Croyances et société

La femme dans la vie privée et la vie publique


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Sayyed Chinqiti
Mardi 6 Août 2013

La femme dans la vie privée et la vie publique
LA FEMME DANS LA VIE PRIVÉE ET LA VIE PUBLIQUE

Beaucoup de gens confondent trois choses pourtant bien distinctes se rapportant au statut de la femme en islam : l’habit servant à couvrir les parties intimes (satr al-‘awrah), la tenue vestimentaire islamique que la femme doit porter dans la vie publique (libâs char‘î) et l'exhibitionnisme (tabarrouj). Aussi faut-il déterminer les réalités différentes que recouvrent ces trois questions ainsi que la prescription légale qui s'applique à chacune d'elles.

1. L’habit servant à couvrir les parties intimes
Les parties intimes (‘awrah) de la femme ont été clairement définies par le Législateur : elles comprennent l'ensemble du corps excepté le visage et les mains. De ce fait, le cou, la chevelure (ne serait-ce qu’un seul cheveu), la tête (en tout ou partie), etc. sont des parties intimes que la femme doit couvrir ainsi que le lui ordonne la Loi : « Dis aux croyantes [...] de ne laisser paraître de leur parure que ce qu’elles ne peuvent dissimuler. » (Cf. sourate 24, verset 31). Or « ce qu'elles ne peuvent dissimuler » désigne le visage et les mains car (1) ce sont ces parties-là que les musulmanes laissaient paraître en présence du Prophète (SA‘WS) et celui-ci les approuvait ; (2) ces parties du corps restent découvertes dans des pratiques religieuses comme la prière et le pèlerinage ; (3) le visage et les mains des femmes se voyaient généralement au temps du Prophète (SA‘WS), c'est-à-dire à l'époque ou le verset est révélé. Par ailleurs, le Prophète (SA‘WS) dit : « Le corps de la femme est une chose que la pudeur exige de cacher. » Il dit aussi : « Quand la femme atteint l'âge de la menstruation, il ne lui est plus permis de laisser paraître de son corps autre chose que le visage ou ce qui est en deçà de ceci (montrant les poignets). » En outre, ’Aboû-Dâwoud rapporte, d’après ‘Â’ichah, cet autre hadith dans lequel « le Prophète (SA‘WS) s'adresse à ’Asmâ’, fille d’Aboû-Bakr, en ces termes : "’Asmâ’ ! quand la femme atteint l’âge de la puberté, elle ne doit plus laisser paraître de son corps que ceci et cela", (désignant du geste le visage et les mains). » Ces textes montrent ainsi formellement que tout le corps de la femme représente, à part le visage et les mains, des parties intimes ; ils indiquent tout aussi clairement que la femme doit couvrir ces parties du corps.
Quant au vêtement avec lequel la femme doit ainsi se couvrir, le Législateur n'en a pas spécifié la nature, lui laissant le choix. Il a simplement exigé, comme l’indiquent les preuves ci-dessus, que ce vêtement soit à même de couvrir l'ensemble du corps à l'exception du visage et des mains, de telle sorte que les parties intimes soient préservées. Ainsi, tout vêtement qui remplisse cette fonction – couvrir tout le corps excepté le visage et les mains – peut donc, quelle qu'en soit la nature, être considéré comme une tenue vestimentaire légale pour la femme. C’est pourquoi la redingote, le pantalon, la jupe, les bas, etc. conviennent parfaitement ; le nombre de pièces vestimentaires importe peu pourvu qu'elles soient à même de couvrir tout le corps à part le visage et les mains.
Le Législateur précise cependant que l'habit doit dissimuler la couleur de la peau ; le vêtement ne peut être légalement approprié s'il est transparent, laissant ainsi voir que celle qui le porte a la teint clair, noir ou basané. C'est ce que montre le hadith ci-dessus cité par ’Aboû-Dâwoud d’après ‘Â’ichah, qui ajoute que le Prophète (SA‘WS) avait détourné le regard en voyant que ’Asmâ’ portait un habit transparent. Un autre hadith rapporté par ’Ousâmah prouve que les vêtements transparents ne suffisent pas pour se couvrir : lorsqu'il demanda à ’Ousâmah ce qu'il avait fait d'une pièce de tissu de lin blanc et que celui-ci expliqua qu'il l'avait offerte à sa femme pour qu'elle s'en servît comme vêtement, le Prophète (SA‘WS) lui dit : « Ordonne-lui alors de la porter avec une chemise en guise de sous-vêtement, car je crains qu'elle ne laisse apparaître son corps. » Cela signifie que les vêtements transparents ne peuvent convenir, puisqu'ils laissent voir la couleur de la peau. Ces deux hadiths démontrent ainsi clairement qu'un vêtement doit nécessairement dissimuler la couleur de la peau pour être à même de couvrir les parties intimes. Telle est la question des parties intimes qui ne doit pas être confondue avec le problème des vêtements que la femme doit porter dans la vie publique.

