Propagande médiatique, politique, idéologique

La guerre secrète d’Africom au Soudan


Keith Harmon Snow est un enquêteur indépendant sur les droits humains et un correspondant de guerre qui a travaillé pour “Survivors Rights International” (2005-2006), pour Genocide Watch (2005-2006) et pour les Nations Unies (2006) afin de recueillir des informations concernant le génocide et les crimes contre l’humanité au Soudan et en Ethiopie. Il a travaillé dans 17 pays d’Afrique, et récemment en Afghanistan. Son site http://www.allthingspass.com


Lundi 16 Mars 2009

La guerre secrète d’Africom au Soudan

La guerre secrète d’Africom au Soudan

[Keith Harmon Snow, Africom’s Covert War in Sudan -Dissident Voice - 6 mars 2009 - Trad: ???]

J’ai reçu récemment un coup de téléphone d’un Australien qui m’a expliqué qu’il enquêtait pour le compte du procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) à la Haye, aux Pays Bas. L’enquêteur et son collègue avaient lu mon livre (”Merchant’s of Death: Exposing Corporate Financed Holocaust in Africa” <http://www.dissidentvoice.org/2008/12/merchants-of-death-exposing-corporate-financed-holocaust-in-africa/>  ) et voulaient que je leur donne davantage d’informations sur les seigneurs de guerre responsables des massacres de Bogoro au Congo que j’avais brièvement décrits dans mon livre.

Au bout de quelques semaines d’échanges où je reprenais mes notes et les photos que j’avais, pour rassembler les informations en ma possession, je leur ai envoyé un mail au moment même où il était prévu qu’ils recevraient de ma part une brève documentation sur l’affaire en question (qui, m’avaient-ils assuré, “avait soulevé beaucoup d’intérêt” à la CPI).

Je leur ai alors avoué que je n’étais plus sûr qu’il soit éthiquement correct de ma part de collaborer avec une cour de justice internationale qui ne poursuivait que des noirs africains.

J’ai fait part de mes inquiétudes pour “Sandrine”, une jeune fille dont je parlais dans mon livre qui avait livré les noms de chefs de guerre, les dates des exécutions, et qui avait, elle-même, manié la machette au cours d’un massacre ethnique et avait été violée par des miliciens.

Je leur ai fait remarquer que les témoins cités à comparaître devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda  avaient été assassinés ou avaient disparu mystérieusement, précisé que j’avais conscience de l’injustice qu’avaient constituée les Tribunaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, et exprimé ma consternation devant la ligne que la CPI avait choisie.

Je leur ai dit que je ne pouvais pas en conscience collaborer avec eux si la CPI n’arrêtait pas les criminels de guerre en col blanc qui s’égayaient en toute liberté aux quatre coins de la planète.

J’ai compris que j’avais pris la bonne décision quand j’ai appris qu’ils avaient à nouveau porté des accusations contre un noir, et arabe, avec ça. C’était un choix d’orientation fort stupide, faisait remarquer quelqu’un. Le 4 mars 2009, le procureur général de la CPI annonçait qu’ils avaient enfin pris la décision de poursuivre al-Bashir, le président arabe du Soudan, une inculpation que la cour avait longtemps menacé de mettre à exécution, et une première à l’encontre un chef d’état en exercice.

Dans la même période, des “pirates” somaliens au large de l’Afrique orientale libéraient un navire ukrainien immatriculé au Panama, avec un équipage ukrainien et sous pavillon du Belize. Le cargo, qui transportait des tanks, des roquettes et des munitions destinées au Darfour, appartient à Vadim Alperin, ‘homme d’affaires” israélien, et agent du Mossad reconnu.

Il est difficile de comprendre ce qui se passe au Darfour – surtout si on part de l’idée qu’il s’agit d’un “génocide” unilatéral commis actuellement par des Arabes sur des Noirs par le régime d’al-Bashir – mais ainsi va la propagande de l’establishment. La véritable version de l’histoire est bien plus longue et bien plus complexe que cela, et tourne autour de personnages plus ou moins connus mais troubles.

