Autres articles
-
Combattre le choc des civilisations : L’utopie d’éviter une réalité prophétique
-
UNE COMMISSION D’INQUISITION SE PENCHERA SUR LE «PRINTEMPS ÉRABLE»
-
Je résisterai
-
Espion américain : une activité de recrutement très inopportune
-
Vaccin pentavalent: en Inde aussi, des médecins s'inquiètent et s'indignent
lemonde.fr rapporte le contenu d'un article du quotidien The Gardian (26 spetembre 2008) selon lequel un haut responsable européen de premier niveau aurait informé le journal britannique que Monsieur Bush lui aurait dit avoir refusé son autorisation à Olmert qui souhaitait attaquer les centres du nucléaire civil de l'Iran : Olmert => Bush => Responsable européen => The Gardian
Le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, aurait évoqué cette question avec George W. Bush au cours d'un tête-à-tête le 14 mai lors de la célébration du 60e anniversaire de la création de l'État d'Israël.
La réponse de Bush aurait été ferme en précisant au Premier ministre israélien qu'il n'envisageait pas de changer d'avis dans un proche avenir.
Selon The Guardian :
Même si Israël avait voulu mener cette opération sans l'aval de Washington, ses avions n'auraient pu atteindre l'Iran sans passer par l'espace aérien irakien, sous contrôle américain (l'attaque était impossible sans l'aval des USA), ne laissant d'autre choix à Téhéran que de considérer que les États-Unis avaient approuvé l'attaque, laissant craindre une riposte contre des cibles américaines.
Le refus de Bush aurait été basé sur la crainte d'une vague d'attaques iraniennes visant les militaires US et d'autres personnel américain en Irak, en Afghanistan et contre la anvigation dans le Golfe persique.
En effet, l'Iran a affirmé à plusieurs reprises qu'il répondrait avec force à toute attaque. Certains gouvernements occidentaux pensent que la réaction dans la région pourrait inclure des attaques contre les intérêts US au Liban, menées par le mouvement shi'ite emmené par le parti du Hezbollah.
De plus, Bush aurait exprimé son anxiété parce que selon lui Israël n'avait pas la certitude de mettre hors de service toutes les installations nucléaires iraniennes en un seul raid, même si celui-ci devait compter des douzaines d'avions... Et Israël n'avait pas la possibilité de lancer plusieurs séries d'attaques aériennes sur une durées de plusieurs jours : cela aurait fait basculer l'opération en une guerre généralisée au Moyen-Orient.
C'est pourquoi Monsieur Bush a considéré que le coût d'une telle opération dépassait les bénéfices attendus.
Conclusions :
Pour les dirigeants israéliens peu chaut la vie des soldats américains, français, etc. ; pour sauver le sionisme, ils sont prêts à les engager dans des conflits contraires à leurs intérêts. On peut supposer sans trop se tromper que ce fut aussi une tentative de Monsieur Olmert de sauver sa carrière de Premier ministre alors qu'il était sous la menace d'actions judiciaires pour escroquerie.
Par ailleurs, il ressort de ces faits que d'une manière générale, l'état-major US partage l'analyse stratégique en deux points développée pour la région par l'état-major iranien :
1.Dans le domaine de la guerre conventionnelle, l'Iran est tout à fait capable de rendre « non rentable » une action majeure des USA et/ou de son chien de guerre israélien dans la région : les USA et son allié israélien, empêtrés en Irak, en Afghanistan, au Liban et en Palestine ne disposent pas de moyens suffisants pour saturer la défense iranienne en une seule attaque et l'empêcher de prendre l'initiative par la suite.
2.Une action militaire ponctuelle ou une guerre ouverte contre l'Iran ne pourront pas stopper le programme nucléaire civil actuel de l'Iran (pour le moment rien ne prouve l'existence de plans ni même la volonté iranienne d'acquérir l'arme atomique) ; au contraire, une frappe aérienne ou une guerre contre l'Iran rendront irréversible le fait que l'Iran se dotera de l'arme nucléaire. Donc, concernant le litige autour du nucléaire, une action d'envergure ou même une guerre ouverte contre l'Iran ne sont pas rentables parce que les USA ne disposent pas de moyens suffisants fermer définitivement l'accès au nucléaire pour l'Iran.
