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La marée noire servira la Russie


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Vlad Grinkevitch
Jeudi 6 Mai 2010

La marée noire servira la Russie
La catastrophe survenue sur la plate-forme de forage Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique a déjà été qualifiée de « Tchernobyl pétrolier », cependant, sa véritable envergure et ses conséquences éventuelles pour l’écologie de la région et l’économie mondiale sont encore difficiles à évaluer. La nappe de pétrole, dont l’étendue est vertigineuse, peut atteindre d’un moment à l’autre le littoral Sud des États-Unis, alors que l’économie de cette région dépend presque entièrement du tourisme. Plus de 150 000 personnes – des pêcheurs, des restaurateurs, du personnel hôtelier – pourraient se trouver prochainement sans travail. D’immenses pertes seront également subies par le responsable de la catastrophe, la compagnie British Petroleum par la faute de laquelle environ 700 tonnes de pétrole s’échappent chaque jour dans les eaux du golfe du Mexique.
La compagnie pétrolière a perdu une plate-forme de forage d’une valeur d’environ 350 millions de dollars, le prix de ses actions a baissé de 12% (23 milliards de dollars de perte sur le marché) et la somme éventuelle des réclamations qui pourraient être avancées à British Petroleum est estimée à près de 4,6 milliards de dollars. D’ailleurs, les économistes sont moins préoccupés par le sort de la compagnie britannique que par la façon dont la catastrophe de Deepwater Horizon peut se répercuter sur le marché mondial de l’« or noir ».
La réaction du marché n’a pas tardé : les spéculateurs boursiers ont profité de la tragédie pour faire monter un peu les cotes du pétrole. Lors de la séance du 3 mai, le prix du panier pétrolier de l’OPEP a monté de 0,04 dollar pour atteindre 86,19 dollars. Cependant, les économistes préviennent qu’il ne faut pas attendre de conséquences sérieuses car l’effet de l’incident du golfe du Mexique se bornera à une montée spéculative de courte durée et au maintien des prix du pétrole déjà élevés. La catastrophe n’a pas causé de préjudice à l’infrastructure du marché mondial du pétrole. Le puits foré par la Deepwater Horizon était expérimental et sa perte n’affectera nullement les volumes d’extraction commerciale d’ « or noir ». L’extraction du pétrole n’a pas cessé dans la région, le travail n’a été suspendu que sur quelques plates-formes d’extraction du gaz. Seules les raffineries de pétrole du Sud des États-Unis sont menacées de pertes. L’extension de la nappe de pétrole pourrait perturber le travail du port de Louisiane d’où le pétrole parvient aux raffineries de pétrole situées sur le littoral.
Quoi qu’il en soit, l’incident du golfe du Mexique pourrait avoir des conséquences à long terme. Le fait est qu’il met en cause la mise en œuvre du nouveau programme énergétique américain annoncé en mars dernier par le président Barack Obama.
Selon le texte publié, les autorités américaines avaient l’intention de reprendre la construction de centrales nucléaires et de consacrer des fonds importants à la recherche et à la mise en valeur de nouvelles sources d’énergie, notamment, d’accroître considérablement l’extraction des gaz de schiste. Qui plus est, a été levé un moratoire de vingt ans sur l’exploitation des gisements du plateau côtier (selon les estimations préalables, leurs réserves de gaz atteignent 1.600 milliards de m3 et celles de pétrole, 14,5 milliards de barils) décrété pour des considérations écologiques. La mise en œuvre du programme énergétique devait, d’une part, diminuer la dépendance de l’économie américaine vis-à-vis de l’importation de produits énergétiques et, de l’autre, verser dans le budget des sommes supplémentaires pour résorber le déficit budgétaire qui dépasse 10,6% du PIB pour 2011.
La nouvelle conception énergétique des États-Unis a été une mauvaise surprise pour les exportateurs mondiaux de pétrole et de gaz dans la mesure où l’Amérique consomme, à elle seule, selon différentes estimations, de 20% à 25% des produits énergétiques extraits dans le monde.
Une réduction des importations américaines entraînerait inévitablement de sérieux changements sur le marché mondial des produits énergétiques, ce qui serait une dure épreuve pour les États dont l’économie dépend des matières premières. Il suffit de rappeler comment les succès remportés par les sociétés américaines dans l’extraction des gaz de schiste ont inquiété les experts. Bien entendu, le gaz de schiste est encore cher et les volumes d’extraction sont faibles, par conséquent, il ne peut pas entraîner une révolution des prix sur le marché du gaz. Plus exactement, il ne peut pas en entraîner une pour l’instant. Mais, en tant que facteur de formation des prix mondiaux, le gaz de schiste est déjà pris en considération.
Voici cependant une nouvelle heureuse et inattendue : l’un des points fondamentaux du programme énergétique américain s’est trouvé menacé. Les autorités américaines ont déjà déclaré qu’elles interdiraient le forage de nouveaux puits sur le plateau continental tant que les causes de la panne de la plate-forme de forage dans le golfe du Mexique ne seront pas déterminées.
Pour l’instant, il est probablement impossible d’évaluer les conséquences de cette décision et on ne sait pas comment évolueront les événements dans le golfe, quand réussira-t-on à remédier aux conséquences de la catastrophe et, par conséquent, combien de temps durera le moratoire sur la mise en valeur du plateau continental. Une chose est sûre, la révolution énergétique que pouvait engendrer la mise en œuvre du programme énergétique américain est reportée.
Ce texte n’engage que la responsabilité de l’auteur.

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Jeudi 6 Mai 2010


Commentaires

1.Posté par redk le 06/05/2010 11:57 | Alerter
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Il est navrant de voir que l'auteur de l'article oublie la faune marine et les oiseaux , au delà de toute considération économique, c'est quand même eux qui n'ont rien demandé aux hommes qui en subissent à chaque fois les conséquences, combien d'espèces vont encore disparaitre?!!

2.Posté par Anita1945 le 14/07/2010 04:44 | Alerter
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Partie 2 : Lindsey WILLIAMS - Le DANGER VIENT des GAZ - Vidéo Mondialisation.ca
(Alex JONES).


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