Ce qui suit est un résumé bref mais imparfait des réalités géopolitiques bien plus profondes qui sous-tendent la lutte pour le Soudan.

La politique de crimes de guerre

En préambule, je dirai que la CPI peut désormais être considérée comme un agent de la politique étrangère hégémonique des Etats-Unis, où les armes employées par les USA et leurs alliés peuvent aller jusqu’à des accusations ou des poursuites pour violations des droits humains, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Pour comprendre cela, il faut se demander pourquoi aucun Blanc n’a encore jamais été déféré, pour ces crimes-là ou d’autres, devant la CPI, qui a, à ce jour, déjà fait incarcérer cinq “seigneurs de la guerre” noirs africains et compte mettre sous les verrous et juger un autre Noir, arabe, de surcroît, Omar Bashir.

Pourquoi donc George Bush n’a-t-il pas été poursuivi? Et Donald Rumsfeld? Et Dick Cheney? Et Henry Kissinger? Et Ehud Olmert? Et Tony Blair? Et Vadim Alperin? Et John Bredenkamp?

Juste après l’annonce que la CPI, ayant retenu 7 chefs d’inculpation, poursuivait al-Bashir pour crimes de guerre, était aussitôt diffusé un communiqué par tous les médias occidentaux, entrant dans chaque foyer aux Etats-Unis avant la fin de la journée, que le président Bashir ordonnait l’expulsion de dix ONG internationales sur place au Darfour qui prétendaient agir par pur souci “humanitaire”.

Ce qui n’a été dit nulle part dans la presse anglophone, c’est que les Etats-Unis viennent d’intensifier les opérations militaires actuelles pour s’assurer le contrôle du Soudan et de ses ressources: le pétrole, le cuivre, l’or, l’uranium, les terres fertiles pour planter de la canne à sucre et de la gomme arabique (indispensable à Coca, Pepsi et à Ben & Jerry’s).

Cette guerre se joue sur le terrain au Darfour par l’intermédiaire de soi-disant ONG “humanitaires”, de sociétés paramilitaires privées, d’opérations de “maintien de la paix” et d’opérations militaires secrètes soutenues par les US et ses proches alliés.

Cependant cette guerre des Etats-Unis destinée à prendre le contrôle du Soudan a toujours tourné autour d’opérations “humanitaires” (présentées comme étant neutres et uniquement soucieuses de protéger les vies de personnes innocentes) qui fournissent souvent une couverture à des activités et des interventions clandestines en vue de déstabiliser le régime.

Il faut que les Américains prennent conscience que le choix du gouvernement d’Obama d’intensifier cette guerre pour placer le Soudan sous contrôle des Etats-Unis s’inscrit en droite ligne du programme permanent établi à la fois par les Républicains et les Démocrates sur les guerres à mener dans le monde.

La déstabilisation actuelle du Soudan reflète la guérilla clandestine illégale qui avait été menée au Rwanda (également lancée et armée depuis l’Ouganda entre octobre 1990 et juillet 94). Les Forces Armées Rwandaises (appelées alors “Armée Patriotique Rwandaise”), dirigées par le commandant en chef Paul Kagamé, atteignaient ainsi l’objectif des US de réaliser un coup d’état au Rwanda grâce à cette campagne, et le président Paul Kagamé est devenu depuis un interlocuteur privilégié dans le conflit obscur qui a actuellement lieu au Darfour, Soudan.

Au cours du mandat présidentiel de George Bush, le gouvernement américain faisait partie de l’appareil des services secrets du gouvernement soudanais. En même temps, d’autres groupes financiers et politiques américains poussaient à faire accuser le gouvernement soudanais de génocide. Actuellement, avec le changement de gouvernement aux Etats-Unis et la nomination de hauts responsables par Hillary Clinton qui ont été impliqués dans les opérations secrètes au Rwanda, en Ouganda, au Congo et au Soudan pendant les années Clinton (Bill), la pression s’est intensifiée pour déstabiliser le gouvernement soudanais, qualifié de régime arabe “terroriste”, mais il s’agit d’une entité qui opère en dehors du système bancaire US.

