Conspiration

La guerre contre le shampooing


« Plus de propagande que de complot ». La panique aux bombes liquides était une fausse alerte commanditée par le Ministère de l’Intérieur.


Craig Murray
Mercredi 20 Décembre 2006

Par Craig Murray, le 18 décembre 2006

[Recherchez sur] Google « Rashid Rauf - mastermind ». À la première page des résultats vous trouverez CBS, la BBC, Times, The Gardian et Mail, tous décrivant Rauf l'été passé, donnant des instructions au service de sécurité ou à la police, en tant que « cerveau » derrière le « complot terroriste à la bombe liquide ». Ainsi le fait qu'une cour pakistanaise ait trouvé ça n'est pas une preuve de terrorisme contre lui et il ne peut pas être rejeté à la légère par les meneurs de l'histoire du complot.

Rashid Rauf fait toujours face à d'autres charges, dont la contrefaçon et ce dont on fait du rabattage, la possession d’explosifs, bien que ce qu'il possédait en réalité était du peroxyde d'hydrogène, qui n'est pas explosif. Car le peroxyde d'hydrogène se trouve facilement en vente libre dans toute pharmacie ou droguerie du Royaume-Uni. C’est pourquoi vos source au Pakistan, pour faire exploser des avions en Grande-Bretagne, n’ont jamais été très convaincantes. La cour pakistanaise s’est peut-être aussi trop avancée.

Rashid Rauf a beaucoup de comptes à rendre. Il est toujours recherché au Royaume-Uni pour le meurtre de son oncle il y a quelques années -- un crime qui, comme la contrefaçon présumée, n'avait aucun lien terroriste apparent. Rien qui n’ajoute à la crédibilité des preuves qu’il a prétendument donné aux services des renseignements pakistanais au sujet du complot à la bombe liquide au Royaume-Uni.

Un deuxième développement simultané démontre bien plus irrésistiblement que cette énorme panique était, comme je l’ai dit à l’époque, « plus de la propagande que du complot ». La police de Thames Valley a abandonné après cinq mois la fouille des bois près de High Wycombe, où les matériaux à bombes ont été soi-disant cachés. Elle a dit au Ministère de l’Intérieur le 12 décembre 2006 qu'elle continuerait seulement si le gouvernement était prêt à couvrir les coûts ; elle souhaitait recommencer à consacrer ses ressources aux vrais crimes, comme le cambriolage avec effraction ou le vol à main armée.

Se rappeler que c'était un complot décrit par les autorités comme un « meurtre de masse à une échelle inimaginable » et « plus grand que le 9/11 ». Il y a eu des exemples au Royaume-Uni où des centaines de fonctionnaires de police ont été déployés pendant des années pour trouver un simple meurtrier. Si la police pensait vraiment avoir affaire à une tentative de « meurtre de masse à une échelle inimaginable », annulerait-elle ses recherches après cinq mois ? Non.

Ce qui nous amène aux mensonges qui ont été dits -- à l’un de ceux concernés par cette recherche. Une source anonyme de la police a de bonne heure tuyauté les médias, dès qu'elle a découvert une « valise » contenant « des matériaux de fabrication de bombes ». Cela m’a été récemment décrit par une source du service de sécurité comme : « un lot de déchets de quelque garage vidés dans les bois ». Vous pourriez en effet cannibaliser de vieux morceaux de fil, des horloges et des pièces de voiture, pour confectionner les parties d’une bombe -- peut-être vous pourriez l'enfermer dans la vieille valise. Mais ont-ils trouvé des substances provoquant des explosions, comme des détonateurs, des explosifs ou ces fameux produits chimiques liquides ? Non, ils n'en ont pas trouvé.

Les bois de Wycombe, comme les sables de l'Irak, ont échoué à rendre de force les armes de destruction de masse annoncées.

