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La politique est-elle un emploi ou un appel ?


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Manuel de Diéguez
Lundi 27 Octobre 2008

La politique est-elle un emploi ou un appel ?

Helmut Schmidt, Ausser Dienst, eine Bilanz (éd. Siedler, Stuttgart 2008)

 

Les lecteurs de mon site connaissent ma réflexion sur les fondements éthiques du politique. Dès le 14 septembre 2001, je mettais dans la bouche du Président des Etats-Unis un discours sur la morale des grands Etats, afin de tenter de démontrer que le destin de l'empire américain allait dépendre de l'éthique politique dont témoignerait sa réponse à l'attentat du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center de New-York.

- Apostophe de l'Europe à l'Amérique et au Dieu de G.W.Bush, 14 septembre 2001
- L'anthropologie historique et le messianisme américain, Réponse à l'appel à la guerre mondiale de 60 intellectuels américains , 17 février 2002
-
La guerre picrocholine, 1er mai 2002

Puis la ruée aveugle du monde entier sur l'Afghanistan, suivie, en 2003, de l'invasion de l'Irak en violation du droit international et sans consultation de l'Assemblée générale des Nations Unies a démontré qu'il ne suffit pas d'armer Lucifer d'une ubiquité moderne du marché du Mal et de lui forger le mythe d'un Terrorisme mondial pour se changer en croisé crédible du commerce planétaire de la sainteté démocratique.

En ce mois d'octobre 2008, l'immoralité de la politique militaire et monétaire américaine a révélé l'extension de la contamination originelle à la planète . Dans un contexte aussi cancéreux, la parution, à l'âge de quatre-vingt dix ans, de Hors service, un bilan, de M. Helmut Schmidt, ex-Chancelier d'Allemagne, vient à point nommé replacer la réflexion sur l'éthique au cœur de la science politique mondiale. Comme cet ouvrage testamentaire ne ménage pas l'univers fictionnel des Etats-Unis et son emprise sur l'encéphale actuel de l'humanité, il ne semble pas avoir trouvé de Maison d'édition parisienne pour en publier une traduction. Mais il s'agit d'un texte fondateur en ce qu'il démontre qu'une réflexion politique sur l'éthique qui ne s'enracinerait pas dans l'anthropologie critique ne répondrait pas à la situation actuelle du monde. C'est pourquoi M. Helmut Schmidt s'interroge, en politologue moderne, sur le statut de la conscience au titre de la " plus haute instance " . Quelle est la philosophie qui servirait d'assise à cette autorité-là de la conscience?

Il est rare qu'un grand homme d'Etat du siècle dernier achève sa vie par une réflexion de cette envergure sur l'éthique de demain. Je crois lui rendre hommage à souligner que les progrès des sciences humaines qu'attend le XXIe siècle s'inscriront dans le prolongement de la réflexion encore corsertée par la morale kantienne de M. Helmut Schmidt .

1 - La science politique des héritiers de la tyrannie
2 - Un ex-chancelier tourné vers l'avenir
3 - Les silences et la vérité des grands hommes d'Etat
4 - Regardons sous le tapis…
5 - Le sacrifice de M. Helmut Schmidt à l'Allemagne
6 - Helmut Schmidt et la philosophie de l'appel
7 - L'avenir de M. Helmut Schmidt dans l'histoire de la conscience politique
8 - La prédéfinition politique de la vérité
9 - La vocation et la braise d'une vocation d'homme d'Etat
10 - L'Etat des employés et l'Etat des appelés

 

1 - La science politique des héritiers de la tyrannie

Qu'un ex-Chancelier d'Allemagne publie à l'âge de quatre-vingt dix ans un essai ironiquement intitulé Hors service et qu'il présente un " bilan " explicatif et critique de son passage dans le siècle est une entreprise sans exemple et d'un grand intérêt même pour l'historien classique, même pour le philosophe d'école, même pour le psychologue fidèle à l'analyse des " circonstances et des volontés " dont l'historiographie officielle se nourrit , même pour le biographe rompu à l'art de tout raconter d'une vie , sauf le feu et la braise d'une vocation et d'un destin, même pour l'ambitieux immergé dans l'air du temps, même pour le politicien converti à une démocratie mondiale messianisée, même pour les catéchètes des vœux pieux de la Liberté .

Mais quand l'ancien dirigeant d'un Etat de quatre vingt millions d'habitants est né en décembre 1918, quand il a porté l'uniforme de l'âge de dix-huit ans à vingt-six, quand il jette sur l'histoire du monde un regard d'initié tardif aux pièges de la rédemption et du salut sous la bannière d'un empire étranger, quand, au soir de sa vie, un ancien chef d'Etat s'interroge à l'école de Kant sur une future éthique internationale de la politique, quand il tente de peser les valeurs, les vertus et la nature des grandes religions et de les placer dans la postérité de l'impératif catégorique de l'auteur de la Critique de la raison pure, il sollicite une attention toute particulière de l'anthropologue et du simianthropologue soucieux de porter le regard relativement averti des descendants de Darwin et de Freud sur la postérité d'un quadrumane à fourrure. Peut-être la vraie immortalité de M. Helmut Schmidt est-elle d'enjamber non seulement deux siècles , mais deux âges de la connaissance, celui de la sortie du genre humain des jardins fleuris de la Renaissance et de son entrée dans une grandeur nouvelle de la conscience.

