ANALYSES

La relecture d’une guerre asymétrique ; Vinograde, la fin d’une agression


Dans la même rubrique:
< >

Mercredi 19 Octobre 2016 - 12:49 Le prix de la rétrogradation

Lundi 17 Octobre 2016 - 11:17 Olivier Roy : « Le djihad et la mort »


Le 12 juillet 2006, l’armée sioniste a attaqué par air, terre et mer le Liban sous prétexte de libérer deux de ses soldats capturés par le Hezbollah. L’offensive disproportionnée d’Israël a duré 33 jours.


www. MehrNews.com
Samedi 14 Juillet 2007

  La relecture d’une guerre asymétrique ; Vinograde, la fin d’une agression


La guerre sans merci qu’Israël a mené contre le Liban n’aurait pu jamais avoir lieu sans le feu vert des Etats-Unis et le scandaleux mutisme de la communauté internationale. Mais à Israël il aura fallu plus que cela pour gagner puisque la résistance acharnée du Hezbollah a littéralement dissipé les rêves d’une réoccupation du sud du Liban que caressait Olmert et ses stratèges. Les frappes d’envergure d’Israël tout au long de plus d’un mois de combat, soutenu et financé par les Etats-Unis ont démontré à quel point le credo de « justice pour tous » tel qu’il est brandi par les instances internationales était vide de sens. Car comment pourrait-il en être autrement alors que le Liban a connu entre juillet et aout 2006 l’un des plus sanglants épisodes de son histoire moderne ? des milliers de bombes à sous-munition ont ravagé son sol, assassiné ses fils sans que les défenseurs des droits de l’hommes, les prosélytes de la démocratie occidentale ne s’en émeuvent. Mais la vengeance ne s’est pas fait attendre.

En Israël, le coup de guerre n’a pas réussi à ses planificateurs. Du haut de son fauteuil de premier ministre, Olmert a vu fondre au fil des jours ses fantasmes de grand vainqueur. Dès le troisième semaine de l’offensive ses calcules d’apprenti stratèges ont montré leur extrême limites à l’épreuve d’un conflit qui allait lui coûter ses ministres ainsi que son prestige. Ce fut en effet à cette même époque qu’Olmert a commencé son interminable chute dans les sondages. L’Opinion publique ne lui a jamais pardonné ni la mort de 150 sionistes ni le fait que le sol d’Israël soit pris pour cible de quelques 4.000 roquettes tirées par le Hezbollah.

La folie meurtrière d’Israël s’en est prise non seulement aux habitations du sud du Liban mais aussi aux infrastructures de l’ensemble du pays. A Zahiya, quelque 6000 unité d’habitation ont été détruites. Au sud et au nord de la rivière Litanie, près de 8600 maisons ont été démolies. Sur l’ensemble du territoire, les Libanais déplorent la destruction de 15.000 habitats.

Le soutien inconditionnel de Washington aux crimes de guerre d’Israël

Les premiers jours de l’offensive ont été marqués par les manifestations de soutien des congressistes et des sénateurs américains à l’égard d’Israël. La Chambre des représentants a ainsi voté une résolution de 7 pages en soutien aux crimes de guerre perpétrés par Israël, crimes qu’elle n’a pas manqué de légitimer au nom du prétendu « droit à la légitime défense ». Les Etats-Unis ont par ailleurs fourni l’arsenal sioniste en bombes à fragmentation, en bombes à guidage laser et autres engins dit intelligents tout au long de 33 jours de guerre.

La levée de bouclier internationale

Mais le climat favorable aux exactions d’Israël et à sa guerre contre le Liban ne régnait que dans les palais du pouvoir ; ailleurs dans les rues, les nations entières manifestaient leur extrême indignation voire leur rage et aversion contre un régime aux mœurs barbares qui jouissaient d’une si révoltante impunité. la place « Traffel Gare » en Grande Bretagne a été ainsi le théâtre d’un défilé monstre. Des centaines de drapeaux marqués de couleurs du Liban ont flotté dans le ciel britannique et de la même manière, des slogans hostiles aux politiques sionistes ont retenti à Moscou devant le bâtiment de l’ambassade d’Israël.

Cette manifestation, organisée à l’appel du parti communiste russe était dédiée au peuple du Liban. Les manifestants arboraient les portraits de Hassan Nassrollah, leader charismatique du Hezbollah ainsi que des banderoles libellées « A bas l’Amérique », « A bas Israël ». En Palestine, en Algérie, au Maroc et dans beaucoup d’autres pays arabes mais aussi en France, les manifestants ont exprimé leur solidarité envers les palestiniens et les libanais et appelé à la fin immédiate de l’offensive sioniste.

Une tragédie qui en a rappelé une autre

Le massacre des enfants libanais dans le village de Kana reste l’un des plus ignobles crimes jamais commis par Israël. Des attaques aux missiles des sionistes contre cette région a coûté la vie une première fois en 1996 à des dizaines de petits libanais. L’indifférence affichée par les instances internationales face à cet acte on ne peut plus terroriste n’est pas prêt à s’effacer des mémoires.

