Conflits et guerres actuelles

La lâcheté du dictateur Álvaro Uribe face à un peuple sur pied de lutte



Vendredi 14 Novembre 2008

La lâcheté du dictateur Álvaro Uribe face à un peuple sur pied de lutte

Indubitablement le dictateur colombien Álvaro Uribe n’a aucune disposition politique pour dialoguer avec les indigènes et les autres acteurs sociaux qui composent la Minga de la résistance sociale et communautaire. Au moment même où les regards du monde étaient attentifs à chaque pas du mouvement de résistance sociale et alors que l’un de ses objectifs - pouvoir rencontrer le « président » Uribe - était sur le point de se « concrétiser », comme par « un tour de magie » apparait sur la scène publique une nouvelle « friandise » médiatique, de celles qui s’installent de manière singulière pour parvenir à leur but principal : distraire l’attention publique.


AUTEUR:  Níkolas STOLPKIN

Traduit par  Esteban G., révisé par Tlaxcala



En ces périodes où la Colombie est particulièrement sous observation pour la forte mobilisation qui s’organise au niveau national contre le gouvernement uribiste et sa politique de marque dictatoriale, voilà « qu’arrive à point » pour le dictateur, cette histoire de fuite de l’ex-parlementaire Oscar Tulio Lizcano avec un supposé guérillero des FARC-EP, du moins présenté comme tel mais qui ne l’a jamais été car ceux qui trahissent leur peuple seront toujours des rats.

Aujourd’hui, seule cette « friandise » est mise sous le nez du monde. La forte mobilisation a été rangée au second plan par les médias, et encore même pas. Ce qui va se passer à partir de maintenant est très préoccupant. Il va falloir supporter à nouveau, que les FARC-EP soient « finies » ou « chancelantes », tel que cela avait été dit après la fameuse « Opération Jaque » (la libération d’Ingrid Betancourt) (1) et maintenant avec Lizcano (2) qui surgit comme par « hasard » chaque fois que le gouvernement dictatorial de Álvaro Uribe traverse une série « d’ennuis » ou lorsque son gouvernement est remis en question aux yeux du monde. Ils vont à nouveau essayer de mettre en avant la supposée « grande popularité » d’Uribe pour ensuite resservir le coup de la réélection.

Quant au rat qui soi-disant a aidé à faire échapper Lizcano, il sera utilisé simplement comme un symbole par le gouvernement colombien pour adresser un seul message à la guérilla : rendez-vous et ramenez un séquestré avec vous, ici une nouvelle vie vous sera assurée, nous vous donnerons de l’argent et un passeport pour aller vivre en Europe avec vos petites amies. Ceci est pour la « friandise » à usage interne, destinée spécialement aux médias. Car lorsque les médias auront les yeux ailleurs, il n’y aura plus de « friandise » mais plutôt la prison et la torture pour ceux qui ingénument ont gobé les mensonges de la dictature uribiste.

Quant à la « friandise » à usage externe, ils s’emploieront une nouvelle fois à organiser un « mouvement mondial » contre les « pris d’otages », avec des marches et des concerts de musique de la petite bourgeoisie.

Quel est l’objectif de la stratégie de la « friandise » ?

L’objectif est plus que clair. Avec cette nouvelle « friandise » il s’agit d’ôter sa force et son importance, face à l’opinion publique, à la Minga de résistance sociale et communautaire ; qui ne comprend pas seulement les secteurs indigènes, comme certains peuvent le croire, mais aussi tous les secteurs sociaux du peuple colombien victimes de la politique dictatoriale dont ils souffrent depuis plus d’une décennie. La dictature uribiste sait quelle importance pourrait acquérir toute cette mobilisation populaire en continuant à être sur pied de lutte, il va donc essayer de l’annihiler d’une manière ou d’une autre. Et c’est dans les moments où l’attention publique nationale comme internationale, se trouve « en train de savourer » la nouvelle « friandise » uribiste, qu’il est impérieux de se protéger d’une possible offensive réactionnaire.

Nous savons tous que le dictateur est un lâche et qu’il mène un sale jeu, comme il l’a démontré une nouvelle fois le 26 octobre dernier, lorsqu’il devait se rendre au parc du Centre Administratif Municipal(CAM), dans la ville de Cali, où l’attendait une assemblée de manifestants [de la marche partie 6 jours auparavant de La María, dans la commune de Piendamó, du département du Cauca] pour lui présenter leurs revendications (3). C’est en ce lieu qu’il avait été convenu que le dictateur devait venir, si toutefois il était disposé à dialoguer avec les indigènes et les autres secteurs sociaux, comme expliqué dans le communiqué de la Minga de résistance sociale et communautaire du 25 octobre. (4).


Une des nombreuses victimes de la répression à La María de Piendamó, le 17 Octobre dernier. Photo Simone Bruno

Quel mauvais tour a donc joué notre dictateur? Son mauvais tour a consister à enfouir sa tête dans une station de télévision régionale (Telepacífico) et garder cette station à son entière disposition pour se présenter devant les téléspectateurs afin de diffuser ses « vérités » et offrir depuis cet endroit la nouvelle « friandise » du moment. Pendant ce temps, la Minga de résistance sociale et communautaire était installée dans le parc du Centre Administratif Municipal et attendait la venue d’Álvaro Uribe. L’attente dura depuis la matinée très tôt jusqu’au début de l’après-midi, sans que le dictateur se présente car des motifs de « sécurité » l’avaient empêché de s’y rendre.