2 - Un ex-chancelier tourné vers l'avenir

Le terrible bénéfice d'avoir vécu sous une tyrannie est qu'on y acquiert la science des nations, des peuples et des empires qui manque si cruellement à la classe dirigeante née après 1940, dont la sous-information tragique tient moins à son inexpérience de l'Histoire qu'au malheur d'avoir passé sa vie entière dans un monde infantilisé par la victoire des démocraties de l'espérance et de la candeur . Nous devons, hélas, à Hitler et à Staline de comprendre la lucidité tranquille, mais également l'effroi d'un ex-Chancelier d'Allemagne qui sait et qui écrit que les démocraties ne sont pas de saintes brebis et que leurs mamelles sont avares de lait ; d'un nonagénaire qui sait et qui écrit que la France, l'Angleterre et l'Italie se sont pieusement opposées à la réunification allemande et que le pays de Goethe et de Schiller doit à l'oncle Sam d'avoir retrouvé la majeure partie de son territoire ; d'un nonagénaire qui sait et qui écrit que George Bush senior y a seulement vu l'intérêt bien compris de sa nation; d'un nonagénaire qui sait et qui écrit que l'Amérique a travaillé d'arrache-pied à étendre l'Union européenne à vingt-sept membres afin de s'assurer de l' impuissance politique du Vieux Continent pour longtemps; d'un nonagénaire qui sait et qui écrit que, depuis 1949, l'OTAN a permis à l'Amérique de régner sur l'Europe et de la diriger à sa guise; d'un nonagénaire qui sait et qui écrit que l'OTAN est devenu le bras armé d'un empire en expansion et que sa seule ambition est de s'étendre sans cesse à de nouveaux territoires; d'un nonagénaire qui sait et qui écrit que l'effondrement du dollar signera la chute de l'omnipotence militaire et diplomatique du César d'Outre-Atlantique; d'un nonagénaire qui sait et qui écrit que Washington viole en Pologne, en République Tchèque, en Ukraine, en Géorgie l'accord qu'il a signé avec la Russie en contrepartie de la dissolution du Pacte de Varsovie; d'un nonagénaire qui sait et qui écrit que la Germanie est interdite de résurrection à l'échelle mondiale pour une génération de plus et que la pire des politiques, pour Berlin, serait d'oublier le garrot de l'holocauste , mais que ce fardeau ne doit pas conduire Israël à compter sur l'Allemagne en toutes circonstances et au mépris des droits des Arabes au Moyen Orient et ailleurs; d'un nonagénaire qui sait et qui écrit que les démocraties kantiennes ne reposent pas seulement sur les droits des citoyens, mais également sur leurs devoirs et qui ajoute aussitôt que le vibrant appel du Président Kennedy au devoir des citoyens américains de se demander d'abord ce qu'ils peuvent faire pour leur patrie était si peu kantien qu'il ne visait qu'à entraîner la nation dans la guerre du Vietnam; d'un nonagénaire qui sait et qui écrit que l'euro sera la planche de salut du Vieux Continent et qui se félicite d'en avoir guidé les premiers pas aux côtés de M. Giscard d'Estaing, mais qui sait et qui écrit également qu'il n'y a pas de destin politique planétaire pour une ribambelle de pays dont la taille, la langue, la religion et l'histoire s'entrechoquent et que les chefs d'Etat européens font lire un conte d'Andersen à un continent d'enfants ; d'un nonagénaire qui sait et qui écrit, en lecteur de Nietzsche, que les démocraties ne sont qu'"humaines, trop humaines"; d'un chancelier d'Allemagne qui sait et qui écrit qu'en son temps, sa patrie n'enrichissait pas les élus du peuple, tandis que, de nos jours, des partis grassement rémunérés par l'Etat et des députés roulant carrosse font, d'un régime fondé sur le suffrage universel, un modèle viscéralement fondé sur des compromis, ce qui tue dans l'œuf toute vision prophétique de l'avenir du monde; d'un nonagénaire qui sait et qui écrit que les chefs d'Etat actuels sont des cancres en économie, alors que la connaissance des arcanes de la politique monétaire et des ressorts bancaires de la planète est devenue la clé non seulement de la géopolitique, mais des politiques nationales. Non, la lucidité et l'effroi d'un tel nonagénaire ne peuvent être lus avec les yeux myopes du siècle précédent.

