MONDE

La nature, la forêt et les peuples indigènes ne sont pas en vente

Lettre du Président de l'État plurinational de Bolivie aux peuples indigènes


"Je suis profondément inquiet de la tentative d’utilisation de certains dirigeants et de groupes indigènes pour promouvoir la mercantilisation de la nature et de la forêt en particulier à travers la création du mécanisme REDD (Réduction des Emissions résultant du Déboisement et de la Dégradation des forêts dans les pays en développement) et ses versions REDD+ et REDD++. La nature, la forêt et les peuples indigènes ne sont pas en vente."


Evo Morales Ayma
Mardi 12 Octobre 2010

Evo Morales Ayma
Evo Morales Ayma
Frères indigènes du monde,
Je suis profondément inquiet de la tentative d’utilisation de certains dirigeants et de groupes indigènes pour promouvoir la mercantilisation de la nature et de la forêt en particulier à travers la création du mécanisme REDD (Réduction des Emissions résultant du Déboisement et de la Dégradation des forêts dans les pays en développement) et ses versions REDD+ et REDD++.
Chaque année une étendue de forêt et de jungle d’une superficie équivalente à 36.000 terrains de football disparaît.

Le Président Evo Morales plante un un arbre à
l'occasion du lancement d'une campagne de forestation

Chaque année, nous perdons 13 millions d’hectares de forêts. A ce rythme, les forêts disparaîtront avant la fin du siècle.
Les forêts et la jungle sont les principales sources de biodiversité. Si la déforestation continue des milliers d’espèces animales et végétales disparaîtront à tout jamais. Plus des trois quarts de l’eau douce accessible proviennent de zones de captage en forêt, étant donné que la qualité de l’eau se dégrade lorsque l’état de la forêt se détériore. Les forêts constituent une protection contre les inondations, l’érosion et les catastrophes naturelles. Elles fournissent des biens à base de bois ou sans bois. Elles recèlent de médicaments naturels et de techniques de guérissons jusqu’ici inconnues.
Les forêts et la jungle sont les poumons de l’atmosphère. 18 % de la totalité des émissions de gaz à effet de serre produites à travers le monde est dû à la déforestation.
Il est fondamental de cesser la destruction de notre Terre Mère.
Dans le contexte actuel des négociations sur le changement climatique, tout le monde reconnaît qu’il est essentiel d’empêcher la déforestation et la dégradation des forêts.
Toutefois, pour ce faire, certains optent pour la mercantilisation des forêts en avançant le faux argument selon lequel on prend soin et on entretient uniquement ce qui a un prix et un propriétaire.
Leur proposition est de ne prendre en compte qu’une des fonctions des forêts, à savoir sa capacité d’absorption de dioxyde de carbone, et d’émettre des « certificats », des « obligations » ou des « crédits-carbone » qui seront commercialisés dans un marché du carbone. Ainsi, les entreprises du Nord pourront choisir, soit de réduire leurs émissions dans leur pays, soit d’acheter des « certificats REDD » dans des pays du Sud en fonction de l’état de leur économie. Par exemple, si une entreprise doit investir 40 ou 50 dollars US pour réduire l’émission d’une tonne de CO² dans un « pays développé », elle préfèrera acheter un « certificat REDD » moyennant 10 ou 20 dollars US dans un pays « en développement », conformément à l’engagement portant sur la réduction des émissions de la tonne de CO² en question.
Par l’intermédiaire de ce mécanisme, les pays développés transfèreront aux pays en développement leur obligation de réduire leurs émissions, et le Sud financera, une fois de plus, le Nord puisque cette entreprise du Nord économisera beaucoup d’argent en achetant des « certificats » de carbone des forêts du Sud.
Non seulement, ils tricheront en ce qui concerne leurs engagements de réduction des émissions, mais ils ouvriront également la porte à la mercantilisation de la nature en commençant par les forêts.

