Néolibéralisme et conséquences

La rébellion en Equateur a réjoui les spéculateurs



Vlad Grinkevitch
Mardi 5 Octobre 2010

La rébellion en Equateur a réjoui les spéculateurs
Toute activité politique tant soit peu importante dans les Etats membres de l'OPEP ne passe jamais inaperçue pour les acteurs du marché du pétrole. Par conséquent, la récente tentative de rébellion policière en Equateur s'est immédiatement répercutée sur les cours du pétrole : le coût des contrats à terme de novembre sur le pétrole américain Light Sweet Crude Oil au NYMEX (le New York Mercantile Exchange) s'est élevé à 79,97 dollars le baril, le prix du baril de mélange de pétrole Brent Crude Oil a atteint 82,31 dollars à l'ICE (l'Intercontinental Exchange), bourse de Londres. Les experts n'excluent pas que la crise politique dans cet Etat latino-américain puisse se prolonger. Faut-il en déduire que des conditions objectives existent pour une hausse ultérieure de ‘’ l’or noir ‘’?
Ce qui s'est passé en Equateur ne peut pas être considéré comme quelque chose d'extraordinaire. L'Amérique latine s'est traditionnellement distinguée par l'instabilité extrême de ses régimes politiques, et la plupart des pays de ce continent ont connu un état de révolution permanente à tel ou tel moment de l'Histoire. Les périodes de calme, plus précisément de processus révolutionnaires en état latents, y ont constamment alterné avec des rejaillissements révolutionnaires. Dans les années 1970-1980, l'URSS appelait l'Amérique latine le ‘’ continent en flammes ‘’ : des révolutions et des coups d'Etat contre-révolutionnaires s'y succédaient, les gouvernements menaient des guerres incessantes contre de nombreux groupements d'insurgés. Une période de trêve relative y est a été observée dernièrement, mais qui pouvait garantir qu'il en serait toujours ainsi? Les experts soulignent qu'aucun régime réactionnaire d'Amérique latine, même le plus cruel, n'a réussi jusqu'à présent à réprimer définitivement un groupement révolutionnaire un tant soit peu sérieux.
D'ailleurs, si l'on parle de l'OPEP dans son ensemble, la plupart de ses pays membres (à l'exception, peut-être, des monarchies d'Arabie) constituent, d'une manière ou d'une autre, un ‘’ groupe à risque ‘’. Certains d'entre eux, comme l'Equateur ou le Venezuela, pâtissent de l'instabilité politique, d'autres, comme l'Iran, sont en confrontation avec la moitié de la communauté internationale et d'autres encore vivent dans des conditions de guerres civiles incessantes. Les groupements d'insurgés nigérians, par exemple, attaquent régulièrement les oléoducs des entreprises étrangères, raison pour laquelle cet Etat africain est contraint de réduire sans cesse les volumes de ses livraisons ‘’ d’or noir ‘’.
Cependant, comme on le voit, les révolutions, les coups d'Etat et les guerres civiles ne peuvent pas influer sur le développement du marché des hydrocarbures. L'économie mondiale s'est adaptée depuis longtemps à ces ébranlements, les risques politiques sont depuis longtemps pris en considération et font partie du prix de ‘’ l'or noir ‘’. Il faut être très naïf pour estimer sérieusement que les émeutes de policiers et de militaires équatoriens, mécontents de la suppression de certaines primes, puissent vraiment changer le rapport de l’offre et de la demande sur le marché des hydrocarbures. Mais il faut être tout aussi naïf pour croire que les spéculateurs en bourse qui ont fait depuis longtemps des contrats à terme l'objet d'investissements spéculatifs ne manqueront pas une nouvelle occasion d’élever les prix de ‘’ l'or noir ‘’. Ces rejaillissements spéculatifs accompagnent les déclarations grandiloquentes d'Hugo Chavez, l'intensification des attentats en Irak et les revirements de l'Iran dans ses rapports avec la communauté internationale.
D'ailleurs, cette fois-ci, la crise politique en Equateur n'a pas été le seul prétexte pour élever les cours du pétrole. La hausse des prix a été, dans une certaine mesure, la réaction aux tendances positives qui se sont ébauchées sur le marché du travail aux Etats-Unis. Or le moindre signe de reprise économique aux Etats-Unis, qui sont le plus grand consommateur d'hydrocarbures au monde, est remarqué par les intervenants sur le marché du pétrole. Cela est surtout important en ce moment, lorsque les experts prédisent de nouveaux bouleversements économiques : Nouriel Roubini, professeur à l'Université de New York, a fait ces jours-ci une prévision très pessimiste de l'économie américaine et mondiale qui est, à son avis, sans défense face à une récession en double-dip.

