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La politique Africaine de la France: les errements de Sarkozy


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Mercredi 10 Octobre 2007

Les relations entre la France et l’Afrique passionnent tant par ses rapports historiques que par les chambardements qu’elles suscitent à travers le temps. Cette intimité qui, jadis existait entre ce grand contient et la France n’existe maintenant que de nom. L’attitude nombriliste de la France et le sort réservé aux africains en France ont fini par agacer les gouvernants africains et leurs populations. Les politologues s’accordent aujourd’hui pour reconnaître que la France a perdu de sa superbe et de son influence en Afrique. Les récentes sorties du président français, Sarkozy, au sujet de l’Afrique ne font qu’empirer une situation déjà délétère. Nous proposons de nous appesantir sur ce qu’il est convenu d’appeler « les trois errements de Sarkozy a propos de l’Afrique ». Il s’agit d’abord, de sa déclaration sur une France qui n’aurait pas besoin économiquement de l’Afrique, ensuite de ses accointances avec les dictateurs africains et enfin son discours sur l’homme africain du 26 juillet 2007 à Dakar. Cette dernière déclaration a fini par mettre le feu aux poudres. Ces propos à connotation raciste méritent une réponse claire car c’est avec l’expression d’un blâme qu’il s’adressa en ces termes à l’Afrique.

Les errements du président français

Ø L’Afrique ne représenterait que 2% dans ses échanges commerciaux avec l’hexagone



Le président français commence ses allégations à l’égard de l’Afrique par son discours à Cotonou(en mai 2006), où il déclare que "la France n'avait économiquement plus besoin de l'Afrique". Cette phrase est injurieuse en ce sens que l’auteur ne pense pas vraiment ce qu’il dit. Se peut-il qu’on puisse faire de telle déclaration alors que les multinationales(noyau dur du CAC40), ne s’enrichissent qu’en Afrique. La liste est longue mais on pourrait citer pêle-mêle le groupe TOTAL-FINA-ELF, Bouygues, AREVA, SDV, France Telecom, Bolloré etc.… nul n’est censé ignorer les profits colossaux que fait Total en Afrique. Quelles sont les entreprises françaises, du moins les plus importantes, qui ne sont pas résolument tourné vers l’Afrique ? Comme le rappelle le président du groupe Bolloré, « ce qui fait la spécificité de notre groupe, c’est son implantation en Afrique ». Il y compte pas moins de 70 sociétés, implantées dans 35 pays (21 francophones et 14 anglophones). Il emploie 15 000 personnes (parmi lesquelles 250 expatriés) dans le transport et la logistique, et 3 000 dans la branche tabac (en 1997). Dans les principaux pays où Bolloré est présent, on retrouve le même schéma d’implantation : des usines de cigarettes et parfois la culture du tabac, comme en Côte d’Ivoire, le contrôle des transports (le chemin de fer, la manutention portuaire, les activités de transit et les navires), les plantations (hévéa, caoutchouc, huile de palme, banane, coton et cacao) ; à quoi s’ajoute l’exploitation forestière en Afrique centrale. Ce groupe est présent partout sur le continent. Il est représenté en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Burkina Faso, au Cameroun, au Mali, au Togo, au Bénin, au Congo-Brazzaville, au Nigéria, en Afrique du Sud, en Angola, en l’Afrique de l’Est avec le Kenya, en Madagascar et l’île de la Réunion, où il assure la moitié du trafic maritime. Et dire que Sarkozy explique que l’Afrique ne compte que pour environ 2% dans ses échanges commerciaux avec l’hexagone. Il a renchéri en disant que la France ne vend pas ses Airbus à l’Afrique. Ce que l’avocat des affaires, devenu président a oublié c’est que les africains sont libres de payer les avions qu’ils veulent. Il est de notoriété public que l’expulsion du patron d’Areva (c’est-à-dire de son directeur, Dominique Pin, le 25 juillet) au Niger, cache des arrières pensées mercantiles. Areva est accusé de soutenir les rebelles du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) en conflit ouvert avec Niamey depuis des mois. Partenaire privilégié du gouvernement nigérien il y a encore quelques mois, les Français subissent la concurrence des investisseurs chinois et du géant australien Rio Tinto. L’uranium nigérien est stratégique pour Areva. Avec une production, pour l’année 2006, de 4 000 tonnes sur ses sites d’Arlit et d’Imouraren, il représente plus de la moitié de la production totale du groupe. Nous savons de même que Nicolas Sarkozy et son homologue nigérien, Mamadou Tandja, se seraient expliqués au téléphone, le mardi 31 juillet. En outre, la visite à Niamey du secrétaire d’Etat à la coopération, Jean-Marie Bockel, le samedi 4 août, n’était rien d’autre qu’un voyage de négociation. Pourquoi courir si l’Afrique ne représente rien ?