"Protège les droits et les forêts
des peuples indigènesdu marché du carbone -
REDD : une solution fausse au changement climatique"

Les forêts feront l’objet d’une estimation en raison de la quantité de tonnes de CO² qu’elles sont capables d’absorber. Les « obligations » ou les « crédits-carbone » qui attestent de cette capacité d’absorption seront achetés et vendu(e)s comme n’importe quelle marchandise au niveau mondial. Pour s’assurer que personne ne viole la propriété des acheteurs de « certificats REDD », un ensemble de restrictions a été mis en place, lequel finira par bafouer les droits souverains des pays et des peuples indigènes sur leurs forêts et la jungle. C’est alors que commencera une nouvelle étape de privatisation de la nature jamais observée auparavant qui s’étendra progressivement à l’eau, à la biodiversité et à ce qu’ils qualifient de « services environnementaux ».
Alors que nous affirmons que le capitalisme est la cause du réchauffement global et de la destruction des forêts, de la jungle et de la Terre Mère, eux cherchent maintenant à étendre le capitalisme à la mercantilisation de la nature sous couvert du dénominatif « économie verte ».
Afin d’obtenir le soutien à cette proposition de mercantilisation de la nature, certains organismes financiers, gouvernements, ONG, fondations, « experts » et entreprises intermédiaires offrent un pourcentage des « bénéfices » de cette « mercantilisation » de la nature aux peuples indigènes et aux communautés vivant dans les forêts de peuples originaires et la jungle.
La nature, la forêt et les peuples indigènes ne sont pas en vente !
A travers les siècles, nous, peuples indigènes avons vécu en prenant soin et en préservant les forêts de peuples originaires et la jungle. Nous ne considérons les forêts et la jungle ni comme un objet ni comme une chose que l’on peut évaluer et privatiser.
Nous n’acceptons pas que l’on réduise les forêts d’indigènes à une simple quantité mesurable de carbone. Nous n’accepterons pas non plus que l’on prenne les forêts d’indigènes pour de simples plantations d’une ou plusieurs espèces d’arbres. La forêt est notre foyer, elle est la grande maison où coexistent plantes, animaux, eau, sol, air pur et êtres humains.
Il est fondamental que tous les pays du monde travaillent ensemble pour éviter la déforestation et la dégradation des forêts et de la jungle. Il incombe aux pays développés de contribuer économiquement à la préservation des forêts, celle-ci faisant partie intégrante de leur dette climatique et environnementale, mais NON à travers leur mercantilisation. Il existe de nombreux moyens d’aider et de financer les pays en développement, les peuples indigènes et les communautés locales qui contribuent à la préservation des forêts.
Les pays développés dépensent des dizaines de fois plus de ressources publiques pour la défense, la sécurité et les guerres que pour le changement climatique. Même pendant la crise financière beaucoup ont maintenu voire augmenté leurs dépenses relatives à la défense. Il est inadmissible qu’en profitant des besoins des communautés et des ambitions de certains dirigeants et « experts » indigènes, on vise à impliquer les peuples indigènes dans la mercantilisation de la nature.
Tout mécanisme de protection des forêts et de la jungle doit sauvegarder les droits et garantir la participation des indigènes. Toutefois, nous ne pouvons accepter, sous prétexte de participation des indigènes à la REDD, qu’on prise et qu’on négocie au sein d’un marché mondial le carbone des forêts et de la jungle.
Frères indigènes, ne soyons pas dupes. Certains nous disent que le mécanisme de marché du carbone dans le cas de la REDD se fera sur la base du volontariat. C’est-àdire que celui qui le voudra pourra vendre et acheter, et celui qui ne le souhaitera pas, sera mis à l’écart. Nous ne pouvons pas accepter qu’avec notre consentement on crée un mécanisme dans lequel les uns vendent volontairement la Terre Mère alors que les autres regardent les bras croisés.
Face à ces visions réductionnistes et mercantilistes des forêts et de la jungle, les peuples indigènes, conjointement avec les paysans les mouvements sociaux du monde, doivent lutter en faveur des propositions de la Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les droits de la Terre Mère :
  1. Contrôle intégral des forêts d’autochtones en prenant en compte non seulement leur fonction de réduction des émissions de CO² mais également leurs fonctions et potentialités permettant de ne pas les confondre avec de simples plantations.
     
  2. Par rapport à la souveraineté des pays en développement dans la gestion intégrale de leurs forêts.
     
  3. Respect intégral des droits des peuples indigènes déterminés par la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones, de la Convention 169 de la OIT et d’autres instruments internationaux ; reconnaissance et respect de ses territoires ; revalorisation et application des connaissances indigènes pour la préservation des forêts ; participation et gestion des forêts et de la jungle par les peuples indigènes.
     
