Palestine occupée

La persistance de la violence et les colonies gâchent les perspectives de paix


Alors que la direction palestinienne dirigée par le Premier Ministre Salam Fayyad se prépare pour la conférence des donateurs qui aura lieu lundi à Paris, les Palestiniens sur le terrain sont ébranlés par la persistance de la violence qui ronge la Cisjordanie et Gaza.

Par MIFTAH


Mardi 18 Décembre 2007

Photo AFP/Musa Al-Shaer : La colonie de Har Homa dans le sud de Jérusalem. Les négociateurs israéliens et palestiniens se sont rencontré pour la première fois depuis la relance du processus de paix, les pourparlers ont été éclipsés par l'expansio
Photo AFP/Musa Al-Shaer : La colonie de Har Homa dans le sud de Jérusalem. Les négociateurs israéliens et palestiniens se sont rencontré pour la première fois depuis la relance du processus de paix, les pourparlers ont été éclipsés par l'expansio
Vendredi, quatre personnes ont été tuées, apparemment par une grenade jetée dans la foule de personnes présentes au cours du cortège funèbre de Khalil Masariyi dans la ville de Gaza. 34 autres personnes ont été blessés dans l'incident. Les dirigeants, le Fatah en particulier, pointe du doigt le Hamas, en affimant que des membres de sa branche armée ont effectué l'attaque.

Le Premier ministre destitué du Hamas, Ismail Haniyeh, n'est pas de cet avis, en accusant avec colère le Fateh, et affirme que l'attaque sanglante faisait partie d'un complot pour déstabiliser le Hamas et répandre le chaos.

Masariyi avait été tué la veille dans une attaque de l'armée israélienne contre la ville. Toutefois, il n'est pas le seul à être décédé cette semaine suite à des attaques israéliennes dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Le 13 décembre, trois personnes ont été tuées dans la ville de Gaza, quand un avion de combat de l'armée israélienne a tiré un missile sur un taxi, visant apparemment un membre des Brigades Al Quds, la branche armée du Jihad Islamique. Avec lui, un autre passager et le chauffeur ont également été tués.

Le 12 décembre, un autre militant des Brigades Al Qods, a été tué alors qu'il tirait une roquette sur la base militaire israélienne de Kissofim située sur la frontière de Gaza, alors qu'un jour plus tôt six militants des Brigades Al Quds étaient tués au cours d'une invasion de l'armée israélienne dans la Bande de Gaza. Six autres personnes ont été blessées dans l'attaque, dont un journaliste d'Associated Press.

Le 7 décembre, un paysan de Khan Younis a été tué alors qu'il se rendait sur son terrain qui est situé le long de la frontière entre la bande de Gaza et Israël. L'armée israélienne a tiré sur l'homme, estimant qu'il se trouvait dans le secteur pour porter une attaque contre des cibles israéliennes.

Les récentes morts de Palestiniens ainsi que les projets israéliens d'expansion des colonies en Cisjordanie ont mis un frein aux négociations sur le statut final récemment lancées et sur la prochaine réunion des pays donateurs à Paris, le 17 décembre.

A peine l'encre sèche sur l'engagement signé par Israel à Annapolis de stopper l'expansion des colonies, Israël a approuvé cette semaine la construction de plus de 300 logements dans la colonie de Har Homa à l'est de Jérusalem, connue sous le nom de Jabal Abu Ghneim pour les Palestiniens.

L'annonce, qui a soulevé le mécontentement des Etats-Unis et la colère des Palestiniens, a été faite quelques jours avant la première discussion sur le statut final qui devait avoir lieu à Jérusalem le 12 décembre.

Israël maintient que Har Homa est située à l'intérieur des limites de la municipalité de Jérusalem, limites qui ont été fixées unilatéralement par Israël après l'annexion illégale de la ville en 1967 et donc qui ne s'applique pas aux promesses faites à Annapolis, qui fint référence à l'expansion des colonies en Cisjordanie.

Israël semble exploiter au maximum une ambiguïté sémantique en annonçant, le 14 décembre qu'il relançait le précédent projet de construction del la route 45. Cette route, qui traverse des quartiers de Jérusalem-Est comme Abu Dis et Walaja, devrait soi-disant, permettre de relier Ramallah à Bethléem, en contournant complètement Jérusalem.

Toutefois, les Palestiniens affirment que ce projet n'est rien d'autre pour les Israéliens qu'un moyen de saisir plus de terres palestiniennes autour de Jérusalem. Les Palestiniens disent que si la route est construite, cela entrainera la confiscation de milliers de dunams de terres dans des secteurs palestiniens à Jérusalem tels que Sur Baher, Jabal Al Mukabber et Ras Al Amoud, ainsi que la démolition de plusieurs maisons le long de sa route.

Par ailleurs, Israël a divulgué un projet de construction de 7000 logements dans le secteur d'Ein Yayal, près de Walaja, à l'est de Jérusalem.

