Néolibéralisme et conséquences

La problématique de la rentabilité d’une usine de voitures Renault en Algérie


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abderrahmane mebtoul
Jeudi 20 Décembre 2012

La problématique  de la rentabilité d’une usine de voitures Renault  en Algérie
La problématique de la rentabilité d’une usine de voitures Renault en Algérie

Dr Abderrahmane MEBTOUL (Algérie) - Professeur des Universités, Expert international en management stratégique

1.-J’ai eu depuis trois ans l’occasion de publier maintes contributions dans la presse algérienne et internationale sur ce sujet. Il faut être réaliste, la réal économie ne se confond pas avec les discours politiques. Il faut que les responsables algériens se démarquent de l‘ancienne culture étatique pour qui les relations économiques se font d’Etat à Etat ayant donné le primat à l’offre alors qu’ils ‘agit en ce XXIème siècle de tenir compte de la demande segmentée fonction de la répartition du revenu national par couches sociales donc du pouvoir d’achat. Or le pouvoir d’achat en Algérie qui détermine l’achat de voitures, où nous assistons par ailleurs à une nette concentration du revenu national au profit de couches rentières, est largement déterminé par le cours de la rente des hydrocarbures. En cas d’écroulement du cours c’est l’effritement du pouvoir d’achat.

2.-Dans la pratique des affaires internationales, les firmes sont autonomes dans leur management stratégique. Les managers sont responsables devant leurs actionnaires et le président Hollande ne peut imposer à une firme de s’installer en Algérie bien que l’Etat français soit actionnaire. C’est la rentabilité qui doit primer Il faut que cette unité soit rentable pour la France et l’Algérie dans la pratique des affaires n’existant pas de sentiments et cela concerne tous les investisseurs qui veulent s’installer en Algérie ; chinois, arabes américains ect….D’où l’importance de développer les relations en réseaux, des relations inter-entreprises et de l’implication de la société civile et des universités. Quitte à me répéter, une entreprise doit être rentable dans le temps tenant compte des nouvelles mutations mondiales dont les mutations énergétiques et se pose cette question outre le couple cout/qualité déterminant. Cette voiture fonctionnera t- elle au gasoil, à l’essence , hybride, au gaz GPLC ou au solaire ? Sachant que l’Algérie sera importatrice de pétrole horizon 2020 et de gaz conventionnel horizon 2030 tenant compte à la fois des nouvelles mutations énergétiques mondiales, avec le gaz non conventionnel, le retour du charbon qui devient rentable dès lors que le prix de cession du pétrole dépasse les 110/120 dollars le baril à prix constants. Et surtout de la forte consommation intérieure en Algérie avec la décision de doubler la production d ‘électricité à partir des turbines de gaz, pour un investissement évalué à environ 20 milliards d’euros, consommation encouragée par un prix de cession représentant le dixième du cours international. Avec ce paradoxe de la désindustrialisation où la part des ménages dépasse largement celle des entreprises consommatrices

