RELIGIONS ET CROYANCES

La religion, une affaire privée ? , Réfutation d’une idée reçue


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S’il est un élément de la propagande des laïcards qui est rarement contesté, c’est l’idée que la religion appartient au « domaine privé ». Ce domaine privé n’est jamais défini : le terme de « privé » a en effet de nombreuses définitions, qui dépendent du contexte, y compris dans le Droit. Les laïcards sont des anti-musulmans qui cachent leur opposition à cette religion précise en se prétendant opposés à toutes les religions. Comme ils ne peuvent pas le faire très ouvertement, car la liberté religieuse est inscrite dans tous les textes nationaux et internationaux, ils jouent sur le terme « conscience ».


Christine Delphy
Lundi 12 Juillet 2010

La religion, une affaire privée ? , Réfutation d’une idée reçue
La liberté religieuse serait une affaire de « conscience » et comme la conscience est enfermée dans le cerveau, ce qui est dedans ne pourrait pas en sortir. Depuis 1989, date de l’article fameux de Badinter et Finkielkraut  [1] contre le voile, on nous exhorte à considérer la religion comme une affaire « privée » et même « intime », qui ne devrait se dire qu’entre soi et soi et se pratiquer de la même façon que la toilette, dans le secret des salles de bains.

C’est évidemment une absurdité : j’aurais le droit de penser ce que je veux (c’est dans ma conscience), mais pas de le dire. Cela fait aussi équivaloir les croyances – religieuses ou pas – à des pratiques légèrement obscènes, ou au moins impudiques. Enfin… pas toutes les croyances, car la croyance en l’inexistence de Dieu (qui se trouve être la mienne) serait, elle, marquée d’un signe plus, et aurait, à la différence des autres, droit de cité et d’expression.

Les laïcards ne contestent pas la liberté d’expression, ils la défendent même de façon qui serait juste si elle n’était sélective, absolue, quand il s’agit de ridiculiser l’islam et les Musulmans, mais pas quand on dessine un policier avec un nez de cochon, ce qui est une insulte grave, proche du blasphème, à l’honneur de l’Etat  [2]

Mais comment peuvent-ils maintenir ce principe côte à côte avec celui la religion, « chose privée » ? Car la liberté d’expression n’a pas de sens s’il s’agit d’une communication entre moi et moi : exclue par hypothèse des yeux et des oreilles d’autrui, elle ne peut matériellement être interdite, et de ce fait, il n’est pas nécessaire non plus de la protéger. La liberté que l’on défend est donc toujours, par définition, celle de l’expression publique. Le mot « publique » est toujours sous-entendu.

Le contresens actuel sur la laïcité

La loi française, et les conventions internationales non seulement ne disent pas que la religion est une affaire privée, mais disent le contraire. La fameuse loi de 1905 (en France) est l’objet d’un contresens absolu depuis l’affaire du foulard. On lui fait dire qu’elle désapprouverait les religions, et même qu’elle lutterait contre elles, au nom de la « raison ». Dans cet argument, la raison apparaît comme un synonyme caché de l’athéisme. Seul l’athéisme serait « raisonnable », et si on veut obéir à la raison, on devient forcément athée. Cette conception voudrait créer une hiérarchie entre l’athéisme et les autres croyances ; et elle aboutit, on le voit en France depuis une dizaine d’années, à plaider pour la transformation sournoise de l’athéisme en religion d’Etat. Cette conception de la nécessité que tout le monde croit en la même chose date des Lumières (XVIIIe siècle), où on devait défendre l’athéisme contre l’absolutisme du pouvoir royal qui obligeait tout le monde à être catholique. Ceux qui ne l’étaient pas étaient persécutés et demandaient donc la liberté de ne pas croire. C’est pour cette raison qu’ils s’appelaient « libres-penseurs ».

Cette époque est, heureusement, révolue. Dès avant 1905, le catholicisme n’était plus la religion d’Etat, mais seules certaines religions étaient « reconnues » (catholique, protestante et mosaïque). La loi de 1905 a été passée précisément pour abolir ce qui, avec cette préférence, relevait encore du système d’Etat, une tendance lourde de l’histoire : durant la révolution française, Robespierre n’avait aboli la religion d’Etat de la monarchie que pour la remplacer par une autre, le culte de l’Etre Suprême.