  4. Financement des pays en développement et des peuples indigènes par les pays développés pour le contrôle intégral des forêts comme faisant partie de sa dette climatique et environnementale. Pas de mise en place d’aucun mécanisme de marché du carbone ou de « mesure d’incitation » qui impliquerait la mercantilisation des forêts et de la jungle.
     
  5. Reconnaissance des droits de la Terre Mère qui englobe les forêts, la jungle et toutes ses composantes. Afin de rétablir l’harmonie avec la Terre Mère, la marche à suivre n’est pas de faire une estimation de la nature, mais de reconnaître que non seulement nous les êtres humains avons droit à la vie et à nous reproduire, mais que la nature a également le droit à la vie et à se régénérer, et que sans la Terre Mère les êtres humains ne peuvent vivre.
Frères indigènes, ensemble avec nos frères paysans et les mouvements sociaux du monde, nous devons nous mobiliser pour que les conclusions de Cochabamba soient défendues à Cancún, et pour impulser un mécanisme d’ACTIONS RELATIVES AUX FORETS basé sur ces cinq principes, en faisant toujours de l’unité des peuples indigènes et des principes de respect de la Terre Mère notre devise, qu’au travers des siècles nous avons préservé et hérité de nos ancêtres.


Merci à Le Grand Soir
Source: http://www.legrandsoir.info/AUX-PEUPLES-AUTOCHTONES-DU-MONDE.html
Date de parution de l'article original: 10/10/2010
URL de cet article: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=1830



Mardi 12 Octobre 2010


Commentaires

1.Posté par paul mohad dhib le 12/10/2010 11:36 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Bravo....en dire plus serait de trop...mère nature...en effet...
si je vous dis que j'ai des visions, je vais en psy ok mais je vous le dit d'abord..
les humains ont juste a survivre ,rien a achever, rien d'autre a accomplir que survivre et de coopérer pour cela....
je pense que la science récente est mauvaise ,on y croit car la peur ultime de la mort qui mène notre vie entière fait que la médecine qui fait croire que la mort reculera toujours fait vendre tout le reste...
on n'a pas besoin de chefs, de génies , de mathématiciens, de savoir si il y a une exo planete quelque part , la seule decouverte qui est immensemment belle est en nous meme, car nos composants sont l'univers.....et notre cerveau endormis a lui la capacité d'être touche par la mère nature qui dit des "choses" ..a ce propos aucun humain n'a jamais découvert quoique que ce soit,c'est cette mère nature qui nous parle,ensuite l'ego outil hélas uniquement individualiste se l'approprie.( l'ego outil a par contre la capacité d'utiliser ou pas ce qui est dévoilé par la mère nature, or j'affirme que cet ego ne devrait pas fonctionner tout seul, nous avons une partie du cerveau qui dort,celle qui sait obliger l'ego a ne plus être mauvais ,ce dont il n'a même pas conscience, car c'est une machine ! ))..mais tout est la , la nature nous parle, on n'écoute pas..!!
merci pour ce texte que ja vais garder et relire
amicalement..

2.Posté par paul mohad dhib le 15/10/2010 10:56 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Salut

comment un humain rencontre t'il les autres humains, ? et la foret.....?
detruit t'il les autres comme il detruit la foret ,et se detruit lui même, en essayant de fuir ce que lui même crée , je veux dire sa propre souffrance....
sur cette planète nous sommes les seuls animaux a avoir une part de " libre arbitre "..
pourquoi je dis cela, et qu'est ce que ca change...
un animal, une chose , une plante etc sont tout sous le "contrôle " intégrale de L'ORIGINE , avec une marge de manœuvre personnelle tres restreinte ,mais elle existe aussi même chez un animal ou une plante sans doute...
chez nous , la marge de manœuvre est tres grande...
sans expliquer , ou même dire ce serait si long donc impossible ici, je livre ce que je perçois, qui me semble en fait être ce que la mère nature me dit , ce moi-je ne sait rien d'autre que ce qui a déjà été expérimenté, il est la mémoire du passe qui permet de rentrer chez soi, il est un outil de seconde zone, indispensable comme l'est un marteau pour enfoncer un clou...
je fais court : la souffrance psychologique n'est pas la par hasard du tout...elle est un petit programme supplémentaire a priori non nécessaire de notre ego/ordinateur..
sans cela l'ego outil peut arriver a concevoir des systèmes ,des techniques de survies..
la aussi je raccourcis ,mais mère nature dit que cette souffrance devrait me faire réagir , l'intelligence en effet devrait se dire : je ne veux pas souffrir, je vais voir ce que je peux y faire...
or cette souffrance est acceptée en général mais ca ne resoud rien du tout ,elle fait mal quand même, , sinon un humain la refuse mais sans y regarder de près et essaye de fuir..la aussi ca fait mal, même en fuyant elle est la,elle augmente même..
La , réside notre libre arbitre , il est la possibilité de regarder en soi même , a partir de cette souffrance qui est la pour nous aider...
ce voyage en soi n'est jamais accompli , sauf rarissimes exceptions , ce qui fait que nous restons avec comme unique cerveau , la partie de celui ci qui n'est qu'un outil ,je l'appelle faute de mieux le cerveau analytique , il est l'ego, il n'a que la conscience de lui même, au travers de sa mémoire et de ce qu'il veut , ce qu'il veut étant : oui je veux/ ou : non je ne veux pas...
notre cerveau est binaire oui/non ou 0/1 , il est ordinateur, il est l'ordinateur ,les moteurs, les techniques etc etc...il est rempli d'extension de programme..pour aboutir a des techniques...
or ce cerveau analytique fait souffrir...c'est fait exprès et on peut rentrer en soi voir ce qui se passe , l'origine de notre douleur et s'en libérer....cela a pour effet " d'ouvrir " une autre partie du cerveau endormie , elle n'est plus un outil , et sait rester dans le non connu, l'ego ne peut faire cela, il est programme pour avoir une réponse de suite si possible..
en faisant court encore, cet ego est le responsable du malheur humain ..
voir cela comment et pourquoi pour soit même, ouvre petit a petit une ou d'autres capacités "étranges " , capacités qui apportent une paix intérieure et une ouverture totale sur soi et le monde, elle est la capacité qui sauvera les humains de l'horreur ,
car sinon je vois que mère nature y a mis un programme d'auto destruction si on ne parvient pas a dépasser le stade de cet ego....de malheur...
en fait on reste coince dans cette interface de l'ego / machine, il n'a pas de bonté ni de méchanceté d'ailleurs , il utilise la mémoire et n'est pas vivant, il est un procède mort qui fait des chose , n'importe quoi, il n'est pas fait pour marcher seul, la est le libre arbitre, pour une raison que je ne saisis pas ,nous avons été laissés avec ce libre arbitre de regarder en nous , la condition sine qua non pour être touché par cette énergie créatrice originelle qui est a la source de tout ce qui est...
la et seulement la, la question du sens de la vie ne se pose plus.....
alors seulement la , la foret sera sauvée ,mais nous avons juste a survivre correctement....faire un long parcours en soi même ,.........ad libitum jusqu'à la mort..

3.Posté par abeilles le 15/10/2010 13:48 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Je dis bravo au Président Evo Moralés ,,les seuls a connaître ,protéger les respecter sont ces peuples qui vivent avec ces forêts ,je suis même contre ces missionnaires qui soient disant partaient dans les forêts ,rejoindre ces tribus,ils ont apporté plus de malheurs que dû bonheur,notre civilisation est entrain de dépérir ,dans nos miasmes ,nos folies ,plus de sagesse,plus de respect de la nature,même nos chasseurs sont obligés de nourrir le gibiers,sangliers ext pour les massacrer à la fin de l'année ,alors que ces pauvres bêtes sont habitués à l'homme,,nos forêts sont dans un état lamentable ,avant que ces Supers-ingénieurs du cartable s'occupent de notre Terre ,c'était des bûcherons sans aller à l'école savaient entretenir nos forêts ,ils ne laissaient jamais 2/3/4 pouces à un arbre ,pour qu'il soit fort,grand
notre bois à coté de chez moi les châtaigniers ,Chênes ,enfin tous sont encerclés par des lierres,j'ai écrit au responsable ,L'Ingénieur m'a répondu que cela nourrissaient les arbres??? combien d'année d'étude pour répondre cela?? ,,ça les étouffent les vident ,des arbres a 3où 4 pieds à la base ,la forêt de Fontainebleau décimée ,Que reste t'il de la magnifique forêt de Tronçais ,j'adore les arbres ,nous allons payer cher la destruction de notre planète Merci encore Monsieur Moralès

Nouveau commentaire :

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS

Publicité

Brèves



Commentaires