Palestine occupée

La levée des barrages en Cisjordanie, une - autre - supercherie israélienne



Mercredi 9 Avril 2008

La levée des barrages en Cisjordanie, une - autre - supercherie israélienne

Les autorités de l'occupation israélienne continuent à bluffer l'opinion publique mondiale. Elles ont informé l'autorité de Ramallah et l'administration américaine qu'elles avaient fini l'application des mesures promises à l'autorité, pendant la dernière tournée de la ministre américaine des affaires étrangères Rice. Toutefois, sur le terrain, il ne s'agit que de la levée d'une cinquantaine de barrières en terre sur quelques carrefours de Cisjordanie et d'un seul barrage fixe, celui de Rimonim, à l'est de la ville de Ramallah où se trouve Al-Moqatta'a (le siège de l'autorité palestinienne).

Des sources journalistiques sionistes rapportent que c'est Ehud Barak qui a informé l'ambassadeur américain Richard Jeans et le premier ministre du cabinet de Ramallah Salam Fayyad. Il leur informe aussi que dans les prochains jours, quelques autres mesures seront également appliquées. Des permissions de passages seront délivrées à des centaines de commerçants palestiniens et de responsables de haut rang du gouvernement de Fayyad.

Aucun changement

Par ailleurs, des citoyens palestiniens de la Cisjordanie affirment trouver ces mesures des plus insolites. Sur le terrain, ils n'ont rien vu, aucun changement. Personne n'a ressenti ces mesures prétendant faciliter leur vie. Tout au contraire, « auparavant, j'attendais en moyenne une heure sur le barrage de Hawara, hier, j'ai attendu trois heures », dit Ali Mohammed, un habitant de la ville de Naplouse. En fait, comment quelques petites mesures de rien du tout pourront-elles changer la situation, à partir du moment où il y a toujours des centaines d'obstacles, entravant les mouvements des Palestiniens de la Cisjordanie : barrages fixes et ambulants, blocs en ciment et portails en ferraille.

Ce ne sont que de purs canulars, dit Sajid Mahmoud, habitant de Ramallah. En effet, l'occupant n'enlève un barrage fixe que pour le remplacer par plusieurs autres, souvent ambulants.

486 barrages

Selon les données récoltées par le centre juridique israélien Beitsalim, jusqu'à la fin de l'an 2007, l'armée de l'occupation gardait 115 barrages fixes en Cisjordanie dont 36 entre la Cisjordanie et les territoires occupés en 1948. 87 portails sur le long du Mur discriminatoire. Il y a aussi 486 clôtures en terre ou en ciment fermant les routes de la Cisjordanie.

Le nombre de barrages fixes ne change quasiment pas. Jusqu'en octobre dernier, il était au nombre de 99 barrages. Même les 36 derniers checkpoints pour entrer dans les territoires de 48 sont installés sur une distance avancée en Cisjordanie, de plusieurs kilomètres, selon Beitsalim.

63 barrages contrôlent toujours les mouvements à l'intérieur de la Cisjordanie. L'armée israélienne est toujours présente de façon permanente sur 47 d'entre eux. Et de façon sporadique dans les autres.

Et dans la ville d'Al-Khalil (Hébron), des dizaines de barrières surprises viennent s'ajouter à ces seize barrages fixes, toujours selon les données du centre israélien de Beitsalim.

Les difficultés envisagées sont différentes d'un barrage à l'autre. Néanmoins, la carte d'identité et le permis de passage sont toujours demandés et contrôlés. Les citoyens se trouvent chaque fois dans des queues aussi longues que leurs journées interminables sous l'occupation israélienne.

Il y a aussi ces barrages spéciaux pour le passage de voitures de transport public et de commerce.

Et pour atteindre les routes principales, c'est une autre histoire. Les obstacles sont aussi variables qu'innombrables.

Obstacles pour le mouvement

Le nombre d'obstacles, installés par l'occupant israélien pour entraver le mouvement des Palestiniens dans leur propre patrie, pourrait changer selon des conditions politiques et sécuritaires. En tout cas, en 2007, l'organisation Beitsalim en a dénombré 486. Dans sa propre patrie, le Palestinien ne sait pas quel chemin prendre. Même à pied. Même les personnes âgées. Les malades. Les femmes enceintes. Les enfants. Tout un chacun...

Pire, l'occupation empêche les Palestiniens d'utiliser certaines de leurs routes pour les consacrer aux colons, partiellement ou même entièrement.

Et sur certaines routes, les voitures palestiniennes n'ont le droit que de traverser. Elles se butent contre d'autres. Les passagers seront obligés de continuer leur chemin à pieds !

En somme, plus de 300 kilomètres des rues des territoires palestiniens de la Cisjordanie sont interdites aux Palestiniens, partiellement ou entièrement. Cependant, les colons et les soldats israéliens y ont toute liberté. Un monde complètement à l'envers ! Un monde de deux poids deux mesures !

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Mercredi 9 Avril 2008

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