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La trêve doit durer six mois


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Samedi 21 Juin 2008

La trêve doit durer six mois
La bande de Gaza et les localités israéliennes voisines s’attendaient vendredi à un week-end calme après des mois de violences, à la faveur d’une trêve qui tient sans accroc depuis plus de 24 heures.

"Aucun incident n’a été signalé", a indiqué à l’AFP une porte-parole de l’armée israélienne.

"La journée d’hier (jeudi) s’est bien passée et cela pourrait présager que la trêve tiendra durant la période convenue", a dit à Gaza le porte-parole du mouvement islamiste Hamas qui contrôle le territoire palestinien, Sami Abou Zouhri.

Selon le Hamas, la trêve, entrée en vigueur jeudi à 03H00 GMT, doit durer six mois.

"Si l’ennemi respecte les termes de la trêve, elle tiendra. L’ennemi a besoin de la trêve tout comme notre peuple qui souffre du blocus et des agressions", a renchéri un autre porte-parole du Hamas, Ismaïl Radwane.

Pour préserver le cessez-le-feu, l’armée israélienne a restreint les consignes de tirs à la frontière, selon des sources militaires. Les militaires ne pourront ouvrir le feu que "si leur vie est en danger ou s’ils constatent des préparatifs d’une attaque imminente". Et l’aviation ne pourra lancer des raids que pour empêcher une attaque imminente contre Israël, en particulier un tir de roquette.

Outre l’arrêt des tirs de roquettes palestiniennes contre Israël et les attaques israéliennes dans la bande de Gaza, l’accord prévoit un allègement progressif du blocus imposé par l’Etat hébreu au territoire exigu de 362 km2 où s’entassent 1,5 million de Palestiniens.

Depuis la violente prise du pouvoir à Gaza par le Hamas il y a un an, les tirs de roquettes ont fait quatre morts en Israël alors que des centaines de Palestiniens ont été tués à Gaza en représailles.

Selon un sondage publié vendredi par le quotidien Yediot Aharonot, une majorité d’Israéliens (56%) soutient l’accord de trêve mais ne croit pas qu’il va durer (79%). Ce sentiment est partagé à Gaza.

"Nous espérons tous que la trêve tiendra mais nous avons peur car cela n’a jamais marché dans le passé. Ils peuvent nous frapper à tout moment", déclare à l’AFP Nasri Al-Franji.

Ce dentiste a profité du calme pour se promener avec sa famille sur la plage en ce jour de repos hebdomadaire. "Il y a eu beaucoup de trêves avant mais Israël les a toujours violées. On retourne tout le temps à la case départ et parfois la situation empire même", convient sa femme Rima, foulard blanc sur longue robe noire.

Certains chefs du Hamas, qui limitaient leurs apparitions publiques de crainte d’attaques israéliennes, ont participé selon des témoins aux prières dans les mosquées de Gaza jeudi soir et à la grande prière du vendredi.

Lors de celle-ci, le chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a affirmé que le mouvement islamiste ne mettrait pas fin à la contrebande d’armes vers le territoire palestinien, l’une des conditions israéliennes à la trêve.

L’accord prévoit également la réouverture progressive, en principe à partir de dimanche, des point de passage reliant Israël et Gaza, fermés quasiment en permanence après la prise de pouvoir par le Hamas.

Le Hamas exige aussi la réouverture du terminal de Rafah à la frontière avec l’Egypte, qui ne peut fonctionner sans l’accord d’Israël. Mais l’Etat hébreu lie cette question au sort du soldat israélien Gilad Shalit, capturé en juin 2006 par un commando palestinien à la lisière de la bande de Gaza.

Ehud Olmert doit se rendre en Egypte mardi pour rencontrer le président Hosni Moubarak au sujet du soldat, le Caire assurant une médiation entre l’Etat hébreu et le Hamas en vue d’un échange de prisonniers.

La trêve à Gaza pourrait toutefois être fragilisée par des tirs ayant blessés vendredi trois étudiants religieux près de Ramallah en Cisjordanie. Les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa ont revendiqué l’attaque, affirmant que le groupe armé lié au Fatah ne respecterait "jamais" la trêve.

Cisjordanie : des colons tirent une roquette de fabrication artisanale contre des Palestiniens sans faire de victime

Des élèves d’une école talmudique orthodoxe d’une colonie de Cisjordanie ont tiré une roquette de fabrication artisanale sur un village palestinien sans faire de victime, ont annoncé vendredi des responsables de la sécurité israélienne.

Selon ces responsables, les soldats israéliens dans le secteur ont entendu une grosse explosion et ont d’abord cru à une attaque palestinienne sur la colonie d’Yitzhar où l’école talmudique est située. Une enquête a été ouverte le Shin Bet, la sécurité intérieure israélienne.

