Géopolitique et stratégie

La stratégie des Etats-Unis au Moyen-orient : La géostratégie du golfe Persique


A la fin de la guerre froide et à l’aube du XXIe siècle, simultanément à l’effondrement du mur de Berlin (en 1989) aucun terme n’a subi de changement que la « géostratégie ».

Si nous nous référons à la définition de ce terme à la seconde moitié du XXe siècle, dans ses différents aspects, nous pourrons comprendre les évolutions géopolitiques et les changements survenus dans les relations internationales en prévoyant même l’avenir.


IRIB
Vendredi 4 Août 2006

 La stratégie des Etats-Unis au Moyen-orient : La géostratégie du golfe Persique
La stratégie des Etats-Unis dans la région :





Hamshahri diplomatique



Ezatallha Ezatti


Dans cet article, nous ne n’aborderons pas la géostratégie, vu l’espace dont nous disposons, mais ce qui est sûr et certain c’est que la connexion de deux géostratégies de l’époque de la guerre froide a créé trois changements fondamentaux :

1- Changement d’acteurs

2- Changement des règles du jeu

3- Changement d’environnement géopolitique du jeu.

En ce qui concerne la zone des acteurs qui était, en fait, ces deux régions géostratégiques, dirigées par les deux super-puissances de l’époque, à savoir l’ex URSS et les Etats-Unis d’Amérique, aujourd’hui ces deux zones se sont modifiées ; d’où le changement des règles du jeu, inspiré d’une nouvelle littérature.

Les règles du jeu étaient basées pour la plupart sur l’amitié et le multilatéralisme. Après les événements du 11 septembre, les règles du jeu ont pris un aspect militaire tandis que l’unilatéralisme a cédé la place au multilatéralisme.

Mais le plus important ce sont des changements survenus dans le milieu géopolitique, voire dans les régions hautement névralgiques comme la région du Moyen-Orient.

Le point important à noter c’est que pour des raisons particulières qui, pour la plupart, ont des motifs politiques, aujourd’hui on parle peu du « Grand Moyen-Orient » dans les centres d’études stratégiques, on préfère utiliser l’expression « le vaste Moyen-Orient ».

Ainsi pour dévoiler les impacts de ces bouleversements stratégiques, nous devons en premier lieu, étudier les objectifs géostratégiques des Etats-Unis d’Amérique en rapport avec la priorité géopolitique du monde. Nous devons ensuite analyser les classements géostratégiques du golfe Persique et en fin de compte nous devons étudier la stratégie géopolitique de l’Iran envers ces objectifs.

Dans la géostratégie des Etats-Unis d’Amérique, l’hyper continent Eurasie retient l’intérêt au plus haut niveau sur le plan géostratégique.

En réalité il joue le rôle de l’échec pour les joueurs sur la scène internationale à l’époque de la paix froide. Il est intéressant à noter que le livre de Bzbignew Brzezinski, intitulé Plan du jeu, a été rédigé dans les années 80, et ensuite dans son livre intitulé La géostratégie pour l’Eurasie, il a expliqué clairement les tactiques de ce jeu et ses règles.

Après les attentats du 11 septembre en abordant les stratégies révisées Etats-Unis d’Amérique, le cadre des objectifs de ces stratégies s’articulait désormais à l’axe de la nouvelle stratégie américaine.

En jetant un regard sur les zones géostratégiques du monde après la guerre froide, « le Vaste Moyen-Orient » constitue en réalité la priorité des priorité des Etats-Unis, une zone géopolitique dont les frontières touchent de l’Est, le Nord de l’Iran.

En réalité l’Est, c’est l’Afghanistan et le Pakistan jusqu’au port de Karachi et le Nord, les frontières septentrionales de Kazakhstan et l’Ouest, les frontières occidentales de l’Egypte, le Soudan, l’Ethiopie, la Somalie jusqu’à Bab el-Mandeb.

Et l’Iran comme toujours est l’axe et le centre important de cette zone géostratégique.

C’est ici que la géostratégie du golfe Persique s’inclut dans les équations stratégiques du monde notamment en rapport avec les 5 futures puissances mondiales.

