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La militarisation de la jeunesse étasunienne


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Bryn Lloyd-Bollard
Jeudi 5 Juillet 2007

La militarisation de la jeunesse étasunienne


Par Bryn Lloyd-Bollard, le 3 juillet 2007


​​​​À travers le pays, les militaires US n'arrivent plus à atteindre leurs objectifs de recrutement. Pour attaquer ce problème, le Pentagone a rapidement déployé des programmes conçus pour convaincre les jeunes à s'engager. Il dépense maintenant 3,4 milliards de dollars par an, soit une moyenne de 14.000 dollar par nouvelle recrue. En utilisant des campagnes de marketing tapageuses, des spots télévisés, et en développant même ses propres jeux vidéo, l'armée bombarde les jeunes d'images qui glorifient les armes et la violence. Les recruteurs se servent de stratégies de relations publiques raffinées : ils dressent leur boutique dans les centres commerciaux, dans les cinémas, dans les événements sportifs, et dans les concerts, et ils roulent en ville dans des Humvees décorés qui braillent de la musique populaire au milieu des adolescents.


​​​​La présence militaire dans les écoles publiques de notre nation se développe à une vitesse alarmante. Les établissements pédagogiques des quartiers ouvriers sont les principales cibles des recruteurs militaires, qui marchent l'air hautain en particulier dans les couloirs des écoles professionnelles. Les militaires considèrent les étudiants comme des cibles faciles qui peuvent être amenées à s'inscrire contre une promesse de formation à une carrière, d'argent pour l'université, de voyages gratuits, et d'aventure. Les recruteurs sont des experts en relations publiques ; comme les trafiquants de drogue et les représentants des compagnies de tabac, ils commercialisent un produit dangereux avec des effets secondaires qu'ils ne veulent pas que leurs clients potentiels sachent.


​​​​Alors que les recruteurs disent aux étudiants qu'ils peuvent recevoir 70.000 dollars pour l'université à travers la Loi GI Montgomery, la paie moyenne des vétérans est de seulement 2.151 dollars. Pour avoir droit aux avantages pédagogiques, les soldats doivent s'engager pour trois ans de service actif et doivent aussi verser aux militaires une « caution » perdue de 100 dollars par mois pendant un an. En considérant que seulement 43% des soldats s'engageant dans le programme reçoivent quelque argent, la majorité qui recherche une aide financière à travers la Loi GI finit en réalité par payer 1.200 dollars aux militaires sans rien obtenir en retour. Et un soldat qui obtient une paie moyenne de 2.151 dollars en reçoit seulement 951 réellement au delà de sa propre contribution. Sur l'ensemble des recrues, seulement 15% sont diplômées.


​​​​Les connaissances apprises chez les militaires sont souvent inutiles dans le civil, et de nombreuses personnes ont besoin d'un recyclage après avoir quitté les forces armées. Les vétérans de la classe d'âge des 20 à 34 ans ont un taux de chômage plus élevé que les non vétérans, et ceux qui sont employés gagnent typiquement 12% à 15% de moins. La plupart des gens seraient étonnés d'apprendre que les vétérans composent un tiers de la totalité des SDF, et la moitié de tous les SDF masculins. Tandis que chez les militaires, 65% des engagés déclarent être mécontents de leurs boulot actuel.


​​​​Il existe diverses autres statistiques moins que flatteuses sur les militaires que les recruteurs ne mentionnent pas. Les gens de couleur représentent 1/3 de l'ensemble du personnel enrôlé mais seulement 1/8 des officiers. Presque 90% des femmes en rapport avec les militaires sont harcelées sexuellement, et 1/3 signalent avoir été violées. En addition aux plus de 3.500 hommes et femmes morts dans la guerre actuelle en Irak [plus de 20.000 morts en réalité, NDT], des dizaines de milliers ont été blessés et rentrent chez eux avec des dommages traumatiques cervicaux, des amputations, des désordres de stress post-traumatique, et d'autres graves maladies liées à l'exposition à l'uranium appauvri utilisé dans les munitions.


