Géopolitique et stratégie

Le Congrès américain renouvelé passera à la loupe la politique de Bush à l'égard de Moscou


Le 110e Congrès des Etats-Unis, dont la session débute jeudi, a rendu publiques ses priorités dans lesquelles il se propose, entre autres, de renforcer le contrôle de la politique menée par l'administration Bush à l'égard de la Russie.


Vendredi 5 Janvier 2007

Le Congrès américain renouvelé passera à la loupe la politique de Bush à l'égard de Moscou

Les priorités du 110e Congrès, dont les deux chambres sont contrôlées par les démocrates depuis les législatives de novembre dernier, ont été rassemblées dans un rapport de 76 pages rédigé par le département aux affaires étrangères, à la défense et au commerce du Service de recherche du Congrès.

"Tout porte à croire que le Congrès maintiendra et même renforcera son contrôle de la politique des Etats-Unis vis-à-vis de la Russie pour ce qui concerne l'évolution de la politique intérieure de ce pays et les relations de ce dernier avec ses voisins", indique le rapport.

"Parmi les dossiers russes que le Congrès de la 110e législature se propose d'examiner figureront l'initiative de coopération pour la réduction des menaces, dite le programme Nunn-Lugar, d'autres programmes d'assistance extérieure à la Russie, l'amendement Jackson-Vanik et l'adhésion à la Russie à l'OMC", précise le document.

Le rapport constate que les relations russo-américaines se sont dégradées au cours des deux dernières années.

"L'administration Bush a tenté de miser sur la coopération, tant réelle que potentielle, avec la Russie sans accentuer les zones de tension susceptibles de corrompre cette coopération, même si l'année 2006 a été marquée par une exacerbation des critiques de l'administration vis-à-vis de Moscou", souligne l'étude.

Par rapport à l'administration Bush, "beaucoup de parlementaires ont été moins tolérants face au comportement préoccupant de la Russie", regrette le rapport.

"Pendant la session du Congrès de la 109e législature, les problèmes bilatéraux semblent avoir atteint le point critique quand les aspects négatifs éclipsent les perspectives de coopération", note le document.

Le rapport offre un tour d'horizon des domaines où la Russie et les Etats-Unis développent une coopération fructueuse et où les deux pays ont des positions divergentes.

Parmi les points positifs des relations entre Moscou et Washington, l'étude cite notamment "le consensus de principe sur le fait que le terrorisme international, alimenté par l'extrémisme islamique, représente la plus grande menace à la sécurité à laquelle s'ajoute la menace de la prolifération des armes de destruction massive".

Un autre point positif est "l'hypothétique coopération énergétique bilatérale, la Russie faisant partie des principaux producteurs et exportateurs de pétrole et de gaz", indique le rapport.

"En contrepoids, il existe des zones de tension, notamment la préoccupation des Etats-Unis face aux tendances antidémocratiques et dirigées contre le marché libre", note l'étude.

Parmi les autres "zones de tension", le rapport cite "l'ingérence russe dans les affaires de la Géorgie, de la Moldavie et de l'Ukraine", "la construction par la Russie d'un réacteur pour une centrale nucléaire iranienne ainsi son refus d'appuyer les sanctions censées dissuader l'Iran de développer ses activités nucléaires illégales".

"La Russie est quant à elle préoccupée par l'influence et "l'intervention" des Etats-Unis et de l'OTAN dans de nombreux pays de l'ex-URSS et par ce que Moscou qualifie de "doubles standards" de la part de l'Occident dont elle se sent victime", rappelle le document.

Le Congrès américain de la nouvelle législature entamera officiellement sa session jeudi qui commencera par la cérémonie de serment d'abord des sénateurs, puis des membres de la Chambre des représentants.

Jeudi, les élus doivent investir Nancy Pelosi, 66 ans, qui sera la première femme dans l'histoire américaine à présider la Chambre des représentants. Le président de la Chambre des représentants est le troisième personnage de l'Etat, car c'est lui dirige le pays en cas d'incapacité du président et du vice-président.

Les parlementaires devront ensuite approuver la composition et la direction de toutes les commissions des deux chambres.

On sait, notamment, que la présidence de la commission du Sénat aux affaires étrangères sera confiée au démocrate Joseph Biden, connu pour son opposition à l'adhésion de la Russie à l'OMC. Dans la Chambre des représentants, la commission aux affaires étrangères sera dirigée par le démocrate Tom Lantos, l'un des coauteur de la fameuse résolution du Congrès demandant la suspension du statut de membre du G8 obtenu par la Russie.

Après la victoire aux législatives de novembre dernier dans les deux chambres du parlement américain, les démocrates ont déclaré leur intention de profiter pleinement des prérogatives constitutionnelles du Congrès pour exercer un contrôle régulier et sévère des activités déployées par l'administration Bush.

La semaine prochaine, la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et le chef du Pentagone Robert Gates doivent être convoqués aux séances de la commission aux affaires étrangères et de celle aux forces armées pour expliquer les projets de l'administration Bush en Irak.


Source Ria Novosti


Vendredi 5 Janvier 2007


Commentaires

1.Posté par moncef le 06/01/2007 10:30 | Alerter
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Il ne faut pas se faire trop d'illusions .les republicains sont derriere toutes les multinationales
du petrole et du complexe militaro-industriel. Les democrates eux, sont derriere toute les multinationales de l'agroalimentaire , du medicament , et de l'immobilier . Ceux sont tous des
milliardaires qui ont des de gros interets a defendre. C'est vrai que qualitativement on prefere
avoir a faire aux democrates sencés etrent moins belliqueux. Mais les americains qu'ils soient democrates ou republicains ne laisseront jamais de coté leur intentions de regenter la planete parceque cela est gravé dans le systeme economique qu'ils imposent au reste du monde.

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