La loi de 1905 met tout le monde sur un pied d’égalité : aucune croyance n’est privilégiée – il n’ existe plus de « religions reconnues », ce qui impliquait que les autres, non reconnues, étaient illégales ou illégitimes (bien que perdure l’idée qu’il faut distinguer les religions légitimes, très curieusement celles que le Concordat de Napoléon 1er reconnaissait, et les religions illégitimes : l’islam et les sectes). Dans la pratique, par rapport aux croyances non religieuses, les religions sont favorisées – ou encadrées, comme on voudra : leurs rassemblements, messes et processions doivent avoir lieu en coordination avec les autorités civiles – d’où le Ministre des Cultes (le Ministre de l’intérieur) et le bureau de cultes, créés par la loi de 1905. Elles bénéficient aussi, en tant que religions, de certains avantages. Car par la loi de 1905 l’Etat français s’appropriait les bâtiments religieux, mais leur entretien, en tous les cas celui des quelques centaines de mille églises et chapelles chrétiennes, est à la charge de l’Etat et des communes ; l’Etat rémunère des aumôniers protestants, catholiques et juifs – et depuis 2005, musulmans aussi – pour les soldats et les prisonniers.

Si les religions, en tous les cas celles qui avaient un capital immobilier avant la loi de 1905, reçoivent donc un cadeau de l’Etat laïque, en revanche, sur le plan de la liberté d’expression, toutes les opinions se valent ; aucune croyance n’est préférée par l’Etat et aucune ne doit être mentionnée sur les documents personnels des individus, qu’ils croient à l’astrologie, au loto ou à la réincarnation. Pour la loi, toutes les opinions ont droit de cité, avec les restrictions mentionnées plus haut, insultes, injures, diffamations.

Conclusion triste, mais temporaire

La liberté de conscience est – avec le droit à la vie et à ne pas être enfermé arbitrairement – la pierre d’angle de ce qu’on appelle les droits fondamentaux (ou droits humains, ou libertés individuelles, ou libertés publiques). La liberté de conscience, garantie par la loi française de 1905, est re-garantie par chaque Constitution, et par toutes les conventions internationales – dont la Déclaration universelle des droits humains votée par l’ONU en 1948 et ratifiée par la France. Elle serait sans effets pratiques si elle ne s’accompagnait pas de la liberté d’expression.

La liberté religieuse découle en effet de la liberté de conscience, et celle-ci présuppose la liberté d’expression. C’est pourquoi la liberté de pratiquer son culte, et de le pratiquer publiquement, de même qu’on diffuse publiquement ses opinions politiques, philosophiques, esthétiques, est garantie par les Conventions internationales. Et la liberté de toutes les religions d’exister dans l’espace public est un des fondements de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905 en France.

L’extrait qui suit de l’audition de Didier Leschi, chef du bureau central des cultes (du Ministère de l’intérieur français), montre clairement que le caractère public des religions reste, n’en déplaise aux fondamentalistes de l’athéisme, inscrit dans la loi. Et que l’une des missions de l’Etat est d’assurer le respect de ce principe. Car il serait aberrant que par un renversement pervers, après avoir obtenu la liberté de ne pas croire (en Dieu), il faille aujourd’hui conquérir la liberté de croire ! Ce pays est-il voué à tomber d’une intolérance dans l’autre ? L’athéisme va-t-il devenir la nouvelle religion d’Etat, tandis que ceux qui croient en un ou plusieurs Dieux deviendraient les nouveaux « libres-penseurs », persécutés, pourchassés et embastillés ?

Extrait de l’audition de Didier Leschi à l’Assemblée nationale, 17 octobre 2006 :

Mesdames et Messieurs les députés,

Je vous remercie d’avoir sollicité mon audition dans le cadre de vos travaux. Cette audition permettra, je l’espère, de lever des interrogations sur la pratique administrative du bureau central des cultes en matières de dérives sectaires…

I. [Attitude du] bureau central des cultes face à la question des supposées sectes et à la santé physique et mentale des enfants.