Ø Son soutien aux dictateurs africains

Alors qu’on croyait à une bourde médiatique, aux lendemains de son élection, le président Sarkozy reçoit à l’Elysée, Omar Bongo et Sassou N’guesso. Peut-être, parce qu’ ayant la mémoire courte, le président français tournait ainsi le dos à ses propres propos. En effet, il ne cessait de dire qu’il fallait « refonder la politique africaine de la France sur des relations transparentes et officielles entre pays démocratiques », et « tourner la page des complaisances, des secrets, des ambigüités » et donc «cesser de traiter indistinctement avec des démocraties et des dictatures». Bongo est-il un modèle ? Ce tyran domestique qu’est monsieur Omar Bongo (intronisé en 1967 par Jacques Foccart, l'homme de l'ombre du Général De Gaulle) est pourtant apprécié par le président français, qui trouve encore les ressources pour proclamer à l’ONU, son « new deal » pour le monde. Après le gendre, c’est le beau-fils, Denis Sassou Nguesso (dictateur du Congo-Brazzaville de 1979 à 1991 et depuis 1997), qui est reçu le 5 juillet 2007 à l’Elysée. Pourtant, l’hôte de l’Elysée n’est pas un sain. En 2006, la justice américaine donnait raison aux fonds d’investissement qui démontraient l’ampleur des détournements opérés par le régime Sassou sur les revenus pétroliers : environ 20% du budget parti se cacher, avec la complicité de banques et d’entreprises françaises, dans les circuits opaques de la finance mondiale. Un mécanisme parfaitement huilé décrit avec talent par Xavier Harel dans Afrique, pillage à huis clos (Fayard, 2006). Le 19 juin 2007, le Parquet de Paris donnait raison aux associations Survie, Sherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD) qui accusaient Sassou de profiter en France d’argent détourné au Congo, en ouvrant une enquête préliminaire sur son patrimoine immobilier en Île-de-France. Quelques jours plus tard, l’ONG Global Witness mettait à jour les dépenses somptuaires, financées par le pétrole, du fils du dictateur, Denis Christel Sassou Nguesso. A cela, il faut ajouter l’épineuse affaire des disparus du Beach, massacre perpétré en 2000 contre des civils congolais et pour lequel une instruction judicaire est en cour en France. En dépit de tous ces faits probants, le Zorro français a renié ses propres confessions.



Ø L’Afrique qui ne serait pas entré dans l’histoire….