3 - Les silences et la vérité des grands hommes d'Etat

Par bonheur, l'ex-Chancelier "hors service" est demeuré un personnage de premier plan en Allemagne, parce que la démocratie, dont il n'avait jamais entendu parler avant 1945, lui a fait don d'un art du sarcasme peu courant dans la sévère moralité luthérienne de la culture allemande, d'une sérénité de praticien désabusé du Parlement allemand et d'une forme d'élévation d'esprit de type paulinien sur laquelle je reviendrai. Mais, pour l'instant, le document anthropologique que j'évoquais au début de ces observations doit être scruté tantôt au microscope et tantôt au téléobjectif, et cela en raison des vues que Hors service ouvre aux futurs historiens du simianthrope . Car il les engage sur le chemin d'une spéléologie des peuples et des nations. A ce titre, M. Helmut Schmidt nous prévient qu'un homme d'Etat ne saurait livrer au public tout ce qu'il sait, mais qu'en revanche, ce qu'il énonce en toutes lettres doit porter le sceau de la vérité universelle, donc kantienne et ne céder en rien à l'attente des masses et à l'air du temps . Faut-il entendre qu'un vrai homme d'Etat parle vrai sur l'essentiel et qu'il ne garde le silence que sur des documents d'archives ou d'alcôve dont l'intérêt ne serait pas décisif pour la connaissance et la compréhension en profondeur de l'histoire de son époque?

La psychanalyse anthropologique de l'histoire s'arme d'un télescope. Elle se fonde sur le devoir d'approfondissement de la connaissance du genre simiohumain d'hier et d'aujourd'hui . A ce titre, elle observe et décrypte les événements à un niveau psychogénétique , donc spectral. Sa première tâche est de se demander quel recul le XXIe siècle conquerra à l'égard de l'histoire contemporaine et notamment à l'égard de l'Europe vassalisée d'aujourd'hui . A ce titre, le scannage de Ausser Dienst, eine Bilanz conduit à une stupéfaction de paléontologue du singe vocalisé ; car, en ce temps-là, le Vieux Continent se trouvait occupé depuis soixante ans du nord au sud et de l'est à l'ouest par de puissantes forteresses américaines. L'Allemagne en comptait deux cent soixante huit et l'Italie quatre-vingt sept, mais il s'en trouvait un millier sur les cinq continents, dont sept cent cinquante sur celui des descendants de Marathon et de Salamine et cent vingt quatre au Japon. Il est évident que, depuis Jules César, aucun Etat occupé par des troupes étrangères armées jusqu'aux dents et cantonnées à demeure sur son territoire n'est libre de ses mouvements et que la parade de l'Europe et du Japon sur la scène internationale se divise entre la gesticulation municipale et le simulacre grotesque.

Or, on ne trouvera pas, sous la plume avertie de M. Helmut Schmidt, un seul mot de commentaire global sur la domination militaire et politique que les Etats-Unis exerçaient encore au début du XXIe siècle sur la planète entière et qui remontait à plus de soixante ans. Les observateurs de Sirius du simianthropus europeensis de l'an de grâce 2008 se frotteront les yeux au spectacle qu'offrait en ce temps-là le spectre d'une science historique errante sur l'ex-continent de la pensée rationnelle. Ce fantôme se proclamait rigoureusement "scientifique" et "objectif" depuis Thucydide, mais il n'avait pas encore appris à porter les yeux des morts sur la politique mondiale. Comment se faisait-il que les historiens professionnels de l'époque mettaient sur les yeux des hommes d'Etats les plus célèbres et les plus puissants de leur temps un bandeau de cette épaisseur? Mais comme il se trouve que M. Helmut Schmidt éclaire chaque page de son ouvrage des feux de la lucidité planétaire que j'ai évoquée ci-dessus, il faut en conclure que cet homme d'Etat cache sciemment, non point ce qu'il juge accessoire et inutile de raconter au lecteur ordinaire, mais l'essentiel de la vérité; et comme ce disciple de l'idéalisme allemand ignore à la fois le mépris pour les ignorants et le tartuffisme politique, il nous faut changer radicalement de perspective et nous demander ce que M. Helmut Schmidt exprime avec force précisément de s'abstenir aussi spectaculairement de nous le raconter.

4 - Regardons sous le tapis…

M. Helmut Schmidt observe avec angoisse que la progression des empires tantôt par la reptation lente, tantôt par la projection brutale de leurs pseudopodes, mais toujours à partir de tentacules vigoureusement interconnectés. C'est principalement à partir de ses bases situées en Allemagne et en Italie que, depuis le 1er octobre 2008, la planisphère sur laquelle règne le Pentagone étend résolument son emprise stratégique sur l'Afrique, avec la mise en service de l'Africom (Commandement Africa). Ce "sixième Commandement" a été opportunément confié à un général américain de couleur, William Ward, parce que l'Africom nourrit l'ambition de couvrir le continent de la négritude dans sa totalité - donc de s'ajouter aux cinq " commandements unifiés " dont la toile d'araignée enserre d'ores et déjà la planète.