L’événement prenant fin vers 5 heures de l’après-midi, quelques minutes plus tard, le dictateur s’est présenté, lâche qu’il est, une fois que l’ordre de dispersion avait été donné aux manifestants (45.000 environ) et que la garde indigène ( service d’ordre des marcheurs) a réalisé de façon ordonnée. Pour ces motifs, il n’a en a pas moins été hué et insulté par ceux qui restaient encore, tandis que le dictateur, improvisant une estrade mobile depuis un pont piétonnier se plaignait que personne ne lui prête attention. Rien de plus cynique que de déclarer aux derniers présents : « Je vous ai attendus toute la journée ». Peut-être qu’en arrivant à cette heure-là il voulait démontrer qu’il se livrait à un humble sacrifice car sa « sécurité » était menacée ? Est-ce cela qu’il avait voulu leur transmettre par sa présence ? Eh bien, ce que l’on a vu, c’est un geste de pure lâcheté de la même manière que lorsque le Faible qui se vante devant son entourage interpelle le Fort pour lui dire qu’il veut l’affronter à un endroit X face à tout le monde, mais que au le Faible s’abstient de se rendre rendez-vous fixé et le Fort se fatigant d’attendre décide de partir pour ne pas perdre son temps. Que fait ensuite le Faible ? Il se rend au lieu de la rencontre, que le Fort a déjà quitté et s’adresse à ceux qui sont là en vociférant avec vantardise : « Où es-tu, Fort, je ne te vois pas ?! Montre-toi! Que faisons-nous, Fort?! As-tu peur de m’affronter?! »

Le dictateur Álvaro Uribe a su à quel moment précis il fallait être là-bas. Ce n’est pas pour rien qu’il observait depuis la chaîne régionale en direct tout se qui se passait durant ce rassemblement populaire (5). Ce n’est qu’une fois le rassemblement terminé, qu’il a choisi de se rendre sur les lieux. Est-ce cela sa position politique devant la Minga de résistance sociale et communautaire ? Une certitude, c’est que cela a été un acte lâche et irrespectueux face à tout ce peuple sur pied de lutte, que de ne pas avoir honoré l’entrevue comme elle était convenue.

Dans ce cas, celui qui n’a pas voulu dialoguer ni écouter a été le dictateur Álvaro Uribe, lui-même. Ici, celui qui n’a pas voulu dialoguer ni écouter les doléances de tout un peuple sur pied de lutte est le gouvernement narco-paramilitaire du dictateur Álvaro Uribe. Les choses ne se résolvent pas en se cachant la tête et encore moins en proposant à sa guise un « nouveau dialogue » pour le 2 novembre dans la ville de Popayán (6).

Vers Bogotá !

Des mauvais coups risqués comme celui-ci, pourraient ne faire que renforcer la Minga de résistance sociale et communautaire. La rage populaire emmagasinée, encore plus par le non-respect de la part des autorités envers ce peuple digne, pourrait très bien servir d’énergie pour continuer à consolider le caractère de lutte. Et le plus probable, c’est que l’effet « boule de neige » atteigne son volume de façon étonnamment considérable si la décision d’aller à Bogotá obtienne une bonne adhésion au niveau national.

Il y a lieu d’espérer que de nouveaux acteurs sociaux rejoindront cette Minga de résistance sociale et communautaire et renouvelleront les énergies des participants. Leurs dirigeants ont déjà affirmé clairement que cette mobilisation avait un cararctère large. Ils savent très bien que la participation unitaire des différents secteurs sociaux est primordiale pour atteindre des avancées significatives. Ce serait une erreur stratégique qu’au niveau où en sont les choses, tout s’arrête là, et que tout le monde rentre chez-soi. La dignité du peuple doit être au dessus de tout. Les blessés et ceux qui ont été assassinés méritent le respect le plus fort.

La décision a déjà été prise. Il ne peut y avoir de recul. Dans le cadre de le Minga de résistance sociale et communautaire, il a été décidé de poursuivre le chemin vers Bogotá, capitale de la Colombie et centre névralgique de l’économie et de la politique colombienne (7). Deux lignes d’actions ont été adoptées :

1.- Reprendre le processus de solidarité avec la communauté indigène de La María, Piendamó qui est toujours envahie et harcelée et venir en aide à ses habitants, qui ont été déplacés de force par les forces de l’État.

2.-Avancer à partir des différentes régions jusqu’à la capitale du pays, où peuvent converger les secteurs sociaux plus larges dans la perspective de construire le pays que désirent les majorités populaires.

EN AVANT CAMARADES !

À BAS LA DICTATURE URIBISTE !

LE SOCIALISME OU LA MORT !

Sources consultées:

1)      http://news.bbc.co.uk/hi/spanish/latin_america/newsid_7486000/7486733.stm

2)      http://www.semana.com/noticias-conflicto-armado/descontrol-farc/117129.aspx

3)      http://www.cric-colombia.org/noticias/?content=detail&id=148

4)      http://www.cric-colombia.org/noticias/?content=detail&id=151

5)      http://www.elpais.com.co/paisonline/notas/Octubre272008/cali1.html

6)     http://www.elespectador.com/noticias/nacional/articulo86170-uribe-no-dialogara-indigenas-lunes-porque-agenda-no-se-permite

7)      http://www.cric-colombia.org/noticias/?content=detail&id=153


Source : La cobardía del Dictador Álvaro Uribe frente a un pueblo en pie de lucha

Article original publié le 28/10/2008

Sur l’auteur

Esteban G. est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=6333&lg=fr



Vendredi 14 Novembre 2008


Nouveau commentaire :

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires