Tokyo. Pétrole et énergie. Les ministres de l'Energie des huit pays industrialisés se sont retrouvés à la capitale nippone pour discuter bien sûr de l'énergie mais avant tout du pétrole, exprimant les inquiétudes grandissantes de leur gouvernement respectif de la flambée des cours du brut qui ne cessent de battre les records du jour au lendemain. Le prix de l'or noir, qui a été multiplié par cinq depuis 2003, a franchi un nouveau record vendredi à New York, à 138, 54 dollars. Les analystes s'attendent à ce qu'il atteigne les 150 dollars d'ici juillet et à 200 dollars dans 18 mois. Un véritable danger qui risque de faire dérailler l'économie mondiale. Le plus grand consommateur du brut, le G8 n'a vu que dans l'augmentation de l'offre, une solution à la flambée du baril. Il s'agit d'une demande illogique pour les exportateurs du pétrole, puisqu'ils ne sont pas responsables de montée en flèche des cours du brut, d'autant que le marché ne manque nullement de pétrole. C'est l'enchaînement des facteurs économiques plus des éléments non économiques qui rythme les fluctuations des cours du brut. La baisse du dollar, le stockage excessif du pétrole par les puissances mondiales, les transactions des compagnies et les courtiers occidentaux, la carence de direction aux Etats-Unis dans le secteur économique et énergétique, et cela avec en toile de fond les machinations américaines au Moyen-Orient, sont, parmi tant d'autres, les principaux facteurs de la flambée des cours du brut. Le G8 aussi semble divisé profondément sur cette question. A titre d'exemple, Moscou n'a eu de cesse de déclarer Washington et ses politiques erronées, responsables du cours ascendant du prix du pétrole. N'oublions pas aussi que la hausse de l'or noir, contrairement à ce que la campagne médiatique occidentale essaie de suggérer, n'a pas augmenté les revenus des pays exportateurs et cela pour la simple raison de la baisse du dollar et la flambée des prix des denrées alimentaires. La fièvre du baril ne s'apaisera et les marchés mondiaux ne se stabiliseront que par des investissements colossaux à l'échelle planétaire, comme le reconnaît la déclaration des ministres de l'Energie du G8, mais cela demande aussi un changement dans les facteurs géopolitiques dont la politique belliciste américaine dans la région stratégique du golfe Persique.