La précédente opération avait consisté en des actions militaires secrètes où des missiles avaient été lancés par l’armée américaine contre l’usine pharmaceutique au Soudan (1998); c’était un crime de guerre international perpétré par le gouvernement Clinton et auquel avaient participé les hauts responsables actuellement au pouvoir.

La lutte géopolitique complexe pour prendre le contrôle du Soudan se manifeste à travers la situation explosive au Darfour où sont engagées des factions aussi diverses que la Lord’s Resistance Army (LRA - ou Armée de Résistance du Seigneur <http://afrikarabia2.blogs.courrierinternational.com/tag/lord’s%20resistance%20army>  ), soutenue par Khartoum, qui est également impliquée dans les guerres au Congo et au nord de l’Ouganda.

Sont également impliqués le Tchad, l’Erythrée, et l’Ethiopie, l’Allemagne, la République Centrafricaine, la Libye, la France, Israël, la Chine, Taiwan, l’Afrique du Sud et le Rwanda. Il y a des forces spéciales américaines sur le terrain des pays limitrophes, le Tchad, l’Ouganda, l’Ethiopie et le Kenya et les deux grandes questions qui se posent sont:

  • 1) Combien de ces massacres imputables aux forces américaines de substitution ont été attribués à Al-Bashir et au gouvernement soudanais?
  • 2) Qui finance, arme et entraîne les rebelles?

L’agence américaine pour la destruction du monde.

Des rebelles? Des insurgés? Le matraquage de la propagande occidentale présente le conflit comme une action unilatérale: une contre-insurrection à objectif génocidaire du gouvernement soudanais (selon les propres termes d’Eric Reeves) contre les bons samaritains de la communauté des ONG “humanitaires” … plus, quelques rebelles (indéfinis).

Le Soudan a ordonné mercredi qu’au moins 10 organisations humanitaires soient expulsées du Darfour à la suite du mandat d’arrestation émis par la CPI a émis à l’encontre du président” écrit Ellen M. Lederer reporter de l’AP.

Selon Marie Okabe, porte-parole adjointe de l’ONU, “le secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, a déclaré que cette action ‘représente un grave revers pour les opérations humanitaires au Darfour’ et a enjoint le Soudan de revenir sur sa décision.”

Cependant, quand, récemment, Ban Ki-moon a rencontré Paul Kagamé, l’homme fort du Rwanda, il n’a pas réclamé l’arrestation de Kagamé, malgré les conclusions de deux cours pénales internationales qui ont émis des mandats contre les hauts responsables de la République du Rwanda. Au lieu de cela, Ban Ki-moon a fait les éloges de Kagamé, et appelé les pays africains à pourchasser et arrêter les Hutus censés avoir participé au pseudo “génocide” rwandais en 1994.

Les organisations non gouvernementales qui ont été chassées du Darfour par le président al-Bashir le 4 mars sont: Oxfam, CARE, MSF-Holland, Mercy Corps, Save the Children, the Norwegian Refugee Council, the International Rescue Committee, Action Contre la Faim, Solidarités et CHF International.

Evidemment, les medias occidentaux sont en émoi depuis l’annonce des expulsions du Darfour de ces organisations “humanitaires” lucratives. Les ONG, et les médias qui vendent leurs images poignantes de malheureux bébés, geignent que maintenant des centaines de milliers de réfugiés innocents seront désormais à la merci de tragédies atroces sans pouvoir être secourus – contrairement aux tragédies d’avant où ils pouvaient être secourus – mais ne se soucient pas de savoir, avec un tant soit peu de sérieux et d’honnêteté, pourquoi et comment ces personnes déplacées et ces réfugiés en sont venus au départ à être déplacés ou à se retrouver sans toit.

De même qu’ils ne se soucient pas de tout cet argent qui est dépensé, des coopérations entre services secrets, des contrats, et de la collaboration avec des agences militaires privées ou gouvernementales.

Les grandes ONG “humanitaires” (ainsi que les ONG pour la “préservation de la nature”) fonctionnent exactement comme des multinationales axées sur les profits privés massifs et la souffrance humaine.