​​​​Les recruteurs sont sous l'énorme pression d'avoir à remplir leur quota de deux recrues par mois, qui exige d'entrer en contact avec 120 recrues potentielles en moyenne. Puisque moins de 10% de toutes les recrues trouvent elles-mêmes un emploi militaire, les recruteurs font face à la tâche impressionnante d'aller chercher la grande majorité d'entre elles. Ainsi il n'est pas surprenant que la tactique de recrutement fondamentale est une combinaison de tromperies et d'omissions. Un recruteur récemment interviewé par le Boston Globe a décrit son travail : « Vous devez convaincre ces petits punks de faire quelque chose... Je me dis que je peux vendre ça, je peux vendre n'importe quoi. » D'après le propre décompte de l'armée, il y avait 320 cas corroborés de ce qui est appelé des incorrections de recrutement en 2004, plus de 199 en 1999, et 213 en 2002. Les infractions varient de la menace et de la contrainte à la promesse mensongère que les demandeurs ne seront pas envoyés en Irak. Le nombre de ceux ayant fait l'objet d'une enquête s'élevait à 1.118 en 2004, soit presque un recruteur sur cinq, et à plus de 913 en 2002, soit un sur huit. Un recruteur interviewé par le New York Times a dit le meilleurs, « Le problème est que personne ne veut nous rejoindre et nous devons jouer vite et relâcher les règlements pour nous en tirer. »


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La mauvaise éducation militaire


​​​​Le manuel militaire des recruteurs dans les écoles secondaires nous propose une vitrine de leurs stratégies. Il suggère que les recruteurs fassent eux-mêmes le « nécessaire » dans les écoles et que, en plus de la profusion de données sur les étudiants que leur fournissent actuellement les cadres scolaires, les recruteurs devrait avoir un accès non officiel à des sources d'informations comme les annuaires d'étudiants. En outre, déclarant qu'il n'est « que naturel qu'une recrue potentielle résiste, » le manuel suggère des manières de détourner les objections et énumère des techniques pour conclure l'affaire, telle que relever le défi. Il conseille que le relevé de défi marche mieux avec les jeunes hommes, et que « vous devez faire attention à la manière dont vous l'utilisez. Vous devez être en termes amicaux avec votre éventuel client, ou ça pourrait avoir des retours de flammes. Quand vous avez du mal à conclure, en particulier quand l'intérêt de l'éventuel client semble s'affaiblir, défiez son moi en suggérant que la formation de base puisse être trop difficile pour lui et qu'il pourrait être incapable de la passer. Ensuite, s'il accepte votre défi, vous aurez fait un pas de géant pour obtenir qu'il s'engage. »


​​​​Malgré le fait que la carrière militaire soit hasardeuse pour l'éducation des jeunes et leur future carrière - sans mentionner pour leur vie -- la No Child Left Behind Act [loi scolaire Aucun Enfant Oublié, impulsée en 2001 par les républicains et Bush, NDT] facilite pour les militaires l'accès direct aux étudiants. La Loi contient une disposition peu connue qui menace de confisquer le financement fédéral si une école refuse de remettre des informations personnelles sur ses étudiants aux militaires, incluant les noms, adresses, et numéros de téléphone. Avant que la loi entre en vigueur, 1/3 des écoles secondaires du pays entier trouvaient déplacé de distribuer ces informations aux recruteurs. La loi contraint maintenant les écoles à donner aux militaires un accès sans réserve. Par la loi, les parents peuvent demander de garder privées les informations sur leurs enfants, pourtant aucun système en place n'informe les parents ou les étudiants de ces droits, ainsi beaucoup l'ignorent.


​​​​Le Pentagone obtient aussi des informations sur les étudiants en appliquant son test Armed Service Vocational Aptitude Battery. Ce test est proposé aux écoles gratuitement, et ensuite il est commercialisé aux étudiants comme une aide pour choisir entre diverses carrières militaires et civiles, il est conçu à l'origine pour évaluer les qualifications militaires des gens. Quand un étudiant passe le test, ses informations, relations et score au test, sont automatiquement envoyées aux recruteurs, qui peuvent les utiliser comme bon leur semble.


