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La menace cachée des téléphones portables


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The Independent
Mardi 9 Octobre 2007

La menace cachée des téléphones portables


The Independent, le 8 octobre 2007


Geoffrey Lean rapporte que les recherches sur le lien entre l'utilisation régulière du portable et la maladie révèlent que les risques s'élèvent de manière significative après 10 ans, malgré l'assurance officielle qu'il est sans risque.


​​​​Utiliser le téléphone portable pendant plus de 10 ans augmente le risque d'avoir un cancer du cerveau, selon la plus large étude sur les risques finalement publiée.


​​​​L'étude -- qui contredit les déclarations officielles sur l'absence de risque d'être malade -- a constaté que les gens qui ont eu des téléphones pendant dix ans ou plus sont aussi deux fois plus susceptible d'avoir une tumeur maligne du côté du cerveau où ils tiennent le combiné.


​​​​Les scientifiques qui ont conduit la recherche disent qu'utiliser un mobile pendant juste une heure chaque jour ouvrable suffit à augmenter le risque -- et que la norme internationale utilisée pour protéger les utilisateurs contre l'émission de rayonnement « n'est pas bonne et doit être révisée. »


​​​​Ils concluent à la « nécessité de prudence dans l'utilisation du téléphone portable » et pensent que les enfants, qui sont particulièrement vulnérables, devraient être incités à ne pas les utiliser du tout.


​​​​L'étude, publiée dans la dernière question du journal Occupational Environmental Medicine approuvé par un comité de lecture, est importante parce qu'elle met d'accord la recherche et les gens qui ont utilisé le téléphone suffisamment longtemps pour contracter une maladie.


​​​​Les cancers prennent au moins 10 ans -- et normalement beaucoup plus longtemps -- pour se développer mais, comme le téléphone portable s'est en fait répandu récemment et rapidement, relativement peu de gens l'ont utilisé aussi longtemps.


​​​​L'assurance officielle sur l'innocuité du téléphone a été établie sur une recherche qui incluait au mieux seulement quelques personnes qui ont été exposées au rayonnement assez longtemps pour avoir une maladie, et est donc de peu ou d'aucune valeur pour évaluer les risques réels.


​​​​Le mois dernier en Grande-Bretagne, la plus grande recherche sur les risques sanitaires de la technologie, le programme Télécommunication Mobile et Recherche sur la Santé (MTHR) -- financé par des « sources gouvernementales et de l'industrie » -- signalait que les « téléphones portables ne se sont avérés être associés à aucun effet biologique ou de santé défavorable. » [1]


​​​​Mais son président, le professeur Lawrie Challis, a admis que seule une petite partie des recherches avait couvert les gens qui ont utilisé le téléphone pendant plus d'une décennie. Il a averti : « Nous ne pouvons pas éliminer la possibilité à ce stade que le cancer puisse apparaître dans quelques années. »


​​​​Il a dit que l'enquête avait découvert « une très légère allusion » d'un plus grand nombre de tumeurs du cerveau chez ceux sont exposés depuis plus de 10 ans, et a appelé à davantage de recherche.


​​​​La nouvelle étude -- dirigée par deux Suédois, le professeur Lennart Hardell de l'hôpital de l'Université d'Orebro et le professeur Kjell Hansson Mild de l'Université d'Umea, travaillant aussi au comité de gestion du programme MTHR -- va de quelque manière présenter des imperfections.


​​​​Les scientifiques ont rassemblé les résultats des 11 études qui enquêtaient jusqu'ici sur la fréquence des tumeurs chez les gens qui ont utilisé le portable pendant plus d'une décennie, en se servant des recherches en Suède, au Danemark, en Finlande, au Japon, en Allemagne, aux USA et en Grande-Bretagne. Ils ont constaté que presque toutes avaient découvert un accroissement des risques, surtout du côté de la tête où les gens écoutent leur combiné.


​​​​Cinq des six études sur les tumeurs malignes cervicales, le cancer des cellules gliales, qui soutiennent et protègent les cellules nerveuses, ont trouvé une augmentation des risque. Une seule n'a toujours pas trouvé d'augmentation des tumeurs cervicales bénignes. Quatre des cinq études qui ont considéré les névromes acoustiques -- bénins mais ces tumeurs abîment souvent le nerf auditif, causant d'habitude la surdité -- en ont trouvé. L'exception se fondait sur seulement deux cas de maladie, mais constatait toujours que les utilisateurs à long terme avaient de plus grandes tumeurs que les autres.


​​​​Les scientifiques ont assemblé les résultats de toutes les études pour les analyser collectivement. Il en est sorti que les gens qui ont utilisé leur téléphone pendant une décennie ou plus sont 20 pour cent plus susceptibles de contracter un névrome acoustique, et 30 pour cent plus susceptibles d'avoir une tumeur maligne cervicale.