On sait que les forces armées de l'Empire de la "libération mondiale" s'élèvent à plus d'un demi million de légionnaires répartis entre cent cinquante et un pays sur les cent quatre vingt quatorze que compte l'ONU ; on sait que l'Afghanistan en compte vingt-sept mille à lui seul et que l'Irak - où Washington entend obtenir, par un bail à long terme , c'est-à-dire d'une durée illimitée - l'"autorisation" d'y construire cinquante trois places fortes - que l'Irak, dis-je est occupé par une armée de cent quatre-vingt seize mille cinq cents hommes ; on sait que la seule base de Vicenza, près de Venise est occupée par huit mille fantassins, on sait que l'indépendance du Kosovo n'a d'autre fin que de légitimer en droit international l'implantation de la titanesque base de Camp Bonsteel, qui a transformé ce micro-Etat en vassal de Washington et sa population en source de main-d'œuvre au service de l'occupant;

- LETTRES A LA GENERATION DE LA LIBERTE, LettreXII - Jean-François Kahn et le thème de la folie en politique Une psychanalyse de la condition humaine est-elle possible ?17 décembre 2007

- LETTRES A LA GENERATION DE LA LIBERTE , Lettre XVIII - Toute la vérité sur la politique étrangère française , 19 février 2008

on sait que la superficie totale des implantations militaires américaines sur les cinq continents couvre une superficie égale à celle de la Corée du Nord ou du quadruple du territoire de la Belgique; on sait que les dépenses militaires annuelles de l'ensemble des Etats de la planète représente environ mille deux cents milliards de dollars et que l'Empire américain en dépense près de la moitié - très exactement cinq cent quatre-vingt sept milliards.

Mais revenons un instant à l'Africom : certes, de nombreuses capitales africaines ont refusé l'installation sur leur territoire du quartier général de ce nouvel instrument d'expansion militaire de l'empire américain à l'échelle de la planète, ce qui a contraint les USA de le maintenir à Stuttgart, où il complète le "Commandement unifié pour l'Europe" dont le siège se trouve en Belgique. Aussi, l'unique garnison dont disposent les Etats-Unis en Afrique demeure-t-elle le camp Lemonier, à Djibouti, où quelque dix-huit cents soldats américains stationnent à titre permanent - mais nul doute que la corruption endémique des gouvernements africains les entraînera tôt ou tard à céder aux offres financières alléchantes du Pentagone. En attendant, seules les bases européennes continueront de servir de relais à l'expansion armée que Washington a désormais planifiée en direction de l'Afrique. C'est ainsi que le commandement des forces navales américaines en Europe, dont le Quartier général se trouve à Naples depuis 1945, a envoyé récemment vers ce Continent - plus précisément en Afrique du Sud - le porte-avions Théodore Roosevelt, avec rien de moins que sept mille hommes de troupe à son bord. Mais c'est principalement à partir de la base aérienne de Ramstein en Allemagne et des bases italiennes d' Aviano et de Sigonella que la 17ème force aérienne des Etats-Unis vient d'être placée sous le commandement de l'Africom, tandis que la base militaire de Camp Darby, dans la province de Pise, est chargée d'assurer la logistique de cette expansion stratégique systématique et implacable. Néanmoins, la base sicilienne de Sigonella demeure focale, parce qu'elle reste la seule en mesure d'assurer les opérations de la Joint Task Force Aztec Silence, dont le dispositif est indispensable à l'organisation de missions conjointes d'espionnage, de surveillance et d'opérations secrètes en Afrique. Quant à la cuirasse d'accompagnement onirique de l'empire, elle s'appelle le "Terrorisme". Cette mythologie présente l'avantage de cancériser instantanément tout point du globe terrestre où les Etats-Unis traquent un nouveau Lucifer.

5 - Le sacrifice de M. Helmut Schmidt à l'Allemagne

Or, la géo-stratégie de l'Amérique se situe au cœur du tragique et de la grandeur du destin de M. Helmut Schmidt, parce que l'ex-Chancelier est un spécialiste de la pensée stratégique allemande et européenne, à laquelle il a consacré trois ouvrages, l'un intitulé Défense ou représailles, une contribution allemande au problème stratégique de l'OTAN, Stuttgart, Seewald, 1961, le second, Contributions, Seewald 1967 et le troisième, Stratégie de l'équilibre, la politique allemande de la paix et les grandes puissances, Seewald, 1969.