2. La tenue vestimentaire légale dans la vie publique
Dans la vie publique, la femme doit être habillée d'une façon précise dont les caractéristiques ont été définies par le Législateur. Si, dans la rue, une femme est habillée autrement, elle commet un péché et une transgression de la Loi islamique. Ainsi par exemple, la femme ne peut, dans la vie publique (c'est-à-dire en présence d'hommes étrangers), être habillée en pantalon car, même s'il permet de couvrir les parties intimes, ce vêtement met en relief les attraits féminins, ce qui relève de l'exhibitionnisme (tabarrouj). Or l'exhibitionnisme est interdit dans la vie publique, même si celle qui le fait a les parties intimes convenablement couvertes.
La tenue vestimentaire que la loi définit pour la femme dans la vie publique (rue, marché, commerces, etc.) se compose de deux pièces. D'une part, il y a le haïk ou tout autre vêtement semblable que la femme doit porter par-dessus ses vêtements et qui doit pouvoir couvrir les talons ; si une femme ne possède pas un tel vêtement ou ne peut l'emprunter à quelqu'un, elle ne doit en aucun cas sortir de chez elle. D'autre part, la femme doit porter un voile ou tout autre pièce semblable qui doit couvrir la tête en entier, tout le cou et la partie supérieure de la poitrine que le haïk ne peut dissimuler.
Cette tenue vestimentaire islamique (voile et haïk) est formellement stipulée par les textes. En effet, la Coran proclame : « Dis aux croyantes de ne laisser paraître de leur parure que ce qu'elles ne peuvent dissimuler, de rabattre leur voile sur leur gorge. » (Cf. sourate 24, verset 31). « Prophète ! dis à tes épouses, à tes filles et aux autres croyantes de se couvrir amplement de leur haïk. » (Cf. sourate 33, verset 59). En outre, le hadith rapporté par ’Oumm-‘Atiyyah – qui demanda au Prophète (SA‘WS) ce qu’une femme ne possédant pas de haïk devait faire en sortant – prescrit ceci : « Qu'elle emprunte un haïk à sa sœur ! » Ce qui veut dire qu'une femme ne peut sortir sans haïk ou vêtement de même nature. Ce haïk doit obligatoirement pouvoir couvrir les talons, car le hadith rapporté par Ibn ‘Oumar l'explique clairement : « "Celui qui traîne ses vêtements par orgueil sera ignoré par Dieu le jour du Jugement." ’Oumm-Salmah, [épouse du Prophète (SA‘WS)] demanda alors : "Que doivent donc faire les femmes de leurs haïks ?" L’Envoyé de Dieu (SA‘WS) répondit : "Qu'elles le relâchent d'un empan !" "Leurs talons seront alors découverts !" remarqua-t-elle. "Qu'elles le relâchent d'une coudée, pas plus !" ajouta-t-il. » Le haïk doit donc être ample, comme le souligne d'ailleurs le verset ci-dessus, même quand les talons sont recouverts par des bas. Si une femme ne respecte pas ces conditions, elle encourt la colère de Dieu, et sera en même temps sanctionnée ici-bas par l’autorité de l'État.
Par ailleurs, la tenue vestimentaire de la femme dans la vie publique ne doit pas être confondue avec l'exhibitionnisme. En effet, la femme peut porter la tenue vestimentaire légale (voile et haïk) tout en faisant de l'exhibitionnisme (en portant un collier visible, par exemple), ce qui est légalement inadmissible. De même, la tenue vestimentaire que l'on porte dans la vie publique ne doit pas être confondue avec la question des parties intimes, un voile ne recouvrant pas la gorge, par exemple, ne permet pas de cacher les parties intimes.

