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La grande gueule du fascisme israélien


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Uri Avnery
Mercredi 7 Mars 2007

La grande gueule du fascisme israélien

La grande gueule du fascisme israélien


Le livre d'Esterina


Par Uri Avnery, le 6 mars 2007


« Le patriotisme est le dernier foyer du scélérat », a dit le Dr. Samuel Johnson il y a 200 ans. Si nous remplaçons patriotisme par racisme, alors nous avons une harmonie parfaite avec l'affaire d'Esterina Tartman.


Elle aurait pu être un membre populaire de la Knesset. Elle appartient à une famille orientale respectée (la famille Shabtai, sept générations dans le pays). Elle est jolie et semble beaucoup plus jeune que ses 50 ans. Elle est mère de quatre enfants. Elle s'est rétablie après un grave accident de la route.


Elle est apparue sur la scène publique à fin de la dernière Knesset, quand elle a remplacé un membre décédé. Dès le tout premier instant, elle a éveillé de forts sentiments de rejet, de dégoût et même de répugnance.


Pourquoi ? Parce que c'est une personne vulgaire. Sa « grande gueule » est devenue sa marque déposée. Elle est non seulement membre de la faction nationaliste raciste d'Avigdor Ivette Liberman, « Yisrael Beitenu », qui exsude l'odeur du fascisme, mais elle-même est portée à exprimer des opinions discordantes. Ses discours fanatiquement racistes lui ont valu de gros titres dans les médias, mais ils ont repoussé les gens convenables à Gauche et même à Droite. « Une hache a été élevée contre l'arbre appelé Sionisme », « Le mal doit être déracinée ! » a-t-elle déclaré après que pour la première fois un Arabe Musulman ait été nommé ministre.


De pareilles déclarations sont probablement de la musique aux oreilles d'Ivette Liberman (personne ne sait pourquoi le prénom [de ce Monsieur] russe ou moldave ressemble à un prénom français féminin). Alors il n'était que naturel qu'il décide de donner à Esterina le poste de ministre du Tourisme, qui a été proposé à sa faction. Puisqu'il est l'unique leader d'Yisrael Beitenu (« Israël est notre Patrie »), c'est suffisant. Quand il lui a été demandé comment la décision a été prise, il a répondu, avec une ironie involontaire, « démocratiquement et unanimement ». « Unanime » provient de « un esprit », dans ce cas c'est le sien.


* * *


ET PUIS, juste un moment avant que la nomination ait été confirmée, il est devenu notoire que la belle Esterina était une mystificatrice, qui revendiquait des diplômes universitaires qui ne lui ont jamais été décernés. En outre, il a été découvert qu'après son accident de la route, elle s'est servi de témoignages douteux afin d'obtenir une indemnisation et un taux d'invalidité (52%) des compagnies d'assurance. Dans un autre cas, après avoir percuté un piéton, elle a prétendu que la victime avait causé l'accident intentionnellement, pour obtenir un dédommagement. Les tribunaux l'ont grondée pour cet argument et lui ont confisqué son permis de conduire pendant longtemps.


Ce sont les titres universitaire qui l'ont conduit à sa perte. En fait, un membre de la Knesset n'en a pas besoin. J'ai servi à la Knesset trois fois sans avoir terminé l'école primaire. Ainsi, pourquoi Mme. Tartman a-t-elle rajouté des titres fantômes à sa biographie officielle ? Juste pour son image.


Durant plusieurs jours, le scandale a surpassé toutes autres affaires qui rendent la vie israélienne aussi intéressante : le scandale sexuel du président, le baiser fatal du (ex) ministre de la Justice, le nuage d'affaires de corruption présumées qui escorte le premier ministre partout où il va, les présumés dessous de table de l'élection du ministre des Finances, les soupçons largement répandus de corruption dans les rangs les plus hauts de l'administration fiscale, la démission du chef d'état-major après le fiasco du Liban, la démission du chef de la police parce qu'il n'a rien fait au sujet de la pénétration de son organisation par la Mafia.


L'affaire d'Esterina a même éclipsé une autre nouvelle révélation majeure : qu'Ehud Olmert, en son ancienne qualité de ministre de l'Industrie et du Commerce, a distribué les travaux et d'autres avantages à environ 115 membres du puissant Comité Central du Likoud, dont il était alors membre, afin d'assurer sa place dans la liste du Parti pour les prochaines élections. Et vraiment, comment pareille corruption routinière pourrait-elle concurrencer la croustillante affaire de « Tartarina » (comme elle a été surnommée par un membre de la Knesset).


