Géopolitique et stratégie

La guerre d’hégémonie et le nouveau Moyen-Orient


« Le nouveau Moyen-Orient » est un terme, abordé, récemment par la Secrétaire d’Etat américaine, Condoleeza Rice, lors de sa tournée dans la région. « Au vu des évolutions dans la région, notamment, en Irak et au Liban, Rice a parlé de la nécessité de créer un nouveau Moyen-Orient.


Centre d’études stratégiques libano palestiniennes
Vendredi 4 Août 2006

 La guerre d’hégémonie et le nouveau Moyen-Orient


Introduction :




Parler du nouveau Moyen-Orient témoigne, d’une part, de l’échec du projet américain du Grand Moyen-Orient et de l’autre d’une tentative de l’arrogance mondiale pour endiguer le Moyen-Orient islamique et à y faire face.

Ce projet témoigne d’une nouvelle approche états-unienne envers les limites et la position du vieux Moyen-Orient, d’autant plus que les évolutions qui se sont produites, au cours de l’année dernière, avaient renforcé, considérablement, l’espoir de l’émergence du Moyen-Orient islamique, en tant que bloc puissant sur la scène internationale.

Projet du Grand Moyen-Orient

Après leur arrivée au pouvoir, grâce à un verdict de la Cour suprême des Etats-Unis, en 2000, les néo-conservateurs se sont fixés des objectifs stratégiques, au Moyen-Orient, tout en insistant sur ce point que la mise en place d’un ordre hégémonique ainsi que la suprématie mondiale des Etats-Unis supposaient la création du Grand Moyen-Orient « de l’Asie centrale jusqu’à au Sud-Ouest de l’Asie en passant par le nord de l’Afrique ». Ils croyaient que la domination du Petit Moyen-Orient (l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie et le Liban) et sa transformation en une caserne militaire, permettrait aux Etats-Unis de réaliser leurs objectifs envisagés dans le cadre du projet du Grand Moyen-Orient. En fait, ils ont prônaient le modèle du jeu domino pour renverser les gouvernements, ce qui permettait aux Etats-Unis de réaliser, outre le projet du Grand Moyen-Orient, les objectifs suivants :

Assurer les besoins en pétrole des Etats-Unis dans les décennies à venir

Les Etats-Unis consomment, 21 millions de barils par jour. Les Etats-Unis importent quotidiennement 14 millions de barils et produisent 7 millions par jour, à l’intérieur. Et si les Etats-Unis continuent à consommer autant de pétrole, ils connaîtront de grands problèmes, après l’épuisement de leurs réserves pétrolières, estimées, à 21 milliards de dollars, en moins de 10 ans.

Par conséquent, la question de l’énergie constitue l’un des éléments qui menace, dans les 10 années à venir, la sécurité nationale américaine et remet en cause la suprématie mondiale des Etats-Unis. De l’avis des analystes, une crise énergétique entraînera le démembrement des Etats-Unis.

Le contrôle du pétrole, un levier pour endiguer l’Europe et l’Est de l’Asie.

Les pays européens et de l’Aise de l’Est auront besoin, tout comme les Etats-Unis, de la plus importante source d’énergie, c’est-à-dire le pétrole. Le pays qui pourra contrôler dans les 10 années à venir le pétrole, il occupera une position beaucoup plus importante que les autres sur le plan politique.

Assurer la sécurité d’Israël

Assurer la sécurité d’Israël, en tant qu’allié stratégique des Etats-Unis a, toujours, constitué la priorité de la politique étrangère de la Maison Blanche. Or, l’un des objectifs du projet américain du Grand Moyen-Orient est d’étendre la sphère de sécurité d’Israël.

La propagation des démocraties contrôlées

Après la fin de l’échéance de consommation des Etats inféodés et despotiques, Washigton a cherché à propager l’idée des démocraties contrôlées, afin de favoriser l’arrivée au pouvoir des gouvernements pro-occidental ( les islamistes modérés) afin de faire face à l’islamisme et d’endiguer la vague de protestations populaires contre les gouvernements inféodés et étendre ainsi son hégémonie sur les pays de la région.

Rendre le terrain favorable à la suprématie civilisationnelle

Le grand Moyen-Orient, envisagé par les Etats-Unis, est un point de conjonction des 7 civilisations, évoquées, par Samuel Huntington, architecte de l’idée du clash des civilisations. Quoique les frontières des civilisations soient considérées, selon lui, comme des régions enceintes de guerres, mais cette région peut être considéré comme le berceau de la future alliance contre la civilisation occidentale. Or, les Etats-Unis ont essayé d’être présents sur les frontières de ces cinq civilisations en vue de les contrôler et empêcher ainsi la création d’un bloc civilisationnel contre l’Occident, et réunir ainsi les conditions nécessaires à la victoire de la civilisation de la civilisation de l’Occident dans la future guerre, qui sera selon Huntington, comme la guerre des civilisations.

Processus de la mise en place de nouveaux gouvernements

L’ancien Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Boutros Boutros Ghali estime que le nombre des pays du monde sera passé à 200, dans les premières décennies du troisième millénaire. Et pendant ces années, le monde sera marqué par la réactivation de la faille entre les ethnies, ce qui aboutira, en fin de compte, à l’émergence et à l’apparition de nouveaux gouvernements. Compte tenu de diversité des ethnies au Moyen-Orient, les Etats-Unis ont un vaste programme pour inciter à des confrontations ethniques en vue d’atomiser la région du Moyen-Orient, d’en modifier la carte géopolitique dans le sens des intérêts des Etats-Unis.

Dans un article paru dans la revue des forces armées américaines, le général en retraite, Peters demande la modification de la carte géographique du Moyen-Orient, où sera crée un Etat indépendant kurde, sur une partie des territoires iranien, irakien, turc, et syrien. Peters croit qu’un tel Etat sera le plus américain possible, dans l’étendue de la Bulgarie jusqu’au Japon.

Il propose, également, la création, d’un Vatican islamique, à la Mecque ou à Médine. Sur cette carte, l’Irak est divisé en trois pays (le Kurdistan, un pays arabe chiite et un pays sunnite). Et l’Iran aussi confiera une grande partie de son territoire aux nouveaux pays dits le Kurdistan, l’Azerbaïdjan uni, un pays arabe chiite et le Baloutchistan libre.


Vendredi 4 Août 2006


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