Mais l'ex-Chancelier sait également que l'Allemagne ferait échouer toute future "construction européenne" si elle devenait le moteur et le théâtre d'une révolte politique du Vieux Continent contre l'occupation militaire américaine, qui, à partir de 1966, a été pérennisée par des traités bilatéraux entre les Etats-Unis et les membres de l'OTAN, tellement il est malheureusement certain que, dans ce cas, la France elle-même, qui a conquis une position hégémonique au sein du Vieux Monde pour avoir chassé l'occupant il y a quarante ans, la France, dis-je, cèderait à son tour à la tentation de dénoncer un "esprit de revanche" orgueilleux de Berlin ; et toute la presse asservie au monde anglo-saxon y verrait la contre-offensive d'une jeunesse des Germains inspirée par le refus sacrilège des nouvelles générations de patriotes de se plier aux conséquences fatales et à long terme de la défaite du IIIème Reich en 1945. C'est pourquoi M. Helmut Schmidt ne cesse de souligner qu'il appartient à la France seule de piloter la politique étrangère de l'Europe de génération en génération et à l'Allemagne de se réinstaller du mieux possible sur le Vieux Continent, c'est pourquoi il déplore en de nombreux passages de son ouvrage de n'avoir pas appris à fond le français , c'est pourquoi, ayant porté à Paris une sacoche de dépêches sous l'occupation allemande, il ne cesse de décrire la splendeur de "la plus belle ville du monde et de la plus cultivée". Mais, dans le même temps, cet ex-lieutenant sur le front de l'Est garde les yeux grands ouverts sur l'évidence que la renaissance politique réelle de l'Europe passera par la dissolution pure et simple de l'OTAN ; et c'est dans cet esprit que ce gaulliste allemand bâillonné souligne avec insistance que la machine de guerre mise sur pied par les Etats-Unis en Europe ne présente aucune légitimation défensive, parce que le Vieux Monde est à l'abri de toute agression d'un Etat contre un autre dans son propre sein et qu'il s'agit exclusivement d'un instrument de la volonté américaine de domination par la force du glaive- volonté qui a survécu à la chute du mur de Berlin en 1989.

6 - Helmut Schmidt et la philosophie de la conscience

Dans ces conditions, l'observatoire simianthropologique qui substituera son télescope à celui de l'historiographie classique se demandera quel degré de conscience présidait à la vassalisation politique de la civilisation européenne depuis 1945 et quel type de lucidité critique inspirait les chefs d'Etat inconscients ou prudemment silencieux de l'époque. Du coup, l'objectivité dont la science historique se réclamait depuis Thucydide change radicalement de recul. Certes, le regard "rationnel" de l'historien sur sa propre époque et sur les siècles antérieurs avait toujours été l'expression du degré de conscience moyenne d'elle-même dont l'humanité disposait à telle époque et sur tel territoire. C'est ainsi que les civilisations croyantes ont écrit leur histoire et celle du monde avec les yeux que leur ciel était réputé porter sur leur destin. Or, la distanciation embryonnaire dont une raison historique infirme armait l'Europe asservie du début du XXI ème siècle commençait de faire l'objet d'une mutation lente et secrète du globe oculaire de Clio.

Ici ou là, on commençait de remarquer que la rétine de type universitaire se rétrécissait en raison de son incapacité native de jamais porter un regard de l'extérieur sur la pseudo objectivité qui lui servait de bouclier et d'enclos naturel depuis le haut Moyen-Age, parce que la laïcité avait fait inconsciemment couler l'enseignement de la "raison" dans le moule de l'autorité hiérarchique que la théologie avait si longtemps exercée. Face au dessèchement des Universités dans une vulgate démocratique, les Etats devenus pseudo rationnels à l'école de cette pédagogie s'efforçaient d'entrer dans la brèche ouverte par les carences pédagogiques d'un savoir historique officiellement catéchisé depuis l'enfance ; mais ils ne s'y exerçaient qu'au nom d'un humanitarisme tiersmondiste alors à la mode, de sorte que le champ de l'historiographie tenue pour objective et autorisée à ce titre dans l'un ou l'autre camp des fuyards du tragique de l'Histoire demeurait superficiel sur les deux fronts. Faute de regard de plus haut et de plus loin sur le cerveau spéculaire et craintif d'une humanité née schizoïde, la forteresse des tabous qui bridait les plumes et paralysait les intelligences dans les écoles était devenue si rapidement spectaculaire qu'on la voyait se lézarder de partout. Du coup, la compréhension du présent et du passé commençait de devenir transévénementielle en ce qu'elle entrait discrètement dans la postérité de Darwin et de Freud ; et cette postérité-là s'éclairait d'avance d'un regard de simianthropologue sur le singe cérébralisé, vocalisé et réfléchi tantôt dans le miroir de ses cosmologies religieuses, tantôt dans celui de ses idéocraties, parce que la décadence de l'Europe la faisait entrer dans un spéculaire nouveau et qui demeurait à décrypter, le spéculaire démocratique.