​​​​Le risque est encore plus grand du côté de la tête où est utilisé combiné : les utilisateurs à long terme sont deux fois plus susceptibles d'avoir une tumeur maligne cervicale, et deux et demi fois plus susceptibles d'avoir un névrome acoustique que les autres.


​​​​Les scientifiques concluent : « Les résultats de la présente étude sur l'utilisation du téléphone portable pendant plus de 10 ans donnent un modèle cohérent de risque accru pour les névromes acoustiques et les tumeurs malignes cervicales. » Ils ajoutent, « L'augmentation des risques pour les autres types de tumeurs cervicales ne peut pas être éliminée. »


​​​​Les professeurs Hardell et Mild ont aussi mené à bien eux-mêmes certains des travaux originaux les plus vastes sur les tumeurs chez les utilisateurs de longue durée du téléphone portable et ils ont trouvé des résultats bien plus alarmants. Leur recherche suggère qu'ils sont plus de trois fois plus susceptibles d'avoir des tumeurs malignes cervicales que les autres, et presque cinq fois plus susceptibles de les avoir du côté de la tête où ils ont tenu le téléphone. Pour les névromes acoustiques ils ont trouvé respectivement trois fois et trois et demi fois plus d'augmentation des risques.


​​​​Ils ont aussi effectué la seule étude sur les effets de l'usage de longue durée du téléphone sans fil, et ont trouvé aussi une augmentation de ces deux genres de tumeurs. Leur recherche suggère que l'utilisation d'un téléphone mobile ou sans fil pendant juste 2.000 heures -- moins d'une heure chaque jour ouvrable pendant 10 ans -- soit suffisante pour augmenter les risques.


​​​​Le professeur Mild a dit à l'Independent dimanche : « Je trouve assez étrange de voir tant de présentations officielles disant qu'il n'y a aucun risque. Il y a de fortes indications que quelque chose se produit après 10 ans. » Il a souligné que les cancers cervicaux sont rares : ils constituent moins de 2 pour cent des principales tumeurs en Grande-Bretagne, bien qu'ils soient mortels d'une façon disproportionnée, causant 7 pour cent des années de vie perdues en maladie. « Chaque cancer figure en beaucoup trop grand nombre, » a-t-il dit.


​​​​Il a dit qu'il utilise le téléphone portable le moins possible, et invite les autres à utiliser l'équipement mains libres et à faire seulement des appels brefs, réservant les plus longs aux téléphone filaire. Il a dit aussi que le mobile ne devrait pas être donné aux enfants, dont le crâne plus mince et le système nerveux en développement les rend particulièrement vulnérables.


​​​​Le danger peut même être plus grand que le suggère la nouvelle étude, comme le dit le professeur Mild, 10 ans est la période « minimum » requise pour le développement du cancer. Comme il lui faut normalement beaucoup plus de temps, un beaucoup plus grand nombre seraient susceptibles de frapper les utilisateurs de longue durée après 15, 20 ou 30 ans -- ce qui porte à craindre qu'une épidémie puisse se développer dans les prochaines décennies, en particulier chez les jeunes d'aujourd'hui.


​​​​D'autre part, le professeur précise que la quantité de rayonnement émis par le téléphone a diminué considérablement depuis la venue des premiers sur le marché, il y a plus de dix ans, ce qui suggère que l'exposition et les risques devraient aussi baisser. Mais il recommande toujours de choisir les téléphones qui dégagent le moins de rayonnement possible (voir ci-dessous), et a remarqué que les gens sont maintenant aussi exposés à beaucoup d'autres sources de rayonnements, telles que les pylônes et les systèmes Wi-Fi [2], bien que ceux-ci émettent beaucoup moins que les combinés mobiles.


​​​​L'Agence Officielle de Protection Sanitaire de Grande-Bretagne -- qui a adopté une position prudente sur l'affirmation que le rayonnement des téléphones portables, de leurs pylônes et les installations Wi-Fi peuvent endommager la santé -- admet que l'étude « peut être révélatrice » d'un risque, mais dit que de « ce genre d'analyses ne peut pas être concluante. »


​​​​L'Association des Opérateurs du Mobile disent : « Ce ne sont pas des données nouvelles pour l'Organisation Mondiale de la Santé et les nombreux comités scientifiques d'experts indépendants qui déclarent qu'il n'y a aucun risque sanitaire avéré à utiliser les téléphones portables conformes aux directives internationales. »


​​​​Les deux côtés conviennent du besoin de davantage de recherche. Le professeur Mild a dit qu'un lien possible entre le téléphone portable et la maladie d'Alzheimer devrait aussi être vérifié, depuis que « nous avons des indications que ce pourrait être un problème, » de même qu'un lien possible à la :maladie de Parkinson, « ce qui ne peut pas être exclu. »


​​​​En attendant, les scientifiques veulent une révision de la norme d'émission des mobiles et des autres sources de rayonnement, qu'ils décrivent comme « inadéquate » et « non sûre ». La norme internationale est juste conçue pour empêcher le réchauffement nocif du tissu vivant ou l'induction de courants électriques dans le corps -- et ne prend pas en compte le risque d'avoir le cancer.


