Le Président turc Abdullah Gül qui s'est rendu aux Etats-Unis pour s'entretenir avec les autorités américaines a mis l'accent avant son départ sur la lutte contre le terrorisme. Le Chef de l'Etat turc a déclaré que sa visite répondait à la nécessité de réviser les coopérations Ankara Washington dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. L'Irak et ses derniers développements comptent également parmi les sujets à débattre par les deux parties, d'autant plus que la Turquie semble décidée à poursuivre ses opérations militaires dans le nord irakien contre les rebelles du PKK. La visite de Gül s'effectue au seuil de la tournée moyen orientale de Bush et à un moment de forte tension où le conseil de sécurité nationale turque ne cesse de réclamer l'intensification de la lutte anti-terroriste. C'est pour cette même raison que le Président Gül a parlé de la nécessité de la révision des coopérations entre les deux pays et a fait état de la disponibilité d'Ankara à aider Washington dans le règlement de la crise irakienne. Lors d'un entretien avec les journalistes, Gül a implicitement préconditionné l'aide d'Ankara au feu vert de Washington pour en finir avec le PKK. Bien que le Président Gül ait évoqué la lutte antiterroriste d'Ankara même sans le soutien de Washington, les autorités turques n'en restent pas désireuses de préserver les relations Ankara-Washington de toute détérioration. En ce sens, le principal objectif de la visite aux Etats-Unis de Gül consiste à encourager Washington de cesser ses soutiens au PKK en contrepartie d'une aide substantielle d'Ankara à l'exécution des accords issus de la conférence d'Annapolis concernant le règlement de la crise israélo palestinienne ou encore de la crise irakienne. Les aveux des rebelles du PKK capturés par les forces turques lesquels ont reconnu avoir reçu armes et munitions américains via d'anciens éléments baathistes ont provoqué la méfiance des Turcs face aux politiques de la Maison Blanche à leur égard. Plus de 90 % des Turcs considèrent les Etats-Unis comme une menace non seulement contre leurs intérêts nationaux mais aussi contre la sécurité mondiale. Pour cette raison, l'escale de Gül aux Etats-Unis et ses entretiens avec le Président, la secrétaire d'Etat d'autres autorités américaines sont suivie avec une sensibilité accrue par le peuple et les milieux politiques turcs.