Si, dans les analyses des questions d’ordre politique et sécuritaire, nous n’accordions pas un regard large au fait, toute éventualité pour parvenir à un règlement logique, s’avérerait impossible.

C’est pourquoi dans cet article, on embrasse d’un regard mondial, les événements régionaux afin d’y trouver une solution adéquate.

A l’époque de la guerre froide, les zones géostratégiques se fixaient par les objectifs militaires ; par conséquent les zones géopolitiques devaient justifier les visées militaires ; c’est pourquoi le moindre changement dans les évolutions dans la structure du système géopolitique de certaines régions, aurait perturbé les visées militaires, ce qui aurait entraîné inévitablement le recours à la force, dans ces régions.

Or, de nos jours, les zones géostratégiques devraient avoir une justification économique et militaire.

Ce changement mérite réflexion car aujourd’hui nous sommes témoins d’importants changements dans les différentes stratégies des puissances, notamment chez les Etats-Unis d’Amérique. Et c’est sur ce fond, que pour la première fois à la fin des années 90, le terme « géo-économie a été créée » que par erreur.

Certains le considèrent comme géopolitique et un autre groupe aussi pense par erreur que l’époque géopolitique est bel et bien révolue, et c’est le commencement de l’époque géoéconomique.

En réalité cette erreur concerne le sens des termes. Car le terme géo-économie est en réalité un changement dans le terme « géostratégie ».

A cet effet dans son article intitulé « La géostratégie via la géo-économie », Brzezniski a longuement expliqué la question.

In est intéressant à noter que dans la démarcation des régions géoéconomiques qui correspondent bien avec les zones géostratégiques du XXIe siècle, « le Vaste Moyen-Orient » joue encore le rôle de la région géostratégique névralgique du monde et l’Iran se trouve, bien sûr, au centre de ladite région.

Ici, il y a un point délicat à retenir : pourquoi dans la démarcation des zones géographiques de ces régions, il existe des ressemblances qui sont également prévues dans d’autres zones géostratégiques du XXIe siècle, dont on peut citer la zone géostratégie de la Chine et de la Russie, qui est considérée comme une unité opérationnelle commune et l’une des raisons stratégiques du rapprochement ces jours-ci de ces deux pays.




 La stratégie des Etats-Unis au Moyen-orient : La géostratégie du golfe Persique

La place qu’occupe le golfe Persique dans les conflits stratégiques :

La question concernant assurer la sécurité sous différents angles à l’échelle stratégique est en rapport avec l’Ordre politique international et les régions géopolitiques et ce besoin constitue toujours l’objectif primordial des puissances mondiales.

D’autant plus qu’au XXIe siècle et compte tenu des évolutions et des changements constatés, il n’est plus désormais questions des aspects nationaux et régionaux, c’est l’aspect mondial qui retient plutôt, l’attention, en l’occurrence dans la stratégie géopolitique des puissances ou en d’autres termes des devoirs des pays de la région ont une importance vitale pour les puissances car grâce à leur supervision et à leur influence dans ces pays, ils parviendront à leurs visées stratégiques.

C’est sur cette même base qu’à présent, d’après la dernière stratégie de la sécurité nationale américaine évoquée explicitement, la sécurité nationale des Etats-Unis d’Amérique, dépend d’assurer la sécurité du littoral du golfe Persique.





A présent cette question se pose : quel est le but final de cette même stratégie ?

La réponse : assurer la sécurité en énergie. Des chiffres très simples nous révèlent cette réalité qu’il n’y a aucun rapport entre l’offre et la demande de l’énergie en Amérique.

Les Etats-Unis avec seulement 2% des ressources pétrolières du monde consomment 25% du total du pétrole du monde.

L’offre mondiale du pétrole, dans les 20 années à venir, qui est actuellement de 77 millions de barils par jour augmentera à 120 millions de barils par jour, (La plus haute augmentation concerne la Chine et l’Amérique).

C’est cette même crainte de l’avenir qui a poussé les stratégistes et les centres d’études pour ne pas hésiter dans l’élaboration de la stratégie de l’énergie pour l’an 2025 et c’est cette même question qui a fait que les objectifs stratégiques de l’énergie américaine soient encadrés et les nouvelles géostratégiques avec pour objectif des visées géoéconomiques et ceux concernant le golfe Persique. Avec force peut-on dire que toutes les évolutions dont nous étions témoins à la fin de la décennie 90, jusqu’à présent dans le littoral du golfe Persique, sont en principe les scénarii des stratégies concernant l’énergie qui est en application avec les tactiques bien variées.

