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La guerre des mots


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Michael Carmichael
Jeudi 19 Avril 2007


Global Research, Michael Carmichael, 17 avril 2007


​​​​Le peuple étasunien est devenu la victime inconsciente de ses propres guerriers de l'information.


​​​​Avec la précision militaire d'un rouage d'horloge, les étasuniens sont devenus des victimes inconscientes de leurs propres guerriers de l'information. Les effets aveuglants des cette arme de guerre laissent les citoyens désorientés par le travestissement délibéré des faits. Alors que les poussées de propagande US sont soi-disant conçues pour tromper leurs ennemis, bien trop fréquemment elles reviennent par derrière, pour plonger leurs racines mortelles profondément au fond de la psyché étasunienne.


​​​​Sous Donald Rumsfeld, les campagnes de communications stratégiques basées sur des théories de l'information démodées ont mené à la destruction de l'autorité morale des États-Unis. Suite à des inquiétudes croissantes exprimées par des personnages militaires majeurs, quelques tentatives ont été lancées pour modérer les abus de propagande, mais il est déjà trop tard -- des dommages ont été faits à la position des USA dans le monde. Pire, la destruction de la crédibilité étasunienne est le résultat direct des politiques des Bush-Cheney de la Maison Blanche et de leur administration néo-conservatrice.



​​​​Pendant la première phase de l'invasion de l'Irak, le Pentagone de Rumsfeld a lancé un enchaînement de désinformation sous la forme d'une réaction en chaîne d'histoires fausses. Ces histoires ont dupé la grande presse. CNN, New York Times, Associated Press et UPI -- et bien d'autres agences -- ont marché à la propagande. Voici justes quelques exemples :


- Des militaires irakiens ont projeté mettre des uniformes US et britanniques pour commettre des atrocités sur d'autres Irakiens afin de stigmatiser la coalition ;
- Des Irakiens ont exécuté des prisonniers de guerre et
- La reddition en masse de la 51ème Division de l'armée irakienne.

​​​​Toutes ces histoires étaient non corroborées lorsqu'elles ont été publiées, et elles ont vite disparu à cause du manque de preuve, mais les dommages ont été faits. Les irakiens étaient diabolisés comme auteurs de crimes de guerre, tandis que les bruits sur la reddition massive de la 51ème Division manipulaient les étasuniens au sujet des progrès de la guerre.


​​​​Aujourd'hui, les militaires US comptent sur les campagnes de guerre de l'information à tel point qu'il est parfaitement correct d'étiqueter le processus de propagande : « la militarisation de l'information, » une expression présentée par Daniel Schulman dans son récent article, Jeux d'esprit, publié dans la Columbia Journalism Review.


​​​​En d'autres termes, les guerres des néo-conservateurs utilisent l'arsenal complet des campagnes politiques US dans lesquelles les arguments sont basés sur les objectifs politiques de l'État -- plutôt que sur la vérité. Dans la guerre de l'ère Bush, le courant de l'opinion publique est maintenant perçue comme plus important que le cours du conflit sur le champ de bataille.


​​​​Dans les salles de classe militaires, les officiers sont endoctrinés aux théories et aux pratiques de gestion de la perception et aux opérations psychologiques les entraînant à déployer le spectre complet de la guerre de l'information contre les ennemis sur les champs de bataille de même que contre les adversaires politiques de l'administration Bush-Cheney. Faisant la guerre psychologique, le personnel militaire étasunien s'engage dans la diffusion préméditée de propagande carrément mensongère et de tromperies délibérées canalisées à travers la presse et les médias dominants.


Formation à la propagande à Fort Bragg en Caroline du Nord


​​​​Donald Rumsfeld a autorisé la création du Office of Strategic Influence (bureau de l'influence stratégique) accrédité de la mission de concevoir et de disséminer des opérations d'information pour miner nos ennemis. Quand le stratagème de la propagande de Rumsfeld a été découvert, le scandale lui est retombé dessus et a détruit la crédibilité du Pentagone. Rumsfeld a dissout le bureau, mais il a annoncé que ses opérations n'étaient que passées dans la clandestinité dans un groupe d'agences militaires -- certains avec des noms ouvertement orwelliens comme Bureau de Contre-Désinformation, une unité bizarre qui est localisée au Département d'État pour défendre le gouvernement contre les accusations de malversation, de manquement et de tromperie.


​​​​Le gouvernement US externalise systématiquement sa guerre de l'information de plus en plus agressive à l'exécutif de sociétés de mercenaires consacrées à la manipulation de la perception des événements politiques à leur propre avantage.