* * *


CEPENDANT CE N'EST PAS l'imposture de Tartman qui est le point principal, ni même son racisme vulgaire, mais une question harcelante : comment une telle personne pourrait-elle (presque) devenir membre du cabinet ?


Il est vrai, le ministre du Tourisme n'a pas un portefeuille très importante, mais il est cependant l'égal de tous les autres membres s'asseyant autour de la table du cabinet, avec une voix en matière de paix et de guerre. Cette voix peut être décisive dans l'envoi de milliers de soldats et de civils à la mort. Le ministre prend part aux votes qui décident du futur de l'État pour les générations à venir. Comment un individu aussi douteux pourrait-il jamais parvenir à un poste aussi élevé ?


Ce n'est pas une question purement israélienne. Elle a été aussi soulevée dans de nombreuses autres démocraties.


Aux Etats-Unis, les ministres sont nommés par le président et ils ne lui servent que comme aides. S'il le veut, il nomme des gens douées. S'il se sent comme eux, il nomme de parfaits imbéciles, des escrocs et des fanatiques.


Mais le président lui-même, comment est-il nommé ? Il a besoin de seulement un talent : convaincre l'électorat de voter pour lui. Après avoir été élu, il peut étonner tout le monde en s'avérant être un vrai leader, perspicace et intègre (comme Franklin Delano Roosevelt, par exemple), ou il peut s'avérer être un arnaqueur charismatique, un escroc affranchi des valeurs et des principes (voir certains des derniers noms dans les médias).


La démocratie israélienne est basée sur un système différent. Puisqu'aucun parti ne gagne jamais tout à fait une élection, le premier ministre éventuel a besoin d'une coalition afin de rassembler une majorité parlementaire. Les ministères sont partagés entre les partis de la coalition comme un butin de guerre. Seulement après que les partis aient reçu leurs parts, chacune selon sa force, il est décidé qui occupera réellement les sièges. Dans un parti dictatorial, comme Yisrael Beitenu, c'est le leader qui distribue les tâches à ses fidèles partisans. Dans un parti démocratique, les gagnants sont les politiciens qui ont le mieux réussi en accumulant du pouvoir grâce à des intrigues, en subornant des collègues et en installant des centres de pouvoir à l'intérieur du parti.


* * *


À AUCUNE étape de ce processus, n'est faite la considération particulière de jouer un quelconque rôle pour tous : la capacité des candidats à diriger les ministères qu'ils se disputent. C'est considéré hors de propos.


Je me souviens d'une réception diplomatique, peu de temps après qu'Ehud Barak ait été élu premier ministre, où j'ai rencontré plusieurs des ministres nouvellement nommés par Barak. Tous étaient fous de colère.


Shlomo Ben-Ami, un professeur d'histoire, un intellectuel introverti ayant de l'intérêt pour les théories sociales et les affaires paix, a été exilé au ministère de la Police. Là il était responsable des « événements d'octobre » en 2000, quand la police a tiré et tué des douzaine des citoyens Arabes. La Commission d'Enquête Judiciaire l'a sévèrement réprimandé.


Yossi Beilin, qui avait rêvé du Foreign Office, un homme avec beaucoup d'idées politiques (quelques bonnes, d'autres mauvaises, certaines très mauvaises), a été envoyé au ministère de la Justice, dans le mépris que cela ne l'intéressait pas. Barak a traité les autres de la même manière, presque sadique.


Mais pourquoi se tourner vers le passé -- le présent a suffisamment d'exemples à proposer. En tant que président du Parti Travailliste, Amir Peretz a eu droit au ministère le plus important attribué à son parti : La défense. Son mandat s'est transformée en farce pathétique (illustrée de la manière la plus vivante par la fameuse photo qui le montre observant des manœuvres à travers des jumelles aux objectifs toujours couverts).


La ministre des affaires étrangères, Tsipi Livni, est considérée bien adaptée à sa tâche par ses collègues parce que d'autres pays -- avec parmi eux les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Autriche -- ont aussi une dame ministre des affaires étrangères. Elle a aussi des relations avec la chancelière d'Allemagne et peut bientôt -- s'il plaît à Dieu -- elle rencontrera la présidente de France. Depuis qu'elle assume ses fonctions, Livni n'a lancé aucune initiative et n'a formulé aucune idée, ce qui pourrait suggérer qu'elle n'a aucune conception du tout.