3-Au niveau mondial, surtout avec la crise mondiale de 2008 où nous avons assisté à d’importantes restructurations, quatre à cinq groupes contrôlent le marché mondial de voitures touristes , souvent avec des ententes bien que nous assistons à la percée des pays émergents qui voient le pouvoir d’achat de leurs citoyens s’élever à travers l’élargissement des couches moyennes. Ne parlons pas des marchés indiens et chinois dont la population dépasse le milliard chacun. La capacité moyenne pour des voitures de gammes moyennes s’adressant à un large marché, fonction de la stratification des revenus de chaque pays, doit être de plus de 300.000 unités /an Le groupe Renault/Nissan est une grande multinationale qui vient d’investir à Tanger dont la capacité passera de 200.000 unités actuellement à plus de 350.000/400.000 horizon 2014/2015. Je ne pense pas que ce groupe se fera harakiri en investissant dans les mêmes gammes. La capacité prévue pour l’Algérie annoncée par les pouvoirs publics devrait passer de 25.000 au départ pour atteindre une vitesse de croisière de 75.000 unités par an, est dérisoire malgré un investissement programmé rendu public par le Ministre de la promotion de l’investissement le 19 décembre 2012 d’environ 1,2 milliard d’euros ce qui alourdira l’amortissement pendant au moins quatre à cinq ans. Ce sera une unité non rentable, à moins que l’Algérie supporte les surcoûts à l’instar de plus de 50 milliards de dollars supportés par le trésor public pour l’assainissement des entreprises publiques entre 1971-2011 mais dont plus de 70% sont revenues à la case de départ. Aussi ces subventions doivent être transitoires et ne sont pas une solution fiable à terme. A court terme disons pour ces surcouts supportés par le trésor via les hydrocarbures qui génèrent 98% des recettes en devises en 2012, ne seront bénéfiques pour l’Algérie, pouvant être assimilés au coût de la formation et du transfert technologique, afin que les Algériens sachent construire une voiture. Le taux d’intégration souhaitable à terme devrait être au maximum de 50/60% , devant être réaliste en cette ère de mondialisation , n’existant nulle part dans le monde une firme avec une intégration de 100% et ce afin grâce à la sous traitance par des réseaux décentralisés afin de réduire les couts et être compétitifs. Le taux d’intégration de 42% annoncé par le Ministre du secteur à l’occasion de la signature de l’Accord , ne sera effectif qu’au bout d’une certaines période à la lumière du complexe de véhicules de Roubia dont le taux d’intégration ne dépasse pas 20%, malgré plusieurs assainissements financiers et après plusieurs décennies d’expérience- précisément depuis les années 1970, faute de management stratégique notamment dont la ressource humaine , richesse bien plus importante que toutes les réserves d’hydrocarbures. Par ailleurs l’Algérie a t –elle prévu une formation adéquate dans les techniques de pointe car on ne construit pas une voiture plus une voiture mécanique comme dans les années 1970/1980. Comme il ne sera jamais question que Renault supporte les surcoûts et produise les mêmes gammes qu’à Tanger.

3-Pendant la période d’exonérations fiscales et d’avantages accordés par le gouvernement algérien via l’agence l’ANDI, l’unité pourrait tenir face à ses concurrents. Mais aussitôt les avantages arrivés à terme, cette unité devra rembourser ses emprunts et payer ses charges fiscales et ce dans le cadre de la règle 49/51%. A ce moment là l’unité ne peut être rentable avec une capacité si faible. Aussi , les négociations entre le groupe Renault et l’Algérie doivent porter outre sur le transfert technologique et managérial, d'une « co-localisation définie comme un partage de la valeur ajoutée entre la France et l’Algérie. Egalement sur d’autres gammes avec une capacité extrapolée horizon 2015 d’un minimum de 250.000 à 300.000 unités par an si l'on veut aller vers un partenariat gagnant et voir en Algérie qu'un simple comptoir commercial . En effet, cette capacité sera excédentaire forcément dans la mesure où nous sommes dans une économie ouverte ou vous ne pouvez imposer aux consommateurs algériens, ni marocains, d’ailleurs d’acheter Renault dont le segment de marché ne dépasse pas 80.000 consommateurs/an.

4.- D’où la nécessité pour la fiabilité de ce projet à terme, des exportations à travers les réseaux internationalisés de Renault/Nissan, l’Algérie n’ayant pas de pratiques commerciales internationales en dehors de Sonatrach. Dès lors se posera lors la règle des 49/51% qui ne sera pas opérationnelle pour une firme internationalisée comme Renault/Nissan qui se conformera aux règles de l’organisation mondiale du commerce, la voiture étant une marchandise soumise à la concurrence internationale. En bref, pour l’Algérie qui possède d’importantes potentialités il devient impérieux de passer d’une économie de rente qui engendre le gain facile et la corruption, de relancer son tissu productif grâce à un co partenariat gagnant /gagnant. L’avenir d’un tel projet ou de tout autre projet restructurant, permettant d’accroitre la valeur ajoutée interne et de créer des emplois productifs et non des emplois rentes, face à la concurrence internationale intiment lié à l’Etat de droit , au renouveau de la gouvernance et plaçant l’entreprise et le savoir au cœur de la stratégie, devra cibler le continent Afrique qui à l’horizon 2030, sous réserve d’une meilleure gouvernance, l’axe se déplaçant de l’Asie, sera le continent qui dynamisera l’économie mondiale.