Dans cet esprit, le souci de M. Helmut Schmidt de poser les fondements d'une éthique universelle qui inspirerait la politique mondiale fait de Hors service un document historique central en ce que sa réflexion d'homme d'Etat tente de réaliser une synthèse entre la vague conscience religieuse dans laquelle baignait encore l'Europe du XXeme siècle et le type de conscience philosophique planétaire qui caractérise l'idéalisme allemand en général et notamment son culte des "vertus" et des "valeurs" censées s'inscrire à la fois dans l'héritage du christianisme et dans celui de la civilisation gréco-latine. Quant à la culture et à la philosophie française, elle avait jeté toute connaissance des théologies aux orties, de sorte qu'elle se trouvait frappée d'une incapacité radicale de radiographier l'encéphale d'une espèce qui s'inventait des dieux depuis des millénaires et qui continuait de s'en procurer.

Cet examen me conduit à radiographier la vision à la fois partielle et prometteuse de l'Histoire qui inspirait un grand chef d'Etat allemand au début de notre XXIe siècle. Que savait-il et que croyait-il comprendre de la religion et de la philosophie européennes et surtout quelles conclusions politiques en tirait-il à l'échelle de son temps?

7 - L'avenir de M. Helmut Schmidt dans l'histoire de la conscience

M. Helmut Schmidt figure parmi les hommes d'Etat - ils étaient encore rarissimes à son époque - qui avoue sans ambages à ses concitoyens pourtant majoritairement croyants n'avoir jamais prié de sa vie; mais, dans le même temps, il remarque que toutes les civilisations se fondent nécessairement sur des valeurs morales à la fois universelles et différemment orchestrées au gré de la diversité des cosmologies religieuses et de la multiplicité des formulations dogmatiques de leur vision du monde et de leur doctrine. Certes, M. Helmut Schmidt rattache principalement la mise en évidence de cette proposition à l'idéalisme kantien. Mais on sait que la fécondité proprement intellectuelle du protestantisme allemand tient à l'alliance de la pensée rationnelle classique - celle qui s'enracinait dans Archimède et Euclide - avec celle d'une Réforme qui a recueilli l'héritage de la philologie critique italienne et érasmienne. Puis l'Allemagne a trouvé avec Luther le théologien d'un Christ des innocents aux mains pleines et des rebelles à l'autorité hiérarchique d'une Eglise alors fortunée à l'excès et trop somptueusement captive d'un corps aussi nobiliaire que sacerdotal. Au début du XXIème siècle la découverte, qui remontait à 1904, de la relativité de la raison euclidienne et des "évidences" qu'éclairaient depuis le Moyen-Age les "lumières naturelles" du "sens commun" n'avait pas encore pénétré dans une science historique fidèle à la logique d'Aristote et étrangère par nature à toute pesée philosophique des présupposés anthropologiques qui pilotaient dans l'inconscient la raison simiohumaine ordinaire au sein des sciences banalement expérimentales dans un univers tridimensionnel.

M. Helmut Schmidt appartient à son temps en ce qu'il se réclame de l'intelligibilité spontanée et native que les historiens de la théologie et de la philosophie du XIXe et du XXe siècle avaient continué d'élaborer dans la tradition de saint Thomas, lequel était demeuré le "docteur angélique" officiel de l'Eglise romaine jusqu'en 1962. A ce titre, il valorise non seulement les problématiques d'origine psychobiologique sécrétées par un univers limpide, mais il légitime une culture nécessairement inscrite dans un millénaire de la tradition universitaire. Mais son génie de grand homme d'Etat le fait courir aussitôt aux conséquences politiques, donc exclusivement pratiques qu'il convient de tirer pour l'avenir de l'ancienne symbiose entre les vérités de la foi et celles de la raison naïve des géométres classiques - symbiose qui ne remonte évidemment pas à l'idéalisme allemand, mais à la Ratio verae théologiae d'Erasme, paru en 1519 chez Martens, puis constamment remaniée et approfondie dans les éditions bâloises de 1520 à 1523.

Naturellement, l'esprit essentiellement, sinon exclusivement pragmatique et livré au contingent des hommes d'Etat les conduit à une superficialité philosophique et culturelle indispensable à leur gestion globalement la plus satisfaisante possible des affaires publiques de leur siècle. D'où le culte du "respect" pour toutes les convictions religieuses utiles, d'où une légitimation candidement irrationnelle de la croyance profitable en l'existence des idoles, d'où l'absence de tout examen critique des raisons psychobiologiques qui conduisaient inévitablement l'humanité primitive à se placer sous la tutelle d'un guide imaginaire du cosmos, d'où l'oubli nécessaire des fondements psychogénétiques du besoin d'autorité du simianthrope, d'où la méconnaissance payante des fondements de l'alliance du pouvoir temporel avec le sacré, d'où le culte universel d'une "tolérance" bénéficiaire à la fois d'une condescendance retenue à l'égard de l'erreur religieuse et d'une légitimation discrète des mythes cosmologiques , d'où l'évacuation de toute interprétation dérangeante de l'évolutionnisme, d'où l'oubli des trouble-fête que sont les sciences de l'inconscient.

