Conflits et guerres actuelles

La visite en Afghanistan des autorités américaines



Dimanche 11 Janvier 2009

La visite en Afghanistan des autorités américaines
Le vice-président élu américain Joseph Biden et la ‎sénatrice républicaine Lindsay Graham se sont rendus à Kaboul ‎pour s'entretenir avec les autorités afghanes. Ils devront évoquer ‎en présence du Président Karzai ainsi que du commandant en ‎chef des forces de l'Otan les derniers développements ‎sécuritaires. Avant l'étape afghane, Joseph Biden s'était rendu ‎au Pakistan pour débattre avec ses hôtes des récents ‎développements régionaux et notamment de la lutte contre le ‎terrorisme. La visite des autorités américaines s'effectue dans la ‎conjoncture où les violences ont été intensifiées en Afghanistan ‎et où la Maison Blanche envisage, persistant dans sa politique ‎entachée d'erreurs, d'envoyer 20.000 effectifs supplémentaires ‎dans ce pays. Alors que Barak Obama entrera officiellement en ‎fonction à partir du 20 janvier, la connaissance minutieuse des ‎derniers développements afghans en tant que l'un des principaux ‎défis de la politique étrangère de Washington, revêt une ‎importance toute particulière. C'est dans ce droit fil qu'une ‎délégation américaine a été chargée de visiter l'Afghanistan en ‎vue de rédiger un rapport sur la situation de ce pays, rapport qui ‎sera remis au Président Obama. Et c'est toujours en ce sens qu'il ‎faut comprendre la visite du futur vice président américain , une ‎visite destinée à clarifier le contenu des rapports précédents et à ‎transmettre les points de vue du gouvernement Karzai au futur ‎locataire de la Maison Blanche. A présent, Kaboul montre de ‎doigt les forces étrangères comme étant à origine des violences. ‎Selon Kaboul, les forces de l'Otan devront être essentiellement ‎déployées dans des gros artères par où circulent les Talibans, ‎soit des régions que les forces de l'Otan évitent justement par ‎crainte d'affrontements directes avec les terroristes, préférant de ‎procéder à des bombardements aveugles des zones ‎résidentielles. Il s'agit d'une politique qui n'a d'autre effet que ‎d'augmenter le bilan des victimes civiles. De même, en ‎négligeant la souveraineté de l'état afghan et en s'ingérant dans ‎ses affaires, les Américains agissent comme un gouvernement ‎parallèle. De l'avis des experts, ce parallélisme sape les projets ‎de reconstruction entretenus par le gouvernement de Kaboul. ‎Alors, si le futur gouvernement de Washington dirigé par ‎Obama veut vraiment tenir sa promesse quant au changement de ‎sa politique étrangère, il devra tenir compte des vérités de la ‎guerre et des exigences du gouvernement et du peuple afghan, ‎lequel souhaite voir les autorités afghanes aux commandes. ‎

Joe Biden au Pakistan

C'est au coeur des consultations serrées des autorités US, à Islamabad que s'est rendu vendredi le vice-président élu Joseph Biden, dans le sillage de Richard Boucher qui s'y trouvait déjà au début de la semaine passée. Et il devra rencontrer le président Assif Ali Zardari et le Premier ministre Youssouf Raza Gilani, leur remettant le message du président élu Barack Obama et transférant aussi les points de vue des dirigeants pakistanais au sujet de la lutte anti-terrorisme à la future administration. Le ballet diplomatique américain - de l'administration sortante et de la future équipe à la Maison Blanche - à Islamabad vise un double objectif fondamental: primo, renforcer la coopération du gouvernement pakistanais dans le sens de la lutte contre les talibans dans les régions tribales, car selon la Maison Blanche, Islamabad n'a pas envisagé des mesures efficaces vis-à-vis du terrorisme d'autant que l'escalade des violences en Afghanistan découle de l'inefficacité des programmes de l'armée et du gouvernement pakistanais dans la confrontation avec les milices talibanes. C'est justement l'inverse de ce que pensent les autorités pakistanaises arguant que c'est la politique anti-terroriste des Etats-Unis et de l'Otan qui n'est pas efficiente notamment à propos des talibans. Dans l'optique d'Islamabad, la politique de force vis-à-vis du phénomène d'extrémisme, durant ces dernières années, en Afghanistan en dit long sur l'inefficacité de telle attitude. Fidèle à ce constat, le gouvernement Gilani a mis l'option militaire à la dernière étape de sa stratégie en trois phases contre le terrorisme. Le dialogue avec les leaders des tribus et l'évolution des structures économiques et d'enseignements dans les zones tribales sont au premier plan dans la stratégie anti-terroriste du gouvernement Gilani. Dans ce sens, le PPP espère que la nouvelle équipe qui s'installera le 20 janvier à la Maison Blanche, consciente de l'échec de la politique anti-terroriste de l'administration Bush, définira sous un autre angle les contours de son attitude vis-à-vis de l'extrémisme. Secundo, les événements terroristes à Bombay ont permis à George W. Bush, en ces derniers jours de son mandat à la Maison Blanche de mettre sous pression le gouvernement pakistanais, suggérant cette idée que les inquiétudes liées aux activités terroristes au Pakistan ne se limitent pas aux seuls Etats-Unis et l'Otan, mais les pays voisins dont l'Inde et le Pakistan sont aussi très préoccupés du processus des activités des milices. Or, pour les Pakistanais, toute intervention extrarégionale via la provocation des autorités indiennes ne ferait que monter le ton entre les deux voisins du sous-continent.

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Dimanche 11 Janvier 2009


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