Il me semble important, pour apprécier cette question, de vous indiquer dans quel cadre normatif se situe ma pratique administrative que votre commission souhaite interroger, pratique qui intervient dans le domaine de la protection de la liberté de conscience et de son articulation avec la protection des mineurs.

A. La liberté de conscience, fondement du droit des cultes.

Comme vous le savez, la règle en matière cultuelle dans notre régime juridique est celle de la liberté du culte. Son fondement est la loi de 1905 qui affirme dans son article premier que « la république assure la liberté de conscience (…) sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public ».

La deuxième grande notion de ce régime est le fait que l’activité cultuelle est publique. C’est la notion de libre exercice public du culte, c’est-à-dire le fait que si la loi de 1905 a privatisé le fonctionnement des cultes en mettant fin au système des « cultes reconnus », elle a aussi précisé que les fidèles ont le droit de pratique leur culte de manière publique – et non dans la seule sphère privée – comme le précisent notamment les titres III et V de la loi de 1905. C’est ainsi que, pour bénéficier des avantages fiscaux, les bâtiments cultuels doivent être des lieux de culte ouverts au public.

Post-scriptum

Ce texte, initialement publié en 2007 dans L’Indigène de la république, est reparu dans le dernier livre de Christine Delphy, Un universalisme si particulier (Éditions Syllepse), que nous recommandons vivement.

Notes

[1] Article publié dans le Nouvel Observateur, 2-8/11/1989, sous le titre : « Profs, ne capitulons pas ! ».

[2] Une telle caricature, faite par le dessinateur Placid pour un livre du Syndicat de la magistrature, a en effet valu à son auteur une amende de 500 euros le 18 janvier 2007, suite à une plainte initiée par un ministre de l’Intérieur socialiste, Daniel Vaillant. Note du Collectif Les mots sont importants.

http://lmsi.net/spip.php?article1068 http://lmsi.net/spip.php?article1068



Lundi 12 Juillet 2010


Commentaires

1.Posté par abouobeid le 12/07/2010 13:39 | Alerter
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LES CHIENS SANS CERVEAU DE CETTE NOUVELLE RÉPUBLIQUE ATHEINTEGRISTE :

un jour mon voisin m'a raconter qu'une fois sa femme qui porte le voile, est allée ramener sa fille a l'école primaire en classe de CP, comme tous les jours, mais la maitresse a refuser l'accès a cette petite fille car d'après cette maitresse elle devait retirer CE que cette petite fille portait sur la tête,

alors que portait cette petite fille que je vois presque tous les jours et qui ne porte jamais de voile, elle avait sur la tête une sorte de foulard que beaucoup de femme porte en cuisine ou même des gitanes ou autre, comme on pourrait porter un chignon,
mais cette maitresse elle a vu en cette petite fille un membre d'el quaida (made in USA) ou du hezbolla alors elle lui a dit enleve ton foulard, car qui sais, elle devait penser qu'il y avait peut être une bombe dessous,
bref mon voisin m'a dit qu'il a deja vu des petites filles entrer a l'ecole avec ce foulard ( qui n'a rien d'islamique) et que pour sa fille c'etait uniquement parce que la mere portait le voile.

voila comment on arrive a donner a des moins que rien comme cette maitresse (que je connais qui a tromper son mari et qui lui a prise sa maison pour vivre avec l'amant et dont le mari paye encore le crédit ) le pouvoir de se venger d'une haine acquise par des athée haineux nazis .

MAIS QU'ELLE EST BELLE LA FRANCE EN DECADANCE.