La continuation de l'action américaine ne peut se faire que par la voie diplomatique. Or celle-ci dépend de la coopération de la Russie et de la Chine. Mais la conséquence immédiate des évènements du Caucase fut la réponse de Monsieur Serguei Lavrov, ministre des affaires étrangères de la Russie : il a refusé de se rendre à une réunion des ministres des affaires étrangères à New York prévue de longue date, en marge de l'Assemblée Générale. Il a prétexté que son emploi du temps était trop chargé et que le dossier du nucléaire iranien ne représentait aucune espèce d'urgence. Finalement la Russie, ayant reçu des apaisements relatifs aux conséquences de la crise du Caucase, le ministre russe a accepté de joindre sa voix à une nouvelle résolution sur la question à condition qu'il ne soit décidé aucune sanction : « il ne faut pas déclarer qu'on ne peut pas assurer la mise en œuvre de nos décisions précédentes sans adopter de nouvelles sanctions très poussées »... « nous resterons attachés aux moyens diplomatiques de règlement » de la situation.
Mais Madame Conleeza Rice a demandé une réunion du Conseil de Sécurité concernant les déclarations de Monsieur Ahmadinejad selon lesquelles l'Etat sioniste devait disparaître : elle voudrait faire passer les pronostics de celui-ci sur la non viabilité de cette chimère de droit international pour une déclaration de guerre de l'Iran contre Israël. Si l'on suivait la logique de Madame Rice, il faudrait appliquer le chapitre 7 des statuts de l'ONU : engager une action militaire contre l'Iran. Voici les articles concernés de ce chapitre 7 :
Article 41
Le Conseil de sécurité peut décider quelles mesures n'impliquant pas l'emploi de la force armée doivent être prises pour donner effet à ses décisions, et peut inviter les Membres des Nations Unies à appliquer ces mesures. Celles-ci peuvent comprendre l'interruption complète ou partielle des relations économiques et des communications ferroviaires, maritimes, aériennes, postales, télégraphiques, radioélectriques et des autres moyens de communication, ainsi que la rupture des relations diplomatiques.
Article 42
Si le Conseil de sécurité estime que les mesures prévues à l'Article 41 seraient inadéquates ou qu'elles se sont révélées telles, il peut entreprendre, au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu'il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales. Cette action peut comprendre des démonstrations, des mesures de blocus et d'autres opérations exécutées par des forces aériennes, navales ou terrestres de Membres des Nations Unies.
On voit que les USA tournent autour de l'Iran comme le loup autour de l'agneau avec un prétexte (le nucléaire civil considéré comme du nucléaire militaire et dans le même temps l'acceptation du nucléaire militaire d'Israël) ou un autre (actes mettant en danger la paix, en fait de simples déclarations prospectives).
S'ils obtiennent l'avantage d'une condamnation de l'Iran pas le Conseil de Sécurité en achetant le vote des Russes et des Chinois, ils pourront toujours acheter aussi la participation d'États-mendiants à une coalition du genre de celle qui a attaqué l'Irak en dehors de toute légitimité onusienne et agresser l'Iran.
Cela ne sera pas légal, mais aura un soupçon de légalité à l'américaine : le loi du plus fort.
Ils auraient pu le faire après les résolutions précédentes illégitimes du Conseil de Sécurité.
De toute façon, si, à ce jour, ils ne l'ont pas fait, c'est qu'ils n'ont pas pu.