Dans des pays comme la République Démocratique du Congo, l’Ouganda et le Darfour, ces ONG collaborent activement également, au niveau des infrastructures, de la logistique et des renseignements, au programme gouvernemental et militaire des Etats-Unis dans la région. La plupart sont affiliées aux grandes fondations, à des sponsors privés et à USAID <http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7897>  - association qui elle même collabore étroitement et depuis longtemps aux opérations menées par AFRICOM et le Pentagone.

Les réfugiés et les populations déplacées sont des outils stratégiques des gouvernements et des politiques des affaires étrangères, de même que les ONG “humanitaires” se servent constamment de la nourriture comme arme et des populations comme boucliers humains.

L’histoire de la guerre secrète des Etats-Unis au Sud-Soudan fourmille d’exemples où l’Armée populaire de libération du Soudan <http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_populaire_de_lib%C3%A9ration_du_Soudan>  (la SPLA) et ses alliés “humanitaires”, en particulier les organisations “caritatives” chrétiennes, ont commis ces crimes de guerre et ces crimes contre l’humanité (*).

Care International a reçu des dons de la part de Lockheed Martin Corporation <http://fr.wikipedia.org/wiki/Lockheed_Martin_Corporation>  , le premier producteur mondial d’armes de destruction massive et le plus secret, et “Care” et “Save the Children” sont toutes deux liées par d’autres biais aux industries de l’armement et d’extraction de minerai. Si on jette un coup d’œil sur le conseil d’administration <http://www.savethechildren.org/about/board.html>  de “Save the Children”, on comprend pourquoi les médias américains mentent autant sur le Darfour. De la même façon l’International Rescue Committee <http://fr.wikipedia.org/wiki/International_Rescue_Committee>  (IRC) ne travaille pas avec les réfugiés mais sert de groupe de pression pour faire revenir en occident les fonds privés investis par l’occident. L’IRC a également été cité pour avoir participé à des interventions militaires en RDC et il est très lié à des gens comme Henry Kissinger.

L’industrie de l’aide (lisez: “du malheur”) humanitaire au Soudan était représentée au milieu des années 90 par Operation Lifeline Sudan (OLS) <http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Lifeline_Sudan>  , le regroupement d’associations soi-disant “humanitaires” le plus important au monde, figurant une forme d’inégalités organisées, un système temporaire et mobile de privilèges de Blancs, de l’aventurisme et bien sûr de la bonne volonté (sic).

L’industrie du malheur s’est désintéressée du Sud Soudan pour s’occuper du Darfour à la suite de l’organisation de la signature d’un pseudo “traité” de paix mettant un terme à la guerre qui durait depuis des dizaines d’années entre la SPLA (Armée populaire de libération du Soudan) et le gouvernement soudanais; les Etats-Unis et Israël soutiennent la SPLA depuis 1990.

Ces 12 ans de conflit de faible intensité secret et illégal au Soudan se sont terminés par la création de l’état souverain indépendant du Sud-Soudan vers 2005 – un état sous contrôle de groupes religieux chrétiens et juifs et de multinationales occidentales.

Une grande partie des infrastructures de l’aide humanitaire au Soudan a, à un moment ou à un autre, été utilisée comme arme grâce à l’utilisation de boucliers humains, la distribution de vivres aux réfugiés inséparables des rebelles, et l’acheminement d’armes effectués par les ONG “humanitaires”.

C’est une politique à la fois de circonstance et calculée. Les ONG d’obédience chrétienne ont joué un rôle considérable dans le soutien à l’insurrection secrète menée par les occidentaux au Soudan. Par exemple, la Norwegian People’s Aid (Organisme humanitaire connu sur le terrain sous le gentil sobriquet de “Armée du peuple norvégien”) est une importante ONG qui a été impliquée dans les livraisons d’armes.

Au Darfour, le programme du gouvernement américain est de prendre le contrôle des ressources naturelles et d’acculer le gouvernement arabe pour mettre enfin en place un gouvernement plus “conciliant” qui correspondra aux intérêts privés des Etats-Unis, du Canada, de l’Europe, de l’Australie et d’Israël.