L’Usage des bombes à fragmentation

Le régime sioniste a largué des centaines de milliers de bombes à sous munition sur les populations sans défense des localités du sud du Liban. Les raids intenses de l’aviation sioniste ont provoqué l’exode de près d’un million de libanais pendant les mois de juillet et d’août 2006. « Aujourd’hui, la terre du Liban abritent des centaines de bombes non-opérées qui risque à tout moment d’exploser. Les instances internationales contournent toujours cette question quitte à laisser mourir les civils encore pour des années, affirme Vassim Rizab, de la section de déminage de l’armée libanaise.

Le pilonnage du Liban par des centaines de milliers de bombes non conventionnelles a ébranlé les consciences éclairées à travers le monde. Vu ses impacts, l’usage systématique des engins à fragmentation a même semblé atroce aux yeux de certains officiers sionistes au point que l’un d’entre eux l’a qualifié d’ « acte démentiel ».

L’ancien Secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan est allé même à l’époque jusqu’à condamner l’utilisation des sous munitions qui ont pris pour cible au moins 170 villages du sud du Liban. A en croire Keith Gilbert, directeur du centre de coordination du déminage à l’ONU, plus de 200 civils, libanais ou étrangers, aurait péri depuis le 14 août 2006 au Liban (date du cessez-le-feu) dans l’explosion de ces mêmes engins.

La victoire du Hezbollah

Cette victoire est bien réelle puisque reconnue et avouée par Israël. Selon le porte parole du cabinet sioniste de l’époque, Marc Rogaut quelques 330.000 israéliens ont été contraints à quitter leur maisons les 18 premiers jours de la guerre.

« Près d’un million d’Israéliens du nord sont exposés aux tirs du Hezbollah et près d’un tiers d’entre eux ont choisi de s’exiler. Le Hezbollah a frappé à des dizaines de reprise le port de Hifa, a ajouté Marc Rogaut. De l’aveu de l’ancien ministre de la guerre sioniste, le Hezbollah a tiré en 33 jours quelques 2200 missiles en direction d’Israel. La destruction en plein eux de plusieurs vedettes de la force navale sioniste figure aussi au nombre d’exploits réalisés par le Hezbollah.

La résolution 1701 du Conseil de sécurité

Finalement au plus fort des combats alors qu’Israël allait le perdre pour de bon, le Conseil de sécurité des Nations unie pressé par Washington et Paris a décidé d’adopter à l’unanimité de ses membres la résolution 1701. Le texte prévoyait le déploiement d’une force de maintien de la paix (UNIFIL) au sud du Liban parallèlement au retrait des troupes sionistes de cette région. La résolution préconisait également l’augmentation du nombre du contingent onusien déjà sur place de 2000 à 15000 effectifs.

Le texte appelait également à la libération inconditionnelle de deux soldats sionistes capturés le 12 juillet 2006 par le Hezbollah sans évoquer l’impératif que représentait la libération des Libanais détenus dans les prisons sionistes. L’une des autres exigences du texte aura été le désarmement du Hezbollah sur la base de la résolution 1559 de l’ONU et l’octroi à l’armée libanaise du contrôle sécuritaire des frontières.

La position de principe de la RII

En visite officielle au Liban au mois de juillet 2006, le ministre iranien des A.E a rencontré son homologue libanais ainsi que le premier ministre Siniora et le Président du parlement Nabi Berry.

Au cours de ces rencontres, le ministre iranien a vigoureusement critiqué l’inertie onusienne et le peu d’effort de cette enceinte pour mettre un terme à l’offensive sioniste. « Plusieurs semaines après le début de l’agression, les Nations Unies restent les bras croisés et refusent de remplir son devoir de maître et d’arbitre de la sécurité internationale, avait-t-il indiqué à l’époque. Au nom du gouvernement et de la nation iranienne, Moanoucher Mottaki a manifesté à l’époque le soutien de Téhéran à toute solution qui attire le consensus de l’ensemble des Libanais.

Fin d’un mythe

La guerre n’a aucune vertu. Mais celle qu’a mené Israël en été 2006 contre le Liban en avait un seul celle de mettre un terme au mythe d’invincibilité de l’armée sioniste. Le député du parlement britannique a bien résumé cet acquis en ces termes : « L’offensive contre le Hezbollah a brisé le mythe d’invulnérabilité d’Israël et avec lui, les rêves de l’émergence d’un Moyen Orient remodelé suivant les désirs américains. Ce Moyen Orient compte désormais plusieurs acteurs incontournables dont l’Iran ; ce fait nous avons l’intérêt à le reconnaître. Le plus tôt ceci sera compris, le mieux cela vaudra ».


Samedi 14 Juillet 2007

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS

Publicité

Brèves



Commentaires