Politique Nationale/Internationale

Larijani : C'est l'Occident qui claque chaque fois la porte des négociations


Le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne, Ali Larijani vient de décrire les prises de position de la République islamique d'Iran quant aux évolutions intérieures, régionales et internationales.


quotidien KEYHAN
Dimanche 29 Juillet 2007

 Larijani : C'est l'Occident qui claque chaque fois la porte des négociations
Le secrétariat du conseil suprême de la sécurité nationale iranienne a annoncé que le 25 juillet, Ali Laridjani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale et négociateur en chef dans le dossier du nucléaire civil iranien a répondu aux questions que lui ont posées les journalistes de la radio NPR, du quotidien britannique The Independent, du magazine français Le Nouvel Observateur et du magazine allemand Focus.

En réponse à une question concernant le plan du Directeur général de l'Agence international de l'Energie atomique (AIEA), Mohammad El-Baradeï, concernant un "time-out" dans l'opération d'enrichissement de l'uranium en Iran, Ali Larijani a déclaré que ce plan ne signifie pas la suspension des activités iraniennes pour enrichir de l'uranium en Iran. Pour Ali Larijani, ce que propose l'AIEA et l'ONU est une fixation des positions adoptées de part et d'autres, ce qui ne signifie pas nécessairement un arrêt ou une suspension de l'enrichissement de l'uranium en Iran.

Le négociateur en chef dans le dossier nucléaire a ajouté que le problème du dossier nucléaire iranien réside dans le fait que les interlocuteurs occidentaux de la République islamique d'Iran ont politisé le dossier pour des raison purement politiques qui n'ont rien à voir avec les aspects juridiques et techniques des activités nucléaires civiles de l'Iran.

Ali Larijani a évoqué ensuite les récents propos du numéro 2 du département d'Etat américain, John Negroponte qui avait dit que l'Iran aurait accès à l'arme nucléaire d'ici 2015. Ali Larijani a dit clairement que l'Iran ne cherche pas du tout à se doter de l'arme atomique. Mais Larijani a critiqué surtout la politique de deux poids deux mesures de la diplomatie américaine qui cherche à imposer des sanctions à l'Iran par le biais du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies tandis que selon les responsables américains l'Iran n'aurait pas accès à la capacité militaire d'ici une dizaine d'années, mais dans le même temps, Washington ne fait rien contre les Etats qui ont eu concrètement accès à l'arme atomique, sans jamais signer les conventions internationales.

Ali Larijani a ajouté que cette politique de double standard cache, en vérité, l'hypocrisie de l'Occident notamment des Etats-Unis.

Evoquant ensuite les négociations nucléaires entre la République islamique d'Iran et la troïka européenne, le négociateur en chef dans le dossier nucléaire a déclaré : "Celui qui claque la porte des négociations, n'a d'autres objets que de faire croire que l'autre partie n'est pas disponible à dialoguer. Mais ce n'est pas vrai, car pendant ces trois dernières années nous avons montré notre bonne volonté lors de nos pourparlers avec les ministres allemand, britannique et français des Affaires étrangères."

"Il y a trois ans, a-t-il déclaré, les ministres des Affaires étrangères de la troïka européenne étaient à Téhéran. Ils nous ont demandé de suspendre pour trois semaines les activités nucléaires iraniennes. Mais cette suspension a durée trois ans, sans que les Européens respectent leurs engagements vis-à-vis de la République islamique d'Iran."

Interrogée sur le soi-disant consensus international à l'égard du programme nucléaire iranien, Ali Larijani a déclaré qu'un tel consensus n'existe pas au sein de la communauté mondiale, car contrairement aux prétentions des gouvernements occidentaux, les Non alignés et les pays islamiques soutiennent dans leurs nombreuses déclarations le programme nucléaire civil de la république islamique d'Iran.

Ali Larijani a souligné que l'un des objectifs de la campagne anti-iranienne de l'Occident est de faire croire que la communauté internationale est inquiète des intentions iraniennes dans le programme nucléaire. Ali Larijani a ajouté : "Lors de ma récente visite en Europe, un diplomate européen de haut rang m'a dit en privé que les grandes puissances croyaient que s'ils faisaient approuver deux résolutions contre l'Iran au Conseil de sécurité des Nations Unies, Téhéran reviendrait sur ses positions. Sinon, les Européens seraient contents que nous acceptions leurs conditions d'avant ces deux résolutions."

Plus loin dans ses propos, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale a déclaré que les sanctions imposées par les Etats-Unis à l'encontre de la République islamique d'Iran étaient inefficaces. Evoquant les récentes déclarations du secrétaire américain au Trésor, Ali Larijani a déclaré que nous subissons les sanctions américaines depuis 28 ans. "Je ne veux pas dire que ces sanctions ne créent aucun problème pour nous, mais elles ne sont pas une bonne solutions pour résoudre les problèmes qui existent dans les relations entre les Etats-Unis et l'Iran. C'est à l'Occident de trouver une solution."

Interrogé sur les garanties sécuritaires que pourraient donner les Etats-Unis à Téhéran, en échange d'un arrêt d'enrichissement de l'uranium, Ali Larijani a déclaré que l'Iran n'a même pas besoin de telles garanties, d'autant plus que les capacités conventionnelles de l'Iran suffisent à assurer la dissuasion, sans que le pays ait besoin de la dissuasion nucléaire.

Quant à l'Afghanistan et à l'Irak, Ali Larijani a déclaré que les récents sondages d'opinion montrent que les populations afghane et irakienne considèrent l'occupation comme la source principale de l'insécurité. "En Irak, les Américains ont perdu la contrôle de la situation et pensent que le retour des anciens bassistes sur la scène politique pourrait résoudre leurs problèmes. Ce qui est totalement faux.", a-t-il déclaré.

Dans la dernière partie de cet entretien avec les journalistes occidentaux, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale a déclaré que l'Iran est tout à fait prêt à répondre à toutes les questions de l'Agence internationale de l'Energie atomique concernant son programme nucléaire civil. "Nous étions en train de coopérer de façon transparente avec l'AIEA lorsque les Occidentaux qui transféré notre dossier au Conseil de sécurité des Nations Unies. C'était en réaction à leur démarche peu amicale que le parlement iranien a décidé de réviser la manière de notre coopération avec l'Agence internationale de l'Energie atomique.", a-t-il dit.



Dimanche 29 Juillet 2007

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