​​​​Les professeurs Hansen et Mild travaillent dans le BioInitiative Working Group international des principaux scientifiques et experts en santé publique, qui a émis cet été un rapport d'alerte sur la norme qui est des « milliers de fois trop permissive. »


​​​​Le rapport de BioInitiative ajoutait : « Il a été établi au delà du doute raisonnable que des effets de santé défavorables se produisent aux plus bas niveaux d'exposition... certains à plusieurs milliers de fois en-dessous des limites de sécurité existantes. » Il a aussi averti qu'à moins que cela soit corrigé il pourrait y avoir « des problèmes de santé publique à caractère global ».



Étude de cas : « Les mobiles sont le tabagisme du 21ème siècle ; ils ont besoin d'avis de santé »


​​​​Neil Whitfield, père de 49 ans de six enfants, a développé un névrome acoustique en 2001 après des années d'usage intensif du téléphone portable, du côté gauche de la tête, sur lequel il tenait son combiné. Il dit qu'il n'avait aucun antécédent familial de la maladie et que quand il a demandé à un spécialiste ce qui l'avait provoquée, le docteur lui a demandé s'il utilisait un mobile.


​​​​


« J'étais facilement dessus quatre heures par jour, » dit-il. « Quand je le tenais contre ma tête, je pouvais sentir mon oreille devenir chaude. »


Il ajoute qu'il a complètement perdu l'audition de l'oreille gauche et a été en congé pendant 12 mois. Incapable de retourner à son ancien travail dans le marketing, il est devenu professeur, subissant une baisse de revenu de 20.000 livres.


« Ça a eu un effet dévastateur sur ma famille, » dit-il. « Le téléphone portable est le tabagisme du 21ème siècle ; il devrait y avoir sur eux un avis pour la santé. Vous n'achèteriez jamais un paquet de cigarettes pour un enfant, mais nous leur donnons des mobiles qui peuvent leur faire du mal. »



Avertissement : votre modèle pourrait être dangereux


​​​​L'irradiation, montrée en tant que Taux d'Absorption Spécifique (SAR), varie largement dans les divers modèles. Les fabricants et le gouvernement ont ignoré le rapport Stewart qui recommandait qu'elle soit clairement indiquée sur les téléphones. Il est donc difficile de la trouver, bien que le catalogue de Carphone Warehouse [le plus grand détaillant de téléphonie mobile en Europe, NDT] l'indique. Une liste facilement accessible de téléphones et leur irradiation est publiée en Allemagne, dans laquelle les modèles à bas rayonnement, définis par un SAR de 0,6 ou moins, sont favorisés.



Original : http://news.independent.co.uk/health/article3036005.ece
Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info



Notes du traducteur


​​​​1- C'est évidemment des mensonges. Dès les origines de la téléphonie mobile les autorités et les fabriquants savaient le danger pour la population tant au niveau des portables que des antennes relais. Pour s'en convaincre, il suffit de savoir que la Lloyd a toujours refusé d'assurer les compagnies de téléphonie mobile pour les risques de santé qu'elles font encourir à la population.

​​​​Bien que cet article signale un danger, dire qu'il faut 10 ans d'utilisation pour être malade est aussi un mensonge. Les antennes relais provoquent souvent des nuisances chez les gens dans leur voisinage immédiatement après leur mise en service. Les effets nocifs ne se limitent pas aux cancers et aux tumeurs. Il existe une foule de nuisances plus ou moins ressenties par les utilisateurs en fonction de leur sensibilité, et ce n'est pas parce que quelqu'un ne ressent rien qu'il n'est pas affecté.

​​​​Voir le site de Filterman :

http://membres.lycos.fr/filterman/
http://risques-gsm.ifrance.com/gsm-52-das-motorola.htm



​​​​2- Voir l'article en français de Nexus sur le Wi-Fi


​​​​Voir aussi : « Juste 10 minutes de bavardage sur le portable peuvent déclencher le cancer » :

http://www.alterinfo.net/Juste-10-minutes-de-bavardage-sur-le-portable-peuvent-declencher-le-cancer_a11034.html




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