Le ministre de la Police est un ancien chef du Shin Bet. Il voit donc la police comme une force de combat ennemie, plutôt que comme une protection des citoyens. Il a démontré ses talents en nommant un nouveau chef de la police, qui dans le passé a été stigmatisé devant un tribunal comme incapable de porter l'uniforme de la police. Le nouveau ministre de la Justice, qui vient juste d'être nommé, déclare publiquement que son principal objectif est d'empêcher la Cour Suprême de fonctionner, le dernière bastion de la démocratie en Israël, parce qu'une amie à lui n'a pas été nommée dans cette institution en août. (Sa principale alliée dans ce noble effort était -- surprise, surprise -- Mme Esterina Tartman.) Et la nomination d'Avigdor Liberman, le tyran raciste primitif, comme ministre en charge du traitement du problème iranien équivaut à introduire un éléphant déséquilibré dans un magasin de porcelaine.


Et ce gouvernement demeure au pouvoir seulement parce que pratiquement tout le monde pense qu'un autre serait encore pire.


* * *


LA SOCIÉTÉ ISRAÉLIENNE est pleine de vie, à multiples facettes et riches en talents. Elle est en avant dans de nombreux domaines, tels que les sciences, la médecine, le monde des ordinateurs et particulièrement les sociétés start-up, dans l'économie, la littérature, dans plusieurs domaines des arts et dans quelques sports. Pourquoi, alors, pour l'amour du ciel, élève-t-on des politiciens bons à rien aux plus hauts rangs ?


J'ai l'impression que de semblables questions se posent dans d'autres démocraties. Là aussi, un cercle vicieux est en vigueur : la profession politique est avilie, en conséquence, les bonnes gens ne choisissent pas une carrière politique, en conséquence, la profession politique est encore plus dépréciée.


Selon un proverbe hébreu, « Le problème des autres est un demi réconfort ». Pas dans ce cas-ci.


Israël fait face à de nombreux problèmes, plus que la plupart des pays démocratiques. Il implore la reconnaissance de ses voisins. Il doit surmonter les aspects négatifs qui ont accompagné cent ans d'efforts sionistes. Il a besoin d'un arrangement, d'une paix et d'une conciliation avec les palestiniens, et avec le monde Arabe entier. Il doit faire face à des schismes domestiques profonds -- entre le laïque et le religieux, entre les pauvres et les riches, entre la majorité Juive et la minorité Arabe, entre les diverses communautés ethniques juives.


Afin de faire face à ces dernières tâches, nous avons besoin d'hommes et de femmes exceptionnels, des gens avec une vision, de l'intégrité et du talent. Et, oui : les patriotes qui recherchent un foyer ne sont pas des scélérats.


En bref : d'hommes et de femmes qui sont à l'opposé même d'Ivette et de son Esterina.



Uri Avnery est un israélien écrivain et activiste de la paix avec Gush Shalom.

http://www.counterpunch.org/avnery03062007.html

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info





Jeudi 8 Mars 2007


Commentaires

1.Posté par RAPHAEL le 07/03/2007 20:23 | Alerter
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mais ury si notre pays te dégoute à ce point , le monde est vaste yallah chalom

2.Posté par Eva-luna le 08/03/2007 18:37 | Alerter
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Ben quoi Raphaël, tu refuses le débat? Tu ne connais pas le sens du mot démocratie? (Puisqu'il parait qu'israel est la seule démocratie du Proche-Orient)

Y a pas que Uri qui est dégoûté par ton pays: ça a l'air mondial lol.

3.Posté par hjudwefznhc le 15/03/2007 22:58 | Alerter
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message supprimé !

4.Posté par David le 16/03/2007 14:01 | Alerter
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C'est clair qu'auparavant j'ai toujours soutenu Israel. Maintenant c'est fini. Quand je vois les Israeliens qui tuent en représailles aux roquettes des civils femmes et enfants palestiniens, je trouve la "réponse" excessive: Tir de roquette -> 0 mort, 1 blessé. Représailles : 18 morts dont 8 enfants.

Et ca arrive tous les jours. Y'en a marre. Les USA ont qu'à filer le Wisconsin aux Israeliens pour en faire l'état hébreu vu qu'ils sont tellement potes. Mais non , ce serait trop facile, y'aurait plus de pays arabe à proximité à titiller pour déclencher des guerres.

De toutes façons personne n'est dupe aujourd'hui. Autant je sais que la CIA est derriere les attaques du 11 septembre, autant je me serai gardé de dire qu'Israel est derrière ces attaques comme le fait ouvertement ce site. Néanmoins, force est de constater que les Israeliens ne sont pas tout "blancs" dans cette affaire.

Donc les USA et Israel même s'ils ont les médias mondiaux dans la poche, sont en train de provoquer une antipathie galopante sur notre planète et ils récolteront ce qu'ils ont semé.




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