Parmi les groupes de réflexion (entendez: de propagande, de lobbying et de pression) qui tirent les ficelles pour déstabiliser le Soudan, il y a: Foundation for the Defense of Democracy, Center for American Progress, Center for Security Policy, International Rescue Committee et International Crises Group.

Ce sont des personnes apparemment d’horizons politiques et idéologiques divers qui sont à la tête de ces organismes, des groupes capitalistes ultranationalistes avec pour objectif la domination militaro-économique mondiale.

Parmi les anciens hauts responsables de Bill Clinton qui se sont évertués à déstabiliser le Soudan, il y a Susan Rice, Madeleine Albright, Roger Winter, Prudence Bushnell, Hillary Clinton, John Podesta, Anthony Lake et John Prendergast.

Samantha Power la cofondatrice de Carr Center for Human Rights (*), actuellement au conseil de sécurité nationale d’Obama, a, quant à elle, contribué à couvrir l’engagement militaire clandestin au Soudan.

John Prendergast, lui, organisait la désinformation sous couvert de préoccupations humanitaires grâce à l’”International Crisis Group” (ICG), et à ses nombreux clones comme “ENOUGH”, “ONE” et “RAISE HOPE FOR CONGO”.

Prendergast est un des principaux responsables de l’opération de détournement d’attention de l’opinion publique grâce au mouvement hypocrite (aujourd’hui discrédité) “Save Darfur” (”Urgence Darfour”).

Parmi les importants agents de désinformation sur le Soudan, on trouve également Alex de Waal et le professeur Eric Reeves de Smith College.

C’est par leur intermédiaire et par celui d’autres informateurs des grands médias privés que l’histoire du “génocide” au Soudan est colportée comme étant un problème entre Noirs et Arabes qui n’a rien à voir avec les intérêts occidentaux.

En 1992, Rakiya Omaar et Alex de Waal, deux enquêteurs sur les droits humains fondaient à Londres l’ONG African Rights.

En août 1995, African Rights publiait: “le Rwanda: la mort, le désespoir, et la provocation”, un de ces nombreux articles fondamentaux sur les “droits de l’homme” qui mentaient sur la situation au Rwanda, préparaient le terrain pour la justice de vainqueur au tribunal pénal international sur le Rwanda et commençaient le processus de déshumanisation de millions de Hutus destiné à couvrir les véritables terroristes: Yoweri Museveni, Paul Kagamé, l’Armée patriotique Rwandaise et leurs soutiens occidentaux.

L’homme de la situation pour un nouveau Soudan

L’atout majeur des services secrets qui œuvrait sur le terrain au Soudan à déstabiliser et renverser le gouvernement du Soudan, c’est Roger Winter, dont est paru le portrait mensonger dans un reportage de 7 pages du New York Times Magazine du 15 juin 2008.

Il est intéressant de noter que l’article “l’homme de la situation pour un nouveau Soudan”, œuvre de mystification de l’establishment destinée à camoufler l’engagement du duo armée /services secrets américains au Soudan, a été écrit par Eliza Griswold, membre deNew America Foundation, groupe de réflexion de gauche et lobby à l’idéologie mal définie mais de tendance nationaliste militariste, toutefois. (la NAF, qui dépend, de toute évidence, des crédits alloués aux fondations, n’a apparemment pas de programme tangible sur les Grands Lacs africains ou la Corne d’Afrique, des conflits dont l’association ne parle absolument pas).

“Quand, le jour de Pâques, le Cessna de Roger Winter s’est posé près de la ville soudanaise d’ Abyei, une foule d’hommes désespérés ont envahi l’avion”, raconte Griswold.

“Certains arrivaient en courant sur la piste d’atterrissage rouge et cahoteuse. D’autres s’entassaient dans un minibus qui fonçait vers Winter, cet homme de 65 ans, au moment où il descendait la passerelle de l’avion. Certains Soudanais appellent Winter “Tonton” d’autres “Commandant”.

Le poste spécial de Winter au Département d’Etat avait été créé exprès pour lui et pour son “travail” au Soudan. Pourquoi les Soudanais l’appelaient-ils donc “Commandant”?