L’objectif final de la géostratégie de l’Amérique est de mettre en application d’un mouvement en tenaille via le Pacifique et l’Atlantique pour imposer son hégémonie sur l’Eurasie.

Ce mouvement en tenaille couvre d’autres objectifs de second ordre, dont à la tête c’est imposer un contrôle sur la Chine et la Russie.

Même le Japon pour empêcher une union géostratégique Eurasie dans l’avenir, se trouve lui-même dans le secteur asiatique.

C’est ici que se révèle le rôle des phénomènes géographiques dans les classements géostratégiques et la place qu’occupent les péninsules aux alentours de l’Eurasie dont la plus fragile c’est cette même région du Moyen-Orient avec pour axe le golfe Persique.

Pour éclaircir le sujet il faut jeter un regard rapide sur la stratégie de la politique étrangère américaine.

Après la guerre froide, la politique étrangère est basée sur ;

1- la stratégie de la diplomatie, pour établir directement des liens avec les peuples des pays de la région et en priori, l’Iran et la Syrie.

2- La stratégie préventive : dans cette stratégie l’Amérique doit lutter contre tout ce qui met en danger la sécurité américaine.

Dans la nouvelle stratégie sécuritaire américaine, la pensée préventive c’est que « l’offensive » est la meilleure défense.

3- la stratégie en énergie :

En réalité l’axe de la politique étrangère américaine est basé sur les objectifs de cette même stratégie pour une période à moyen terme avec pour but de faire main basse sur tous les foyers stratégiques de l’énergie mondiale dont le golfe Persique, qui se trouve au centre de cette zone géoéconomique.

A cet effet il faut dire que l’affaiblissement de l’OPEP et l’exagération du rôle de l’Irak constituent la plus importante tactique américaine.

De même, il semblerait que l’Arabie saoudite et la Turquie ne soient pas dans l’avenir les amis de l’Amérique et que l’intérêt tourne davantage vers l’Iran.

A présent on doit voir que devant cette action de l’Amérique pour imposer son hégémonie sur l’Eurasie et la région géostratégique la plus sensible en l’occurrence le golfe Persique, quelles réactions peut-on envisager ?

Ces réactions sont palpables aujourd’hui face à la question nucléaire iranienne. En d’autres termes, la quête des alliés stratégiques se fait entre les deux triangles stratégiques dont l’Iran est le point de jonction commun.

Ces deux triangles stratégiques comprennent la Russie, la Chine, l’Iran d’une part et de l’autre l’Amérique, l’Union européenne et l’Iran.

Chacun de ces deux triangles qui choisira l’Iran en tant qu’appui géostratégique, aura l’initiative d’action sur la scène mondiale notamment en Eurasie.

Il est intéressant de dire que jamais l’Iran ne jouissait d’une telle situation déterminante et géostratégique.

Nous vivons à une époque où la plus petite unité du monde à condition qu’elle connaisse réellement sa situation géographique et qu’elle occupe une place dans les stratégies mondiales, peut devenir un acteur à part entière et à un niveau plus élevé parvenir à la sécurité réelle ; car aujourd’hui l’évaluation de la sécurité des unités politiques du monde est examinée avec le taux de leur développement économique et multilatéral.

C’est pourquoi il y a un lien direct entre la conception de la situation géographique et la participation au consensus mondial. Si ces deux éléments ne se coordonnent pas, ce pays doit attendre à chaque minute une crise.

Tous les critères géostratégiques du XXIe siècle ont changé, les pays doivent accepter cette réalité qu’aucun autre pays ne peut mettre seul en application son scénario.

Comme nous venons de le dire, dans la limite du consensus mondial on doit agir à notre devoir national.

A cet effet l’Institut des Etudes stratégiques Road a planifié un nouveau système sécuritaire pour le golfe Persique basé sur trois principes :

1- L’établissement de l’équilibre dans le partage du pouvoir.