Un porte-parole de la police, Danny Poleg, a précisé que les policiers israéliens ont fouillé la colonie juive de peuplement et interrogé les colons sans procéder à une arrestation.

La contrebande ne cessera pas avec la trêve à Gaza, dit Haniyeh

La contrebande entre l’Egypte et la bande de Gaza, notamment d’armes et de munitions, se poursuivra malgré la trêve conclue entre le Hamas et Israël, déclare Ismaïl Haniyeh, chef du mouvement islamiste dans le petit territoire côtier palestinien.

L’arrêt de la contrebande est l’une des principales exigences de l’Etat juif dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu sous l’égide de l’Egypte et entré en vigueur jeudi matin.

"Nous ne pouvons pas parler d’un arrêt de la contrebande car cela est au-delà de nos capacités en tant que gouvernement et nous n’avons donc pris aucun engagement à ce sujet", a dit Haniyeh aux fidèles avant les prières du vendredi à Gaza.

Mark Regev, porte-parole d’Ehud Olmert, a souligné que l’accord de cessez-le-feu prévoyait non seulement l’arrêt des attaques contre Israël mais aussi la fin de la contrebande, qui passe notamment par les nombreux tunnels sous la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza.

"Quiconque dit le contraire veut saboter la trêve sans même lui donner une chance de s’installer", a dit Mark Regev.

Haniyeh a ajouté que le Hamas n’imposerait pas par la force le respect de la trêve aux autres groupes combattants palestiniens, soulignant toutefois que ces groupes s’étaient associés volontairement à l’accord conclu.

4 - Pas de confirmation ni démenti israélien après une information du New York Times sur la préparation d’un raid sur l’Iran

L’armée israélienne a refusé vendredi de confirmer ou de démentir une information du "New York Times", selon laquelle son aviation a effectué début juin un vaste exercice en prévision d’une éventuelle attaque contre l’Iran.

Selon le quotidien new yorkais, qui cite vendredi des responsables américains, plus d’une centaine de F-16 et F-15 israéliens ont réalisé cet exercice grandeur nature dans la première semaine de juin au-dessus de la Méditerranée orientale et la Grèce. Les avions ont parcouru quelque 1.500km, à peu près la distance séparant l’Etat hébreu de la centrale iranienne de Natanz, où sont installés des centrifugeuse destinées à enrichir de l’uranium.

Des appareils ravitailleurs et des hélicoptères pour le secours aux pilotes ont participé à ces manoeuvres militaires, a ajouté le "New York Times". L’armée de l’air israélienne "s’entraîne régulièrement pour diverses missions afin de faire face aux défis posés par les menaces" contre l’Etat hébreu, a commenté l’armée. Le porte-parole du gouvernement Mark Regev s’est refusé à tout autre commentaire.

"Israël a toujours été en position de se défendre contre tout adversaire et toute menace", a déclaré Ehoud Olmert dans un entretien paru mercredi dans le magazine allemand "Der Spiegel".

Mahmoud Abbas remanie en profondeur ses forces de sécurité

Avec l’appui des Etats-Unis, le président palestinien Mahmoud Abbas procède à un profond remaniement de ses forces de sécurité, se séparant d’officiers montés en grade à l’époque de Yasser Arafat et renforçant les prérogatives de la Sécurité préventive.

Plusieurs milliers d’officiers palestiniens de la "génération Arafat" ont accepté de partir en échange de promotions et d’une retraite équivalente à leur solde de service actif, selon les décrets de la présidence et les interviews de responsables obtenus par Reuters.

Cette vaste réforme, qui prévoit de supprimer environ 30.000 postes dans les services de sécurité et de doter l’Autorité palestinienne d’une force de gendarmerie plus efficace, s’est accélérée ces derniers mois, à la suite de la prise de contrôle de la bande de Gaza par les islamistes du Hamas en juin 2007.

Mais cette volonté d’évolution a provoqué des tensions entre le Premier ministre palestinien, l’économiste Salam Fayyad, formé à l’école occidentale, et la "Vieille Garde" du Fatah.

Si plusieurs anciens chefs des services de sécurité ont accepté volontairement une retraite anticipée, d’autres combattants "historiques", comme Abou Ali Turki, n’ont guère apprécié le "parachute doré" qui leur était offert. "Ils essaient tout simplement de nous ficher dehors, sans autre forme de procès", déplore Turki, un cinquantenaire toujours fringant.

Ancien responsable de la Force 17, unité d’élite chargée de la protection d’Arafat et que Fayyad a laissé disparaître progressivement, il est pourtant fataliste. "C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre. Nous avons fait notre temps", dit-il.