Roger Winter est l’intermédiaire principal servant à la déstabilisation secrète en cours au Soudan. Ses opérations sont essentiellement menées depuis l’Ouganda, le gouvernement terroriste d’Yoweri Museveni qui apporte son soutien grâce à l”alliance des “Forces de Défense ougandaises” (l’UPDF, Uganda Peoples Defence Force) avec l’Armée populaire de libération du Soudan - la SPLA).

La SPLA est de fait la clé de voûte de l’Armée de Libération du Soudan, une des prétendues factions principales engagées au Darfour; la SPLA fournit l’aide militaire et logistique du Pentagone à l’Ouganda par le biais de différentes filières secrètes, mais qui très vraisemblablement, passe par les états voisins clients du Pentagone tels l’Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie, le Tchad et l’Erythrée.

Les principaux agents ougandais qui soutiennent la guerre US au Darfour ont toujours été et sont encore le Brigadier Général James Kazini, neveu du dictateur ougandais Museveni et commandant en chef de l’UPDF, le général Salim Saleh, demi-frère de Museveni, et le président Yoweri Museveni lui-même.

Un des principaux protagonistes dans le conflit du Darfour est l’actuel régime militaire du Rwanda, dont les troupes ont été engagées au Darfour sous couvert d’une opération “indépendante” de “maintien de la paix” chapeautée par l’Union Africaine, l’organisme de “maintien de la paix” – et soutenue par l’OTAN et les des sociétés militaires privées.

Peu connu et souvent très mal compris est le rôle qu’ont joué les Etats-Unis et leurs armées par procuration, l’UPDF et l’Armée patriotique Rwandaise (APR), dans les innombrables crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et le génocide au Rwanda entre 1990 et 1994.

Avant l’invasion du Rwanda par l’APR (venu de l’Ouganda) en octobre 1990, l’APR et la Diaspora Tutsi Rwandaise diffusaient des périodiques comme “Impuruza” imprimés aux Etats-Unis entre 1984 et 1994 (date à laquelle était renversé par l’APR Habyarimana, le président rwandais, à la suite d’un coup d’état). Les réfugiés Tutsis s’en remettaient à Roger Winter, qui était à l’époque directeur du comité américain pour les réfugiés (United States Committee for Refugees), pour recevoir des aides pour financer leur journal.

Le rédacteur en chef, Alexander Kimenyi, est un ressortissant rwandais qui enseigne à l’université d’état de Californie. Comme la plupart des publications de l’APR, Impuruza circulait sous le manteau au Rwanda parmi les élites Hutus et Tutsis et préconisait une idéologie génocidaire à l’encontre des Hutus.

L’”Association of Banyarwanda in Diaspora USA”, soutenue par Roger Winter, avait organisé à Washington en 1988 la Conférence Internationale sur le Statut des Réfugiés (Tutsis) Banyarwanda”, et c’est à cette occasion qu’il avait été opté pour une solution militaire au problème des Tutsis. C’est le comité américain pour les réfugiés qui aurait, dit-on, fourni l’hébergement et le transport.

Roger Winter a été l’un des principaux architectes de la guérilla menée par l’APR, et organisée depuis Washington en 1989, et qui s’est soldée, à partir de 1990, par la mort de plus de 10-12 millions de personnes dans la région des Grands Lacs d’Afrique. Winter servait de porte-parole à l’Armée Patriotique Rwandaise et à ses alliés, et, à ce titre, passait dans les grands médias télévisés américains comme PBS ou CNN.

Philip Gourevitch, l’écrivain new-yorkais, et Roger Winter avaient pris contact, au nom de l’APR, avec les grands journaux américains, en particulier le Washington Post, le New York Times et Time magazine.

Winter circulait au Rwanda au cours de l’invasion de l’APR, faisant le tour des différents fronts de la guerre secrète en qualité d’émissaire prépondérant du Pentagone et du Département d’Etat américain en collaboration avec l’alliance terroriste Kagamé-APR.

Entre 1990 et 1994, Winter avait effectué des allers-retours entre la zone contrôlée par l’APR et Washington, où il rendait compte des actions qui avaient été menées et coordonnait les opérations avec les hauts responsables de l’armée, des services secrets et du gouvernement américains.