Et s'ils n'ont pas pu, c'est parce qu'ils se sont lancés vers des objectifs qui dépassent leurs moyens (imposer une solution définitive en remembrant le Moyen-Orient), c'est aussi qu'entre-temps, il y a eu le retour de la Russie (les troupes US se retrouveraient à la frontière sud de la Russie), la montée en puissance de la Chine et surtout, surtout – le plus important – c'est que le peuple iranien a été uni et ferme derrière sa direction.
Finalement, en dernier compte, le garant de la paix dans cette région, c'est la puissance militaire défensive et dissuasive de l'Iran.
Abdellah Ouahhabi
Le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, aurait évoqué cette question avec George W. Bush au cours d'un tête-à-tête le 14 mai lors de la célébration du 60e anniversaire de la création de l'État d'Israël.
La réponse de Bush aurait été ferme en précisant au Premier ministre israélien qu'il n'envisageait pas de changer d'avis dans un proche avenir.
Selon The Guardian :
Même si Israël avait voulu mener cette opération sans l'aval de Washington, ses avions n'auraient pu atteindre l'Iran sans passer par l'espace aérien irakien, sous contrôle américain (l'attaque était impossible sans l'aval des USA), ne laissant d'autre choix à Téhéran que de considérer que les États-Unis avaient approuvé l'attaque, laissant craindre une riposte contre des cibles américaines.
Le refus de Bush aurait été basé sur la crainte d'une vague d'attaques iraniennes visant les militaires US et d'autres personnel américain en Irak, en Afghanistan et contre la anvigation dans le Golfe persique.
En effet, l'Iran a affirmé à plusieurs reprises qu'il répondrait avec force à toute attaque. Certains gouvernements occidentaux pensent que la réaction dans la région pourrait inclure des attaques contre les intérêts US au Liban, menées par le mouvement shi'ite emmené par le parti du Hezbollah.
De plus, Bush aurait exprimé son anxiété parce que selon lui Israël n'avait pas la certitude de mettre hors de service toutes les installations nucléaires iraniennes en un seul raid, même si celui-ci devait compter des douzaines d'avions... Et Israël n'avait pas la possibilité de lancer plusieurs séries d'attaques aériennes sur une durées de plusieurs jours : cela aurait fait basculer l'opération en une guerre généralisée au Moyen-Orient.
C'est pourquoi Monsieur Bush a considéré que le coût d'une telle opération dépassait les bénéfices attendus.
Conclusions :
Pour les dirigeants israéliens peu chaut la vie des soldats américains, français, etc. ; pour sauver le sionisme, ils sont prêts à les engager dans des conflits contraires à leurs intérêts. On peut supposer sans trop se tromper que ce fut aussi une tentative de Monsieur Olmert de sauver sa carrière de Premier ministre alors qu'il était sous la menace d'actions judiciaires pour escroquerie.
Par ailleurs, il ressort de ces faits que d'une manière générale, l'état-major US partage l'analyse stratégique en deux points développée pour la région par l'état-major iranien :
1.Dans le domaine de la guerre conventionnelle, l'Iran est tout à fait capable de rendre « non rentable » une action majeure des USA et/ou de son chien de guerre israélien dans la région : les USA et son allié israélien, empêtrés en Irak, en Afghanistan, au Liban et en Palestine ne disposent pas de moyens suffisants pour saturer la défense iranienne en une seule attaque et l'empêcher de prendre l'initiative par la suite.
2.Une action militaire ponctuelle ou une guerre ouverte contre l'Iran ne pourront pas stopper le programme nucléaire civil actuel de l'Iran (pour le moment rien ne prouve l'existence de plans ni même la volonté iranienne d'acquérir l'arme atomique) ; au contraire, une frappe aérienne ou une guerre contre l'Iran rendront irréversible le fait que l'Iran se dotera de l'arme nucléaire. Donc, concernant le litige autour du nucléaire, une action d'envergure ou même une guerre ouverte contre l'Iran ne sont pas rentables parce que les USA ne disposent pas de moyens suffisants fermer définitivement l'accès au nucléaire pour l'Iran.
