Géopolitique et stratégie

La problématique de l'alternance et du suivi des présidentielles africaines par les missions d'observations électorales de l'Occident


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L'Occident ne jure que par l'alternance à la tête des pays africains et s'investit énormément pour que les Constitutions africaines contiennent la disposition qui fixe à deux le nombre des mandats qu'un chef de l'Etat africain peut briguer à l'instar de ce qui se fait en Occident. Outre qu'il est habitué, comme s'il avait un droit de regard sur les présidentielles africaines tandis que l'Afrique n'envoie jamais ses missions d'observation électorale lors des présidentielles des pays européens. Il a été observé que l'Occident, l'Europe alliée des USA ainsi que l'Oncle Sam, n'envoient plus leurs missions d'observations électorales qu'en Afrique et en Amérique latine, des continents de la planète où s'exerce plus l'impérialisme occidental.


Samy BOSONGO
Vendredi 25 Août 2017

La problématique de l'alternance et du suivi des présidentielles africaines par les missions d'observations électorales de l'Occident
De la limitation à deux du nombre des mandats présidentiels

Ce qui est perçu comme une vertu démocratique ne l'est pas, tout compte fait. La limitation du nombre des mandats présidentiels répond, au fond, au besoin de la prédation impérialiste de l'Occident de se débarrasser des chefs d'Etats réfractaires à leurs injonctions néocolonialistes. Il a été observé que certains chefs d'Etats des pays du tiers-monde qui arrivent au pouvoir avec l'appui occidental finissent par regimber. Aussi l'Occident tient-il à la limitation à deux du nombre des mandats présidentiels pour se préserver de ce risque, tout en veillant à la non-révision constitutionnelle afin, sans avoir besoin de recouvrir à un coup d'Etat ou à la création d'une rébellion armée, qu'il ait la possibilité de se débarrasser des chefs d'Etats indésirables par rapport à leurs besoins de contrôle des pays cibles.

Cette pratique occidentale est d'autant plus étonnante et intrigante que le même Occident laisse faire ses marionnettes à la tête de certains pays lorsqu'elles organisent des référendums et des révisions constitutionnelles pour s'éterniser au pouvoir. Les récents cas en Afrique sont ceux de Sassou Ngwesso au Congo Brazzaville et de Paul Kagamé au Rwanda. Les deux ont organisé des référendums suivis des révisions constitutionnelles en vue briguer de nouveaux mandats sans que l'Occident ne proteste ou juste avec un semblant de protestation de leur part. C'est-à-dire qu'il n'y a eu ni sanction, ni attaques médiatiques à tout bout de champ, ni implications des organismes occidentaux et onusiens pour faire échouer l'initiative de référendums ou des révisions constitutionnelles. La raison étant que Sassou Ngwesso et Paul Kagame sont respectivement des hommes acquis aux intérêts français et américains dans leurs pays respectifs.

Ainsi donc, un président arrivé au pouvoir avec l'appui occidental, s'il se révolte aux injonctions impérialistes par la suite, ne briguera pas au-delà de deux mandats. Tous les moyens seront mis en place et utilisés pour l'empêcher d'organiser un référendum en vue d'une révision constitutionnelle qui peut lui permettre de briguer un troisième mandat.

Ce dernier cas est très visible dans le cas congolais. Joseph Kabila est arrivé au pouvoir avec l'appui occidental, son père ayant été rejeté et assassiné pour insubordination aux oukases impérialistes. Arrivé au pouvoir après la mort de son père, il pose des actes en faveur du capitalisme occidental tel qu'annoncé dans son discours d'investiture du 26 janvier 2001. Et l'Occident le soutient pour rester au pouvoir durant la transition « 1+4 » et pour remporter le scrutin présidentiel de 2006. Mais il est arrivé que, lors de sa première mandature, étant donné que les institutions de Bretton Woods ne lui ont pas accordé les crédits suffisants pour réaliser les Cinq chantiers, son plan quinquennal annoncé comme promesse électorale au peuple et selon lequel le peuple allait le juger pour sa seconde mandature, Kabila a tendu la main aux Chinois dans le cadre du fameux contrat chinois. Remarquez que si l'Occident lui avait, contre l'exploitation des matières premières congolaises, accordé les crédits suffisants, jamais Joseph Kabila n'aurait tendu la main aux Chinois. Mal l'en prit, car Joseph Kabila a tendu la main au pire ennemi des USA eu égard à leurs besoins d'hégémonie plurielle du monde. Si Lumumba a été tué parce que les USA l'ont accusé de communisme ou de vouloir mettre la RDC sous influence soviétique ; Joseph Kabila a été inculpé de souverainisme et d'adoption de Brics à l'époque de la guerre froide entre les G8 et les pays du Brics. En effet, à s'en tenir à Gauthier de Villier cité par JJ Wondo, « Entre 2001-2006, Kabila a instrumentalisé la dépendance dans laquelle il était de lui-même placé, en mettant les interventions extérieures au service de son maintien et de sa consolidation à la tête de l'Etat ; avec la légitimité que lui ont conféré les élections, il s'emploie à s'émanciper du patronage de la CIA et se tourne vers la Chine et les Brics sous le bouclier de la souveraineté ».