Roger Winter est proche d’USAID, et collabore depuis longtemps avec Susan Rice, ancienne assistante du Sous Secrétaire d’état aux affaires africaines (1997-2001), assistante spéciale du Président Clinton (1995-1997), et membre du Conseil de Sécurité nationale (1993-1997).

Susan Rice est aujourd’hui ambassadrice du gouvernement Obama aux Nations Unies et ennemie jurée d’Omar al-Bashir.

Roger Winter est également un fervent partisan du député Donald Payne, un des principaux démocrates qui poussent à “mettre un terme au génocide au Darfour”.

C’est Payne qui avait présenté au Congrès le projet de loi “Darfur Genocide Accountability Act” (projet non adopté, qui visait, entre autres, à imposer des sanctions contre les auteurs de crimes contre l’humanité et le génocide au Darfur, Soudan, NDT) et qui avait été arrêté en 2001, en même temps que John Eibner, directeur de Christian Solidarity International (”association internationale de solidarité chrétienne”), pour avoir manifesté contre le gouvernement soudanais.

Christian Solidarity International a un rapport très spécieux à la “paix” et à la “religion” au Soudan, et elle a fait partie, en particulier, des principales organisations à accuser le gouvernement d’al-Bashir d’esclavagisme, une question vivement contestée et controversée qui avait été montée en épingle et orchestrée par les ONG chrétiennes et juives et les organisations missionnaires comme Christian Solidarity International, Samaritan’s Purse, Servant’s Heart, and Freedom Quest International qui opèrent au Soudan.

“Roger Winter dirigeait les services de logistique des Tutsis (de l’APR) dès le milieu des années 90″, explique Remigius Kintu, spécialiste des droits de l’homme en Ouganda, “et jusqu’à leur victoire en 1994, ils opéraient depuis le 1,717 Massachusetts Avenue NW à Washington.

Roger Winter a annoncé à un exilé (nom supprimé) du Sud Soudan à l’époque (en 1994): “Maintenant que j’ai stabilisé le Rwanda, je vais maintenant m’occuper sérieusement du Soudan”. A la suite de cela, Winter a baissé le rideau au Rwanda pour s’installer à Kampala afin de s”occuper du Soudan”.

Quelques années plus tard, le Darfour explosait et grâce aux manigances de Winter, c’est le Rwanda qui a été le premier à envoyer des troupes dans cette zone perturbée.

D’après mes sources, les Forces de Défense rwandaises (chapeautées par l’ Union Africaine) ont assassiné des civils et fait venir leurs spécialistes des médias pour faire porter le chapeau aux troupes gouvernementales soudanaises.

C’est le même procédé qui a été employé dans la campagne de terreur de Kagamé et de Museveni en Ouganda, au Rwanda et en RDC. La majorité des campagnes de terreur lancées par les forces armées alliées (Forces de Défense ougandaises / APR) au Rwanda en 1990 ont été étouffées par les conseillers spéciaux de Human Rights Watch, Alison Des Forges <http://fr.wikipedia.org/wiki/Alison_Des_Forges>  (décédée en février 2009) et Timothy Longman, maître de conférences en études africaines et sciences politiques au Vassar College (état de New York).

De la même façon, pendant toute la durée de la longue guerre au Sud Soudan et maintenant au Darfour, les atrocités commises par les factions soutenues par les US ont été minimisées, rejetées ou tues, alors que celles qui étaient commises par les factions adverses étaient amplifiées et faisaient la une des médias. Egalement, si on considère la stratégie des activités criminelles de l’alliance Forces de Défense ougandaises (UPDF) / APR (tels que les massacres commis secrètement et / ou attribués à l’ennemi) pour lesquelles il y a actuellement toute une documentation, et en l’absence d’enquête vraiment indépendante, on ne peut pas affirmer qui sont les véritables auteurs de ces massacres toujours attribués au gouvernement soudanais ou aux milices “Janjawid”.

Un expert soudanais du sud m’a récemment expliqué que ce n’était pas le gouvernement soudanais mais, en fait, l’UPDF et la SPLA qui armaient les Janjawid -ces prétendues “milices arabes” accusées d’avoir perpétré le génocide “arabes contre noirs” (génocide qui a largement été dénigré depuis).