2- La soumission collective aux objectifs communs stratégiques.

3- Les réformes et la reconstruction.

En raison de ses conditions topographiques, le littoral du golfe Persique a des spécificités géostratégiques particulières, dont jouissent certains pays de ce littoral, dont l’Iran à la tête.

Ici nous ne voulons pas entrer en un débat spécialisé.

L’autre pays c’est Bahreïn ; c’est pourquoi ces deux pays du littoral du golfe Persique se trouvaient toujours au centre des objectifs géostratégiques après la Seconde Guerre mondiale et c’est pourquoi encore qu’il y a quelques temps que le représentant de Bahreïn participe au Conseil des Ministres de l’Otan en tant qu’observateur.

Ainsi la désignation d’un pays se dotant des spécificités géostratégiques exceptionnelles peut en tant qu’appui d’une puissance, satisfaire d’autres puissances extrarégionales.

De même les pays de la région bénéficient aussi de cette désignation.

Le point important c’est qu’à tout moyen, on doit accorder les spécificités stratégiques appropriés à un pays émergeant dans la région du golfe persique, les yeux tournent vers l’Iran et cette question est une expérience des objectifs stratégiques des puissances maritimes et ce pays a passé avec succès son étape expérimental depuis 1959 à 1979.

La présence d’une telle puissance régionale assure progressivement le retrait des forces étrangères en limitant leur présence à long terme.

Dans ce droit fil la géopolitique d’Irak doit être prise en considération et on peut améliorer le climat géopolitique fermé du pays par le biais des voies maritimes du golfe Persique, des voisins et notamment l’Iran.

Si dans la zone du golfe Persique, les pays de la région ne pouvaient pas résoudre leurs difficultés régionales, ce sont certainement les puissances extrarégionales qui s’en occuperont.

Pour parvenir à l’établissement d’un système stable dans le littoral du golfe Persique , la question des réformes doit être prise en considération et non pas de façon hâtive et avec des frais colossaux, plutôt avec un pas coordonné et ferme avançant lentement vers le progrès.

Et si ces réformes s’effectuent sans prendre en compte les considérations culturelles, on n’arrivera pas à un résultat tangible. Les pays du littoral du golfe Persique ne doivent pas sacrifier leurs propres objectifs stratégiques aux objectifs des grandes puissances.

Ces jours-ci, nous sommes témoins du fait que les puissances industrielles du monde en rapport aux objectifs stratégiques avec pour l’axe principal l’Iran et l’enrichissement d’uranium disent la même chose.

Il est aussi certain que si les pays ne marchent pas ensemble et de manière coordonnée avec ce consensus mondial ; il est fort possible que leurs intérêts nationaux ne soient assurés.

De même il ne faut pas oublier qu’à chaque fois qu’un pays, par exemple comme l’Iran franchit un pas pour montrer son rôle stratégique dans le littoral du golfe Persique à l’aide de ses complémentaires stratégiques il faut attendre, immédiatement, des réactions négatives d’autres pays voisins dont l’Arabie saoudite et la Turquie.

Mais l’important est que ces mouvements ne bénéficient pas d’une profondeur stratégique.

13- Maitriser la vague d'islamisme



La victoire de la Révolution islamique en Iran a déclenché, dans son sillage, une vague d'éveil, sans précédent, qui ne cesse de s'accroître, à l'échelle de toute la région. La stratégie des néconservateurs a, donc, consisté à briser cette vague de pensée islamique, via une présence durable, au Moyen-Orient, présence potentiellement apte à dégénerer en conflit armé.



14- L'invasion culturelle



Dans son ultime étape, le plan du « Grand Moyen-Orient » cherche à diffuser la culture occidentale, par le biais des médias. Ce dernier volet, s'il venait à se réaliser, sonnerait le glas de la civilisation islamique, faisant d'elle le porte-voix d'une civilisation adverse qui n'a cessé, tout au long de l'Histoire, d'en dénoncer les valeurs, d'en minorer les vertus.