Selon des sources concordantes, l'Union européenne(UE) voulait en découdre avec Joseph Kabila dès la fin de son premier mandat, mais les USA ont conseillé de le laisser-faire son dernier mandat, tout en s'assurant qu'il n'ait pas un troisième mandat. C'est ce qui arrive avec la très grande implication américaine pour qu'il n'y ait ni référendum, ni révision constitutionnelle et que le régime Kabila soit englouti par une révolution de couleur. Il se dégage des sources concordantes que les révolutions de couleur sont la stratégie insidieuse des USA pour changer des régimes dans les pays ciblés par eux. Elles sont subtiles et ingénieuses et poussent les peuples à se lever contre leurs régimes pour les intérêts américains, croyant agir pour leurs propres intérêts. Elles visent à changer des marionnettes devenues incapables de servir les intérêts impérialistes par des nouveaux larbins en sorte que le régime change, sans que le système de damnation impérialiste ne change.

L'alternance rapide au gré de l'Occident est la conséquence de la limitation à deux du nombre des mandats présidentiels et du mimétisme institutionnel, un des mécanismes bien connus de la domination impérialiste qui oblige l'Etat-esclave à singer les institutions de l'Etat-patron. Si en Occident elle est une conséquence de sa culture, en Afrique elle sert à changer les marionnettes occidentales devenues incapables de servir les intérêts occidentaux du fait de l'usure du pouvoir par des nouvelles que le peuple ne découvrira en tant que telles que par la suite. Elle aide l'Occident, à l'alibi de la démocratie, à changer les chefs d'Etat tout en gardant leur système. Concrètement, une marionnette qui satisfait les intérêts occidentaux se fait peu à peu détester par le peuple car il n'est pas possible de concilier les intérêts impérialistes et ceux du peuple. Ainsi, il arrive un moment où la marionnette se voit coincée par le peuple et devient incapable de satisfaire les intérêts occidentaux. Ne voulant pas perdre ses intérêts, l'Occident va la sacrifier, la rendant responsable de tous les malheurs de son pays et développera des stratégies de faire croire au peuple qu'il est derrière lui pour évincer la marionnette devenue incapable de servir. Dans ce déploiement, l'Occident use de tous ses indices de force pour réussir son objectifs et, depuis plus de quinze ans maintenant, les USA, particulièrement, se servent du protocole de révolution de couleur avec laquelle des structures fantoches comme les mouvements citoyens, les ONGs américaines qui encadrent les ONGDHs locales qui se comportent comme des partis politiques d'opposition, etc. peuvent entrer en scène et sévir.

Ainsi, aux prétextes de la démocratie, de l'alternance, de l'intangibilité des Constitutions, l'Occident impérialiste se débarrasse de ses vieilles marionnettes ou de toutes celles qui regimbent vite après qu'elles ont été placées au pouvoir sans que les non ou les mal outillés ne comprennent ce qui se passe. Il est très instructif de noter que l'article 7° de la Charte de l'impérialisme stipule que « Tout pouvoir qui oppose la moindre résistance à nos injonctions perd par le fait même sa légalité, sa légitimité et sa crédibilité. Il doit disparaître. »

Des missions occidentales d'observations électorales

Les missions occidentales d'observation des élections présidentielles dans les pays cibles sont les moyens dont se sert l'Occident pour faciliter l'élection de ses marionnettes aux magistratures suprêmes de leurs pays et aussi pour contester, le cas échéant, l'élection d'une personnalité sur qui il n'a aucun contrôle, c'est-à-dire qui n'est pas sa marionnette. Chez nous en RDC particulièrement, les politiques ont déjà fatalement adopté le principe qui veut que si vous voulez briguer le pouvoir, vous devez avoir une « parapluie occidentale ». Aussi voit-on les politiques rivaliser de zèle pour se faire marionnette de l'Occident en le baratinant eux-mêmes pour qu'il se serve d'eux. Et dans le déploiement de ces candidats serviles à la voyoucratie, ils bernent le peuple en faveur de l'Occident et se font des apologistes zélés du bloc impérialiste. Ainsi, le peuple ne sait pas comprendre que c'est l'Occident qui est l'auteur occulte et sournois de ses pépins, car ces Congolais attribuent toute la faute au régime combattu ou jalousé. Des intox, des faussetés, des sophismes sont à ce sujet utilisés pour manipuler et désorienter le peuple.

A titre instructif, il est intéressant de noter le libellé du sixième article de la charte de l'impérialisme qui dispose que « Tout pouvoir et gouvernement établi par nous est légal, légitime et démocratique. Mais tout autre pouvoir ou gouvernement qui n'émane pas de nous est illégal, illégitime et dictatorial, quelle que soit sa forme et sa légitimité. »

Samy BOSONGO, Journaliste poète-essayiste +243811530303


Vendredi 25 Août 2017


Commentaires

1.Posté par Bina le 29/08/2017 22:29 | Alerter
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La jeune génération Africaine se réveille sans se révolter et se rebeller mais de manière très concise s'en suit des anciens....une très bonne nouvelle ! Au diable les beaux discours !!

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