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Le JROTC et les soldats adolescents


​​​​Les militaires ont une autre manière majeure pour attirer les jeunes grâce au programme Junior Reserves Officer Training Corps (JROTC), que le Pentagone a développé avec enthousiasme depuis le début des années 90. Dans tout le pays, 500.000 étudiants, de 14 ans et plus, sont actuellement enrôlés dans le programme JROTC. Son objectif prétendu est de « motiver les jeunes à être de meilleurs citoyens » en « enseignant aux étudiants des écoles secondaires les valeurs de citoyenneté, de leadership, de service à la communauté, de responsabilité personnelle, et de sens de l'exploit, tout en leur inculquant l'amour-propre, le travail en équipe, et l'autodiscipline. » Les adolescents apprennent dans le programme des exercices et une discipline de style militaire. Toutes les recrues du JROTC s'exercent avec des armes et étudient l'histoire militaire, et 90% d'entre elles s'entraînent à l'usage des canons. L'US Army insiste sur le fait que le JROTC n'est pas un outil de recrutement ou un truc des relations publiques conçu pour donner une meilleure image des militaires, pourtant la moitié des diplômés du JROTC rejoignent les militaires. Chez ceux-ci, un tiers seulement suivent un programme d'étude plus élevé. William Cohen, le secrétaire de la Défense dans l'administration Clinton, a carrément indiqué au Congrès en février 2000 que le JROTC est « l'un des meilleurs dispositifs de recrutement dont nous pouvons disposer. »


​​​​Au début le gouvernement a établi le JROTC comme une classe facultative d'école secondaire. Cependant, de nombreuses écoles ont commencé à inscrire automatiquement les étudiants au programme. La loi fédérale exige qu'au moins 100 étudiants, ou 10% du corps estudiantin, soient inscrits à chaque unité du JROTC pour maintenir le programme dans l'école. Pour ne pas arrêter, les cadres scolaires peuvent donc se sentir obligés de se plier, les règles concernant la nature volontaire du programme rendant difficile pour les étudiants de trouver des cours alternatifs. Une unité JROTC coûte en moyenne 75.000 dollars à une école, ce qui draine les ressources des autres activités scolaires et des programmes essentiels.


​​​​Les cadres scolaires pensent souvent au JROTC comme à une bonne alternative pour les étudiants qui n'excellent pas dans l'enseignement général ou qui ont des problèmes comportementaux, mais les résultats obtenus par le JROTC comme aide à la jeunesse à risque est loin de la perfection. Depuis 1990, de nombreux incidents violents ont impliqué des recrues du JROTC. Des meurtres, des activités de gangs, des voies de faits sexuels, et de violents bizutages ont été liés aux instructeurs, aux membres, et aux diplômés du JROTC. Plutôt qu'enseigner aux étudiants des alternatives pacifiques, le JROTC promeut la violence en enseignant aux étudiants à se servir d'armes et en les faisant participer à des exercices abrutissants qui les dressent à suivre les ordres sans hésitation ni pensée.


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Contre le recrutement


​​​​En réponse à la présence militaire grandissante dans toutes les écoles du pays, des démarches anti-recrutement se sont aussi développées. En 1986, la 9ème Circuit Court of Appeals a statué que, sous les Premiers et Quatorzièmes Amendements, les écoles créant un forum pour les partisans des militaires doivent aussi fournir un accès égal à ceux qui ont un point de vue opposé. Les programmes contre le recrutement aident les étudiants à comprendre les véritables implications du service militaire et les informent sur les solutions alternatives à l'engagement militaire et sur les manières de se libérer une fois qu'on est déjà inscrit.


​​​​La majorité des jeunes qui rejoignent les militaires s'engagent à travers le Delayed Entry ¨Program, qui leur accorde jusqu'à un an [de délai] avant de devoir se présenter à la formation du service actif. Plusieurs de ces recrues ignorent avoir l'option de délaisser les militaires pendant cette période de temps avant que débute la formation. Tout ce qu'elles doivent faire est d'écrire une lettre demandant la séparation qui explique entièrement les raisons les rendant incapables ou peu disposées à servir. Alors que les militaires définissent des catégories spécifiques de séparation, presque toutes les raisons sont acceptables si la recrue déclare clairement qu'elle n'est plus intéressée à servir chez les militaires.