3. L'exhibitionnisme
L'exhibitionnisme est interdit sous toutes ses formes par la Loi. Ainsi le Coran annonce : « Les femmes ayant atteint la ménopause peuvent, sans inconvénient, alléger leurs vêtements sans toutefois être exhibitionnistes. » (Cf. sourate 24, verset 60). Or, si les femmes âgées ne peuvent étaler leur parures, les plus jeunes ne sont pas, a fortiori, autorisées à le faire. Le Coran stipule encore : « Elles ne doivent pas taper du pied en marchant, dans le but d'attirer l'attention sur leur parure cachée. » (Cf. sourate 24, verset 31). Dieu défend ainsi de faire ce genre d'exhibitionnisme qui consiste à faire entendre le bruit des anneaux que l'on porte. Par ailleurs le Prophète (SA‘WS) dit, dans un hadith rapporté par ’Aboû-Moûsâ l-Ach‘arî : « Toute femme qui se parfume, puis sort dans la rue pour faire sentir son parfum est une fornicatrice. » Il dit aussi : « Il y a deux catégories de gens de l'enfer que je n'ai pas encore vues : des hommes portant des fouets pareils aux queues des bovins et frappant les autres ; des femmes dévêtues bien que vêtues, séductrices et faciles à séduire. Elles portent une coiffure haute comme la bosse recourbée des chameaux à longs cous. Elles n'entreront jamais au paradis et n'en sentiront même pas l'odeur bien que celle-ci soit perceptible de telle et telle distance. » (Mouslim d'après ’Aboû-Hourayrah).
Mais qu’est-ce donc que l'exhibitionnisme ? Il s’agit d’autre chose que le maquillage. En effet, le maquillage est permis par la Loi, sauf quand la femme est en deuil, en cas de la mort du mari. Si la Loi interdit certains types de maquillage, il s'agit de cas particuliers qui n'entravent en rien la règle générale de la permission. En revanche, en cas de la mort du mari, la femme doit observer un deuil et s’abstenir de se maquiller. En effet, ’Oumm-‘Atiyyah rapporte le hadith suivant : « La femme ne peut observer un deuil au-delà de trois jours, sauf en cas de la mort du mari où le deuil dure quatre mois et dix jours durant lesquels elle ne doit porter aucun vêtement teint sauf s'il est en fibre, ne pas mettre du khôl et ne pas se mettre du parfum, à moins qu’elle n’en ait auparavant supprimé l'aromate. » Dans d'autres variantes du même hadith, il est dit que, durant le deuil, la veuve « ne peut se teindre les cheveux » (’Aboû-Dâwoud) et « ne doit pas se peigner » (an-Nasâ’î). Ce hadith met en garde contre le maquillage en cas de deuil marital, ce qui veut dire qu'il est permis à la femme de se maquiller en général. Quant à l'interdiction de certains type de maquillage et soins esthétiques, elle est stipulée par certains hadiths dont celui rapporté par Ibn ‘Oumar et dans lequel le prophète (SA‘WS) maudit celle qui porte de fausses tresses et celle qui les lui fait ainsi que celle qui porte des tatouages et celle qui les lui fait. Il s'agit là de certaines pratiques esthétiques que le Législateur interdit, mais la règle générale est la permission, toute interdiction en matière d'esthétique étant spécifique. Il s'ensuit que le maquillage est autorisé sous toutes ses formes (parfums, khôl, coupe de cheveux, rouge à lèvres, etc.). Les versets relatifs à l'exhibitionnisme ne s'appliquent pas au maquillage, car il s’agit de deux choses différentes. L’exhibitionnisme consiste à laisser paraître la parure et les attraits au regard des hommes étrangers à la femme. Il ne concerne donc pas seulement la parure. C'est aussi, pour la femme, le fait d'étaler ses charmes aux étrangers. Or les textes ci-dessus interdisent formellement d’exposer la parure et les charmes aux étrangers.
Mais qui doit déterminer l'exhibitionnisme ? Est-ce à la Loi, à la coutume ou aux experts de le délimiter ? Les attitudes que la Loi définit comme relevant de l'exhibitionnisme doivent être considérées comme telles, donc interdites. Mais il existe d'autres attitudes qui se renouvellent à chaque époque et qu'il s'agit circonscrire pour déterminer si elles relèvent ou non de l'exhibitionnisme. Or c'est la société qui détermine si telle ou telle attitude est exhibitionniste. Aussi, si une attitude donnée est reconnue comme relevant de l'exhibitionnisme, elle devient interdite. Par exemple, le rouge à lèvres peut, dans un pays donné, être considéré comme de l'exhibitionnisme car il attire le regard des hommes, mais ne pas l'être dans un autre pays où il passe inaperçu. De même, dans un même pays, le rouge à lèvres peut relever de l'exhibitionnisme s'il est fait de façon à attirer le regard des hommes et ne pas en relever s'il est utilisé de façon ordinaire n'attirant pas les regards. C'est donc à la société de juger si telle ou telle chose se rapporte à l'exhibitionnisme car, selon ce qui est reconnu socialement, une attitude peut être considérée exhibitionniste, donc interdite, ou ordinaire, donc permise. En cas d'ambiguïté, c'est aux experts qu’il revient de trancher la question.
Tel est donc le problème de l'exhibitionnisme qu'il faut savoir distinguer de la question des parties intimes et aussi de celle de la tenue vestimentaire légale que la femme doit porter dans la vie publique. Il apparaît ainsi qu'une femme peut être en état d'exhibitionnisme alors même que ses parties intimes sont couvertes. Elle peut aussi porter la tenue propre à la vie publique et être en même temps en état d'exhibitionnisme.


Mardi 6 Août 2013


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