En France, parler de « l’homme blanc » serait choquant. C’est pourtant à ce genre de généralisation abusive que s’est livré Sarkozy dans son discours de Dakar, le 26 juillet 2007. Certainement, n’ayant que des appendices de connaissances en Histoire, le président français a poussé son inculture jusqu’à nier que ce fameux «homme africain» ait pu avoir une histoire : «Le drame de l’Afrique, pérore-t-il, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Jamais il ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.». Il n’est pas opportun d’épiloguer longuement sur ce sujet car le plus souvent, ceux qui font de la gesticulation intellectuelle sont ménopausés intellectuellement. Dire qu’un homme qui a fait les bancs, à qui, on a répété à l’école que l’Afrique est le berceau de l’humanité, avance de telles affabulations n’est que le reflet d’une civilisation complexée. Mon vœu c’est que la jeunesse africaine ne lui pardonne pas ses errements philosophico – anthropologiques sur l’âme noire. Après avoir débité des contre-vérités sur les Africains en terre africaine, il est temps que les historiens africains conformément à la proposition de Madame KONARE écrivent leurs parts de vérité sur l’histoire africaine. Dans tous les cas, dans ce débat, aucun jury ne donnera le verdict mais bien le tribunal de l’Histoire.



La France de Sarkozy : l’Afrique te tourne le dos !



On dit souvent que l’erreur est permisse mais lorsqu’on persévère dans l’erreur cela devient une faute. Trois fois, le président français a renié l’Afrique. Il n’aura jamais grâce aux yeux des jeunes africains. S’il est vrai qu’il fut vite amené à résipiscence par ses vaines tentatives d’édulcorer son langage à propos de l’Afrique, l’Histoire a déjà retenu ses errements. La France de Sarkozy doit savoir qu’elle a tout perdu en Afrique. La perte d'influence de la France est globale, générale, même dans toute l’Afrique. C’est justement ce qui pousse monsieur Sarkozy à lancer des diatribes à l’encontre de la Chine en ces termes « La Chine, engagée dans la plus impressionnante renaissance de l'histoire de l'humanité, transforme sa quête insatiable de matières premières en stratégie de contrôle, notamment en Afrique. » Qu’à cela ne tienne, point n’est besoin d’un Sarkozy pour défendre notre continent. L’Afrique est un grand continent qui a souffert des affres de la colonisation, elle n’est pas dupe pour se faire avoir une fois de plus, par n’importe quelle puissance. En réalité les attaques répétitives de monsieur Sarkozy ne sont que l’expression d’un désespoir. C’est un leurre pour celui qui continue de croire que la France est encore extrêmement influente en Afrique. Seule l'armée française est restée enfermée dans ses bases, garde prétorienne de régimes indéfendables. Cette armée qui se recycle en " gardien de la paix ". la France, déjà gênée aux entournures par le génocide au Rwanda, le scandale Elf, les turpitudes de la " Françafrique " par sa guerre en Côte d’Ivoire... a perdu " son " Afrique, Au moment où ce continent redevient un enjeu géostratégique. Ah La France de Sarkozy, les erreurs, les lâchetés et les ambiguïtés qui ont émaillé ta politique africaine te perdront.



Vive l’Afrique historique !



Prao YAO Séraphin

Président du MLAN

www.mlan.fr

contact@mlan.fr








Mercredi 10 Octobre 2007


Commentaires

1.Posté par franSSe OUT OF AFRIKA le 10/10/2007 23:01 | Alerter
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franSSe OUT OF AFRIKA

2.Posté par Malto le 11/10/2007 10:12 | Alerter
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L'Ignoble Rallye Dakar mondialement connue pour son safari humain annuel sur l'Afrique représente environ 40% des bénéfices de Amaury Sport Organisation, entreprise française.
En 30 ans de crimes annuels dont l'assassinat de 9 enfants africains, le rallye Dakar n'a pas laissé 1 école, 1 dispensaire en Afrique.
Stoppez le rallye Dakar et Amaury Sport Organisation se casse la gueule.
La France n'a pas besoin de l'Afrique. L'Afrique n'a pas besoin du rallye Dakar.
Assassiner des enfants n'est pas un sport! To assassinate chldren is not a sport!


3.Posté par kazameth le 30/11/2007 10:40 | Alerter
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vraiment j'ai beaucoup j'ai lu c'est vraiment ce qu'il pour avoir une certaine liberté en Afrique sa à fellicité

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