|
Samedi 04 Juillet 2009
12:36
|
||||
|
Publicité
La non-prolifération en question
|
||||
Lundi 22 Juin 2009 - 09:31 LA BURKA EN OCCIDENT: Vers un choc inexorable des civilisations ? |
Jeudi 11 Juin 2009 - 09:38 IL ÉTAIT UNE FOIS L’ECOLE POLYTECHNIQUE : Histoire des sciences de l’ingénieur dans le pays |
Vendredi 20 Juin 2008
Par Piotr Gontcharov, RIA Novosti
La préparation de ces "réparations" a eu lieu ces jours-ci à Rome, au cours du séminaire international de préparation de la "Conférence-2010 sur l'examen des effets du TNP". L'événement était organisé par la Conférence internationale de prévention des catastrophes nucléaires (Luxembourg) et le mouvement Pugwash.
Les participants au séminaire ont abordé de nombreux problèmes, mais n'ont pas jugé nécessaire de maintenir le TNP tel qu'il se présente aujourd'hui. Le fait est que, d'une part, c'est un des traités internationaux les plus rigoureusement respectés, qui compte un nombre imposant de signataires et qui est garant de la sécurité collective globale, mais, d'autre part... le traité n'a pas empêché les tentatives de l'Irak, de la Libye, de la Corée du Nord, de Taïwan et de l'Afrique du Sud de créer leurs propres armes nucléaires. Le TNP s'est également avéré être un mécanisme absolument impuissant à l'égard d'Israël, de l'Inde et du Pakistan, qui ont conçu leurs propres armes nucléaires sans être signataires du traité et sans bénéficier d'une aide extérieure, c'est-à-dire légalement.
De plus, le traité comporte des articles permettant aux pays signataires non nucléaires de développer presque légalement leur propre programme nucléaire militaire et, une fois arrivés au niveau souhaité, de se retirer du TNP. C'est ce qui a été fait par la Corée du Nord, qui a annoncé son retrait en 2003. Quant à l'Inde, qui n'a jamais signé le TNP, rien ne pouvait lui être reproché: elle n'a enfreint aucun engagement pris.
Le même problème se pose aujourd'hui avec l'Iran. Il y a de fortes chances qu'il répète "l'expérience" de la Corée du Nord. Le dossier nucléaire iranien a d'ailleurs figuré en bonne place au programme du séminaire de Rome. La défense antimissile en Europe, l'élargissement de l'OTAN à l'Est et, en fait, le sort du TNP lui-même sont directement liés à cette question. Ainsi, de l'avis de Mark Fitzpatrick, expert de l'International Institute for Strategic Studies (Grande-Bretagne), si l'on ne réussit pas à persuader Téhéran de renoncer à développer ses propres technologies d'enrichissement de l'uranium, et si l'on admet leur création par l'Iran, alors l'Egypte et la Turquie annonceront bientôt leur intention d'acquérir leurs propres technologies en la matière.
On ne peut pas dire que tous les participants à la conférence aient été unanimes quant au choix des solutions à apporter au problème iranien. M. Fitzpatrick propose de continuer à faire pression sur l'Iran selon la formule du Conseil de sécurité de l'ONU: "aucun enrichissement d'uranium" et durcissement des sanctions.
Hans Blix, président de la Commission internationale indépendante pour les armes de destruction massive, ancien chef de l'AIEA, s'en tient à une position semblable. Il admet un durcissement des sanctions économiques et financières, mais estime qu'elles doivent rester "ponctuelles" et dirigées contre les secteurs industriels iraniens d'extraction et de raffinage du pétrole, ainsi que contre le secteur énergétique. D'autre part, Hans Blix estime que les mesures diplomatiques sont encore loin d'être épuisées.
Le secrétaire général du mouvement Pugwash, Paolo Cotta-Ramusino, est quant à lui resté très prudent au sujet des sanctions. Il estime qu'il faut baisser considérablement le ton dans le dialogue avec Téhéran. De l'avis de l'expert italien, le fait même de l'existence de la coopération de l'Iran avec l'AIEA et les propositions iraniennes faites en faveur de cette coopération témoignent que Téhéran est prêt à poursuivre le dialogue diplomatique en vue de régler le problème.
La prudence a également prédominé au sujet de la création au Proche et au Moyen-Orient d'une zone "exempte d'enrichissement de l'uranium" en tant que premier pas vers l'apparition d'une future zone dénucléarisée dans l'ensemble de la région.
Bien entendu, la promotion de l'idée des zones dénucléarisées serait un instrument efficace de renforcement du régime de non-prolifération des armes nucléaires dans la région. Cette thèse est incontestable, d'autant que l'apparition de ces zones a été abordée en même temps que la question de l'octroi par les puissances nucléaires de garanties aux Etats qui ne détiennent pas d'armes nucléaires.