8 - La prédéfinition politique de la vérité

L'ambiguïté qui caractérise inévitablement la vie intellectuelle des grands hommes d'Etat résulte du seul fait qu'ils se trouvent fatalement partagés entre deux définitions de la vérité incompatibles entre elles : car d'un côté, l'obligation demeure d'invoquer des droits attachés à leur fonction et propres à une "morale de la responsabilité", de l'autre la moralité de saluer le vrai en tant que tel ne se laisse pas aisément jeter à la corbeille. C'est ainsi que la Constitution allemande autorise aussi bien le serment religieux que le serment laïc. M. Helmut Schmidt est un bon connaisseur de Max Weber. Il prend soin de rappeler que ce sociologue a théorisé les deux "éthiques de la vérité" qui pilotent l'histoire du monde, celle qui juge du vrai et du faux à l'école de la finalité politique d'un argument, celui des Socrate comme des Copernic, qui soutient que les faits sont plus têtus que les cultures.

Aussi M. Helmut Schmidt se demande-t-il avec franchise si son serment de Chancelier était seulement "professionnel", donc exclusivement attaché aux devoirs de sa fonction (Amtseid), ou s'il fallait y introduire une dose de théologie qui resterait à déterminer. La "morale de la responsabilité" propre à l'homme politique lui fait déclarer qu'il n'a pas eu de "tourment de conscience" qui l'aurait empêché de prêter serment "sous l'invocation de Dieu", parce que la grande majorité des Allemands croit en l'existence d'un créateur du cosmos et fonde largement la morale publique et privée sur cette conviction. Mais dans ce cas, quid de la vérité des philosophes et des savants ? Va-t-on purement et simplement l'ignorer ? M. Helmut Schmidt est le premier Chancelier-philosophe, en ce qu'il avoue que les deux vérités ne sauraient logiquement cohabiter dans une même tête et qu'il a prêté serment au nom de Dieu, mais qu'il "doute que Martin Luther ou le Vatican le reconnaîtraient pour un chrétien". (p. 298)

L'intérêt anthropologique de cette question est considérable ; car si Périclès affirmait l'existence de Zeus au nom de la "morale de la responsabilité" que son temps lui imposait, alors non seulement toute l'histoire simiohumaine se trouve soumise par nature à une morale du mensonge politique, mais, de surcroît, la responsabilité politique sera à jamais incompatible avec le culte de la vérité, puisqu'elle proclamera que le mensonge fonde la vérité et qu'un faux raisonnement constitue une preuve valable du "vrai" tel que la politique le prédéfinit. Le XXIe siècle enfantera-t-il donc des hommes d'Etat qui sauront enfin qu'ils trompent délibérément une espèce appelée à se trouver sauvée par son ignorance et par sa cécité et se feront-ils en toute lucidité un devoir "moral" d' assumer la responsabilité de conduire l'humanité au salut à l'école du "mensonge bien intentionné", alors que l'extension contemporaine du politique au sacré place la question de l'avenir de l'intelligence réelle du simianthrope au cœur de la géopolitique de demain? Mais si la vraie responsabilité politique n'est plus de bien mentir, l'homme d'Etat changera-t-il sa définition de la vérité ? S'il est devenu responsable du destin de l'encéphale de l'espèce, comment va-t-il modifier le statut anthropologique du mensonge au cœur la science politique?

9 - La vocation et la braise d'un destin d'homme d'Etat

Les limites de la culture philosophique moyenne de ce temps-là - donc de la conscience de soi de l'humanité du début du IIIème millénaire - conduisaient à une triple irréflexion politique. La première concernait la nature inconsciemment théologique, donc mythologique de la dissuasion nucléaire, qui demeurait copiée sur la divinité apocalyptique de la Genèse, la seconde concernait la fonction politique des sacrifices, qui sont fondés sur le vieux meurtre de l'autel, donc sur l'offrande d'un être vivant et saignant à une idole créancière - et cela au sein même de la religion de la Croix - la troisième concernait les formes nouvelles de l'ubiquité du Diable, lequel se trouvait incarné et symbolisé par un "Terrorisme" mythique fondé sur l'exploitation par le Pentagone de la faiblesse viscérale de l'encéphale simiohumain de l'époque.

Mais la fécondité politique méritoire d'une culture européenne encore tridimensionnelle n'était pas seulement de conjurer le risque d'une "guerre des civilisations" copiée sur le modèle des croisades ou des guerres de religion de l'Europe de la Renaissance . Certes, la fragilité native de l'Occident lui interdisait de répondre aux besoins d'un approfondissement abyssal du "Connais-toi". Personne n'avait compris la nécessité d'une plongée dans les profondeurs anthropologiques d'un mythe de la liberté enroulé dans les plis du drapeau américain. Seule une révolution radicale de l'humanisme classique pouvait renouveler le cogito ergo sum de Descartes et donner à l'Europe l'assise d'un humanisme résurrectionnel, parce que c'était précisément au nom d'une "Liberté" sotériologisée au profit d'un empire étranger que l'Europe se trouvait vassalisée pour son "salut" et sa "rédemption" démocratiques.