2.Posté par Observeur le 13/07/2010 09:24 | Alerter
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Evolution

Lorsque nous observons les humains, nous constatons leurs comportements irrationnels.
Ces attitudes remontent très loin dans le temps.
Pour comprendre pourquoi il en est ainsi, nous nous contenterons de constater ce que les humains ressentaient face aux phénomènes naturels. Les humains préhistoriques n'avaient pas nos connaissances et ne comprenaient pas la nature. Cependant, ils cherchaient à donner une signification aux phénomènes naturels en faisant des relations arbitraires entre ce qu'ils voyaient et ce qu'ils ressentaient.
Comme nombre de phénomènes naturels leur faisait peur, ils les attribuaient à des forces surnaturelles qu'ils ont personnifié par des dieux. Il suffit de voir les diverses mythologies qui ont été développées au cours des millénaires. La peur des phénomènes naturels et de la mort, sont à l'origine du sentiment religieux.
Dans les tribus, il y avait des dominateurs qui ont exploité cette crainte pour assouvir leur pouvoir et leurs ambitions. D'où toutes sortes d'attitudes pour s'attirer les faveurs des déités inquiétantes et de rassurer les naïfs. Au fil des siècles, les dominateurs-manipulateurs ont structuré toutes sortes de religions. De nombreuses religions ont disparu, mais quelques unes se sont imposées par la force. Il suffit de s'informer sur l'histoire des religions et de leurs méthodes pour s'imposer.
Comme l'humanité s'est développée dans cette ambiance superstitieuse durant des millénaires, sa psychologie en est imprégnée au point que s'en est devenue une momification dont peu de personnes sont capables de se défaire. Il faut beaucoup de caractère et de personnalité pour se débarrasser des irrationalités qui encombrent et étouffent une très grande majorité des humains.
Devenir et rester libre penseur est difficile, mais lorsqu'on y est parvenu, c'est la joie de la libération et de la sérénité car on n'a plus de craintes irrationnelles.

J'ai eu des conversations avec de nombreuses personnes. Voici ce que j'ai constaté :
les gens vivent selon leurs besoins d'illusions. Si vous leur faites perdre leurs illusions, ils ne le supportent pas car cela perturbe leur équilibre psychologique. Pour beaucoup de personnes la rationalité est insupportable. Nous le voyons partout : les gens avalent très facilement un gros mensonge et refusent une petite vérité parce que cela les dérange.

De nombreuses personnes désespérées de supporter leurs souffrances, qui ne peuvent être soignées par la médecine, se tournent vers toutes sortes de charlatans qui en profitent pour s'enrichir. La recherche de satisfactions irrationnelles ou d'apaisement de craintes et d'inquiétudes se traduit par l'achat de livres stupides ou la visite de voyantes qui les maintient dans l'ignorance et la superstition. L'exploitation de l'ignorance et de la superstition est une source inépuisable de revenus. Comme la plupart des personnes sont conditionnées et qu'elles ne veulent faire aucun effort pour se libérer, elles se vautrent dans leur attitude béate.

Nous sommes dans la nature, et tôt ou tard, tous les phénomènes s'expliquent naturellement. Cependant, nous n'avons pas tous la même façon d'examiner l'irrationnel pour le ramener au naturel rationnel. Ce n'est pas parce que des phénomènes sont incompréhensibles qu'il faut en déduire que le rationnel est illusion. Tout ce qui se passe peut avoir une explication naturelle et rationnelle. De nombreux phénomènes qui étaient considérés inexplicables et incompréhensibles jadis, ont eu une explication grâce aux progrès scientifiques. Mais notre science est encore très insuffisante pour tout expliquer.

3.Posté par Saladin! le 13/07/2010 09:51 | Alerter
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La science est la religion des atheistes...D'ou la reconstruction du deuxieme temple apres celui de salomon...Le compat et l'equerre est le symboles meme de la science et se n'est que se mentir sur les sources de la sciences....La religion est une chose que se vit dans le privee certes mais meilleurs est l'acte quand il se fait en communaute..L'histoire apprits dans l'ecole laique n'est que tromperie et seul la verite des vainquent est relatees..alors la source de la science et de la medecine n'est qu'heritage de la religion rapporter des musulmans...Les preuves sont la et meme apres 15 siecles le coran nous apportent encore des miracles(les fourmies communiquent entres elles et des ondes ont ete capter lors de test)

4.Posté par Saber le 19/08/2010 01:29 | Alerter
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Un CRIF pour les pseudos musulmans ?

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