Le « Grand Moyen-Orient », tel qu'il est dépeint au crayon américain, fait, en outre, du prosélytisme, en faveur du Sionisme chrétien, qui confond, dans une même lutte, le bellicisme politique et la mission prophétique. A cet égard, le projet du « Grand Moyen-Orient » n'est qu'une complitation d'idées mal cousues, sorties de l'officine du puissant lobby pro-sioniste, aux Etats Unis. Son but n'est rien d'autre que de servir, le plus fidèlement possible, les intérêts de Tel Aviv.









L'échec du plan du « Grand Moyen-Orient » (GMO)



Pour les stratèges néoconservateurs, le 11 septembre fut un tournant. Dans le vacarme, qui a suivi les attentats spectaculaires contre les Tours jumelles, les tinks tanks d'extrême droite ont fait sortir plans, projets et organigrammes qui préconisaient tous le remodelage du Moyen-Orient. On annonçait, à tors et à travers, un siècle nouveau, placé sous le leadership américain. Les dirigeants américains ont, donc, tenté de réorganiser l'espace international dans l'objectif :



- de créer un consensus mondial américano-centrique, pour lutter contre le terrorisme.

- de mobiliser l'opinion publique derrière les politiques militaristes de la Maison Blanche.

- de légitimer les actions armées américaines.

- de fabriquer l'image d'une Amérique salvatrice, certes, puissante, mais bienveillante, à tous égards, et adepte de la "méthode douce" (soft power).



Une fois ces objectifs définis, le plan du « GMO » n'aurait qu'à devenir effectif et à jeter les bases d'un nouvel ordre mondial où nulle voix ne contesterait la "pax americana".



Dans ce jeu de dominos qu’est le plan du « GMO », la conquête militaire est le principal pion ; d'où les offensives armées contre l’Afghanistan, puis, contre l’Irak, qui ont marqué, toutes deux, la première phase du plan, celle de "la création de nouveaux Etats". Partis du bon pied, les dirigeants de la Maison Blanche ont, longtemps, espéré gommer de la carte les "pays parias", quitte à les remplacer par des gouvernements alliés. Mais le rêve n’a été que de courte durée.



A l’épreuve des faits, cette première phase du plan a montré ses limites. Au lieu de porter au pouvoir les gouvernements amis et alliés, la démocratie américaine a servi de tremplin à une montée en puissance des courants islamistes. La victoire de la coalition unifiée et la formation d’un cabinet islamique, en Irak, ont fait écho au triomphe électoral des combattants afghans et à la création consécutive d’un Parlement islamique. Le même scénario s’est reproduit, au Liban et en Palestine, où le Hezbollah et le Hamas sont sortis victorieux des urnes.



Le projet de remodelage de la région a, donc, vacillé, dès le premier pas. Le Moyen-Orient que les Américains ont voulu dépouillé de son identité islamique a basculé dans le camp adverse.



Le Moyen Orient islamique



Acquis aux idées extrémistes, les Néo-conservateurs américains ont cherché à changer la donne, au Moyen-Orient. Mais leur recours excessif au « hard power » ou la "méthode dure" (surtout, en Irak ) a tôt fait de briser la coalition internationale formée autour des Etats Unis. Dès lors, s’en était fini de l’image d’une Amérique rédemptrice, fraternelle et soucieuse de propager la « Démocratie ».

Parallèlement à cette défaite, sont entrés en jeu d’autres acteurs régionaux, tel l’Iran, dont le champ d’influence s'élargissait, à la faveur de sa diplomatie active. Sur les ruines du « Grand Moyen-Orient » allait, bientôt, apparaître le Moyen-Orient islamique, dont la nature défiait, en tout point, les intérêts américains. Ce fut avec torpeur que les médias occidentaux réagirent à ce nouveau phénomène. Les mises en garde se multiplièrent contre les dangers de l’émergence d’une « Croissant chiite » qui allait s’étendre de l’Iran à l’Irak en passant par la Syrie et le Liban. Mais la réalité dépassait de loin ce jeu d’étiquetage. La victoire du Hamas en Palestine, et celle des frères musulmans en Egypte signa la fin des "espoirs américains". Une lame de fond islamique traversait toute la région sans qu'elle porte la moindre marque d'une division chiito-sunnite .



Vendredi 4 Août 2006


Géopolitique et stratégie | Diplomatie et relation internationale

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