Quelque 4.000 officiers auraient pris leur retraite depuis le début de l’année, profitant de ce décret, a-t-on précisé de sources palestiniennes et occidentales.

Fayyad aurait jusqu’ici fait passer les effectifs des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne de 83.000 à 60.000 hommes, avec un objectif final de 50.000 hommes.

"L’offre qui était faite était très intéressante", raconte Abou Fadi, 55 ans, un ancien membre de la Sécurité préventive qui a passé 17 ans dans les prisons israéliennes et a accepté de rejoindre la vie civile.

Mais d’autres n’ont guère apprécié d’être ainsi poussés vers la porte. Hilal Wahid, 46 ans, ancien des services de renseignement, affirme que ce grand bouleversement n’est qu’une manoeuvre politique visant à "chasser des forces se sécurité les gens qui restent fidèles à leur groupe".

Un responsable du ministère de l’Intérieur dément que les chefs militaires soient poussés vers la sortie contre leur volonté. "Il y a eu des propositions, certains ont accepté, d’autres non", assure-t-il. "Beaucoup d’officiers étaient d’ailleurs sans emploi depuis trois ans, on les payait alors qu’ils restaient à la maison."

Les observateurs étrangers font remarquer que nombre de ces réformes ont été menées sans grande publicité, voire dans un certain secret.

Un décret propose aux officiers de plus de 45 ans et avec au moins quinze ans de services de prendre leur retraite avec un salaire plein.

Un autre accorde au service de Sécurité préventive, qui opère en civil et que le Hamas considère comme l’un de ses plus farouches adversaires, des pouvoirs judiciaires et de police afin de défendre les prérogatives de l’Autorité palestinienne.

Les travaux du parlement palestinien, où le Hamas est majoritaire, sont paralysés par l’incarcération dans les prisons israéliennes de plusieurs de ses membres et par les luttes entre factions palestiniennes, ce qui a conduit Abbas et son gouvernement à agir par décrets et ordonnances.

Les réformes au sein des forces de sécurité sont de toute évidence destinées à faire obstacle aux avancées du Hamas en Cisjordanie et à sauver les chances d’un accord de paix avec Israël conduisant à la création d’un Etat palestinien.

Mais elles soulèvent des interrogations chez les constitutionnalistes et les défenseurs des droits de l’homme, qui signalent une augmentation des cas d’abus de pouvoir tant dans la bande de Gaza qu’en Cisjordanie.

Lors d’une récente rencontre avec Abbas, la Commission indépendante palestinienne sur les droits de l’homme a signalé "une tendance à la militarisation dans les deux territoires, comme si l’état de non-droit avait laissé place à un Etat policier, un Etat sécuritaire".

Nathan Brown, un professeur de l’université George Washington qui a aidé les Palestiniens à rédiger leur Constitution, rappelle que le gouvernement de Fayyad n’ayant pas à rendre compte à un parlement incapable de se réunir, "les structures démocratiques se sont tout simplement effondrées".

"Les deux gouvernements, l’un à Ramallah et l’autre à Gaza, peuvent tous deux revendiquer des origines démocratiques mais aucun des deux n’opère de manière démocratique aujourd’hui", constate-t-il.

Des observateurs occidentaux s’inquiètent particulièrement de la directive concernant les nouveaux pouvoirs de la Sécurité préventive d’Abbas, qui légalise les centres de détention gérés par cette force et stipule que ses activités, avec des pouvoirs judiciaires étendus, devront rester strictement "confidentielles".

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Samedi 21 Juin 2008


Commentaires

1.Posté par Ambre le 21/06/2008 10:50 | Alerter
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Encore un cessez-le-feu de "roublard fragile". Qui y croit ? Tire-toi de ta place que je m’y mette. Pour quel individu cela serait supportable ? En plus des familles endeuillées par la faute de l’un ou de l’autre, voisins dans leur malheur.
Ce qui est sûr, c’est qu’à cause de cette partie du monde, la terre entière risque d’être mise à feu et à sang.


2.Posté par boulahcen le 21/06/2008 11:05 | Alerter
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Ce cessez le feu a été rompu par les israéliens selon une source de come4news.
Les israéliens ne connaissent ni trêve, ni paix, ni négociations. Les palestiniens
perdent leur temps en jouant au chat et à la souris. Au lieu d'unifier leur rang,
de s'organiser et de mettre la main dans la main pour faire face aux menaces
persistantes de l'état sioniste, ils s'amusent à signer des conventions "bidons"avec
l'ennemi.

3.Posté par Népios le 21/06/2008 12:37 | Alerter
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Que ce soit la trêve ou les pourparlers avec la Syrie, ce n'est que diversion et gain de temps.

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