Ce texte n'engage que la responsabilité de l'auteur.

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Mardi 5 Octobre 2010


Commentaires

1.Posté par oscar fortin le 06/10/2010 16:37 | Alerter
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J'ignore si cet auteur suit de près la réalité politique de l'Amérique Latine et s'il en a fait une analyse quelque peu approfondie. Ce qui s'est passé en Équateur n'est pas une rébellion, mais bel et bien une tentative de coup d'État dont la rébellion n'aura été qu'un prétexte et une couverture. Je ne doute pas que notre auteur sache lire et comprendre l'espagnol pour y lire les nombreuses analyses qui en démontrent les fondements. Quelques références: http://www.rebelion.org/noticia.php?id=114323 ;
http://andes.info.ec/portada/registro-de-comunicaciones-de-la-central-radio-patrulla-deja-en-evidencia-intencion-de-asesinar-al-presidente-correa-32241.html;

Il est curieux que l'auteur ne mentionne en aucun moment la source principale de l'instabilité que connaissent certains pays. Au Honduras, ce fut l'intervention de l'oligarchie avec l'appui de Washington; au Venezuela le coup d'État militaire rétée de 2002 avait pour instigateur la Maison Blanche, alors sour la présidence de G.W.Bush. En Bolivie les diverses interventions des mêmes auteurs pour déloger le Président Evo Morales, ont également créé des moments de grande tension. Maintenant que ce dernier pays a mis dehors tous ces agents, transformés en autant de terroristes, la vie a repris son cours normal et sa croissance économique a été pour le premier trimestre de l'années de 3,7%.

Parlant de stabilité, je me permets de rappeler qu'Hugo Chavez, la bête noire de Washington et de tous les médias qui répondent aux commandes de ce dernier, est au pouvoir depuis 1999 et que son parti vient de remporter une autre grande victoire lors des élections parlementaires, remportant 98 des 165 sièges de l'assemblée nationale, soit près de 60%. Il y a là une certaine stabilité.

2.Posté par joszik le 08/10/2010 09:00 | Alerter
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En effet on ne peut pas parler d'une analyse sur la base d'une "rébellion" alors qu'on se trouve devant une tentative de coup d'état
dénoncé par le président équatorien jeudi "c'est une tentative de coup d'Etat" alors que des militaires occupaient l'aéroport de Quito et que des policiers s'emparaient du Congrès, au cours de la pire crise affrontée par le chef d'Etat socialiste.

"La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a appelé jeudi à la préservation de l'ordre constitutionnel et à la retenue en Equateur, exprimant son soutien aux "institutions démocratiquement élues" du pays."
Plutôt que de réagir avec fermeté contre un coup d'état militaire "l'Union européenne suit avec attention l'évolution de la situation sur place', a précisé Maja Kocijancik.

On voit bien tout le cynisme de cette affaire qu'il s'agisse de putschistes prêt à renverser des gouvernements démocratique pour y installer des dictatures économiques et qu'il s'agisse de contester des élections libres et démocratiques et déclencher un boycotte économique, la dictature économique de Bruxelles sponsorisée par toutes la vermine financière mondiale qui guette les moindres recoins du monde afin d'y déceler des coups de fric fumants pour générer des bénéfices rapides avec le soutient actif et attentif de l'élite noblionne anglo-saxone qui rêve en Sarkozy d'un nouveau napoléon qui suffirait à lui seul à nourrir toute la monarchie européenne dans des guerre inutiles à commencer par l'écrasement de la contestation ouvrière en France, pour le grand bonheur de ceux qui ont déjà la double ou triple nationalité et qui peuvent à tout moment fuir pour se mettre à l'abri avec l'or des banques privatisées, la bourgeoisie française qui a retrouvé toute sa superbe et sa cravache dorée, frustrée et engoncée dans une posture de quasimodo de la rapine, prêt à manger la merde d'un petit malien si ça pouvait rapporter le moindre écu et pourtant.
Pourtant leurs parents étaient, pour les autres là, nos "élus", des révolutionnaires, des communards, des communistes, des socialistes, des artistes, des aventuriers de l'esprit humaniste...Aujourd'hui Ils ne se demandent même plus pourquoi ils sont tous devenus des encul.. de première....ils en sont, parfois, même fières. L'oseille, l'oseille quand tu nous tient.

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