L'autre « preuve » que la police annonçait avoir trouvée consistait en testaments (qui impliquent des attaques suicides) et une carte d'Afghanistan. Il s'avère que les testaments, qui dataient du début des années 90, provenaient de volontaires partant au loin pour combattre les serbes en Bosnie -- ils avaient été laissées chez l’oncle maintenant décédé de l'un de ceux qui ont été arrêtés. La carte d'Afghanistan avait été recopiée par un garçon de onze ans. Cela est bien connu des médias du Royaume-Uni, mais aucun ne l’a rapporté par crainte de nuire à l’affaire. Je suis incapable de comprendre pourquoi il ne faut pas nuire à l’affaire afin que la police puisse annoncer en première page dans une publicité mondiale monstre qu'elle a trouvé des matériaux de fabrication de bombes, des testaments et une carte. Uniquement contredire la police serait préjudiciable. Est-ce que quelqu’un peut expliquer pourquoi ?

Alors qu’une énorme publicité était donnée pour l'arrestation de 26 individus en liaison avec le complot, la libération progressive de bon nombre d'entre eux se faisait encore quasiment en cachette. Par exemple le 31 octobre un juge a libéré deux frères de Chingford en faisant observer que la police n'avait produit aucune preuve crédible contre eux. Des charges contre d'autres ont été déclassées, de sorte que maintenant les accusés du complot pour provoquer des explosions sont en nombre inférieur aux dix avions que la police prétendait qu’ils projetaient de faire sauter par des attaques suicides.

Cinq journaux britanniques ont dû payer des dommages à un homme de Birmingham qu'ils accusent, sur instruction du service de sécurité, de faire partie du complot. Seul The Gardian a eu l’élégance de publier le fait en imprimant une rétractation.

Un dernier fait à considérer. En dépit de l’avoir appelé le « cerveau » derrière quelque chose de « plus grand que le 9/11 », le gouvernement britannique n'a fait aucune tentative d’extradition de Rashid Rauf pour charges de terrorisme. Ce n'est pas difficile de le faire -- les autorités pakistanaises ont remis une masse de suspectés terroristes aux USA, beaucoup dans un extraordinaire processus d’interprétation, et avec une moyenne de procédure étonnamment rapide -- moins d'une semaine alors qu’elles sont hors du pays. Mais les services de sécurité britanniques, qui ont tant insisté sur l'intelligence de Rashid Rauf, étaient extraordinairement timides à propos de le faire venir ici où ses preuves pourraient être correctement vérifiées par un tribunal britannique. Toutefois le MI5 étaient très embarrassé par la police de Birmingham, qui insistait pour faire remarquer que Rauf était recherché au Royaume-Uni pour le meurtre présumé de son oncle à Birmingham. Maintenant qu’il était détenu au Pakistan, ne devrions-nous pas l'extrader ? Ainsi, par la suite, une demande d’extradition pour meurtre a été soumise officiellement -- mais elle n’est suivie ni avec une réelle énergie, ni effort. Maintenant, Il ne subsiste aucun signe que nous verrons Rauf au Royaume-Uni.

Je n'exclue encore pas qu'il y avait un germe de complot terroriste au cœur de cette enquête. Nous pouvons spéculer au sujet des agents provocateurs et de la pénétration des services de sécurité, britannique et pakistanais, mais il pourrait néanmoins y avoir eu de véritables terroristes impliqués. Mais cette incroyable perturbation des déplacements publics, cette guerre contre le shampooing, est un battage publicitaire « plus grand que le 9/11 » qui est en train de s’effilocher.

Vous ne lirez pas cela dans les journaux

Comme ambassadeur au franc parler de Grande-Bretagne dans la République d’Asie Centrale d'Ouzbékistan, Craig Murray a aidé à exposer de violents abus des droits de l'homme par le régime financé par les USA de Islam Karimov. C’est maintenant un éminent critique de la politique occidentale dans la région.


Original : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=viewArticle&code=MUR20061218&articleId=4190

Traduction de Pétrus Lombard


Mercredi 20 Décembre 2006

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