Après la visite en novembre 2007 du Président Sarkozy aux Etats-Unis qui visait, rappelons-le, à consolider les relations politiques franco-américaines, c'est à présent le Premier ministre François Fillon qui se trouve aux Etats-Unis pour s'entretenir avec les autorités américaines des liens économique bilatéraux. L'alignement du président Sarkozy sur les positions de Washington, illustré entre autre par sa décision de réintégrer la France à l'aile militaire de l'Otan et celle du renforcement des forces françaises en Afghanistan ont suscité de vives critiques en France même. La plupart des Français estiment que leur pays devait adopter une politique indépendante et que le suivisme de Sarkozy envers les politiques belliqueuses américaines ternirait l'image de la France dans le monde. Cet aspect, mainte fois souligné depuis l'élection de Sarkozy, donne une importance particulière à tout déplacement des autorités françaises aux Etats-Unis et celle de Fillon n'est pas exempte de cette règle. Aux Etats- Unis, Fillon s'est surtout entretenus avec les autorités financières comme le président des Réserves fédérales ou encore le gouverneur de la Banque centrale. En effet, le ralentissement de la croissance économique américaine et l'appréciation de l'Euro face au billet vert au cours de ces derniers mois ont largement mis à mal les exportations françaises, une situation qui s'accompagne des plus profondes inquiétudes quant à la croissance en France et à la poursuite du programme des réformes du gouvernement de Paris. L'intensification des manifestations et des grèves contre les réformes de Sarkozy prouvent, si besoin est, que les Français de classe moyen comme ceux d'"en bas" ne peuvent plus supporter les pressions économiques et que cet état peut provoquer tôt ou tard une crise politique d'envergure. Selon les derniers sondages, la popularité de Sarkozy a baissé en mai de deux points supplémentaires à seulement 38 % d'opinion favorable contre 42% au premier ministre Fillon qui est en perte de 8 points. C'est dans une telle conjoncture que le Premier ministre s'est rendu aux Etats-Unis pour y trouver un remède qui soit autant que possible conforme au processus des réformes. Mais les temps ne sont pas à l'entraide. Compte tenu de la récession économique aux Etats-Unis, ces derniers auront sacrément du mal à aider la France sarkozyste. Cette France là semble ainsi être condamné à avaler des couleuvres, quitte à faire face à une double crise, crise économique et crise de confiance