Dr Abderrahmane MEBTOUL (Algérie) - Professeur des Universités, Expert international en management stratégique -ademmebtoul@gmail.com


Jeudi 20 Décembre 2012


Commentaires

1.Posté par Goeland le 24/12/2012 21:13 | Alerter
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Renault : 75 000 voitures en Algérie au même prix que 400 000 au Maroc !
Après plus de deux ans de négociations, Renault et l’État algérien ont signé, ce mercredi soir, un accord sur l’installation d’une usine automobile du constructeur français en Algérie. Selon les chiffres fournis par Cherif Rahmani, ministre de l’Industrie, cité par l’agence officielle APS, l’investissement tournera autour d’un milliard d’euros.
L'usine Renault, qui entrera en activité « dix‑huit mois » après la signature de l'accord, devra commencer par produire 25 000 unités par an pour arriver « rapidement » à 75 000 unités dont une partie sera exportée vers d'autres pays hors UE, a précisé le ministre. Renault a obtenu une exclusivité de trois ans sur le marché algérien. Cherif Rahmani n’a pas détaillé les autres avantages accordés au constructeur français : droits de douanes, allégements fiscaux, terrains, etc.

Les chiffres fournis par Cherif Rahmani suscitent déjà quelques interrogations. Comparé au projet marocain du même constructeur, l’implantation de Renault en Algérie paraît excessivement coûteuse. Au Maroc, Renault a annoncé un investissement d’un milliard de dollars pour son usine de Tanger. Mais avec une différence de taille : l’usine marocaine produira à terme 400 000 véhicules par an contre 75 000 pour l’usine algérienne. Autre différence de taille : au Maroc, Renault produit deux modèles, Dacia Lodgy et Dacia Dokker contre un seul en Algérie, la Symbol.

Enfin, l’usine marocaine va exporter, y compris en Europe. « Sur le plan des échanges commerciaux, l'usine Renault-Nissan Tanger est de nature à améliorer la balance commerciale du Maroc. En effet, 3,5 milliards d'euros d'exportations supplémentaires seront générés à terme par ce projet », écrivait l’agence officielle MAP en février dernier au moment de l’inauguration de l’usine de Tanger. L’usine algérienne produira pour le marché local et éventuellement pour les pays africains dans une seconde étape, selon les termes de l’accord.

Cette comparaison illustre le coût excessif du projet algérien comparé à celui du voisin marocain. Le gouvernement algérien gère le dossier Renault dans l’opacité la plus totale. Il ne communique que très peu sur les conditions de réalisation de cet investissement. Il n'a pas dit, par exemple, combien Renault a fait payer la licence pour son implantation en Algérie.

2.Posté par Saber le 24/12/2012 23:26 | Alerter
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Des véhicules fonctionnant au gazogène ? Paiement à crédit sur x mois ? Endettement des ménages ? Encore une justification pour exploiter le gaz de schiste ?

3.Posté par Sir Conflexe le 24/12/2012 23:48 | Alerter
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Ce projet et cette entrée par effraction de Renault en Algérie est une vraie arnaque et un pied de nez pour ceux qui portent le pays dans leur coeur....

4.Posté par Sir Conflexe le 24/12/2012 23:56 | Alerter
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On va boucler la boucle :Le Français CGG Veritas va forer le premier puits offshore en Algérie

Le groupe parapétrolier français CGG Veritas, spécialiste des services et équipements sismiques pour l’industrie pétrolière, va forer le premier puits offshore au large de l’Algérie, a annoncé lundi le PDG de la société publique algérienne d’hydrocarbures Abdelhamid Zerguine.

Le contrat du premier forage offshore (en Algérie) a été attribué dimanche au groupe CGG Veritas, a déclaré M. Zerguine, à Tiaret (340 km à l’ouest d’Alger), sans autre précision. Le groupe français va également réaliser des études sismiques de l’offshore algérien, selon M. Zerguine, dont les propos étaient rapportés par l’agence de presse APS.

5.Posté par gjingis le 25/12/2012 01:52 | Alerter
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je commence par dire ""déja vu"" !!

je ne vous comprend pas bien bien ou voulez venir .. et lorsqu on ne comprend pas un langage cela veut dire il y a gaz derriere point .

manaklouhach maahom .. ces gens qui se precipitent pour vos beaux yeux sont nés debout et de bonheur .
apres le destruction de l europe de l est ,le tour est le notre. .juste un avis á propos des multinationales de m... .

mais si vous voulez bien entendre mon avis quant á la survie du systeme je vous assure qu il ne depassera pas 5 ans

apres, c est la ruine . une grande ! les predateurs sataniques venus d un pays vidé ,meurtré sont á l oeuvre .

bonne nuit á vous tous

6.Posté par gjingis le 25/12/2012 02:10 | Alerter
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5.Posté par gjingis le 25/12/2012 01:52

mon poste s adresse au prof. bonne nuit sir conflex goeland saber a demain inchaa allah

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