Alerter
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Article séduisant mais complètement erronné en termes d'analyse politique.
Les Arabes accusent le sionisme, à juste raison, d'être responsable de la plupart de leur maux actuels. Cela reste vrai. Mais ce que vous pensez être la partie relevant proprement du fait des Arabes n'est pas aussi sûr.
Non que les Arabes fussent parfaits et au-dessus de tout soupçon mais l'histoire des cinq derniers siècles les a plogés dans un trou noir dont les conséquences se manifestent encore de nos jours. Et c'est cela ce que vous appelez notre propre 'faiblesse', notre propre 'fragilité'.

Des croisades de deux siècles - aucun peuple n'a connu une aussi longue guerre - ont mis à bas la plus brillante des civilisations! Survivre, boîteux que nous sommes, à un tel holocauste est proprement phénoménal. Ne vous étonnez donc pas que nous soyons faibles. Ne vous étonnez pas que nous soyons versatiles, velleitaires, influençables par le néocolonialisme et souvent traîtres à nous mêmes. Nos indépendances sont factices et nos gouvernants des marionnettes, stupides victimes psychiatriques du décervelage colonial et néocolonial. Ces dirigeants sont plus à plaindre qu'à blâmer.
Le néocolonialisme et l'impérialisme qui ont brisé toutes nos tentatives de redresser la tête en assassinant nos Nasser, nos Saddam, nos Mossadegh, nos Lumumba et nos Banna et Sayyed Qotb sont la cause de notre détresse et de nos stupidités. De nos trahisons aussi, nous qui avons été pourtant un phare pour le monde pendant des siècles et qui avons permis au dernier parvenu à la civilisation, l'Europe, de reprendre, hélas avec ingratitude, le flambeau du dévellopement.
Oui, ces Arabes faibles et fragiles, sont des êtres affaiblis et fragilisés, devenus perméables, poreux, voire creux. Mais ce n'est pas notre état intrinsèque comme le laisse voir l'histoire. La preuve en est l'insurrection populaire, désespérée, du monde islamique, portée par le simple musulman, faute de pouvoir compter sur ses gouvernants démissionnaires, marionnettes placées là par nos anciens colonisateurs pour entraver notre redressement..

2.Posté par ALI14 le 19/02/2007 19:14 | Alerter
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JE SUIS D ACCORD AVEC REEM AL FAISAL ET SON ARTICLE EST TOUT A FAIT JUSTE.

3.Posté par AHMED le 30/10/2007 21:30 | Alerter
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Allah dit
Lorsque la nuit l’enveloppa, il vit une étoile et il dit « Voici mon Seigneur ! » Mais il dit, lorsqu’elle eut disparu « Je n aime pas ceux qui disparaissent. »

Lorsqu’il vit la lune qui se levait, il dit : « Voici mon Seigneur ! » Mais il dit, lorsqu elle eut disparu : « Si mon Seigneur ne me dirige pas, je serai au nombre des égarés. »
les versets 76 à 77 de la sourate 6 .

La réussite comme la bonheure pour les nations comme pour les individuex ;uniquement dan le chemin du le prophete Mohamed( psl) et son campaniens Abu baker Omer Ali et Othman ect,,,

QU' EST CONNAIT L'ISLAM ?
PAS LES MUSULMANS ;;;;
PAS L'ISLAM DE LA TELE ;;;
PAS L'ISLAM DE CERTAIN PERSONS QUE ILS PARLE ET ILS JUGE EN MEME TEMPES;;;

pour connaître, apprendre, comprendre l'Islam... sereinement...

voir les videos de cheikh khaled yasin sur you tube.

AlBalawi, arabie saoudite, Jeddah







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