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La politique et la jeune élite marocaine


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Vendredi 17 Février 2017 - 14:19 'Profil terroriste' ou profil humain ?


« Je quitte le PAM (Parti de l'Authenticité et Modernité), la scène politique de nos jours est une machine électorale sans grande conviction. »


Mohamed ABOUJALAL
Jeudi 16 Février 2017

Au-delà du suivi régulier de la vie politique, apparaît une réalité beaucoup moins réjouissante. Car c’est bien une déception générale qui a été découverte auprès des jeunes cadres du parti face à l'archaïsme politique des dirigeants du parti.
« Atmosphère de dépit », « dysfonctionnement », « pessimisme », « déception » : voici le champ lexical dont les débats politiques ont été témoins.

Mounir CHRIT, ingénieur lauréat des grandes écoles françaises et parisiennes et militant pendant six ans au sein du PAM dans sa section PAM-FRANCE. Il est parmi les jeunes brillants leaders qui ont décidé de voir le MAROC autrement, et ont pu être parti prenante du devenir de ce pays.

En premier lieu, il est clair qu’il existe un manque prononcé de confiance envers les politiciens.
La majorité des partis politiques sont au mieux incapables et mène à l’abîme démocratique, social ou écologique. Ils semblent ne pas pouvoir faire grand-chose quand ils ne sont pas carrément dans le renoncement ou la complicité. « Le mien est sans ressorts, sans idées malgré de nombreuses bonnes volontés à la tête du parti, avec qui je continuerai de partager des espaces de réflexion et d’action. En outre, la confiance suppose une forme de transparence de la représentation politique interne du parti. »

En effet, le parti n’est pas encore capable de représenter les jeunes et de défendre leurs intérêts. Par ailleurs, Mounir CHRIT ajoute qu'on ne leur laisse que trop peu accès aux responsabilités politiques. Et cela justifie le niveau de défiance chez les jeunes vis-à-vis de la politique particulièrement élevé. Une grande majorité d’entre eux a le sentiment de ne pas être défendue par les institutions.

Il explique qu'une autre raison au manque de confiance accordée aux politiciens correspond à la désillusion constante dont ils font l’objet. Si la qualification de « promesses » est déjà largement intégrée à propos des réformes annoncées avant les élections dans une atmosphère politique tremblant en 2011, c’est surtout le manque de compétence et d’efficacité une fois au pouvoir, même avec des réformes moins idéalistes, qui est dénoncé.

Interroger les relations entre intérêts et convictions dans la formation de la confiance politique conduit d’abord, sur le versant le plus rationaliste de l’analyse, à envisager la confiance comme le produit d’une relation réciproque entre gouvernants et gouvernés, et donc comme le résultat de l’adéquation entre les préférences des citoyens et l’action des autorités gouvernementales en matière de politiques publiques. Dans cette perspective, Mounir CHRIT cite que la relation de confiance politique est d’abord fonction du rapport dynamique entre performances de l’action publique et exigences politiques des citoyens. On peut envisager que la défiance augmente sous l’effet d’une perte d’efficience des politiques publiques, incapables de résoudre les problèmes qu’elles sont supposées traiter comme l'emploi, l'intégration sociale, la formation continue comparable au niveau international. Mais elle peut également résulter d’une augmentation des exigences des citoyens à l’égard du politique, selon une logique consumériste, les “usagers” de l’action publique espérant toujours davantage, à performances égales ou même croissantes.

Malgré ce constat, je crois en une amélioration à long terme du monde politique. L’espoir réside ainsi en un renouvellement de ses acteurs. Beaucoup des jeunes ont également conscience de croire en certaines utopies; mais à juste raison. « Ce sont les utopies qui nous font avancer » rappelle-t-il. Le mot « renouveau » doit être maître-mot: certes la réalité n'est pas ce qu'on souhaite, mais celle-ci ne peut que changer en bien, ou du moins, c’est ce qu’il faut espérer. L’implication que chacun doit donner à la politique se justifie d’autant plus qu’elle est en mauvais état.


Jeudi 16 Février 2017


Commentaires

1.Posté par Amine ADNANI le 17/02/2017 09:48 | Alerter
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Quelqu'un qui dit la vérité dans ce pays. Belle description de l'état actuel des choses.

2.Posté par Oussama Marrakech le 18/02/2017 22:24 | Alerter
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Très fier de lire cet article, très belle description du travail interne dans les partis politiques au MAROC. Enfin, quelqu'un qui a osé dire la vérité. Très fier de toi Mounir.

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