Diplomatie et relation internationale

La visite des autorités américaines à Islamabad


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Jeudi 27 Mars 2008

A quoi bon envoyer des émissaires au Pakistan ? ‎Cette question, la Maison Blanche aurait dû se la poser à ‎plus d'une reprise, cette semaine, quand elle a décidé ‎d'expédier à Islamabad le sous-secrétaire d'Etat, John ‎Negroponte, et le Porte parole du Département d'Etat, ‎Richard Bucher. En effet, cette double visite s'annonçait ‎des plus délicates : voici un Pakistan politiquement ‎exsangue, depuis l'assassinat de Mme Benazir Bhutto, qui ‎vient de nommer l'un des proches de la défunte à la tête ‎d'un cabinet de coalition, qui a juré de mener la vie dure au ‎Président Musharraf, longtemps allié le plus solide de ‎Washington, dans sa prétendue guerre anti-terroriste; un ‎Pakistan qui partage, également, par un malheureux hasard ‎géographique, des centaines de kilomètres de frontières ‎communes avec l'Afghanistan voisin, confronté, comme ‎chacun le sait, à une indomptable résurgence des terroristes. ‎La difficile équation consiste, dès lors, pour Washington, à ‎savoir ménager la chèvre et le chou, à souffler le chaud et ‎le froid, de façon à ne pas léser les susceptibilités d'aucune ‎des parties en présence, à ne pas éveiller les soupçons du ‎favoritisme, car, au Pakistan, tout comme dans d'autres ‎contrées de cette vaste et composite région qu'est le ‎Moyen-Orient, tout le monde sait que l'Amérique est ‎parfaitement capable de lâcher les plus fidèles de ses ‎fidèles, dès lors qu'il s'agit de sauvegarder ses intérêts ‎propres ; d'où, sans doute, cette insistance avec laquelle le ‎Président Musharaf a rappelé à ses hôtes américains que ‎l'armée pakistanaise se réserverait le droit exclusif ‎d'affronter militairement les Qaïdistes, dans les zones ‎tribales du sud du pays, et qu'aucune force étrangère, fut-‎elle la plus puissante de la planète, ne devrait s'en mêler. ‎Pour dire les choses comme ils sont, Musharaf a tenté de ‎rassurer ses interlocuteurs de son hostilité envers tout ‎option militaire américaine contre son pays. En effet, on ‎connaît bien la thèse du Président là dessus : il plaide en ‎faveur d'une amélioration de la situation économique, dans ‎ces zones infectées de terroristes, où la population, à défaut ‎d'autres recours, s'enrôlent sous la bannière de Ben Laden, ‎pour pouvoir survivre. Mais, aux Etats-Unis, il n'est pas de ‎bon ton d'aborder le terrorisme sous cet angle et d'y voir le ‎réceptacle des frustrations de foules affamées et démunies. ‎Et le crédit, s'il y a, il n'est que de nature militaire et ‎exclusivement destiné à provoquer plus de violences, à ‎faire vendre plus d'armes, à faire couler plus de sang. Ainsi ‎va le Pakistan : il est voué à rester un puissant dérivatif à la ‎déconfiture totale de l'administration Bush, en Irak et en ‎Afghanistan, à fournir un surplus de prétexte nécessaire à la ‎présence américaine dans la région !

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Jeudi 27 Mars 2008

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