Mais cette voie n'est pas sans écueils. Selon Paolo Cotta-Ramusino, l'idée de créer au Proche-Orient des zones exemptes de technologies d'enrichissement nucléaire "ne sera pas comprise" et, par conséquent, elle ne recevra pas le soutien des Etats arabes si Israël est exclu de ce processus.
Les participants à la conférence ont fait preuve de la plus grande coïncidence de positions sur le respect par les grands Etats de leurs fonctions et de leurs engagements concernant le TNP. Il s'agit des engagements des principaux Etats nucléaires concernant la réduction de leurs armements nucléaires, comme l'exige l'article 6 du traité.
De l'avis général, les principales puissances nucléaires, en premier lieu les Etats-Unis et la Russie, "ont gelé" les négociations sur la réduction des armements nucléaires, alors que c'est justement à Moscou et Washington de prendre l'initiative dans le processus de désarmement. En ce qui concerne, par exemple, la France, comme cela a été déclaré au cours de la conférence de presse générale des participants au séminaire, elle n'a aucune intention d'engager des négociations sur la réduction de ses forces nucléaires, car celles-ci sont incomparables avec les potentiels des Etats-Unis et de la Russie.
En fait, l'Iran s'en tient à la même position. Téhéran pose déjà la question du bien-fondé des critiques avancées à son encontre, selon lesquelles il n'appliquerait pas les exigences du TNP: que valent ces critiques si les Etats nucléaires eux-mêmes ne respectent pas leurs engagements sur le désarmement formulés dans le TNP?
Le paradoxe principal de la situation actuelle autour du traité est que personne ne veut admettre qu'il a vieilli. Personne ne pose la question de l'élaboration d'un autre document sur la non-prolifération qui pourrait remplacer le TNP. Tout le monde souligne "son importance et sa grande valeur en tant que fondement du régime de non-prolifération des armes nucléaires". En même temps, tous (ou presque tous) admettent qu'il faut changer quelque chose à propos du TNP. Bref, on est sur ce point en présence d'une crise, comme l'avait souligné en son temps l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.
La préparation de ces "réparations" a eu lieu ces jours-ci à Rome, au cours du séminaire international de préparation de la "Conférence-2010 sur l'examen des effets du TNP". L'événement était organisé par la Conférence internationale de prévention des catastrophes nucléaires (Luxembourg) et le mouvement Pugwash.
Les participants au séminaire ont abordé de nombreux problèmes, mais n'ont pas jugé nécessaire de maintenir le TNP tel qu'il se présente aujourd'hui. Le fait est que, d'une part, c'est un des traités internationaux les plus rigoureusement respectés, qui compte un nombre imposant de signataires et qui est garant de la sécurité collective globale, mais, d'autre part... le traité n'a pas empêché les tentatives de l'Irak, de la Libye, de la Corée du Nord, de Taïwan et de l'Afrique du Sud de créer leurs propres armes nucléaires. Le TNP s'est également avéré être un mécanisme absolument impuissant à l'égard d'Israël, de l'Inde et du Pakistan, qui ont conçu leurs propres armes nucléaires sans être signataires du traité et sans bénéficier d'une aide extérieure, c'est-à-dire légalement.
De plus, le traité comporte des articles permettant aux pays signataires non nucléaires de développer presque légalement leur propre programme nucléaire militaire et, une fois arrivés au niveau souhaité, de se retirer du TNP. C'est ce qui a été fait par la Corée du Nord, qui a annoncé son retrait en 2003. Quant à l'Inde, qui n'a jamais signé le TNP, rien ne pouvait lui être reproché: elle n'a enfreint aucun engagement pris.
Le même problème se pose aujourd'hui avec l'Iran. Il y a de fortes chances qu'il répète "l'expérience" de la Corée du Nord. Le dossier nucléaire iranien a d'ailleurs figuré en bonne place au programme du séminaire de Rome. La défense antimissile en Europe, l'élargissement de l'OTAN à l'Est et, en fait, le sort du TNP lui-même sont directement liés à cette question. Ainsi, de l'avis de Mark Fitzpatrick, expert de l'International Institute for Strategic Studies (Grande-Bretagne), si l'on ne réussit pas à persuader Téhéran de renoncer à développer ses propres technologies d'enrichissement de l'uranium, et si l'on admet leur création par l'Iran, alors l'Egypte et la Turquie annonceront bientôt leur intention d'acquérir leurs propres technologies en la matière.
On ne peut pas dire que tous les participants à la conférence aient été unanimes quant au choix des solutions à apporter au problème iranien. M. Fitzpatrick propose de continuer à faire pression sur l'Iran selon la formule du Conseil de sécurité de l'ONU: "aucun enrichissement d'uranium" et durcissement des sanctions.