La continuation de l'action américaine ne peut se faire que par la voie diplomatique. Or celle-ci dépend de la coopération de la Russie et de la Chine. Mais la conséquence immédiate des évènements du Caucase fut la réponse de Monsieur Serguei Lavrov, ministre des affaires étrangères de la Russie : il a refusé de se rendre à une réunion des ministres des affaires étrangères à New York prévue de longue date, en marge de l'Assemblée Générale. Il a prétexté que son emploi du temps était trop chargé et que le dossier du nucléaire iranien ne représentait aucune espèce d'urgence. Finalement la Russie, ayant reçu des apaisements relatifs aux conséquences de la crise du Caucase, le ministre russe a accepté de joindre sa voix à une nouvelle résolution sur la question à condition qu'il ne soit décidé aucune sanction : « il ne faut pas déclarer qu'on ne peut pas assurer la mise en œuvre de nos décisions précédentes sans adopter de nouvelles sanctions très poussées »... « nous resterons attachés aux moyens diplomatiques de règlement » de la situation.
Mais Madame Conleeza Rice a demandé une réunion du Conseil de Sécurité concernant les déclarations de Monsieur Ahmadinejad selon lesquelles l'Etat sioniste devait disparaître : elle voudrait faire passer les pronostics de celui-ci sur la non viabilité de cette chimère de droit international pour une déclaration de guerre de l'Iran contre Israël. Si l'on suivait la logique de Madame Rice, il faudrait appliquer le chapitre 7 des statuts de l'ONU : engager une action militaire contre l'Iran. Voici les articles concernés de ce chapitre 7 :
Article 41
Le Conseil de sécurité peut décider quelles mesures n'impliquant pas l'emploi de la force armée doivent être prises pour donner effet à ses décisions, et peut inviter les Membres des Nations Unies à appliquer ces mesures. Celles-ci peuvent comprendre l'interruption complète ou partielle des relations économiques et des communications ferroviaires, maritimes, aériennes, postales, télégraphiques, radioélectriques et des autres moyens de communication, ainsi que la rupture des relations diplomatiques.
Article 42
Si le Conseil de sécurité estime que les mesures prévues à l'Article 41 seraient inadéquates ou qu'elles se sont révélées telles, il peut entreprendre, au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu'il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales. Cette action peut comprendre des démonstrations, des mesures de blocus et d'autres opérations exécutées par des forces aériennes, navales ou terrestres de Membres des Nations Unies.
On voit que les USA tournent autour de l'Iran comme le loup autour de l'agneau avec un prétexte (le nucléaire civil considéré comme du nucléaire militaire et dans le même temps l'acceptation du nucléaire militaire d'Israël) ou un autre (actes mettant en danger la paix, en fait de simples déclarations prospectives).
S'ils obtiennent l'avantage d'une condamnation de l'Iran pas le Conseil de Sécurité en achetant le vote des Russes et des Chinois, ils pourront toujours acheter aussi la participation d'États-mendiants à une coalition du genre de celle qui a attaqué l'Irak en dehors de toute légitimité onusienne et agresser l'Iran.
Cela ne sera pas légal, mais aura un soupçon de légalité à l'américaine : le loi du plus fort.
Ils auraient pu le faire après les résolutions précédentes illégitimes du Conseil de Sécurité.
De toute façon, si, à ce jour, ils ne l'ont pas fait, c'est qu'ils n'ont pas pu.
Et s'ils n'ont pas pu, c'est parce qu'ils se sont lancés vers des objectifs qui dépassent leurs moyens (imposer une solution définitive en remembrant le Moyen-Orient), c'est aussi qu'entre-temps, il y a eu le retour de la Russie (les troupes US se retrouveraient à la frontière sud de la Russie), la montée en puissance de la Chine et surtout, surtout – le plus important – c'est que le peuple iranien a été uni et ferme derrière sa direction.
Finalement, en dernier compte, le garant de la paix dans cette région, c'est la puissance militaire défensive et dissuasive de l'Iran.
Abdellah Ouahhabi