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Se battre contre la conscription


​​​​Pour réduire les chances d'être choisi pendant une conscription, il y a des choses que les jeunes peuvent faire. Au moment de ses 18 ans, tout homme est censé s'inscrire au Service Sélectif et rejoindre le groupe de ses pairs prêts à la conscription. Toutefois, ils peut en réalité attendre jusqu'à son 26ème anniversaire avant de se faire enregistrer. Alors que le gouvernement fédéral menace d'une amende de 250.000 dollars et d'un maximum de cinq ans de prison ceux qui ne s'enregistrent pas, il n'y a aucun cas récent connu que ce soit imposé. Les sanctions pénales d'État présentent des variations et comportent un déni pour accès aux établissements d'enseignement supérieur et aux universités, un déni pour emploi d'État et un déni pour bourse estudiantine. Les États commencent aussi à rattacher le permis de conduire à l'enregistrement au Service Sélectif.


​​​​En remplissant le formulaire du Service Sélectif, la personne qui se fait enregistrer a l'option de se faire inscrire comme objecteur de conscience (CO). Un CO écrit qu'étant totalement opposé à la guerre, il ne peut concevoir de situation où il serait volontaire ou capable de porter atteinte à la vie d'un autre humain. Cette déclaration peut être écrite dans les marges du formulaire du Service Sélectif et/ou dans une lettre séparée. Il devrait faire une copie pour ses dossiers, la placer sous enveloppe scellée, se l'expédier à lui-même, et la garder, avec sa documentation personnelle supplémentaire qui montre qu'il est contre la guerre (par exemple, des articles de journaux, des lettres, des poésies, et des choses du même style).


​​​​En plus d'avoir une compréhension complète des contradictions entre ce que disent les recruteurs sur le service militaire et la réalité, il est conseillé aux jeunes de prendre quelques mesures préventives en rencontrant les recruteurs. Ils devraient prendre un membre de famille et/ou un allié de confiance comme témoin et avocat et leur faire lire l'accord d'engagement. Les recrues potentielles devraient toujours poser des questions sur les parties de l'accord qu'elles ne comprennent pas et garder une copie pour leurs dossiers. Elles devraient être sincères sur leur dossier de police et leur état médical et ne devrait pas permettre aux recruteurs de falsifier les documents en leur nom. Elles devraient savoir que tout au sujet de leur contrat de service est négociable mais que les militaires peuvent annuler tout contrat dans les moments de crise (comme c'est le cas avec les ordres Stop Loss). Les engagés devrait aussi se rendre compte que les promesses orales sont sans valeur et ils devrait exiger du recruteur qu'il mettre par écrit toutes ses promesses.


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Les mouvements pacifistes


​​​​Le militarisme dans nos écoles est un sérieux problème d'une importance grandissante. En utilisant diverses trucs astucieux et une tactique persuasive, le Pentagone profite de la jeunesse de notre nation, surtout des déshérités, et vend des jobs militaires sans avenir. Avec leur immense budget et pouvoir politique, les militaires tentent de se vendre comme remède aux problèmes sociaux et économiques de notre pays, même face à de considérables évidences montrant qu'une carrière militaire peut couper court à l'éducation d'un étudiant et lui rendre plus difficile encore de trouver un gagne-pain lucratif. Pourtant, en dépit des meilleurs efforts le taux de recrutement militaires continue à baisser. Ça témoigne du fait que les vraies implications du service militaire obtiennent lentement une attention soutenue et que les campagnes contre le recrutement réussissent. Comme le mouvement pacifiste et tous les gens préoccupés par le bien-être de la jeunesse de notre nation continuent à dévoiler les mensonges des militaires sur l'engagement, il deviendra de plus en plus difficile pour le Pentagone de continuer à mener ses guerres à l'étranger et à tromper et abuser les jeunes citoyens du pays chez eux.



Original :http://www.bestcyrano.org/THOMASPAINE/?p=123

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info





Jeudi 5 Juillet 2007


Commentaires

1.Posté par uranium le 06/07/2007 10:17 | Alerter
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et la militarisation duy pays de CHAVEZ, et la corruption qui se répand sous les "ceiux du communisme " comme à chaque fois d'ailleurs, pourquoi n'en parlez vous pas? n'est ce pas assez objectif?

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