​​​​Scientific Applications International Corporation (SAIC) se glorifie de fournir au gouvernement fédéral des programmes conçus pour produire la « dominance de l'information. » Le SAIC fournit les acteurs des opérations de propagande du gouvernement fédéral. Ces « experts » dans des domaines aussi divers que les études Islamiques, le Moyen-Orient et la guerre psychologique, ont un coût très élevé pour le contribuable US. Le SAIC est recensé dans Fortune 500 [1] comme une firme de recherches et de technologie ayant fabuleusement réussi. Leur produit est la fabrication de propagande et la conduite de la guerre psychologique. À une époque telle que la nôtre, quand la crédibilité du gouvernement fédéral n'a jamais été aussi basse et s'enfonce nettement à une vitesse effrayante, le SAIC n'a aucun élément pour sa fierté qui s'enfle puisqu'il a profité des opérations qui ont miné la position des USA dans le monde. Il n'est pas non plus réconfortant de noter que Robert Gates, le successeur de Rumsfeld au Pentagone, était membre du conseil du SAIC.



​​​​Dirigé par John Rendon, le Rendon Group a été soumis à un examen approfondi par James Bamford, qui a été publié dans Rolling Stone. Bamford a gagné la National Magazine Award (récompense nationale des magazines) en 2006 pour sa dissection incisive du rôle de Rendon dans la fabrication du soutien aux politiques de guerre des néo-conservateurs Bush-Cheney de la Maison Blanche. Une auto-description de l'expert en « gestion de la perception, » Rendon, est un peu plus qu'une version étasunienne néo-conservatrice de Josef Goebbels [2]. Parmi beaucoup d'autres attributions de propagande secrète, John Rendon a obtenu le contrat de diaboliser Saddam Hussein. Pour atteindre son but, Rendon a :


- Établi le Congrès National Irakien (lNC),
- Installé Ahmad Chalabi à la tête de l'INC ;
- Loué un groupe de militants anti-Saddam et
- Servi de gourou de relations publiques et de conseiller de médias -- lire directeur de la propagande -- pour l'INC.

​​​​Selon Bamford, le Rendon Group a amassé 100 millions de dollars de bénéfices dans ses lucratifs contrats pour détruire la crédibilité de Saddam Hussein par l'intermédiaire d'un bombardement massif de propagande, pour la guerre psychologique et pour la gestion de la perception.


John Rendon


​​​​John Rendon et le SAIC conçoivent des stratégies pour la guerre de l'information à grande échelle et ils font payer un prix élevé qui est en fin de compte réglé par les contribuables US [3] qui sont tout sauf totalement inconscient du fait qu'ils subventionnent la guerre psychologique qui leur retombe dessus et les manipule.


​​​​Aujourd'hui, les éléments clefs de la presse dominante sont devenus conscients de la profondeur de la tromperie délibérée causée par les guerriers de l'information des USA avec leur manipulation cynique des principales agences de presse. Les étasuniens sont aussi bien conscients de la situation. Ce phénomène n'est qu'une raison de la croissance rapide de la méfiance envers les médias dominants menant à la migration du public vers Internet à la recherche d'un plus large éventail et d'une meilleure qualité de faits non frelatés, d'informations et d'analyses.


​​​​Alors que le gouvernement Bush et le Pentagone voient la presse et les médias dominants comme la seule arme de la guerre des mots qu'ils mènent pour atteindre leurs objectifs politiques et militaires, le public vote avec ses doigts pendant qu'il se tourne de plus en plus vers le World Wide Web.


​​​​Malheureusement, les manipulateurs de la perception savent que la crédibilité des médias dominants est sur le déclin, et ils déploient maintenant des légions de cyber guerriers pour fausser le flot d'informations afin d'imposer leurs ordres du jour politiques néo-conservateurs.


​​​​La guerre des mots est littéralement une guerre éternelle -- une guerre perpétuelle qui peut seulement mener à un crescendo exponentiel de propagande sans fin.




http://www.globalresearch.ca/index.php?context=viewArticle&code=CAR20070417&articleId=5422

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info



Notes du traducteur


1- Fortune 500 : Liste des 500 plus grosses entreprises établie chaque année par le magazine Fortune.


2- Josef Goebbels était le ministre de la propagande nazie.


3- Directement par le contribuable US mais aussi indirectement par tous les consommateurs de produits pétroliers dans tous les pays où le gouvernement paye le pétrole en dollars.





Jeudi 19 Avril 2007


Commentaires

1.Posté par al akl le 22/04/2007 13:38 | Alerter
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L'auteur ne pourra pas longtemps cacher la vérité avec une demi-vérité. c'est pourtant ce qu'il cherche a faire. Le mensonge est multiforme. Michael Carmichael n'a vraiment rien a envier au fumeux Goebbels...

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