En outre, le Mouvement des colons israéliens tente de créer autant d'avant-postes que possible à la suite d'un éventuel accord de paix entre les Palestiniens et Israël. Le 9 décembre, des colons ont créé huit nouvelles colonies en Cisjordanie, à savoir entre Jérusalem et la colonie de Maaleh Adumim, dans la ville de Halhoul près d'Hébron et à Naplouse.

Bien que la police des frontières et les soldats de l'armée israélienne aient empêché les colons d'y apporter de l'équipement lourd et des caravanes dans la région, il n'y a pas eu beaucoup d'escarmouches entre eux, puisque les colons se sont engagés à dormir sur place, si nécessaire.

C'est ce point, parmi d'autres, que les Palestiniens ont soulevé avec leurs homologues israéliens lors de la première séance de statut final depuis Annapolis le 12 décembre. Les deux parties se sont rencontrés à Jérusalem pendant 90 minutes et sont ressorties de la réunion pratiquement les mains vides.

Les Palestiniens ont montré leur mécontentement face aux récentes initiatives de colonisation par Israël et ont aussi demandé à Israël de cesser ses incursions répétées dans la bande de Gaza, de lever le siège des territoires occupés et de mettre un terme aux attaques et aux assassinats.

La délégation palestinienne, dirigée par Ahmed Qoreï, a demandé à Israël de revenir sur sa décision d'agrandir la colonie de Har Homa conformément à ses obligations envers la Feuille de Route.

Israël a également exprimé ses griefs, en invoquant la situation sécuritaire comme étant sa principale préoccupation. La délégation a imputé à la direction palestinienne de ne pas être en mesure de prendre le contrôle de la sécurité en Cisjordanie ou à Gaza, en disant les roquettes tirées depuis la bande de Gaza ne cessaient d'augmenter.

Par conséquent, il n'est pas surprenant qu'une source israélienne anonyme ait déclaré à la presse israélienne que la première réunion de négociations sur le statut final a été un "échec". Les équipes doivent à nouveau se rencontrer après l'Eid Al Adha et les vacances de Noël

Alors que la voie politique n'a pas encore été à la hauteur des promesses, les Palestiniens se sentent quelque peu optimistes quant à la prochaine réunion des pays donateurs à Paris. La réunion à laquelle assisteront 90 pays et institutions internationales, devrait annoncer une aide de 5,6 milliards de dollars aux Palestiniens pour les trois prochaines années. Selon une source française, 80% de cette somme sont déjà sûrs.

En outre, les Palestiniens ont reçu un soutien supplémentaire lorsque le porte-parole du président français, David Martinon, a déclaré que la France ferait ensuite référence aux territoires palestiniens sous le nom de l'Etat palestinien. "Nous avons souhaité rebaptiser cette conférence en changeant le terme 'territoires palestiniens' en 'Etat palestinien' pour tenir compte des avancées de la conférence d'Annapolis", a déclaré Martinon.

Le Premier ministre Fayyad, et la délégation palestinienne arrivent aujourd'hui en France dans le cadre des préparatifs pour la réunion de lundi qui est perçue comme un point de départ majeur pour le développement économique dans les territoires palestiniens. Fayyad devrait expliquer les grandes lignes de ce qu'on appelle le "Plan de Réforme et de Développement palestinien", qui abordera non seulement des questions économiques mais des questions sécuritaires et politiques.

La Banque mondiale se fera un plaisir de l'entendre, surtout après son rapport publié cette semaine sur la situation dans laquelle elle a prévenu que l'aide des donateurs ne suffira pas à relancer l'économie palestinienne si Israël poursuit ses restrictions au commerce et au transport en Cisjordanie et à Gaza.

Le Comité International de la Croix-Rouge a publié un même message le 12 décembre, en disant que les restrictions israéliennes avaient provoqué une crise humanitaire en Cisjordanie et à Gaza, qui ne fait que s'aggraver. Il a demandé à Israël de cesser ses "mesures de représailles" qui paralysent la vie dans la bande de Gaza, tout en exhortant les Palestiniens à mettre fin à leurs attaques à la roquette contre des zones civiles israéliennes.

Le représentant du Quartet, Tony Blair, effectue également des efforts en vue de faire avancer le processus de paix, notamment sur la voie économique.

Le 13 décembre, il a rencontré le Président Abbas et le Premier ministre israélien Ehoud Olmert à Jérusalem pour discuter des mécanismes de mise en œuvre des projets économiques, dont des zones industrielles à Jéricho et Tarqumiya, un projet de système d'égouts dans la bande de Gaza ainsi que plusieurs autres projets.

Le 12 décembre, prenant la parole à l'Hôtel Intercontinental à Bethléem, Blair a déclaré que les colonies israéliennes n'étaient pas favorables au processus de paix. En début de semaine, il avait également affirmé au cours d'une interview à la radio qu'une visite à Gaza, était dans ses futurs projets, en soulignant que Gaza et la Cisjordanie devaient être unis et non divisés.

Source : http://www.miftah.org/
Traduction : MG pour ISM


Mardi 18 Décembre 2007

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