Hans Blix, président de la Commission internationale indépendante pour les armes de destruction massive, ancien chef de l'AIEA, s'en tient à une position semblable. Il admet un durcissement des sanctions économiques et financières, mais estime qu'elles doivent rester "ponctuelles" et dirigées contre les secteurs industriels iraniens d'extraction et de raffinage du pétrole, ainsi que contre le secteur énergétique. D'autre part, Hans Blix estime que les mesures diplomatiques sont encore loin d'être épuisées.
Le secrétaire général du mouvement Pugwash, Paolo Cotta-Ramusino, est quant à lui resté très prudent au sujet des sanctions. Il estime qu'il faut baisser considérablement le ton dans le dialogue avec Téhéran. De l'avis de l'expert italien, le fait même de l'existence de la coopération de l'Iran avec l'AIEA et les propositions iraniennes faites en faveur de cette coopération témoignent que Téhéran est prêt à poursuivre le dialogue diplomatique en vue de régler le problème.
La prudence a également prédominé au sujet de la création au Proche et au Moyen-Orient d'une zone "exempte d'enrichissement de l'uranium" en tant que premier pas vers l'apparition d'une future zone dénucléarisée dans l'ensemble de la région.
Bien entendu, la promotion de l'idée des zones dénucléarisées serait un instrument efficace de renforcement du régime de non-prolifération des armes nucléaires dans la région. Cette thèse est incontestable, d'autant que l'apparition de ces zones a été abordée en même temps que la question de l'octroi par les puissances nucléaires de garanties aux Etats qui ne détiennent pas d'armes nucléaires.
Mais cette voie n'est pas sans écueils. Selon Paolo Cotta-Ramusino, l'idée de créer au Proche-Orient des zones exemptes de technologies d'enrichissement nucléaire "ne sera pas comprise" et, par conséquent, elle ne recevra pas le soutien des Etats arabes si Israël est exclu de ce processus.
Les participants à la conférence ont fait preuve de la plus grande coïncidence de positions sur le respect par les grands Etats de leurs fonctions et de leurs engagements concernant le TNP. Il s'agit des engagements des principaux Etats nucléaires concernant la réduction de leurs armements nucléaires, comme l'exige l'article 6 du traité.
De l'avis général, les principales puissances nucléaires, en premier lieu les Etats-Unis et la Russie, "ont gelé" les négociations sur la réduction des armements nucléaires, alors que c'est justement à Moscou et Washington de prendre l'initiative dans le processus de désarmement. En ce qui concerne, par exemple, la France, comme cela a été déclaré au cours de la conférence de presse générale des participants au séminaire, elle n'a aucune intention d'engager des négociations sur la réduction de ses forces nucléaires, car celles-ci sont incomparables avec les potentiels des Etats-Unis et de la Russie.
En fait, l'Iran s'en tient à la même position. Téhéran pose déjà la question du bien-fondé des critiques avancées à son encontre, selon lesquelles il n'appliquerait pas les exigences du TNP: que valent ces critiques si les Etats nucléaires eux-mêmes ne respectent pas leurs engagements sur le désarmement formulés dans le TNP?
Le paradoxe principal de la situation actuelle autour du traité est que personne ne veut admettre qu'il a vieilli. Personne ne pose la question de l'élaboration d'un autre document sur la non-prolifération qui pourrait remplacer le TNP. Tout le monde souligne "son importance et sa grande valeur en tant que fondement du régime de non-prolifération des armes nucléaires". En même temps, tous (ou presque tous) admettent qu'il faut changer quelque chose à propos du TNP. Bref, on est sur ce point en présence d'une crise, comme l'avait souligné en son temps l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.
Commentaires
Nouveau commentaire :
Actualité en ligne | International | Analyse et décryptage | Opinion | Politique | Economie | Histoire et repères | Sciences et croyances
Pour une utilisation optimum et sécurisée, Alter Info suggère le navigateur Firefox. Cliquez sur le logo Firefox pour télécharger (gratuit).