C’est le professeur Timothy Longman et Alison Des Forges qui ont rédigé ensemble l’énorme traité sur le “génocide” au Rwanda, “Ne laisser à personne le soin de raconter l’histoire”, publié en 1999. Longman et Des Forges ont produit de nombreux documents, fondés sur des enquêtes de terrain réalisées au Congo (Zaïre), au Rwanda et au Burundi entre 1995 et 2008, présentés triomphalement comme un rapport sur les droits humains indépendant et objectif, mais toujours faussés par des intérêts occultes.

Longman et Des Forges entretenaient tous deux des relations avec le Département d’état américain, Le Conseil de sécurité national et le Pentagone, tous deux étaient conseillers à USAID, et ont sans aucun doute travaillé avec Roger Winter, l’arme secrète du Pentagone au Soudan.

Le 25 septembre 2008, un cargo ukrainien était capturé par des “pirates” au large des côtes de la Somalie et était retenu jusqu’à ce que soit versée, le 5 février 2009, une rançon d’un montant de 3,2 millions de dollars (les pêcheurs somaliens, privés de leurs droits à cause des déchets toxiques - peut-être même nucléaires - déversés par les compagnies internationales au large de la Somalie sont qualifiés de “pirates” quand ils luttent pour leurs droits et leurs libertés).

Le cargo MV Faina, enregistré au Belize, appartenant à une société enregistrée au Panama, avec à son bord un équipage ukrainien.

Le Faina, qui transportait 33 chars d’assaut T-72 de conception soviétique, mais aussi 150 lance-roquettes RPG-7, des batteries anti-aériennes, des lance-roquettes multiples et des munitions, faisait route vers le port kényan de Mombasa, la principale base américaine sur la côte orientale africaine.

La 5° Flotte de la marine américaine a surveillé le cargo ukrainien pendant les quatre mois d’impasse, le cargo MV Faima <http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/le-mv-faina-libere-par-les-pirates-somaliens_739180.html?xtor=RSS-186>  ayant été immobilisé par au moins six navires de guerres américains et 4 européens.

Le propriétaire du bateau est le ressortissant israélien Vadim Alperin (alias Vadim Oltrena Alperin), qui serait, dit-on, un agent du Mossad impliqué dans des activités souterraines grâce à des sociétés de façade dans des paradis fiscaux et au blanchiment d’argent sale.

La cargaison du navire a été déchargée à Mombassa le 12 février et les armes sont destinées à Juba, au Sud-Soudan.

Certains disent que l’armement comprenait également des têtes de munitions à l’uranium appauvri pour tanks et qu’ils auraient pour destination finale les “rebelles” du Darfour du mouvement “Mouvement pour la Justice et l’Egalité” (JEM) soutenu par Israël.

Le Soudan avait précédemment accusé Israël d’aider les “rebelles” dans la guerre au Darfour. Les marchands d’armes internationaux font passer régulièrement des armes de l’”époque soviétique” destiné au crime organisé international, dont, entre autres, les opérations militaires secrètes où participent des armées mercenaires et des gouvernements nationaux au Soudan, en Uganda, au Congo, en Somalie, en Ethiopie, au Kenya et au Rwanda.

Notes annexes
Africom <http://www.africom.mil/indexFrancais.asp>
(*) Carr Center for Human Rights
Harvard’s Humanitarian Hawks <http://www.thenation.com/doc/20070730/hayden>  (article en anglais)

http://libertesinternets.wordpress.com/



Lundi 16 Mars 2009


Commentaires

1.Posté par FR-ank le 17/03/2009 00:58 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

grand dieu, c'est une bombe que vous lache...
je reste sceptique sur tout le deroulement mais qui est tout a fait possible vu ce que l'on apprend ( et voit ) sur la politique etrangere etasunienne dans la presse alternative bien evidemment.
et meme les ONG, implique dans la politique hegemonique, expansioniste et conquerante des USA...
tout simplement ecoeurant.

Nouveau commentaire :

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires