Proche et Moyen-Orient

La mort du Poche-Orient nouveau de Bush


Après Gaza et la victoire du Hamas, Bassorah et la résistance Sadriste qui a défait les troupes du gouvernement Maliki, les récents évènements de Beyrouth, désormais fermement tenu par le Hezbollah, infligent un nouveau revers cinglant à l’administration Bush qui rêvait de remodeler à sa guise le Moyen-Orient, d’y installer des régimes dociles et de se débarasser des forces contestant la suprématie américaine.



Vendredi 16 Mai 2008

Analyse de Nir Rosen, journaliste indépendant américain.

Par Nir Rosen
Nir Rosen est un journaliste indépendant qui a couvert durant deux ans le conflit irakien. Ses articles paraissent dans le Washington Post, le New York Times et le Harper Magazine.

Durant les bombardements israéliens du Liban en 2006 qui visaient la destruction des infrastructures et provoquaient des victimes civiles, Condoleeza Rice avait déclaré qu’il s’agissait des « douleurs de l’accouchement du Nouveau Moyen-Orient » - déclaration ignominieuse que les Libanais n’ont pas oubliée . Les événements des derniers jours au Liban signalent l’agonie de ce plan Bush pour un Nouveau Moyen-Orient.

En Irak, au lieu d’amener la démocratie, les États-Unis ont apporté la guerre civile, les milices confessionnelles, les escadrons de la mort et le nettoyage ethnique. Ils ont commencé par installer une série de dictateurs inefficaces, Garner, Bremmer, Allawi, puis, cédant à la pression des islamistes chiites, il ont ensuite soutenu un processus électoral qui s’est bien évidemment conclu par la victoire des milices islamistes chiites qui ont commencé à massacrer tous ceux qui leurs déplaisaient, en particulier les sunnites. Ensuite, les États-Unis ont décidé qu’ils en avaient assez de leur marionnette, le Premier ministre Jaafari, qui s’avérait insuffisamment obéissant. Ils l’ont donc poussé vers la sortie et l’ont remplacé par un autre islamiste chiite sectaire, M. Maliki, qui s’est également révélé être décevant de leur point de vue. Mais bien qu’ils aient menacé un temps de le démettre, ils l’ont finalement soutenu lorsqu’il a perdu la faveur de l’opinion et s’est attaqué à des groupes chiites jouissant d’une plus grande popularité que la sienne, comme par exemple le mouvement Sadriste. Dans le même temps, les États-Unis ont mis sur pied de nouvelles milices sunnites composées de voyous et d’anciens tueurs. Leur icône était Abu Risha, le chef du Conseil de l’Eveil d’Anbar, qui est mort assassiné.

En Palestine, rendus furieux par la victoire remportée par le Hamas lors d’élections démocratiques et régulières, les États-Unis (avec le concours des Saoudiens, Jordaniens, Israéliens, Egyptiens et autres), ont soutenu le Fatah devenu impopulaire de Mahmoud Abbas, qui est un traître à son propre peuple et collabore avec l’occupant. Au même moment où le Fatah torturait ses opposants, la population de Gaza a été soumise à un blocus étouffant et le peuple palestinien puni pour avoir pris part aux élections. Lorsque les hommes de mains du Fatah tentèrent un coup d’État à Gaza, le Hamas a contrecarré cette menace par une insurrection durant laquelle il est facilement venu à bout des milices palestiniennes appuyées par les USA.

En Somalie, les Américains ont soutenu une coalition de chefs de guerre haïs par la population pour s’attaquer, au nom de la guerre contre le terrorisme, au régime des Tribunaux Islamiques, qui était beaucoup plus populaire. L’avènement des Tribunaux Islamiques avait donné à la Somalie pour la première fois une raison d’espérer, après 14 tentatives avortées d’installation d’un gouvernement et 15 ans de guerre civile. Les Tribunaux Islamiques avaient apporté la paix et la stabilité à Mogadiscio et dans ses environs, en les débarrassant des chefs de guerre et de leurs milices qui terrorisaient les Somaliens. Les femmes pouvaient marcher dans les rues sans craintes d’être agressées et les hommes d’affaires exilés étaient revenus pour reconstruire leur pays dévasté. Mais c’était un mouvement islamiste, ce qui à l’ère de Bush signifie Al Qaida. Les États-Unis ont donc décidé de soutenir les seigneurs de guerre et leur allié local, l’Éthiopie, qui ont envahi la Somalie et occupé Mogadiscio et se livrent maintenant au meurtre et au pillage de la population civile, tandis que le islamistes se sont radicalisés et que la situation en Somalie est pire que jamais.

La situation n’est pas non plus excellente en Afghanistan, où Hamid Karzai, une marionnette sans pouvoir qui ne contrôle rien, s’appuie sur les Américains pour contrer une résistance armée croissante.

Au Liban, les USA voient dans le Hezbollah une menace terroriste. Ils ont fait pression sur leurs alliés sunnites afin de refuser tout compromis. Le Hezbollah est de loin le mouvement le plus populaire parmi les chiites libanais, et il l’est également parmi les autres groupes et au-delà dans toute la région. Le mouvement chiite réclame l’installation d’un gouvernement d’unité nationale afin qu’il puisse avoir une part plus équitable du pouvoir politique. En dépit de sa puissance militaire, il n’a même pas revendiqué que cette part plus importante soit accordée aux chiites, mais à ses alliés non chiites de l’opposition. Il s’agissait pour lui d’obtenir un droit de regard sur les questions stratégiques et d’empêcher que les armes de la résistance ne soient menacées, tout en maintenant le Liban en dehors de la sphère d’influence américaine et israélienne.

Selon Amal Saad Ghorayeb, un spécialiste des mouvements chiites et du Liban, membre jusqu’à récemment du Carnegie Center for International Peace Middle East Center : « la politique américaine au Liban est sous-tendue par la stratégie générale des USA au Moyen-Orient visant à reconfigurer la carte politique de la région telle que nous la connaissons, sous l’appellation de plan pour un « Nouveau Moyen-Orient », précédemment dénommé « Initiative pour le Grand Moyen-Orient » qui fut officiellement dévoilé par Condi Rice au début de la guerre en juillet 2006. La tactique change, mais la stratégie reste la même dans les deux versions, l’ancienne consistant à promouvoir la démocratie et la plus récente en un soutien aux autocrates. La stratégie politique et militaire américaine vise à la domination économique de la région, tout en assurant la sécurité d’Israël. L’instrument utilisé pour la mise en œuvre de cette stratégie c’est le régime client arabe modéré ami des USA. Compte tenu de ses déconvenues quant aux résultats des élections démocratiques dans la région, l’administration Bush continue à soutenir des régimes autocratiques en Egypte, Jordanie, Arabie saoudite et ailleurs, tandis qu’elle « dé-démocratise » les démocraties existantes au Liban et en Palestine. Dans ce dernier cas, elle promeut une nouvelle mouture de la démocratie, nommée « régime démocratique, ». Il s’agit là d’une nouvelle forme de gouvernement : contesté par le peuple, dont la constitutionnalité est discutable, mais qui tire sa légitimité de puissances extérieures. La formation et la préservation de régimes tels que celui de M. Siniora, le Premier ministre libanais, a nécessité une politique américaine de promotion de l’instabilité et de désunion nationale, en bref, une politique d’ « instabilité constructive ».

Les USA pensaient qu’ils pouvaient se choisir un allié local et lui faire gouverner le Liban. Mais ce pays est trop compliqué pour eux, et ils ne savaient pas qu’il est impossible qu’un seul groupe puise le régenter. Les Américains, aidés par leurs alliés saoudiens, ont soutenu la création de milices sunnites au Liban, dont certaines ont même été formées en Jordanie. Elles étaient motivées par une idéologie prônant la lutte confessionnelle contre les chiites. Mais cette opération s’est avérée être un échec complet, et les alliés des USA n’ont pas engagé le combat malgré leur rhétorique enflammée contre les chiites. Il est clair désormais que Beyrouth est fermement tenu par le Hezbollah et quoique les Américains puisse entreprendre, rien ne leur permettra de déloger ou d’affaiblir ce mouvement populaire, tout comme ils n’ont pu affaiblir le mouvement Sadriste en Irak ou le Hamas à Gaza.

L’entraînement en Jordanie qui a été donné aux miliciens sunnites du Liban, à ceux du Fatah Palestinien ainsi qu’aux forces de sécurité irakiennes, s’est révélé insuffisant. Notons au passage qu’en Irak, les forces de sécurité sont constituées soit de membres des escadrons de la mort, soit sont incapables de se battre, et doivent compter sur les Américains.
Quelque soit votre opinion sur le Hezbollah et ses alliés, que vous sympathisiez avec eux ou y soyez opposé, il n’en reste pas moins évident qu’il ne pourront pas être délogés, qu’ils sont une partie intégrante du Liban et du Moyen-Orient. Ils l’avaient déjà prouvé en gagnant la guerre de 2006 et l’ont prouvé une fois de plus hier en prenant aisément le dessus face aux milices pro américaines et saoudiennes et en s’assurant le contrôle de Beyrouth. Si quelqu’un rêve d’un Hezbollah désarmé, d’un Hamas qui renoncerait à la résistante militaire, ou à toute forme de règlement pacifique au Moyen-Orient, alors il lui faut commencer au début : l’occupation israélienne de la Palestine tout comme celle d’une partie du territoire syrien.






Vendredi 16 Mai 2008


Commentaires

1.Posté par redk le 16/05/2008 13:22 | Alerter
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Bush plus grand que son maitre hitler dans l'horreur et le nombres de crimes avec sa clique de fachos néocons, y'auras t'il un nouveau tribunal de nuremberg pour eux ?, non il y a très peu de chances hélas pour ses criminelles d'êtat, plus grands terroriste de la planéte coupables à plusieurs reprises de crimes contre l'humanité et de complicité du génocide palestiniens par leurs protgers les nazisionistes !! qu'il fini comme son maitre dans un bunker !!

2.Posté par Zorro mythological destroying system le 16/05/2008 17:28 | Alerter
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Tu vois il n y a pas de justice Redk, l histoire est pleine de criminel de toutes les religions et de toutes les races, les hommes dansent sur leur propre sang.Pas la peine d en appeler à Dieu, il n a jamais rien fait, ni pour les uns ni pour les autres.Vivre et puis mourir.

3.Posté par redk le 16/05/2008 19:06 | Alerter
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libre a toi de pas croire et de tout melanger.

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