Inscription à la newsletter
Derniers commentaires
-
Un commando de la LDJ saccage la Librairie Résistances
POURQUOI LES AUTORITES FRANCAISES TOLERENT LES GROUPES QUI DEFENDENT DES CAUSES USURPEES. PA...04/07/2009 12:34 - DURANDUPONT -
Un commando de la LDJ saccage la Librairie Résistances
État des lieux. Ce ne sont plus les Romains et les pirates qui on...04/07/2009 12:32 - Saturnin -
Hezbollah: les piliers de la crédibilité de l'ONU s'effondrent
Les Arabes, les Musulmans et le Monde Libre et honnête sur terre, considèrent que l'ONU es...04/07/2009 12:28 - essedik -
«Tout d’abord l’éthique, ensuite la politique et alors seulement l’économie» Une perspective éthique de l’économie pour le XXIe siècle
On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne, si l'on n'admet pas d'abord qu'elle es...04/07/2009 12:26 - Hamidouallah -
LE FIGARO tente de semer la discorde entre les Musulmans de France
Et vive LA REVOLUTION NOIRE.04/07/2009 12:25 - belh -
LE FIGARO tente de semer la discorde entre les Musulmans de France
Les journaux tels le figaro, le monde , libération (...) n'existent plus, ils sont dépassés, il...04/07/2009 12:22 - belh -
Un commando de la LDJ saccage la Librairie Résistances
@Virgile Pendant des décennies, on nous a matraqué ave...04/07/2009 12:13 - Abdelkader -
Comprendre et adorer Dieu
@ Sovardi : et qui s'est vraiment qu'est ce que "l'espace...04/07/2009 12:06 - fadi -
"L'Occident cherche à déstabiliser l'Iran" (Heykal)
Il faut démasquer le vrai visage du sionisme et leurs outils.04/07/2009 12:03 - Robert -
Un commando de la LDJ saccage la Librairie Résistances
oui en effet je les mets au défi d'aller provoquer les membres du MDI lol là ils vont se fair...04/07/2009 12:02 - andrei kalvinos del rei
Publicité
Brèves
-
La librairie Résistances de Paris attaquée par la Ligue de Défense Juive
...03/07/2009 18:11 - Paul-Eric Blanrue -
Les occupants israéliens détiennent des solidaires étrangers
...03/07/2009 11:37 -
Les occupants israéliens pratiquent 18 incursions dans les territoires palestiniens
...03/07/2009 11:26 -
Moussavi: le prochain cabinet n'est pas légitime
...03/07/2009 11:23 -
Chavez annonce la suspension de la fourniture de brut au Honduras
...03/07/2009 11:22 -
Le vice-président américain en visite surprise en Irak
...03/07/2009 10:59 -
Russie - Etats-Unis: les limites du redémarrage (Gazeta.ru)
...03/07/2009 10:57 -
Russie-Chine: apogée des relations bilatérales (ambassadeur)
...03/07/2009 10:50 -
Tchétchénie: un attentat contre Kadyrov déjoué à Grozny
...03/07/2009 10:48 -
Les Etats-Unis veulent des rapports d'égalité avec la Russie (Obama)
...03/07/2009 10:46
Vidéo du Net
-
Regardez Comment Il Vous Manipulent
O...03/07/2009 01:01 - Boumass2@hotmail.fr -
DERNIERE CHANSON DE MICHAËL JACKSON: il chante son amour pour l’Islam et pour ses frères musulmans
C...30/06/2009 12:19 -
Les Musulmans Vu par Un Catholique
A...30/06/2009 11:23 - Boumass2@hotmail.fr -
(PAS VU A LA TV) Boycott Israel au salon des armes
V...27/06/2009 16:05 -
Vidéo de BHL sur l'Iran, dommage que le ridicule ne tue pas... !
A...27/06/2009 15:59 -
Mickael Jackson ALLAH
M...27/06/2009 13:02 -
La Burqa, fadela, et la banlieue (Kemi Seba du MDI)
K...26/06/2009 12:27 -
Le mythomane Bernard Henry Lévy récidive (prétendue vidéo secrète d'Ahmadinejad)
A...26/06/2009 09:30 -
Karachi Sarko Ment très Mal
A...22/06/2009 12:05 -
L'implication de la CIA (et de ses éléments sionistes) dans la crise iranienne
L...22/06/2009 09:32 - nicguihaume@msn.com
-
"Sarkozy Israël et les Juifs", de Paul-Eric Blanrue - Commentaires de Jean Bricmont (avec vidéo)
l...10/06/2009 12:28 - Jean Bricmont -
Cohn-Bendit vs Bayrou
S...05/06/2009 12:59 -
Dans les coulisses du procès Fofana
d...24/05/2009 14:58 -
Salah Hamouri Citoyen d’honneur
S...23/05/2009 11:21 -
Salah Hamouri ou les geôles israéliennes
S...22/05/2009 11:37
Fuzz
Digg
Del.icio.us
Blogmemes
Tape-moi
Nuouz
Blinklist
Furl
Reddit
Smarking
Newsvine
Pioche
Spurl
Y!
Simpy
Wists
Blinkbits
Co.mments
Connotea
Blogmarks
Del.irio.us
Technorati
Meneame
Wikio
Facebook
Google
MySpace
Twitter
LinkedIn
Viadeo
Scoopeo
http://fr.rian.ru

