C'est pourquoi l'immense mérite éthique et politique de M. Helmut Schmidt est d'avoir pris appui sur la vision kantienne du monde dont disposait encore une large partie de l'élite intellectuelle de son siècle pour condamner vigoureusement les camps de torture de Guantanamo et d'Abou Graihb et cela, non point, à l'instar de tous les autres chefs d'Etat européens de son temps, en raison seulement de la catastrophe politique et militaire que furent, pour les Etats-Unis, cinq ans d'une guerre perdue d'avance en Irak , mais en raison du viol du droit international public sur lequel cette agression s'est fondée . On ne saurait condamner une politique pour cette raison-là sans connaître "l'impératif moral" de Kant. Mais que resterait-il de la civilisation née avec l'Antigone de Sophocle si la défaite ou la victoire militaires décidaient du vrai et du faux, du juste et de l'injuste? Que serait-il demeuré de mémorable et de digne de la civilisation européenne de l'époque si M. Helmut Schmidt n'avait rappelé que la guerre d'Irak foulait aux pieds toute éthique universelle et tout principe kantien de la justice et du droit?

10 - L'Etat des employés et l'Etat des appelés

M. Helmut Schmidt a trouvé dans la langue allemande elle-même l'assise de son éthique politique. Car le français a un peu oublié que la "profession" renvoie au latin profiteri, reconnaître , confesser et que "vocation" renvoie à vocare, appeler. L'allemand, en revanche , dit Ruf pour appel et Berufung pour la vocation du mystique ou du saint " appelé" à un destin au service de "Dieu". Mais la "profession" se dit Beruf et conserve de ce fait un lien étroit avec le sacré . M. Helmut Schmidt a-t-il prêté serment au titre d'un élu appelé à exercer une fonction officielle de type professionnel ou au titre "d'appelé" par son Beruf à honorer sa vocation de délivrer de l'occupation militaire de l'étranger le peuple allemand de demain ? Quelle est la "morale de la responsabilité" de l'homme d'Etat, si c'est de cette vérité-là qu'il est responsable ? La politique est-elle du ressort de l'appel ou du ressort de l'emploi?

C'est à cette profondeur que la philosophie de l'esprit et l'éthique politique se rencontrent. Aux yeux de la simianthropologie de demain, la place qu'occupera M. Helmut Schmidt sera paradigmatique, parce qu'il aura été le seul homme d'Etat occidental auquel son envergure morale aura permis de situer la question de l'avenir d'une éthique mondiale de la géopolitique non seulement au cœur de l'histoire du XXe et du XXIe siècle, mais au cœur de la condition humaine. A ce titre, il fera figure de témoin privilégié et pour ainsi dire de baromètre des attentes et des manques d'une culture alors à bout de souffle et tâtonnante dans le vide, mais déjà devenue secrètement consciente de la nécessité d'armer le roseau pensant d'un nouveau centre de l'éthique.

Aussi, le dernier chapitre du "bilan" s'intitule-t-il avec grandeur : "La conscience comme la plus haute instance". Quel destin, pour un homme d'Etat pensant, de conquérir à quatre-vingt dix ans la place d'un sémaphore de l'éthique mondiale solidement planté au carrefour des routes qui conduiront la conscience humaine en direction de son véritable avenir!

http://pagesperso-orange.fr/aline.dedieguez/tstmagic/1024/tstmagic/defis_europe/schmidt.htm http://pagesperso-orange.fr/aline.dedieguez/tstmagic/1024/tstmagic/defis_europe/schmidt.htm



Mardi 28 Octobre 2008


Commentaires

1.Posté par ciborg le 27/10/2008 18:12 | Alerter
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Vous etes un grand geni mais il faudrait quand meme que vous vous inspirez un peu des ecrits de Karl Marx. pour que vous deveniez un geni complet. Le monde occidental dans son histoire et sa culture que par ailleurs vous incarnez parfaitement , vehicule malheureusement et dommage pour la civilisation humaine des idées injustes et fausses . En effet jusqu'a nos jours, la prostitution , la mendicité et la politique sont considerez comme des metiers ??? .Et meme avec l'expression "" vieux comme le monde"" Si le monde a toujours etait injuste , cela n' est pas divin ni naturel , il y a des explications objectives a ces phénomenes. La politique par exemple dans la definition Marxiste est ""l' expression condensée des rapprts economiques"" de ces rapports justement decoule tous le modele social , politique , economique , juridique enfin
toute la techno-structure avec son socle philosophique et ideologique , c a d le coté spirituel de la conscience de l'etre humain dans sa vie quotidienne et eternel.


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